‹ Abrégé de l'histoire d'AnnamChapitre 9 sur 146 · USURPATION DES H · texte numérisé non relu

USURPATION DES H

Hb'Qu(-Ly (1400). — Maintenant que cet homme qui avait faussé tous ses serments, amoncelé crimes sur crimes se trouvait au pouvoir, il ne voulut ou n'osa pas y rester. Quelques mois à peine s'étaient écoulés qu'il abdiqua en faveur de son fils cadet, Ho-IIan-Thircrng, tout en conservant le titre de roi père.

Hb'Hdn-Tlunrng (i 400-1407). — II fallait maintenant consolider cette couronne que Ly sentait mal assise. Une campagne victorieuse est d'ordinaire l'ancre d'espérance des dynasties qui ont biîsoîn de s'affermir, ('e fut aussi le moyen des IIô. Cent cinquante mille hommes (?) furent menés contre le Ciampa, lequel implora la paix, cédant aux Annamites le pays de Cô-Luy qui fut divisé en deux provinces: Tlianh-Hoâ (Quâng-Nam) et Tu-Nghiii ou Tu-Ngai (Quâng- Ngfii). Los Ilo y envoyèrent des colons tonkinois; malheureusement, la llolle qui portait les femmes et les enfanta flt naufrage, et cet événement fatal irrita fort le peuple, qui crut y voir la colère du ciel contre les usurpateurs.

D'autre part, le Giarnpa restait hostile, il fallut recommencer la guerre. Mais cette fois l'ennemi demanda des secours à l'empereur, qui s'empressa d'intervenir en expédiant une flotte. Puis ce furent pendant (juehiue temps des chasses-croisés d'ordres, d'ambassades, et, eiilin. l'invasion de l'Annam. Après des succès et des revers, la Chine resta maîtresse du pays qu'elle soumit à sa propre administration. Les IIÔ et leurs partisans, traqués de toutes parts, furent pris et envoyés à la cour de Pékin.

Le vieux roi, qui avait 70 ans, dut servir comme simple soldat dans l'armée chinoise, ses fils et petits-fils eurent une certaine liberté ; quant aux généraux et mandarins, l'empereur leur promit des emplois, mais les fit tous secrètement assassiner. Ainsi se termina Todysséc de ce vulgaire et criminel ambitieux.

DOMINATION CHINOISE ET RETOUR DES TRi^N

Giàn-Binh-Bè (1407-1409). — L'empereur après avoir vaincu les Uô pensait sans doute jouir en paix de sa conquête. II n'en fut rien. L(*s Tran avaient encore des descendants, malgré les multiples assassinats de Ilô-(Jui-Ly. L'un d'eux se retrancha dans la province de Ngh(}-An, où les Chinois n'avaient pas encore pénétré. Il s'appelait Ngbi et fut reconnu roi par ses partisans sous le nom de Giàn-fi}nh- De.

Kn peu de temps, il devint assez puissant pour attaquer les Chinois qu'il réussit a battre, non à chasser. Malheureusement, ce roi semble avoir f?* ' »e pour compromettre sa cause. D'aibord, ce fut

le mas* inces de sa propre famille avec six cents des

leurs (1407); puis il fit exécuter ses deux meilleurs généraux, B§ng- Tlfl et Nguyên-Cânh-Chan, sur la dénonciation d'un lettré. Leur mort fut sa perte.

Les fils des deux généraux en apprenant l'exécution injuste de leurs pères, se mirent incontinent au service de Trlin-Qui-Khoâng, petit-fils de Tran-Ngh^Tông et rival de Gian-B|nh-Bê. Celui-ci fut proclamé roi sous le nom de Trùng-Quang-Dé. Le pays se trouvait ainsi partagé entre les dominateurs chinois et les deux prétendants annamites.

Trùng-Quang-Bë (1409-1414).— Cependant, Quang-Dé eût bientôt-fait de battre son oncle Giân-Bjnh, mais plus humain ou plus politique que son rival, il le fit simplement abdiquer et se l'adjoignit pour combattre l'étranger. Leur tentative n'eut point de succès. Gian-Binh fut baltu et pris. Trùng-Quang-Bê, qui, après, essaya la diplomatie, ne réussit pas mieux, et le général chinois Truo'ng-Phy anéantit en une dernière bataille l'armée du prétendant. Trùng-Quang s'enfuit dansl'Ai-Lao, mais fut livré et se donna la mort. Ses plus fidèles serviteurs en firent autant. Ici finit la dynastie des Trân .

Tr^n-Phu-oc, le gouverneur chinois, prit alors les mesures les plus énergiques pour dénationaliser le pays. Interdiction de se tatouer, port des cheveux longs, costume chinois pour les femmes, enseignement des sciences chinoises et des pratiques bouddhistes etc. Les meilleurs élèves étaient envoyés en Chine pour y passeriez examens leur donnant droit aux fonctions publiques. A côté de ce§ mesures rigoureuses mais excusables, il en prit d'autres rien moins que politiques. Le peuple fut accablé de corvées pour la recherche de l'or, la chasse aux éléphants, la pêche des perles, etc.

En 1416, Tru-crng-Phy, le vainqueur del'Annam, remplaça Trân- Phuô-c. Un de ses premiers actes fut d'incorporer aux troupes chinoises des soldats annamites, jusque dans la proportion du tiers, selon la garnison. Il espérait sans doute, par la confraternité d'armes, créer un peu d'amitié entre les deux nations- Mais le peuple s'agitait, une révolte était |)rochaine. Peut-(Hre Tru-ang-Phu eûtil réussi à apaiser les esprits ; l'empereur ne lui en laissa pas le temps. Sur la dénonciytion d'un eunuque, il fut remplacé par Ly- Bàn. Son départ fut le signal de la révolte.

L'oppression et l'arbitraire de la domination chinoise avaient fait fuir vers les montagnes quelques familles qui n'attendaient que le jour propice au soulèvement. Parmi elles, un ancien haut mandarin au service des Minh qui après avoir donné sa démission pour ne plus seconder l'oppressive dynastie chinoise, s'était retiré à Lam- Sorn. Cet ex-fonctionnaire, appelé Lè-Lçri, homme d'énei^ie et de valeur, prit le parti d'entamer la lutte.

Trop faible pour affronter une bataille rangée, il fit la guerre de partisans, qu'il sut mener avec beaucoup d'habileté. En peu de temps, il vil augmenter ses troupes et ses ressources. Trahi une première fois, il n'échappa qu'à grand peine, laissant son frère aux mains des Chinois. Ce frère lui ressemblait comme deux gouttes d'eau, aussi les Chinois, croyant le tenir, ne continuèrent-ils pas la poursuite. Lé-Loi pourtant ne perdit point courage, il se retira dans la montagne, s'y refit une petite armée et revint au combat.

Les généraux chinois envoyés contre lui furent battus, ce qui augmenta sensiblement le nombre de ses adhérents.

Cependant, l'empire ne croyait pas celte révolte sérieuse et continuait d'organiser le pays comme si de rien n'était. Eu 1419, la Chine fil entrer dans l'enseignement les cinq livres canoniques (Ngû- Kinh), les quatre livres classiques (Tir-Tha) et les Annales de la Chine (Cang-M^c). Elle introduisit aussi l'organisation communale chinoise qui forme les villages de cent familles (bâo) composés euxmêmes de dix groupes chacun de dix familles (giàp). Les chefs de groupes et de village étaient changés tous les ans. • Pendant que Lè-Lçri guerroyait contre les troupes chinoises, leur infligeant maintes défaites, un ancien esclave de la famille des Tran, du nom de Lé-Nga, entraîna un parti contre les Chinois. Il s'était donné pour un arrière petit-fils de Tran-Du^-Tông et prétendait au trône. La victoire ne le seconda point. Battu dès la première rencontre, il disparut et l'histoire n'en fil plus mention.

Après cette défaite, il y eût comme une trêve, Lè-Lcri se réorganisait et les Chinois attendaient des lenforls.

En 1421, une armée impériale, commandée par le général Tran- Tri, apparut en Annam. Quelques semaines plus lard, 30.000 Ailaociens avec 100 éléphants vinrent offrir leurs services à Lè-Lçri, qui accepta avec joie cet accroissement de forces. Mais, dès la première nuit, les Ailaociens, qui n'éUiient venus que pour trahir Lê-Lo-i, attaquèrent ses troupes. Mal leur en piit, le premier moment de surprise passé, les Annamites les mirent honteusement en fuite, leur faisant perdre 10.000 hommes et 14éléphants. Pour avoir une revanche, ils passèrent aux Chinois, qui, malgré celle augmentation d'effectif, furent si bien battus que Lè-Lg-i eut tout le loisir d'aller clultier les Ailaociens sur leur propre territoire.

Puis la guerre se poursuivit avec des alternatives de revers et de succès. En 1423, une trêve intervint entre les belligérants; mais, un aft plus tard, à la mort de l'empereur de Chine, Lè-Lm, profitant des agitations du changement de règne, reprit les armes et fut encore heureux dans les combats. Déjà il sentait que le trône allait lui échoir ; mais, craignant sans doute les rivalités ou les machinations '^^ ses lieutenants, il fit proclamer roi un prétendu descendant des Tran-Tung (1426-1428), puis Tran-Kièu (1428). C'étaient de

simples enseignes, sans pouvoir ni génie, dont Le- L<Ti se débarrassa au moment opportun.

Enfin, la Chine fit un suprême efi'ort ; deux armées envahirent FAnnam, et toutes deux Turent déraites. La guerre était finie, elle avait duré dix ans et i'Annam en sortait épuisé mais indépendant.

Lô-Urî, en politique habile, renvoya, contre l'avis de ses généraux, tous les prisonnier chinois, il amnistia tous les Annamites, intercéda auprès de l'empereur pour qu'il pardonna à ses propres mandarins et fit demander l'investiture pour Tran-Kieu, ce tini lui fut accordé.

Le nouveau roi (que les annalistes ne veulent pas plus reconnaître que TrSn-Tung) ne régna guère. Les partisans de Lè-Lçri, poussés sans doute par leur chef, réclamaient la mort du roi. Celui-ci craignant pour sa vie, s'enfuit, mais fut repris et enfermé dans la citadelle de flông-Quan. H s'y empoisonna (1428) et Lè-Lg^i monta sur le trône aux acclamations d'un peuple qui recotuiaissait en lui le libérateur de T Annam .

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