‹ Abrégé de l'histoire d'AnnamChapitre 96 sur 146 · PAUL BERT · texte numérisé non relu

PAUL BERT

Après avoir quitté la France le 14 février et s'être arrêté quelques jours à Saigon, Paul Bert arriva le 8 avril à Hà-NOi, où le général Warnet lui remit aussitôt ses pouvoirs. Le même jour, il lança deux proclamations, l'une à l'adresse des Français de TAnnam et du Tonkin, l'autre à celle des troupes de terre et de mer, qui ne semblent pas avoir mis beaucoup d'empressement à souhaiter la bienvenue au résident général.

Par un arrêté du 9 avril 1886, Paul Bert supprime la direction des affaires civiles et politiques et place les services de cette direction sous les ordres du résident supérieur du Tonkin. Un autre arrêté, du 11 avril, institue à la résidence générale une direction du contrôle des services financiers.

Le 25 avril, une ambassade du roi bong-Khanh arrjve à Hà-Nôi pour saluer le résident général; elle est reçue le 27 avril à l'hôtel du gouvernement.

Le 3 mai, Paul Bert s'embarque sur VEstoc pour se rendre à Hué (l'ambassade était partie en môme temps). Son premier soin fut de réagir contre les fiicheuses innovations du général de Courcy, il traita le roi d'Annam avec la déférence voulue. Paul Bert obtint de Bong-Khành un décret conférant au kinh lu-çrc du Tonkin des pouvoirs royaux, ce qui permit d'éviter la procédure fort longue de demander la sanction souveraine pour chaque acte du résident général; le kinh \\icrc et le résident supérieur pouvaient à l'avenir arrêter

(U Le général de Courcy rappelé, fut mis en disponibilité, mais obtint ^me mission confidentielle dans l'Est. 11 mourut le 10 décembre 1887.

en commun et promulguer sans retard. Paul Bert fut de retour à Hà-NOi le 22 mai.

Si le passage du résident général à Hue ne donna pas de résultats immédiats, il influa pourtant heureusement sur les esprits, et quelques mandarins firent leur soumission au roi. D'autre part, le général Munier, dans les expéditions qu'il faisait pour pacifier le pays, procédait avec beaucoup de tact et de pondération, sans exclure pour cela l'indispensable fermeté. 11 parvint à s'attirer les sympathies des mandarins et des populations.

A Hâi-Phông et à Hà-NOi, les travaux d'utilité publique reçurent une très vigoureuse impulsion. Paul Bert se multipliait et se surmenait. Se rendait-il compte que sa vaste science avait besoin d'être complétée, voulait-il trop hâtivement achever son apprentissage ? Nous l'ignorons, mais il est certain que cet apprentissage n'était pas fait et que Paul Bert ne sut, en aucune façon, éviter les frottements avec l'autorité militaire qui, aussi bien au Tonkin qu'en Annam, était obligée de constamment foire marcher des colonnes. Fin octobre, les dissentiments s aggravèrent tellement entre Paul Bert et le général Jamont (qui avait succédé au général Warnet à la tète des troupes d'occupation), que le remplacement immédiat de celui-ci fut demandé. Paul Bert déclara même qu'un général de brigade lui suffirait (!) (il y avait alors une forte division en Annam-Tonkin, avec les généraux de brigade Munier à Hué et Jamais à Bâc-Ninh).

Le 11 novembre 1886, Paul Bert décédait à Hà-Nôi après une courte maladie, résultat du surmenage et de voyages précipités à travers le pays auxquels sa vie antérieure ne l'avait pas préparé. Le corps fut ramené en France par le transport Y Annamite qui arriva à Toulon le 13 janvier 1887. Les obsèques eurent lieu à Auxerre le 1 5 janvier 1887.

Quant au général Jamont qui devait prendre VOxiis à Saigon le 20 novembre afin de se rendre en France, il reçut l'ordre de rester à Saigon pour y attendre de nouvelles instructions.

M. Bihourd remplaça Paul Bert^ il arriva au Tônkin le 28 janvier 1887.

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