PROTECTORAT DU CAMBODGE
Au moment de notre arrivée à Saigon, le Cambodge était vassal et tributaire tant des Siamois que des Annamites, mais subissait l'influence presque unique du Siam. Un représentant de la cour de Bangkok ordonnait en maître à Oudong. Dès 1810, le Siam s'était emparé des provinces d'Angkor et de Ballambang, qu'il prétendait tenir à cette époque du roi Ang-Eng, en retour de secours fournis lors de son avènement au trône (1795). Non content de cotte mainmise sur deux provinces, les Siamois occupaient encore, ot sans aucun litre, les provinces de Toulé-Repou et Mouley-Prey ; ils semblaient d'ailleurs très décidés à continuer leurs annexions arbitraires. Assurément, le roi Norodom leur devait d'iMre rentré dans sa capitale d'Oudong, mais ce n'était pas une raison pour le tenir en une tutelle qui lui discutait tous ses droits et menaçait de lui enlever successivement toutes ses provinces. Norodom aurait bien voulu se débarrasser
(1) < Lorsqu'éclata la guerre entre la France et l'Annani, 11 osa seul, mais en vain, conseiller la paix.» (Luro).