DOMINATION DU ROI DE THUC
lie vainqueur réunit le Vàn-Lang au Ba-Thijic pour en laire>un seul royaume qu'il appela Âu-L^c. D'après le P. Legrand de La Liraye, ce nom aurait été formé par la contraction des noms.de deux tribus : Âu-Vi$t et Lgic-Vi^t.
. Le premier ouvrage entrepris par An-Du'ang dans son . nouveau
royaume, fut la construction d'une capitale nommée par lui Loa-
Xbàuh (ville en spirale), ou Tu-^Long-Thànb, et Gôn-Lôn-Tbàah ^
par les (ihinois à cause des hauts murs de sa citadelle.
Pendant que An-Du'ang organisait et unifiait le pays de Giao-Cbî,
, Tân-Thi Hoàng-De ^ en faisait autant pour la Cbine. Le terrible
. empereur détruisit la féodalité, vainquit les Tartares, fit construire
la grande muraille et se rendit tristement célèbre en ordonnant de
faire brûler la plupart des livres de l'Empire (213 av. J.-C.) ^.
(1) Nom d'une montagne très élevée en Chine.
(2) Tân-Thl Hoàng-De fut le fondateur de Téphémére dynastie des Tân (249 — 202 av. J.-C). Les Chinois l'appellent Chi-Hoang-Ti.
Au sujet de Hoang-Ti, ou Hoàng-De, nous ferons remarquer, que quoique Texpression Hoàng-Btf veuille dire empereur en langue annamite, elle 1 désigné bien ici un personnage particulier, le roi Vu-o-ng-Chânh, qui devenu maître de toute la Chine, se lit appeler Thî-Hoàng-Dê^ (Chi-Hoàng-Ti) c'est-à-dire le premier souverain seigneur. Après lui, le nom Hoàng-B^ se transforma en titre qui fut pris par tous les souverains de la Chine.
(3) L'histoire parie d'abus que les lettrés du temps faisaient des anciens livres. Us les invoquaient sans cesse pour faire des remontrances au souverain. Ce serait Li-Se, premier ministre d'État, qui aurait poussé son maître Tan-Thî à vouloir abolir la mémoire du passé. L'empereur condamna au fe" i'^*' HvF(»^ canoniques et les histoires des âges précédents.
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Cç même 'fôQ-Tb], après avoir imposé sa domination aux huit royaumes de la Chine, conçut le projet de l'imposer également aux riches pays du Sud . 11 fit envahir le royaume d'Âu-L^c par une armée de 300.000 hommes (?) disent les annales chinoises et composée de tous les vauriens ou vagabonds de TEmpire. Cette cohue formidable par le nombre, n!était pourtant qu'un immense ramassis sans conduite ni discipline, qui fut aisément vaiocu. Mais l'empereur revint aussitôt à la charge. Une armée plus forte encore, 500; 000 hommes (?) cette fois, dut marcher contre An-Du^ang. Deux généraux Nhâm-Ngao et Triêu-Bà, conduisaient les forces chinoises. La lutte se prolongea sanglante à travers les années. Tân-Thî mourut, Nhâm-Ngao aussi, Tri$u, resté seul, réussit enfin à prendre pied dans les provinces du Nord, mais joignant à l'art de combattre celui de traiter, il fit la paix avec An-Dirang et maria son fils TrQng-Thùy à la fille du roi d'Âu-Lac
Cependant, l'ambition de Tri^u-Dà était loin d'être satisfaite. Profitant des troubles qui agitèrent l'empire à la chute de la dynastie desTân, il se déclara indépendant, puis, sans motif plausible, sans le moindre respect de la paix jurée, de l'alliance de famille, il fit la guerre au beau-père de son fils.
Battu en diverses rencontres, à bout de ressources, désespéré, le vieux roi d'Âu-Lac tua sa propre fille, femme de Tr^ng-Thûy, et mit fin à ses jours en se jetant à la mer (206 av. J.-C.). Quant au beau-fils, inconsolable d'avoir perdu son épouse, il se retira des affaires d'Etat et se donna paiement la mort peu après.
DYNASTIE DES TRIÊU
C'en était fait de la royauté indigène, comme aussi de l'espèce de féodalité qui liait les princes entre eux, tout en les laissant très indépendants, et n'accordait, sans doute, au roi qu'un pouvoir des plus limités.
Nous aurions voulu noter quelques traits de l'action royale sur les tribus, en tant qu'administrative et éducatrice ; malheureusement, les antiques annales chinoises tout comme nos vieilles chroniques européennes ne parlent que de coups d'épée, de massacres, de destruclions, quelquefois d'actes de famille des princes, mais presque rien
Une exception fut faite pour le Livre canonique des changetnentSy le KInh Dich des AnnaniUes, parce que cet ouvrage contient les sorts; L'édit épargna également tous les autres livres traitant des sorts, ainsi que les ouvrages d'agriculture et de médecine.
Le P. de Prémare trouve des circonstances atténuantes à ce monstrueux auto-da-fé littéraire : « Ce n'est point par haine mais par précaution qu'on arrache les King de ce peuple de lettrés, qu*on accusait de prêcher la révolte. Li-Se prétendait qu'en bonne politique ces sortes de monuments ne devaient être que dans la bibliothèque de Tempereur. »
du rdle civilisateur de ceux-ci, rien de leur action économique; encore moins parlent-elles de la vie des soeiélés, de leur évolution. C'est riiistoire d'une ramille qu'elles nous ont transmise, non celle d'un peuple.
TriéU'Vô-Bè (207-136). — Th^ii-Dà victorieux réunit l'Àu-Uc aux provinces qu'il possédait déjà et forma le royaume du Vi^t-Nam (midi au-delà), qu'il gouverna sous le nom de règne Tri§u-Vo-Bé(207isti av. J.-C). Le nouvel Etat comprenait, outre le pays de Giao- Cliî, la presqu'île de Lièn-Chân et l'Ile de llài-Nam.