NÉGOCIATIONS A SAIGON AVEC DES ENVOYÉS DE HUE
Immédiatement après les fêtes du nouvel an, l'amiral de la Grandière, voyant enfin la colonie tranciuille, fit un voya{j[e à Phnom- Penh. Au retour, une dép(k'lic de Ilud lui annonra renvoi de négociateurs chargés de discuter les bases «l'un nouveau traité de paix entre la France et rAunani. Tir-Dirc et ses minisires reconnaissiiient finalement leur impuissances rt peusaient ré[)arer .par la voit^ diplomaticpie les fautes commises par la voie des armes.
Le 25 janvier 1808, arrivait à Saigon le vapeur annaniile la Ville-
de-IIne avec les envoyés, dont le |)remier était le hiOp bU)n dni hyr
sî Tran-Ti(^n-Thành.-(i'élait le premier jour du Tet^ ils furent reçus
avec distinction par lamiral qui, précisément à Focc^ision de ce nou-
'{u, recevait aussi de nombreuses dépulations d'Annamites et de
Chinois. Les conférences commencèrent presque aussitôt. Comme aux séances, ces hauts personnages étaient toujours accompagnés de leurs secrétaires, le gouverneur résolut de faire venir également aux conférences des Annamites qui nous fussent dévoués, entre autres, le piiû Ba-Tu-ôrng (Tôn-Thç-Tirfrng), le phù Tran-Bâ-LOc, le phu Nguyen-TriTC, le huyOn Bo-llù-u-Phu'O'ng, le lânh binh Huynh-Công- Tlfn. De la sorte, on parviendrait â mieux saisir le sens vrai des paroles prononcées par les négociateurs annamites, et si des indiscrétions volontairement inexactes des secrétaires devaient conduire à de fausses nouvelles, au moins on pourrait les démentir.
La discussion roula principalement sur la dette de TAnnam, que l'amiral proposait de ramener de dix millions à cinq, tandis que les négociateurs réclamaient la remise totale de la créance.
L'amiral demanda également l'ouverture de tous les ports du littoral au commerce français, ce que les mandarins ne voulurent pas accorder en raison des troubles, disaient-ils, que la présence d'étrangers pourrait provoquer parmi la population. L'offre de protéger la dynastie des Nguyèn ne leur sourit pas non plus. Au fond, ils ne semblaient chercher qu'une cession de territoire. ' Les pourparlers ne purent se continuer faute de pouvoirs suffisants de la part des des négociateurs annamites, aussi se rembarquèrent-ils dans les premiers jours de février.
Un détail à noter et qui caractérise bien les déplorables conceptions fiscales et financières de ces gens. C'est qu'ils avaient amené à Saigon tout un chargement de soie, de marchandises diverses^ provenant de l'impôt en nature, et qu'ils vendirent avant leur départ. Si les mandarins sont venus vendre à Saigon, c'est que, évidemment, la situation administrative et commerciale de cette ville leur promettait des bénéfices qu'ils n'auraient pas pu réaliser chez eux. Mais alors, pourquoi toujours vouloir se refermer sur soi-même ?