‹ Abrégé de l'histoire d'AnnamChapitre 12 sur 146 · RESTAURATION DES LE · texte numérisé non relu

RESTAURATION DES LE

Lê-ThC'Tôwj (1573'1o99), — Triuh-Tông mit a profit le calme du moment pour refaire la citadelle de Ilà-Noi et y construire un palais où il conduisit Lé-The-Tùng (1593). Le roi était donc revenu dans la capitale de ses ancêtres; mais, alors, comme devant, inerte mannequin, il subissait la royauté sans prendre part aux afl'aires, sans figurer dans la défense du pays, sans même être capable de soutenir sa dynastie.

Cest vers cette époque, que nous voyons reparaître Nguyen-IIoAng. Retiré dans ses provinces du Quang-Nam et du ThuAn-Hoa, que nous appellerons dorénavant Cochinchine S il s'était recueilli, fortifié, et revenait en homme avec lequel il faut compter. Aussi longtemps qu'avait duré la lutte entre les Le et les Mac, il s'était tenu prudemment sur la réserve, maintenant il se prononçant pour le plus fort.

Nguyon-Hoàng vint présenler ses hommages et son tribut à Lc- Thé-Tông, suivi d'une petite armée pour aider le roi, disait-il, à exterminer les Mac. Bientôt sa bonne volonté fut mise à l'épreuve.

Les Mac avaient pris pour roi Mac-Kînh-Cung, fils de M;jc-Kînh- Dien (1593)et, peu après, ils s'étalent remis en campagne. Après quelques insuccès des Le, Nguyèn-lloang fut envoyé contre renncmi. 11 le dispersa.

(1) L'étymologie du mot Cochinchine est très diversenient donnée par lus auteurs.

D'après le P. Le Grand de la Lira>e (VEmpire (VAnniun etc. publié (;t annoté par J. Silvestre), le mot « vient des Portugais du di\-sepliéin»î siècle qui ont voulu avoir sur cette côte un Coclnn de Chine, comme ils avaient un Cochin de Tlnde. »

Joao de Barros, vers 1552, emplo\a le premier la dénoininatitm de Cauchfj'China : (c Ku ijuittant le ro>aume de Camhodge, dit-il, on entre

dans un autre royaume appelé Campa il confine au ro>aume que

nous appelons Cauchy-China » Quelques années plus tard, le Camoëns

écrivait dans ses Lusiades (chant dixième): « Vois se dérouler la cO)te appelée Champa, dont la forêt est embellie de bois odorilérants ; ' vois Cauchichina, à peine connue encore, et Fanse ignorée (TAinao (Hai-Nan) »

En 1596, les McHlc recommencèrent. Le général Phan-Ngan tes bat, puis, grâce à un subterfuge, s'empare de Mac-Kînh-Cung et de toute sa famille. Dès lors, les Mîic se retirent dans les provinces montueuses de Thâi-Xguyêu et Cao-Bâng. Lô-Thé-Tông, ou plutôt Tr|nh-Tông, put enfin donner ses soins au royaume. Une des premières choses dont on s'occupa fut la demande dMnvestiture à Tempereur. Investiture assez dilficile à obtenir vu lesriclies présents et les puissantes attaches des Mac à la cour de Chine. Les démarches furent nombreuses, la solution se lit attendre. Mac-Kînh-Gung, qui s'était réfugié en Chine, revint par Thài-Nguyêu porter la guerre en Annam, il fut battu et dut regagner son refuge.

Enfin, l'empereur se décida, il donna Tinvestilure à Lè-Tlié-Tông, mais accorda aux Mnic les provinces de Cao-Bâng et de Thai-Nguyên. C'était laisser un gros germe de lutte pour l'avenir.

Trinh-Tông ne s'était pas oublié lui-môme, il se fit nommer prince de la paix (binh-an-vtro-ng) et seigneur héréditaire ; mais, abusant de sa situation, il relégua, plus que jamais, le roi à l'arrière-plan.

En 1599, Lô-Thé-Tông mourut laissant le trône à son fils cadet Lè-Duy-Tàn que l'histoire a appelé Lè-Kînh-Tông .

Lê-Kînh'Tông (i600 a. p. 8^ 1.-1619). — Nous voici rendu à un point saillant de l'histoire d'Ânnam, non qu'il s'agisse d'un

Joao Viçira (1700) donne Tétymologie saivaiite du nom de Cochinchine : € Les Portugais, entendant appeler la cuur de ce royaume Kecho et remarquant que les naturels avaient une grande ressemblance avec les Chinois, firent avec quelques corruptions de Kecho et China le nom et le mot Cochinchinois , i>

Luro déclare létymologie du P. Le Grand de la Liraye peu satisfaisante. « 11 semble plus juste, dit-il, de supposer qu'elle vient des caractères chinois au moyen descjuels la côte dut être désignée pour la premiêie fois aux Européens par quelque pilote cantonais : Co Cheng Ching signifie ancien Ciampa. Car Cheng Ching (les Annamites disent chiêm thành) est souvent employé en cette langue pour désigner le Ciampa. .*. . . »

L'abbé Launay reproduit Topiiiion de Luro avec une variante : « Le mot de Cochinchine vient de Chen-Chin, nom donné au Ciampa par les Chinois qui, plus tanl, firent probablement précéder ce mot de Cao abréviation de CaO'Tchi(Giao'Tihî).i)^. Cao-Chen-Chin, les Européens ont fait Cochinchine.»

Les manières de voir de MM. Luro et Launay laissent à désirer en ce sens qu'elles sont très travaillées, et que les Portugais semblent avoir connu le Ciampa (Campa, Champa) et la Cochinchine (Canchy-China) en tnéme temps. Cependant, c'est celle de M. Luro qui conserve le plus de vraisemblance, surtout en lisant les explications suivantes que nous tenons de M. Tnro-ng-Minb-Ky :

• Co Chiêm-Thành, ou plutôt cô Chinn-Thành, veut dire anaeti Ciampa aussi anciens habitants du Ciampa. Or, en dialecte pékinois, Chiêm-Thành c'est Tchin-Sheng et en dialecte cantonais c'est Tchinn-Sh^ng, ce cini joint à cô donne prescjue la prononciation de Cochinchine (Sh se prononce comme le Ch français). Quant à la signification de vieux Ciampa^ elle reste, certes, la plus pïauaible.

progrès ou d'un regrès dans révolution sociale des Annamites, maïs parce qu'il s'introduit un rouage nouveau dans la machine gouvernementale. C'est rinstitulion du seigneur héréditaire, ou chùa, sorte de maire du palais, qui gouverne, alors (fue le roi ne fait que régner. Mais si l'un est obligé de régner placide, insouciant, théâtral, Tautre s'arroge le droit ^e gouverner comme les anciens rois : en despote jaloux et absolu.

On pourrait croire, de prime abord, que l'apparition du chiia est un fait simplement corrélatif à l'Incapacilé des Lé. Il est permis d'en douter, car l'histoire nous présente le même cas en d'autres pays ; mais, nettement caraclérisé, alors seulement que l'état social s'y prête. Certes, la faiblesse du souverain est le facteur déterminant, mais ce n'est point la cause fondamentale. Dans toute société où il n'y a, entre le pouvoir suprême et lé peuple, aucun corps pondérateur^ la même forme politique se retrouve toujours : le souverain autocrate et les citoyens tous égaux. Si, alors, le maître est un homme de valeur, la nation prospère ; autrement, le pouvoir effectif lui échappe pour passer aux mains d'un plus habile ou d'un conseil qui, rapidement, est lui-mêne dominé par un des siens. De là, les maires du palais, les grands vizir, les chùa, le nôi cac, qui, àelon les temps et les talents du prince, donnent des ordres ou les exécutent ; qui, selon leurs intérêts et les occasions, font des révoltes et assassinent les rois, mais ne chatigenl en rien l'organisation poliliciue, ne facilitent d'aiicune manière l'évolution sociale.

En Annam, l'état s'est compliqué davanUige encore. Les chùa Trinh avaient trouvé des rivaux dans les Nguyen, qui gouvernaient directement leurs provinces au nom du roi. De la, des jalousies, des hostilités, qui aboutirent à laisser les Trinh gouverner le Tonkin, tiuidîs que les Nguyen en firent autant pom* la Cochinchine. Au lieu d'un chùa, il y en a eu deux. Au lieu de la paix, c'a été une lutte deux fois séculaire entre les seigneurs du ïonkin et ceux de la Cochinchine.

Quant aux Le, ils assistent à toutes ces sanglantes querelles, impuissants, ignorés, réduits à régner sur tout l'Annam et à ne pas gouverner le moindre district.

C'est sous le règne de Lè-Kînh-Tông que meurt Nguyon-IIoàng (1613). H laisse le gouvernement de la Cochinchine à son filsNguyen- Phuoc-Nguyên, plus connu sous le nom de Siii-Viro-ng. Mais avant de mourir, il put voir les résultats de Tintrigue qu'il avait été obligé de nouer pour retourner à Hue et quitter cette cour des Trinh, où il était en quelque sorte prisonnier. A son instigation, les deux meilleurs généraux de Trjnh-Tông se révoltèrent et firent alliance avec les Mîjic . La victoire leur sourit d'abord, malheureusement ils n'en profitèrent que pour se disputer le pouvoir ; aussi Trjnh-T6ng, revenant avec son armée, put-il enfin les disperser.

Lè-Kmh-Tông, saisi d'une flambée d'énergie, pensa secouer le

joug de soD allier protecteur. Trlnh-Tôog, à peine de retour dans la capitale, fut Tobjel d'une tentative d'assassinat. Les auteurs du crime arrêtés, avouèrent que c'était le roi et le flis cadet de Trjnh-Tong qui avaient dirige le complot. Pour se venger, Tr|nli-Tông fit étrangler L(VKînh-Tông, jeta en prison son propre enfant et mit sur le trône Lè-Duy-Ki, frère de Lè-Kînh-Tông .

Lè-Tlian-Tông (1619-1643). — Le nouveau roi est connu dans les -aimales sous le nom de Lê-Thân-Tông. C'est à peu près tout ce que l'histoire en dit. Par contre, il n'en est pas de môme des chùa.

Ïrlnh-Tông sentant sa fm approcher, partagea le pouvoir entre ses deux fils Trlnh-Trang et Tr|nh-Thung, celui-là même qui avait voulu l'assassiner. Ce partage fut le signal de la révolte. Les deux frères entrèrent en lutte. L'aîné, un troisième frère et un oncle se retournèrent contre Trjnh-Trang, qui parvint néanmoins à triompher d'eux. Mais, durant la lutte, l'ancien tout puissant chùa du Tonkin, entraîné par ses enfants rebelles, trahi, abandonné, jusque par ses |)orlcurs, mourut sur le grand chemin (1619) aux environs de Xa-Kien sur la route de Biîc-Ninh à Ilâi-Du-ang.

Trjnli-Trang avait hérité de la haine de son père contre lesNgnyen. Il voulut les soumettre. Après plusieurs injonctions de payer le Irihul, auxquelles Nguycn-Pliu-o-c-Nguyén refusa d'obtempérer,Trinh- Trang envoya des troupes au secours des frères de Nguyén qui s'élaionl révollés. .Mais les rebelles furent battus avant, et les soldats de Trinh durent vivement se retirer.

Imi 1040, une autre expédition contre les Nguyen n'obtient pas plus (le succès. Après les Nguyen, ce sont les M;.ic qui battent Trjnh- Ti'an^ à Lang-Scm, mais, ensuite, ils sont eux-mêmes défaits et plusieurs des chefs mis à mort (1048). Cette dernière victoire, sans terminer la lutte des Mac, ne leur permettra plus dorénavant d'enircprendre une guerre sérieuse, et, bientôt Ils cloront pour toujours leur misérable aventure.

Va\ UiSi, meurt Nguyèn-Phtfôc-Nguyén, laissant le gouvernement à son lils Nguyen-Phuô-c-Lan. Mais l'un des fières de celui-ci refusa (le reconnaître son autorité. Battu et fait prisonnier, l'oncle du chùa le fit mettre à mort.

En 1043, Lô-Than-Tông abdiqua en faveur de son fils L(VDuy-lliru qui reçut le nom de Lé-Chon-Tông.

C'est sous le règne de Lè-Than-Tông que s'établissent les premiers Européens en Annam, tant missionnaires apostoliques que marchands '. Nous en dirons quelques mots.

(I) Avant, déjà, le pays avait été visité par des Européens. Le iiavigatenr

portugais Feruao Ferez de Andrade fut le premier (|ui al)orda eu Anuaui

(lâlfi). Après lui, Fernand Miudez Pinto parcourut, en 1540, le littoral de

ne (Poulo-Condore — Hâi-Nan). Il parle, dans sa relaUon, de

La date précise de Tarrivée des premiers missionnaires en Annam n'est pas très certaine. Vers 1550, le P. Gaspard de la Croix, dominicain portugais, pénétrait dans le Cambodge. Â-t-il visité l'Annam comme le pense son chroniqueur ? Tout porte à croire que non.Aprôs lui, divers autres pères des missions portugaises sont allés au Cambodge. Puis viennent les dominicains espagnols ; mais, pour arriver au premier missionnaire qui évangélisa l'Annam, il faut passer à rannéeM596, où le P. Diego Adverte, de la province de Manille, se rendit à Iluê. Son apostolat donnait les plus belles espérances, malheureusement, un vaisseau espagnol bondé de soldats, qui se présenta peu après, modifia les bonnes intentions de Nguyen-Hoàng. Ce dernier força, par lesarmes, les Espagnols à quitter le pays. Le P. Adverte, lui-même, reçut deux coups de flèche,non mortels, alors qu'il secourait les blessés sur le champ de bataille.

Kn 1616, vint à Cira-llân * (Tourane) le P. François Buzoni de l'ordre des Jésuites avec quatre autres missionnaires. Hais c'est \v, P. Alexandre de Rhodes^, débarqué en Cochinchine huit ans plus tard (1624), qui fut le premier évangélisateur du Toukin, où il se rendit en 1627. Le snccès dépassa ses espérances, et dès 1081) on complaît 82.000 chrétiens en Annam.

Ces brillants résultats ne devaient, hélas! passe poursuivre, car le chemin qui avait conduit les missionnaires, mena bientôt également les marchands, qui, soit par les querelles de nationalité ou de confession, soit par leur brutalité de caractère, devaient tout gjUer. Il faut dire aussi (jue la prévision d'un profond bouleversement social dû à la religion nouvelle, la crainte de voir des troupes européennes s'implanter dans le pays donnaient fort à réfléchir aux gouvernants annamites. Nous verrons dans la suite les mesures (|u'ils ont prises-

Kn 1626, un navire marchand i)ortugais se rendit de Macao au Tonkin. Le roi reçut très bien les nouveaux arrivés, mais rendu méfiant par l'envoi d'une lettre en Cochinchine, H fit des dirticnltés, et les Hollandais — hostiles sur mer — aidant, les Portu^^ais se retirèrent.

Puis vinrent des Français, des Anglais, (lui établirent d'abord des

Tsiampa et de Cô-Tchen-Tching, mais ne fait guère moiUloii du tenitoirc situé au fond du golfe du Tonkin; sans doute Pinto n'a pas pônêlrù dans ce golfe. •

(1) Cîra-Hân = port barré.

(2) Le P. Alexandre de Rhodes était frani;ais. Xé à Avignon, on ir»îM, il entra fort jeune dans la compagnie de Jésus, et soHicita tie ses supérieurs d'être envoyé en mission. Il commença son apostolat à xMacao, en IGIU, parcourut la Cochinchine et le Tonkin jusqu'à 165G et publia une carte du royaume d' Annam (1650). Après, il revint en France, puis retourna quelques années plus tard en Asie. Le P. Alexandre de Rhodes mourut en Perse, en IGTiO.

comptoirs à Hirog-Yôn et ensuite à Hà-NOî môme. Mais eux aussi tibaudonnèrent bientôt la partie.

Les Hollandais réussirent davantage. Ils entrèrent eu. relations d'affaires avec le Tonkin vers 1637. Mieux renseignés que leurs prédécesseurs, ils firent d'excellentes affaires *• Leur comptoir se trouvait tout près de Hu*ng-Yén à Pho-Hien sur le bras occidental du Fleuve Rouge (Sông-Côi ) ; ils achetaient principalement de la sole, du riz, de la cardamome^ (ju'ils allaient revendre à Batavia ou au Japon. Ils donnaient en échange des canons, des fusils, des balles, du salpêtre, des draps, etc. Rapidement ce comptoir devint une ville de près de deux mille maisons, son fondateur, Korel Ilortsink, était venu à bord du Gral de la Compagnie des Indes (hollandaise) ^. S'il faut en croire des renseignemenls de source hollandaise, la ville était fréquentée également par d'autres Européens: Français, Anglais, Portugais. Nous en douions fort, car, avec la politique d'exclusion pratiquée alors, tout' concurrent était un eimemi ; ajoutons que Télat de guerre, qui dura presque sans interruption du commencement de XVIh siècle à la paix de Nimègue (1678), n'était pas fait pour faciliter les rapports -Jusqu'en 1669, les Hollandais eurent la guerre avec le Portugal et l'Espagne, de 4652 à 1654, puis de \iiUh 1667 avec l'Angleterre, enfin de 1667 à 1678 avec la France. Ces deux dernières puissances visitaient, au reste, encore peu l'Archipel Malais et la Pre^^qu'ile Indo-Chinoise, leur activité coloniale se portait alors principalement sur l'Ilindous-

(1) Les renseigTiemenls leur venaient des Japonais avec lesquels Ils commerçaient et qui, eux-mi^mes, faisaient depuis fort longtemps des affaires avec les Annamites.

« Les anciens auteurs japonais, parlant de rindo-Chine, font remonter assez hnut leurs relations avec ces pays.Selon le Ko-KouSen-Kv irn-Kngawi miroir des monnaies anciennes de la Chine et du Japon), dés 1434, le Japon entretenait des rapports avec i'Iudo-Chine. n (L Empire iCAnnam elc.y annoté par Sylvestre).

(2) Voici les noms des divers directeurs qui se succédèrent dans cet établissement :

De 1637 — 1640 Korel Ilortsink.

1610—1647 Aiitony van Bnokorst.

1647 — 1649 Philip Schillêman.

1649 — 1650 Nicolaus de Voogel.

1659 — 1663 Ilendsik Baron.

1063 — 1666.. Léonard Morre.

1667 David Verdonk.

1667 — 1668 Constantin Rondt.

1«68 — 167:2 Kornelis Valchenier.

1667 — 1677 Albert Brevink.

|i,77 __ if,87 Léonard du Moy.

1687 — 169! Jan Sibens.

1691 — 1700 Jacob van Lao.

tan où, H faut le dire, elles avaient également été devancées par les Hollandais K

Cette attitude bénévole à l'égard des Hollandais, n'était pas sans une arrière-pensée intéressée chez Trlnh-Trang. Il comptait obtenir des secours militaires contre les NguySn, mais il en fut pour ses avances.

En 1663, par suite de désaccord avec le gouvernement annamite, le comptoir hollandais fut levé. Rétabli en 1665, il subsista jusqu'en 1700, époque où les Trjuh s'en débarrassèrent par de mauvais traitements qu'ils firent subir aux négociants. Ceux-ci ne trouvant d'ailleurs plus aucun profit, abaudonnërent l'établissement le 8 février 1 700 et s'en retournèrent à Batavia sur le Baêw.

Lê'Chotn-Tông ÇI643-1649). — C'est au début de ce règne qu'un usurpateur renverse, en Chine, la dynastie des Minh. Désespéré, l'empereur tue ses enfants et se suicide ensuite avec sa femme. Les Tartares-Mandchoux appelés au secours des Minh s'empressent d'accourir, mais après avoir battu l'usurpateur, ils gardent le trône pour eux-mêmes. Thu$n-Trl (1644) fut le premier empereur de cette dynastie des Tsing ^ qui règne encore actuellement sur la Chine.

Quant aux Minh, ils s'étaient retirés dans le Sud, où ils se maintinrent encore des années.

Lè-Ghern-Tông ne croyant pas à la fortune des Tartares, manda une ambassade aux Minh qui, cela va de soi, se montrèrent accommodants. Ils envoyèrent au roi père le titre complet de roi de VAnnam.

Sous le court règne de Lê-Chan-Tông, il n'arriva de remarquable à rintérieur qu'une campagne contre les Nguyen. Les agresseurs Tr|nh furent battus (1648). A cette même date, mourut iNguyen- Phuac-Lan qui avait fortement organisé son armée, agrandi son territoire vers le Sud et favorisé le commerce aux Européens dans ses Etats. Le port ouvert était Faï-Fo, près de la baie de Tourane, disent les relations ^

(1) Les divei'ses Compagnies des Indes ont été créées : hi hollandaise en 1594, Tanglaise en i6l)0, la danoise en 1616 et la française en 1604. Les Portugais s'établirent aux Indes bien avant, le premier vice-roi, Don Francesco d'AImeida, fut nommé en lo05, il avait sa résidence à Kananor sur la côte du Malabar. En 1509, AlTonso d'Albuquerque le remplaça avec le titre de capitaine général gouverneur des Indes ; en iolO, d'Albuquerque s'empar» de Goa et y transporta le siège du gouvernement ; en 1511, il prit Malacca et Ceylan.

(2) Les Annamites les appelent Thanh.

(3) Faî-Fo peut se traduire par Hài-Phoon « magasins de la mer» (hài = mer, pho =r majiasin) Remarquons en passant que les Chinois appelent Tourane Hôi-An (hôi = réunion, an = paisible), aussi Hôi-An-Pho ; les Annamites Tappelent Cua-llàn (cira = port, hàu = barré) et les Giampois Fappdaient -Bà-Nàn,

Les pioviiicrs soumisos auchi'iaXjîuyni t^tnieut, d'aprôs \i; F', de Hliodes, au nombre de cîtiq : le OuJing-Uinli, ou Tliu;)ii-llui'i, l«: Quàng-Nam. le Oiiâng-N}îi'"it It! Uiii>"g-l*''''cct \i; Qiiâug-Tri '.

I>i''-Cliun-Tùng mourui îi l'âge de vingt ans s;uis laisser d'héiiticis directs aWS).

(U Uf <\m:i y^m-'-w NfiLi|i.iivreiil ii'ul".iil il-' l'.mrien ri-inirm «Ihi.-m- Tliànli) qu'ils (inisèreiit en ciiui proviiires ii|i|icli''fs uijn (/«ihg Ous cin(| HuànK) el iloiil les noms sont cv.iw iluiini''S {'i-ili'ssiis i l;i cHpiuili! se Irniivait clans le Quàiig-Dirc. Plus tiinl, ou sVl.'iKJiiiit v.ts le Sud. ils foutièicut les ijuali-e provlnMS de Binh-Biiili, l'Iu'i-ïru, Kliàiih-Hoà et ISinh-Tliuàu.

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