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MORT DE KIÊN-PHU'6'C

Déjà durant les opérations de guerre, le général Millot s'était occupé d'organiser administrativement le pays. Après Hu-ng-IIoa, lorsqu'il pensa la période de la conquête terminée, il donna tous ses soins à cette partie éminemment délicate et laborieuse. Il y^ fut magistralement secondé par M. Silvestre, directeur des affaires civiles et politiques.

Un des premiers arrêtés du général visa la formation d'un conseil du gouvernement qu'il présida et auquel, malheureusement, il ne consentit à donner que voix consultative. C'était trop ou pas assez. Trop, car lorsqu'on entend décider seul - - tel le gouverneur d'une place assiégée — il est préférable de prendre les avis séparés des personnes qu'on veut consulter ; si on les réunit, il y en aura toujours une au moins qui par son prestige ou sa facilité d'élocution influencera les autres, dont l'avis cesse d'être personnel. Pas assez, vu que dans des questions purement civiles, il est bon de partager les responsabilités entre les grands chefs de services, ce qui ne se peut faire raisonnablement qu'à la condition de les appeler aussi à délibérer sur les affaires qu'ils devront diriger ou gérer.

La justice militaire, devant laquelle pouvaient être traduits les Annamites pour certains faits relatifs à la sécurité de l'armée, fut complétée. Le général Bouet avait créé deux conseils de guerre siégeant l'un à Hâi-Phong, l'autre à llà-Noi, ainsi qu'un conseil de révision dans cette dernière place ; le général Millot les maintint, mais fit transférer à llai-Du-o-ng celui de Hai-Phong. Des résidents furent placés aux chers-lienx des provinces im[)()itanles. Qui-i\h(rn, qui avait été évacué npi'ùs la mort de Henri Iiivi«'M*e, fut réoccnpé et iM. Navclle nommé consul dans cetle ville.

Comme on pouvait craindre des désonins par suite de* la perle des récoltes dans certaines ré.uions, le génrral en chef prescrivit de conserver les approvisionnements de riz pris à rennemi et de n'en vendre rjue sur son ordre formel.

An point de vue cartographiqn(\ des officiers furent désignés pour suivre les troupes dans leurs moindres mouvements et levier le terrain parcoiuMi. Le territoire autour des garnisons fut levé de nièine. Sans doute ces plans étaient imparfaits la plupart, mais ils furent d'un précieux secours aux travaux ultérieurs exécutés avec des instruments plus convenables et par des persoimes plus habituées aux levers topographiques.

Deux régiments de tirailleurs tonkinois furent créés, dont MM. les lieutenants-colonels de Maussion et Brionval eurent le premier com-

mandement (nominations du 27 avril 1884 approuvées uUùricurement par le ministre de la marine et des colonies).

La situation telle que nos armes venaient de la créer au Tonkin, nous rendait évidemment maitres du pays; mai*;, nonobstant le recul des troupes chinoises, rien ne faisait prévoir que le gouvernement de Pékin abandonnât du coup ses prétentions sur PAnnam. M. Tricou était revenu en France sans conclure, et le marquFs Tseng, que ses intempéranci^s épislolaires désignaient depuis longtemps déjà comme» un diplomate imperlinent et grossier, avait, de son côté, quitté Paris pour Londres, non sans avoir encore écrit une lettre, rendue publique, où il rappelait en termes injurieux nos désastres de 1870 (il fut (Misuite remplacé provisoirement par Li-Fong-Pao, ministre de Chine à Berlin). Le Tsoni?-Ly-Yameu cotnptait, c'est certain, sur l'appui de* TAIIemagne et de l'Angleterre ; en ceci, il ne vit pas clair, car l'Allemagne préférait de beaucoup nous savoir occupés au Tonkin que du coté des Vosges ; (luant à l'AnglcIerre, elle avait fort à faire en Egypte et désirait surtout qu'on la laissât faire.

Il existait pourtant à Pékin un parti de la paix (jui avait à sa tète le vice-roi du Petch il i, Li-Hung-Tchang. Celui-ci, gros aciionnaire de la China merchants navigation Companj/, voyait ses alTaires commerciales fort compromises du fait de la guerre et, poussé autant par son intérêt personnel que par son sens [)olitiqiîe très affiné, était grandement disposé à traiter. Un concours de circonstances plutôt fortuit amena la solution .

Le 20 avril, M. Detring, citoyen allemand et haut fonctionnaire des douanes chinoises, débarquait à Canton revenant dM^]urope. Il était depuis vingt ans au service de la Chine et Li-IIung-Tchang, qui prisait beaucoup ses conseils, le prenait volontiers pour confident, en faisait môme son homme d'affaires. M. Detring ne négligea point durant son congé — dont il passa une bonne partie en France — • de renseigner le vice-roi sur toutes les (jnestions (|ui pouvaient intéresser ses affaires et sa politique, concluant invariablement à faire la |)aix avec les Français. Or, le hasard voulut qnii M. Deirlni; trouvât sur rade de Canton le Volta, commandé [)ar le capitaine de frégate Fournier, qu'il connaissait de longue dat(î aussi et cju'il vint visiter. La conversation roula tout ualurellemenl sur U) dill'érend francochinois, et ils pensèrent à la possibilité d'une. euteut(\ chacun dÏMix consentant à servir d'intermédiaire. M. Fouruier avertit son chef, l'amiral LevSpès,qui approuva provisoirement cespourparlersoflir.ieux et en informa le gouvernement de la llé[)ublique. Li-Huug-Tchang manda, de son côté, M. Detring qui, avant d(^. se reudn^ à Tientsin, reçut du commandant Fournier une lettre conlidenlielle pour le vice-roi, où étaient résumées les conditions d'un arr;mgement éventuel: rappel du marquis Tseng, abandon de la suzeraineté sur l'Annam, retrait des troupes chinoises du Tonkin, indemnité de guerre.

Le président du conseil, M. Jules Ferry, ne s'engagea point, mais il laissa les pourparlers suivre*leur cours, prêta intervenir au moment opportun, Li-Ilung-Tchang fut autorisé parle Tsong-Ly-Yamen à traiter; le I" mai, il fit savoir au commandant Fournier que le marquis Tseng était rappelé et allait être remplacé par un nouveau plénipotentiaire. M. Fournier, avec raulorisalion de l'amiral Lespès (ils étaient alors tous deux à Schanghai), partit pour Tientsin où il se rencontra avec le vice-roi du Petcbili. L'un et l'autre avaient un égal intérêt à conclure rapidement, car le. parti de la guerre pouvait reprendre le dessus à la cour et empêcher tout accord. M. de Sémallé, notre chargé d'affaires à Pékin, fut lenu au courant des négociations par le commandant Fournier qui, le 7 mai, transmit à l'amiral. Lespès le texte du h-aité accepté en principe par Li-Hung-Tchang ; mais, vu l'impossibilité matérielle où se trouvait l'amiral d'arriver à Tientsin avant une dizaine de jours et le besoin urgent de faire vite, M. Fournier démancha lélégraphiquement de pleins pouvoirs au président du conseil. Il les obtint et, le 11 mai 1884, le traité fut signé.

Le 13 mai, M. Jules Ferry télégraphiait au commandant Fournier que la nomination des plénipotentiaires et l'évacuation du Tonkin par les troupes chinoises fussent immédiates, que le plénipotentiaire français était M. Patenôtre, qui se trouverait le 29 mai à Hué, d'où il se rendrait à Pékin le plus tôt possible. A la même date, le ministre de la marine câblait à lamiral Lespès d'avoir à renvoyer le commandant Fournier en France porteur du texte de la convention.

I^ 15 mai,'le président du conseil télégraphia encore une fois au commandant Fournier que, pour ne point froisser la cour de Pékin, il effacera de la convention portée par M. Patenôtre à la signature de la cour de Flue ^ les mots // compris la Chine (au sujet de la représentation «le rAuuam par la France dans ses relations avec les puissances). Toutefois, M. Jules Ferry insista sur ce que la modification (le forme ne devait rien chanirer au fond, que le protectorat absolu de la France ne pouvait subir aucune atteinte.

M. Fournier rédigea une note en ce sens qu'il remit, le 17 mai, à Li-Hung-Tchang en prenant congé. C'est cette note qui devint fameuse par les discussions qu'elle suscita et les falsificiitions qu'y laissa faire Li-Hung-Tchang -. Le commandant Fournier quitta Tientsin le 18 mai pensant que tout était en ordre ; il prévint le ministre de la marine et le général Millot, qui fut averti des dates d'évacuation du Tonkin par les troupes chinoises.

(1) M. Patenôtre, ambassadeur de France à Pékin, rejoignait son poste prenant passage sur le courrier du 25 avril i88i. l\ fut chargé par le gouvernement de la République de s'arrêter *Hue pour y faire modifier quel- (|ues clauses du traité Harmand avant qu'il ne fût soumis au Parlement.

(2) Il est bon de renian|uer (jue, si M. Jules Ferrj' n'avait pas embrouillé la quesUon avec ses télégrammes subséquents à la signature du traité préliminaire, toute cette histoire ne serait pas arrivée.

L'atnlral Lespès, de son côté, était arrivé à Tieotsin, d'où il se rendit à Pékin. Il y eut des visites et des fêtes. Tout semblait aller à souhait, malheureusement le parti de la guerre avait repris son influence et, à bref délai, un conflit armé devait se produire au Tonkin qui allait rallumer la guerre.

M. Palenôtre, en se rendant à Hué, avait amené M. Rbeinart qui devait rester comme résident provisoire, sous les ordres du général Millot. Le traité Harmand était présenté par notre plénipotentiaire avec d'assez profondes modiflcations, surtout eu ce qui concerne les cessions territoriales. Les trois provinces septentrionales de TAnnam (Thanh-Hoâ, Nj?h$-An et Hà-T|nh), qui passaient au Tonkin, furent laissées à l'Annam ; le Binh-Thui)n, proposé pour être annexé à la Cochinchine, lui resta aussi.

Après quelques diflicullés et l'envoi d'un uUimatum^ le traité modiiié fut accepté. Le 6 juin, le sceau impérial chinois (signe de la vassalité annamite) passa au creuset ; deux heures plus tard» le premier régent Nguyên-Vàn-Tu-crng vint à la résidence de France apposer son nom au traité. En déposant le pinceau, il dit souriant longuement à M. Patenôtre : < Voilà une signature que j'ai soignée et (]ui tiendra. » Il faut croire cependant que les paroles du régent n'étaient pas plus sincères cette fois qu'avant, toute sa conduite ultérieure va les démentir.

Presque dès son arrivée dans la colonie, M. Thomson avait dirigé son attention vers le Cambodge, il y fit de fréquents voyages, pensant — du moins doit-on le croire — à enserrer étroitement ce pays dans le système administratif et fiscal de la Cochinchine. Agissîiit-il de sa propre initiative ou suivant des ordres positifs de la métropole ? Nous l'ignorons, mais ce que les événements se sont chargés de démontrer, c'est que l'action du gouvernement, si elle ne s'est pas trouvée prématurée, a été peut-être impolitique, maladroite et, certainement, elle fut intempestive. Les affaires du Tonkin et de l'Annam n'autorisaient pas à susciter conjointement d'éventuelles affaires au Cambodge, où Si-Vattha, le troisième frère du roi, avait depuis longtemps soustrait plusieurs provinces à l'autorité de Norodom, et se trouvait être le chef désigné de n'importe quel soulèvement. Bien des sympathies allaient à lui et sa connaissance merveilleuse du terrain pouvait en faire un ennemi fort gênant. It eut été bon de se rappeler aussi la poursuite de Pù-Kambô, en 1860 et 1867, où nos troupes, attirées dans des régions fiévreuses, malsaines, furent littéralement décimées par les maladies. En Cochinchine même, les événements? indo-chinois avaient eu leur répercussion, et maints esprits inquiets se préparaient à saisir la première occasion pour fomenhjr des troubles. Déjà une bande de fanatiques, conduite par deux bonzes, avait assassiné (24 mai 1884), dans une

case du village de TAp-Phircrc, le phû de Long-Thành (village de Phirac-LOc, prov. de BicD-Hoà), Tran-Bâ-Hiru, troisîèirie frère du doc phû sij Tran-Bâ-LOc.

Cette dernière affaire surtout aurait dû mettre en éveil. Le phû HiTU était à la chasse et se reposait dans une maison ii TAp-Phu-ac lorsque, vers 10 heures du soir, des individus le percèrent de coups de lance sur son lit, ils tuèrent également le guide du phû. L'instruction avait démontré que la cause du crime devait être attribuée à des haines politiques et religieuses ainsi qu'à des mésintelligences de villages. Une trentaine d'individus furent compromis dans l'affaire, indice très significatif en Indo-Chine, que la seule vengeance personnelle n'explique pas.

Ce fut, sous d'aussi peu favorables auspices, que le gouvernement décida d'imposer un traité plus restrictif de ses prérogatives au souverain du Cambodge. L'année précédente, M. Thomson avait obtenu du roi Norodom que la perception des droits sur l'opium et les alcools dans tout le royaume du Cambodge, fut effectuée par l'administration de Cochinchine (conventions du 10 septembre et du 9 octobre 1883). Maintenant, c'était une union douanière qu'on proposait à Norodom ; il n'y voulut point souscrire K

M. Thomson dut se rendre à Phnom-Penh sur l'ordre du ministre, dit le Journal officiel de la Cochinchine, 11 y arriva le 4 juin 1884 ; après avoir eu plusieurs entrevues avec le roi, celui-ci effecta d'être malade et ne le reçut plus. Le gouverneur de la Cochinchine, obéissant soit à des instruct ions métropolitaines soit à des idées personnelles, envoya un ultimatum à Norodom, lui laissant jusqu'au 14 juin à midi pour faire des excuses et signer la convention commerciale. Le roi refusa encore. Le 17, M. Thomson fit cerner le palais par les troupes sous les ordres du colonel Miramond et pénétra dans l'intérieur. Le roi, n'ayant plus d'autre ressource, voulut alors signer la convention douanière, mais le gouverneur lui déclara qu'il était trop tard et qu'il n'avait plus que le choix entre l'abdication et un traité nouveau que Norodom signa (convention du 14 juin 1884).

(l) Le Cambodge avait ses douanes propres, cjuaiit à la Cochinchine, elle percevait à cette époque, en dehors des droits sur l'opium et les alcools :

Des droits de sortie sur les riz (arrêtés du 9 se|)tembre 1878 et du 19 septembre 1883).

Des droits d'importation sur les alcools (arrêté du 10 décembre 1881).

Une taxe sur l'exportation des bœuls et des buffles (arrêté du 16 janvier 1882).

Un droit de 10 «'/o ad valorem sur les armes, munitions et artifices importés (arrêté du :26 décembre 188:2).

Des droits de douane sur les vins de Chine (décret du 19 mai 1883).

Enfin, Ton prévoyait l'application prochaine du tarif général des douanes métropolitaines.

Cette fois ce fut la mainmise sur les finances et toute l'administration du royaume. On aurait pu se montrer moins pressé et surtout moins brutal avec un souverain qui s'était volontairement placé sous le protectorat de la France. Ce fut une faute, nous l'avons payée.

L'économie de la nouvelle convention se résume dans le droit du gouvernement de la République d'introduire nu Cambodge toutes les réformes administratives, judiciaires et financières jugées convenables. Les divers articles spécifient qu'il y aura des résidents et sousrésidents français préposés au contrôle des autorités locales et au maintien de l'ordre public, tous relevant d'un résident général luimême aux ordres du gouverneur de la Cochinchine ; que la perception des impôts directs et indirects, les travaux publics et tous les services exigeant une direction unique seront confiés à des agents européens ; que les dépenses d'administration et de protectorat seront à la charge du Cambodge ; que le roi recevra une liste civile de 300.000 piastres et les princes une dotation de 25.000 ; que l'esclavage est aboli au Cambodge ; que le sol du royaume, jusqu'alors propriété exclusive de la couronne, cesse d'être inaliénable ; qu'une commission municipale administrera Phnom-Penh (elle fut installée le 19 novembre 1884).

Le régent d'Annam, Nguyen-Vàn-Tu-6*ng, avait laissé mourir de faim Dyc-Dirc pour saisir le pouvoir et empêcher peut-être ce malheureux prince d'aller vers la France ; il fit empoisonner Hiép-Hoà parce qu'il avait signé le traité Ilarmand. Ne ferait-il pas subir le même sort au roi Kiën-Phu-ac qui venait d'accepter lé traité du 6 juin 1884? Le général Millot craignait beaucoup pour la vie du jeune souverain, déjà malade depuis quelques semaines, et ses appréhensions ne se trouvèrent que trop fondées : Kién-Phu-ô'C mourut lé 31 juillet 1884. Sa mort fut-elle naturelle ou le poison joua-t-il son rôle? On ne le saura probablement jamais. Ce dont on ne peut douter néanmoins, c'est que les mandarins étaient capables de tout, et que, par leur ignorance, leur mauvaise foi, leur haine aveugle contre la France, ils avaient déchaîné les plus grands maux sur le pays d'Annam. Ce qui est certain encore, c'est (jue l'ambitieux Nguyen-Van-Tirirng détenait sans partaiic le pouvoir, et prétendait le garder, diit-il renverser les Nguy?n régnants et mettre un membre de sa propre famille sur le trône. Le peuple commençait à voir clair dans ces criminelles manœuvres et accusait les régents d'être les auteurs de tout le mal. On comprend que la mort du roi vint à propos pour les rendre nécessaires.

Quoi qu'il en fût d'ailleiu's, la cour s'était rendu compte du mauvais eflet de ses menées et, profit;mt d'une accalmie dans l'état du souverain, elle avait organisé une réception des fonctionnaires annamites pour le ^8 juillet 1884. Le surlendemain, Kien-Phu-ô-c eut une rechute; le 31 juillet il expirait.

On essaya de cacher la mort du roi, et M. Rheinart lui-même ne la connut officiellement que le i" août. Dès avant, il prévint les régents que ravis du gouvernement de la République était indispensable pour remplacer le roi. Nguyèn-Vàn-Tu-crng n'en tint aucun compte et se hâta de faire monter au trône (2 août 1884) le frère cadet du souverain défunt, le prince lTng-L|ch, jeune homme de quatorze ans qui reçut le nom de régné de Hàm-Nghi. En agissant aussi précipitamment, le régent pensait plaire aux lettrés et au peuple par un acte d'indépendance ; il comptait, en outre, assurer sa propre puissance durant une longue minorité.

M. Rheinart n'accepta point de semblables procédés, il demanda des renforts que le général Millot s'empressa de lui envoyer (un bataillon et une batterie) avec le colonel Guerrier, soh chef d'étatmajor. Le colonel vint à Hué le 12 août (les troupes arrivèrent le lendemain) et, le jour même, un ultimatum fut envoyé aux régents d'avoir à demander Tautorisation à la France pour nommer un roi et de proposer le prince ITng-Lich. Le 13, le conseil de régence envoya la requête en caractères nom, impertinence puérile au fond, mais qui révèle bien le manque de dignité de ces personnages^ ; dç plus, cette requête ne proclamait pas catégoriquement les droils de la France. Notre résident exigea un autre texte et en caractères nhu, ce qui fut fait. Le 17 août, le colonel Guerrier, M. Rheinart et le commandant du Tarn apportèrent Tinvestiture royale entrant au palais par la porte du milieu, tandis que tes autres officiers du cortège et les troupes d'escorte passèrent par une porte latérale (porte des fonctionnaires civils).

Le lendemain 18, les troupes de renfort retournèrent au Tonkin par le Tarn,

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