ÉVÉNEMENTS EN COCHINCHINE ET AU CAMBODGE
Au commencement de l'année 1886, un nouveau sinistre maritime plongea la colonie dans le deuil . Le vapeur Norodom des Messageries Fluviales s'était perdu le 24 février 1886 à l'entrée du Cira-Tièu. Un conducteur des Travaux publics, M . Egron, 4 soldats et 13 Asiatiques se noyèrent, la plupart enlevés par la mer. Une cinquantaine de personnes parvinrent à s'accrocher dans la mâture et purent être sauvées.
Le 1er mars 1886, m. Filippini fut nommé gouverneur de la Cochincbine. Deux fois son départ dut être ajourné pour des raisons
de santé. Il prit passage avec I4™® Filippini et un enfant, le 23 mai 1 886, à Marseille sur le paquebot des Messageries Maritimes le Saghalien et débarqua à Saigon le 19 juin 1886.
Le généralBégin lui remit le service le même jour et partit pour France, le 30 juin, à bord du Djemnah.
M. Filippini avait porté pendant vingt ans la robe d'avocat ; il était, en dernier lieu, préfet de la Loire.
Au Cambodge, quoiqu'il n'y eût jamais eu de suspension complète des hostilités, celles-ci reprirent avec beaucoup d'énergie dès le mois de novembre 1 885. Le général Bégin pensait en finir avec cette insurrection et envoya de nombreux renforts. On se mit en campagne partout. Du 4 au 6 décembre, le Bouclier disperse une bande du côté de Kompong-Tiam. Le 7 décembre, une colonne composée de 27 soldats, 40 miliciens cambodgiens et 10 cavaliers (lieutenant Dupuis) est attaquée par des insurgés qu'elle repousse ; le même jour, le Bouclier débarque à'^Péam 30 miliciens qui s'emparent d'un retranchement. Le 9, une colonne composée de marins du Jaguar^ de la Baïonnette et du Bouclier^ d'un sergent, de quatre soldats et de 35 miliciens essaye d'enlever le fort palissade de Karoka, mais les difficultés du terrain font échouer l'entreprise, la colonne eut 2 marins tués et 2 blessés.
A peu près tous les jours, il y avait des attaques, des rencontres, des surprises. Un fortin rebelle élevé à Prek-Mysar (3 kilomètres à l'Est de Kompong-Tiam) est attaqué, le 30 décembre, par le commandant Klipfel avec. 50 soldats, 50 miliciens cambodgiens et un canon. Le fortin tombe en notre pouvoir, mais nous avons -2 tués.
Dans les premiers jours de janvier 1 886, diverses bandes sont mises en fuite et quelques fortins sont pris. Le 10 janvier, la garnison de Kompong-Chnang enlève le forlin de Trop, au prix de six blessés, dont un sergent et un soldat. On chassait ainsi les bandes d'un côté, elles se reformaient de l'autre ; on démolissait des fortins et, quand on repassait quinze jours plus tard, ils étaient restaurés et réoccupés comme celui de Tuol-Chrenieug repris par le capitaine Génileau (17 janvier). La colonne y eut un caporal tué dès le début de l'attaque.
Dans le courant de mai, des Cambodgiens s'avancèrent du côté de Thl-Tinh (prov. de Thù-Dau-MOt) pour se ravitailler en riz et en sel, ils furent promplement chassés.
Jusque vers le mois de juin, ce ne sont que des bandes dispersées, des fortins pris et repris ; ce qui n'empêche nullement les rebelles de harceler nos colonnes, de les attaquer. Partout on mettait les insurgés en déroute et, à peine les troupes s'étaicnt-elles éloignées, que ces mêmes insurgés revenaient, puis tout était à recommencer. Campagne intermmable d'éreintement pour nos hommes, suscitant de nombreux malades, sans compter les quelques tués et blessés.