‹ Abrégé de l'histoire d'AnnamChapitre 40 sur 146 · EXPLORATION DU MÉKONG · texte numérisé non relu

EXPLORATION DU MÉKONG

Au moment de Thistoire où nous sommes arrivés, le cours du Mékong, au delà des provinces cambodgiennes, n'était connu en aucune manière. Tout au plus savait-on, par de vagues et fort anciennes traditions, que ce fleuve avait servi autrefois de route commerciale entre la Chine et l'empire des Khmers. Il importait beaucoup au développement de notre colonie de savoir exactement à quoi s'en tenir sur cette voie. L'amiral de la Grandiëre, à une demande adressée au ministre, obtint l'autorisation de faire explorer le Mékong. La situation politique était favorable et tout laissait prévoir le succès de l'entreprise.

Une mission composée du commandant de Lagrée, chef, et de MM. Francis Garnier, lieutenant de vaisseau inspecteur des affaires indigènes, Delaporte, enseigne de vaisseau, Joubert et Thorel, médecins de la marine, et de Carné, attaché au ministère des affaires étrangères, fut chargée de cette exploration par le gouverneur. Elle eut comme escorte quatre Français, six miliciens annamites et emmenait, de plus, deux interprètes, un français, un cambodgien.

Le 5 juin 1866, la mission quitta Saigon à bord des canonnières 32 et 27. Elle resta deux années en voyage et parvint jusqu'au Yun-

il y aurait eu deux accidents consécutifs. D*abord un ghe long portant sept soldats et un capitaiQe,qui tous.se tenaient sous la paillotte du bateau chargés de leui*s sacs. Au moment d^attérir, prés du jardin de Tinspection actuelle, la barque, en heurtant un tronc de cocotier immergé, pencha brusquement d'un côté, les hommes se portèrent instinctivemeut de Tautre côté, la barque chavira et tous se noyèrent bien que Teau fut peu profonde à cet endroit. Les bateliers pris de peur s'enfuirent, d'autres Annamites accoururent, ils ne purent (|ue retirer des cadavres. Les soldats furent enterrés dans une fosse commune et le capitaine fut inhumé à part, à environ cinq mètres de là (sa tombe ne porte aucune inscription). Nous ferons remar(|uer à ce sujet (pie ce n'aurait pu être que le capitaine Boubée (M. Ually-Passebosc a été tué comme colonel en Nouvelle-Calédonie durant l'insurrection canmiue de 1878, M. Paris de la Bollardiére est mort comme officier supérieur en retraite bien des années plus tard) or, Vial n'en parle pas et Nicolas ne le cite pas non plus dans son obituaire.

Le second accident aurait eu lieu en plein tleuve. Six soldats se baignaient prés de la canonnière, l'un deux venant à disparaître sous Teau, ses camarades voulurent lui porter secours, mais s'accrocliant les uns aux autres, ils se noyèrent tous les six. On ne put retrouver (|ue les corps de deux soldats qui furent inhumés sur la berge du fleuve, tout prés du cimetière actuel.

Cette noyade collective, quoique possible, n'est pourtant guère probable, et si nous mentionnons tout ce que nous pouvons recueillir de faits, même douteux, c'est — nous l'avons dit déjà — pour faciliter les recherches à des continuateurs. 11 est regrettable, cependant, qu'il ne soit jamais venu à l'esprit d'aucun gouverneur de faire tenir, dans chaque chef-lieu administratif, un journal où tous les faits importants auraient été consignés au ♦*ur et à mesure de leur arrivée. Quels services de pareils journaux n'auùeot-ils pas rendus et ne cesseraient-ils de rendre à l'établissement de la

ité historique, si nécessaire au bon gouvernement d'un pays.

Nan, où elle perdît son chef. Doudartde Lagrée succomba aux suiles dune maladie de foie, le 42 mars 1868 dans rélablissemeutdes missionnaires français à Tong-Tcliouan-Fou (Bông-Cliàu-I*hù). Ses compagnons de voyage ramenèrent pieusement son corps, qui parvint a Saigon, le 29 juin 1868, transporté par le Donnai retour de Chine. Débarqué le lendemain, ou le mit en chapelle ardente à Féglise de Saigon jusqu'au 2 juillet, date où il fut conduit à sa dernière demeure par le gouverneur, amiral Ohier, et tous les habitants de la ville.

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