CHAPITRE IL
Résumé historique des découvertes et des principaux ouvrages en anatomie et en physiologie pendant les onze dernières années du dix-huilième siècle.
La liaison qui existe entre toutes les connaissances humaines, l'appui qu'elles se prêtent, l'émulation qui fait rivaliser d'efforts et de zèle ceux qui s'en occupent, ne sont pas les moins importantes des vérités contenues dans l'histoire. Les grands hommes du dix-septième siècle qui eurent la hardiesse d'attaquer des préjugés aussi antiques que funestes pour la philosophie, les sciences et les lettres ouvrirent une carrière nouvelle dans laquelle des savaiis s'illustrèrent par des découvertes dignes d'une éternelle reconnaissance; et, pour nous restreindre à la médecine, nous. voyons celle d'Harvey, en 1619, exercer une influence heureuse sur l'anatomie, la physiologie, la pathologie et la thérapeutique. Le grand principe de l'irritabilité développé , plus de cent ans après, et mis eii évidence par Haller , opère une révolution non moins célèbre dans les fastes de l'art de guérir.
Tandis que des idées philosophiques et poHtiques bouillonnent dans toutes les têtes , à la fin du dixhuitième siècle , les hommes adonnés aux sciences ne semblent occupés que du soin d'en reculer les limites. Lavoisierimmortaliseson nom en démontrant que l'eau n'est point un élément , comme Font pensé ses prédécesseurs de quarante siècles. Les généreux efforts de Faust, calculant que la petite- vérole dévore annuellement quatre cent mille Européens , ceux d'une infinité d'autres médecins philantropes pour délivrer l'espèce humaine de ce fléau terrible , conduisent à l'incomparable découverte de la vaccine attribuée à E. Jenner, quoiqu'un médecin français de Montpellier, Rabaut Pommier , l'ait aperçue et appréciée avant l'illustre et fortuné praticien anglais.
Ainsi l'immense révolution qui marque la fin du dix-huitième siècle et semble occuper tous les esprits nous offre des hommes entièrement livrés au perfectionnement des sciences. Ni l'importance , ni la rapidité des événemens , ni le règne de la terreur, ni la crainte des échafauds, ni la jalousie hideuse n'attiédissent, ne troublent ni le zèle éclairé, ni les travaux opiniâtres de ces généreux savans poussés par le seul besoin d'utiliser leurs talens, de bien mériter de la postérité. Votre esprit doit se plaire dans la contemplation de tant de découvertes faites pendant la mémorable époque de 1789 à 1800.
Ce qui la caractérise , c'est une liaison plus intime dans l'étude de l'anatomie et de la physiologie. Les
observations et les expériences de Fontana avaient confirmé et développé ce qui avait été dit par Hallér. La strucliire du cerveau et celle des nerfs avaient occupé spécialement les anatomistes déjà cités ainsi que les célèbres Vicq-d'Azyr , Scarpa et Monro. Eux et d'autres grands anatomistes s'occupèrent également de la prétendue régénération de la substance cérébrale. G.Cruikshank, P. Mascagni,B-G. Schreger indiquent mieux la multiplicité, la disposition et la structure des vaisseaux lymphatiques.
Considérée sous un point de vue plus philosophique , la physiologie au premier abord semble redevable de ses progrès à E. Platner, qui publie un traité sur la nature del'homme.L'auteur admet, sans preuves, un principe invisible, l'esprit nerveux, et il attribue les fonctions du corps à l'influence de l'âme, ne croyant pas que l'irritabilité hallérienne soit une force ou propriété inhérente à la fibre musculaire. Il regarde enfin comme une idée extrêmement féconde en explications heureuses , celle d'un sens du goût (sens interne ) répandu par tout le corps.
C'est aussi en 1 790 qu'apparaît le nouveau système de J. Brown, propagé en France et en Allemagne par Ch. Cirtanner, qui cherche vainement à se l'approprier. Il établit deux distinctions importantes sur l'irritabilité, suivant que les irritans y sont accumulés ou soustraits. La soustraction des irritations détermine l'accumulation du principe irritable qui augmente l'irritabilité; et l'action trop vive des irri-
tans enlève à la fibre son principe irritable temporairement ou pour toujours. Chaque fibre jouit k, un degré différent de la réceptivité pour le principe irritable, et les organes qui jouissent d'une égale capacité pour ce principe , sympathisent entre eux. Enfin il partage arbitrairement tous les irritans en positifs et négatifs. Ces idées nouvelles entraînent une réformation générale en pathologie , puisqu'on n'y voit plus que deux espèces de maladies. Mais cette dichotomie morbide est attaquée par des argumens physiologiques et thérapeutiques.
La théorie de la respiration emprunte beaucoup à la chimie de Lavoisier. On considère cette foncytion comme une véritable combustion. En même temps J. Priestley publie ses remarques sur la quantité d'oxigène que la respiration fait passer dans le sang, et l'on fait à Paris l'importante découverte que les matières animales soumises à la décomposition spontanée se convertissent en une masse analogue au blanc de baleine. Malacarne, J-F. Ackermann remarquent que diverses capacités de l'esprit sont en rapport avec les variétés de structure du cerveau et prouvent l'influence que la forme organique exerce sur les fonctions. Ee dernier de ces anatomistes fait mieux connaître quelques rameaux des nerfs cérébraux. J. Vander Haar hasarde des idées particulières sur la structure vasculaire des nerfs et la mucosité albumineuse qu'ils charrient. Enfin Selle répète des expériences sur le mesmérisme qui ont pour résultat de faire un peu mieiix apprécier les effets
physiologiques du somnambulisme et du magnétisme L'excellent ouvrage de S-Th. Sœmmering, publié en 1791, est bien supérieur à tout ce qui avait été écrit jusque là sous le rapport de l'exactitude, de la nouveauté des descriptions anatomiques et des rapprochemens anatomo-physiologiques. Ses remarques sur la différence des os suivant le sexe, l'âge, etc., sont fort intéressantes , aussi bien que ses distinctions établies entre la sensibilité et l'irritabilité. Ses descriptions nouvelles du cœur , des lymphatiques, du cerveau et des nerfs lui ont acquis des droits à notre reconnaissance, ainsi que son traité sur les monstres.
. Le manuel deG-F. Hildebrandt, dont le troisième volume parut en 1791, n'est pas un livre sans utilité (i). Disons seulement que l'auteur distingue les nerfs du mouvement de ceux du sentiment d'après leur mollesse ou leur dureté.
J-L. Fischer mérite un rang distingué parmi les grands anatomistes de son époque, comme auteur d'un manuel d'anatomie pratique.
La découverte du galvanisme, en 1791, par A. Gal-
{ï) Cet ouvrage est devenu classique et un nouveau livre par les nombreuses additions que la quatrième édiffca a reçue du professeur E-H. Weber , Handbuch der anatomic des mcnschen, Bruoswiç. i83oà i832. 4 ^o'- fig. Une traduction française, par
le docteur A-J-L. Jourdan , sous le litre de Traité d'anatomie générale et descriptive , est annoncée comme devant paraître incessament. C'est un nouveau service que Ton devra A cet infatigable médcci-n.
vani, est une de celles qui exercèrent une influence heureuse sur les progrès de la physioIogie.On sait que l'ingénieux expérimentateur s'en aperçut par hasard et qu'il s'empressa trop de conclure d'après des expériences trop peu nombreuses. Mais Volta, en relevant des assertions erronnées de Galvani et de J. Aldini , démontre qu'il n'est pas nécessaire de mettre à nu les nerfs et les muscles pour obtenir de certains effets du galvanisme.
F-3. Gall publie un ouvrage sur la nature de l'homme, dans lequel on trouve des idées neuves et fort intéressantes sur la physiologie générale et la force élémentaire de tons les corps organisés. L'essai d'H. Nudovvr sur le sommeil, et le traité fort intéressant de G. Fordyce sur la digestion méritent aussi d'être placés parmi les bons ouvrages de cette époque.
En 179^, G. Danz pubhe une compilation peu estimée sous le titre d'Esquisse de l'anatomie d^i fœtus dans les différens temps de la grossesse. Alors Sœmmering renouvelle l'assertion que les nerfs du cœur se distribuent, non pas dans sa substance, mais bien dans ses vaisseaux. J-B-J.Behrends soutient cette opinion hardie et que la force du cœur ne dépend pas de l'influence des nerfs. Néanmoins ces opinions sont contestées au moment même de leur apparition.
Les physiologistes veulent tirer parti des récentes découvertes chimiques. On soumet les fluides animaux à une analyse plus exacte. Fourcroy hit paraître sur ce sujet un ouvrage qui renferme une foule de recherches précieuses. Hallé expose une théorie
Ûe l'animaiisàtion et de l'assimilation d'après les principes de la chimie pneumatique. Séguin publie son opinion sur la formation de l'eau et du gaz acide carbonique pendant la respiration. Parmentier etDeyeux donnent une analyse du lait, qui toutefois est incomplète. H. Vân den Bosch fait bien mieux connaître la hqueur del'amnios, et J-H. Autenrietb publie une nouvelle analyse du sang. Le célèbre Vauquelin enrichit la physiologie comparée de remarques très intéressantes sur la respiration des insectes et des vers. On reprend et l'on perfectionne les expériences sur le galvanisme.
En 1793, paraît l'anatomie des os, des muscles et desligamens, par J. Bell. F-E. Gerlach, G-F. Peipers font paraître d'intéressantes monographies sur des sujets divers d'anatomie. Celle des vaisseaux lymphatiques est bien mieux connue par les soins 4f Schréger. F. Caldani examine et rectifie les opinions de Mascagni sur les fonctions des lymphatiques. J-Chr. Reil, outrepassant l'idée d'Haller, considère l'irritabilité comme la faculté qu'ont toutes les parties du corps d'entrer en action. J-U. Schaeffer soutient, contrairement à Girtanuer, que la sensibihté est la force fondamentale du corps, et il applique à cette force ou principe tout ce que Girtanner, après Brown , avait dit de l'irritabilité. Dans préâque toutes cés recherches physiologiques, on fait entrer le galvanisme pour quelque chose. Ch-G. Crève acquit à ce sujet beaucoup de célébrité en Allemagne et émit le premier l'opinion que la thé-
rapeutique en retirerait des avantages. J. Abernethy confirme des vérités déjà connues sur la composition de la matière animale et il prouve qu'il s'exhale de l'acide carbonique et de l'azote par la transpiration insensible. Enfin la digestion , les gaz intesti-r naux qu'elle développe , ainsi que la reproduction reçoivent quelques perfectionnemens des expérimentations et des recherches dont elles sont l'objet.
A. Scarpa publie, en 1794? des tables névrologiques où l'on trouve l'exposé de ses excellentes recherches pour savoir si, comme Sœmmering l'avait prétendu , la substance du cœur est réellement dépourvue de nerfs , et démontrer la différence qui existe entre les muscles soumis à la volonté et ceux qui n'en dépendent pas. J-G-A. Mayer, J-C. Loder publient aussi des tables anatomiques bien moins estimées que les précédentes. G. Hunter, auteur d'un fort bon traité anatomique de l'utérus, J-A. Schmidt, auteur d'une intéressante monographie des nerfs lombaires , méritent d'être cités honorablement parmi les anatomistes de cette époque.
E. Darwin publie un traité de physiologie dans lequel il explique les fonctions animales d'après les idées de D. Hartley , de Brown , et il admet l'existence d'un principe vital comme force primitive. Fourcroy soutient à tort que les humeurs se trouvent toutes formées dans Je sang artériel dont il avait fait une analyse inexacte. P-J. Van Maanen, dans une dissertation sur les lymphatiques, prouve combien les fonctions des absorbans peuvent servir à
expliquer un grand nombre de cliaugemens produits par l'âge, et N. Oudeman soutient que l'absorption est exclusivement réservée aux lymphatiques. Fourcroy, Vauqueiin, Margueron, dans leurs monographies de chimie animale , donnent l'analyse des larmes, du sperme, de la synovie, etc.
Il ne paraît rien d'important sur Tanatomie en 1795. J-D. Brandis, dans son Essai sur la force vitale, cherche à prouver, d'après Fourcroy, Sennebier et Ingenhouss, qu'il s'opère chez les êtres organisés un renouvellement non interrompu de la matière, effet d'une espèce d'opération chimique dans laquelle l'oxigène el le carbone jouent le principal rôle. Il ne regarde pas ces élémens ou leur changement continuel comme la cause de la vie, la force vitale n'étant pas le produit de l'organisation. Toutefois l'auteur ne donne pas une idée précise du rapport qui existe entre les opérations chimico-animales et la force vitale. Il soutient que l'inflammation a son siège dans le tissu cellulaire et qu'elle est accompagnée d'une opération phlogistique, sorte de combustion chimique que nous ne comprenons pas. Il allègue des raisons hypothétiques pour prouver que l'action des nerfs consiste dans le mouvement ou la contraction de ces organes. J-C. Reil, dans un curieux mémoire, reproduit les dogmes des atomistes et tâche de prouver que la force vitale dépend de la différence oi iginelle de la forme et du mélange de la matière animale. Les immenses et récens progrès de la chimie peuvent bien avoir appelé l'attention sur
cfcs idées renouvelées des anciens; mais quelle que soit l'exactitude de Fourcroy et de Vauquelin à analyser le cerveau et le sperme, leurs découvertes ne peuvent servir à faire connaître l'essence et l action de la matière animale chez l'homme vivant. Reil soutient enfin qu'il faut chercher dans la matière seulement et dans son mélange la cause et les phénomènes de la vie. Il prétend avec raison que nous ne devons pas, à l'égard de ces recherches, remonter jusqu'à l'âme, sans quoi, dit-il, nous serions bientôt au terme de nos recherches. Si l'on demande d'après quelles lois s'opèrent les changemens de la matière, Reil répond que c'est d'après les lois de la chimie et une attraction élective. Il assigne à tort pour caractère particulier aux corps organisés la faculté qu'ils ont de prendre une forme particulière, et il n'est pas plus heureux en prenant la faculté d'exercer des mouvemens pour qualité différentielle et inhérente aux animaux.
Le traité de l'électricité et del'irritabiUté par Ch-G. Pfaff parut à cette époque. On y trouve mieux exposés différens points de la doctrine du galvanisme et de nombreuses assertions hypothétiques. Mais la doctrine de J. Brown, récemment introduite en Allemagne , suspend les recherches sur ce sujet. Le médecin écossais attribue les phénomènes de la vie à la faculté d'un corps organisé pour être affecté d'une certaine manière par les agens extérieurs , et il place cette force ou faculté dans la pulpe nerveuse et les fibres musculaires. Il considère la vie comme
résultat de l'action cl agens irritans sur l'irritabilité; Il divise les irritations en locales et générales, et soutient que toutes les actions sur le corps animal y déterminent une excitation. Ces principes trouvent de nombreux partisans et des antagonistes dans toute l'Europe.
En 1796, J-C. fteil publie un ouvrage d anatomie dans lequel il expose ses découvertes tirées des moyens chimiques appliqués aux recherches anatomiques et comment on parvient à isoler dans les nerfs le névriièrae de la substance médullaire. Il est inutile d'entrer dans des détails sur l'ouvrage de S-ïh. Sœmmering sur l'organe de l'âme qu'il fait résider dans le fluide vaporeux des ventricules cérébraux , ni sur les judicieuses réfutations de Ch-A. Rudolphi et de plusieurs autres anatomo-physiologistes distingués. Un système d'anatomie et de physiologie comparées , plusieurs manuels d'anatomie et d'anatomie pathologique paraissent presque en même temps.
La physiologie est envahie par la chimie moderne et par de nouvelles hypothèses. Mais un auteur anglais résiste à l'entraînement général en montrant combien il est éloigné de faire une application imprudente et trop précipitée de la chimie à l'histoire naturelle du corps humain; et, en Allemagne, on paraît vouloirfaire de la physiologie un objet de spéculations métaphysiques. Néanmoins G-F. Hildebrandt publie un manuel de physiologie assez estimé,
F-A. de Humboldt fait connaître ses expérienctvs
sur l'action des alcalis et des acides dans les opérations galvaniques, celles-ci déterminant un changement instantané dans les sécrétions et leurs produits surtout. J-F. Blumenbach publie aussi un mémoire sur la force vitale.
Le traité d'angiologie de J. Bell, publié en 1797 , se distingue par d'intéressantes remarques et de fort bonnes planches sur le cœur et les vaisseaux. Les écrits d'A. Monro sur le cerveau, l'oeil et l'oreille, sont également pleins d'observations judicieuses et intéressantes. Le système vasculaire des intestins , les réseaux vasculaires, les anastomoses des capillaires sanguins artériels et veineux, celles avec les lymphatiques sont aussi l'objet de nouvelles recherches et de descriptions plus exactes. Les organes sécréteurs des larmes et de la salive sont encore l'objet de descriptions nouvelles.
On persévère dans l'intention d'étudier la physiologie d'une manière philosophique. Scheking surtout publie une théorie des idées qu'il fait provenir du concours d'actions opposées, et il rejette le matérialisme chimique; Eschenmayer s'engage dans une route tortueuse et il se perd dans les espaces imaginaires.
Les partisans du matérialisme font de nouveaux efforts. Ackermann explique les phénomènes de la vie par les changemens des élémens du règne inorganique, attribuant toutes les fonctions au renouvellement continuel du carbone, de Foxigène et du calorique. F-A. de Humboldt, dans son Essai sur la fibre musculaire et nerveuse galvanisée, fait con-
naître une foule de découvertes nouvelles, d'expé- . riences ingénieuses , de conclusions intéressantes. Il prouve que le galvanisme n'agit que sur la matière organique pourvue de sensibilité. Il combat les idées . de Brown qui rapporte tous les phénomènes de la vie à l'irritabilité et les maladies à l'excès de force ou de faiblesse. C-G. Crève fait une heureuse application de la théorie de l'électricité au galvanisme, celui-ci décomposant l'eau. Roose publie un traité de la force vitale fort intéressant, sous le rapport d'une sage critique, et bien capable de faire naître des doutes contre le matérialisme des auteurs modernes. Treviranus, dans ses fragmens physiologiques, en traitant de l'action des nerfs, distingue le sentiment du mouvement par la différence du siège, plaçant le premier dans la partie médullaire, et le second dans les tuniques des nerfs. La théorie de la génération fait encore l'objet des recherches et des investigations de plusieurs physiologistes distingués. D'autres se livrent à une dispute physiologique remarquable au sujet de la continuation de la vie et \ du sentiment quelque temps après la décapitation.
En 1 79S , A. Bonn publie une édition nouvelle des tables de B. Eustache; A. Boyer, un traité d'anatomie; H. Gavard, un traité de myologie; Th. Lautb , des élémens de myologie et de syndesmologie ; Chaussier , une table synoptique des muscles ; , Ch. Bell , une instruction sur l'art de disséquer ; Reil, un mémoire sur la tache jaune , le pli et le point transparent de la rétine, et enfin S-Th. Sœmmering
donne des figures excellentes de l'œil et de ses parties constituantes.
Bhimenbach fait paraître une édition nouvelle de sa physiologie; R. Saumarez, un nouveau système de physiologie , dans lequel on trouve d'heureuses applications de la chimie aux fonctions organiques ; Schmid, un traité de physiologie philosophique, dans lequel l'auteur veut que l'on se conforme aux préceptes de Newton à l'égard des forces des corps organisés. Fourcroy, dans un mémoire inséré dans les annales de chimie , s'exprime avec énergie contre l'abus des applications de la chimie à la médecine. La chimie animale et le galvanisme se perfectionnent par les travaux des savans Berthollet, Chaptal, J-G. Ritter; et enfin J. Barthez est placé parmi les écrivains distingués de cette époque, en mettant au jour sa nouvelle mécanique des mouvemens de l'homme et des animaux.
En 1799, A. Scarpa fait connaître le résultat de ses recherches importantes sur la structure des os ; S-Th. Sœramering, Portai , Home, Berghaus publient l'exposé de leurs travaux sur différentes parties du système nerveux, et sur l'organe de l'ouïe. Les autres branches de l'anatomie et l'anatomie comparée sont aussi l'objet des investigations de plusieurs auteurs, en téte desquels on doit placer M. Baillie, qui commence alors à mettre au jour son traité d'anatomie pathologique.
La chimie pénètre de plus en plus dans la physiologie. L'Essai d'un système chimique de la science
de l'homme, par Baumes, en fournit la preuve. Davy cherche à perfectionner la théorie de la respiration , que Mayow avait établie le premier sur les dogmes de la chimie, au dix-septième siècle. De nouvelles expériences font mieux connaître les effets de l'oxigène et de l'azote sur la respiration, et l'action de la lumière sur les corps vivans. Schréger aperçoit le pre^^ier d'une manière distincte les vaisseaux lympb ques du placenta. Les eaux de l'amiiios deviennent aussi l'objet d'investigations nouvelles ainsi que la reproduction elle-même. Enfin , Fourcroy et Vauquelin, dans leur analyse de l'urine, signalent un principe nouveau qu'il désignent sous le nom d'w/ee.
Les leçons d'anatomie comparée de G. Cuvier , publiées par G. Dumeril; le traité des membranes de Bichat paraissent en 1800, et méritent à leurs illustres auteurs la reconnaissance de tous les savans. Le célèbre S-Th. Sœmmering fait paraître une édition nouvelle de son anatomie du cerveau et des nerfs , enrichie d'une foule d'observations et de remarques physiologiques pleines d'intérêt. La composition de l'œil , celle de l'ouïe sont encore soumises à de nouvelles investigations. L'anatomie comparée est aussi heureusement cultivée en Allemagne et l'on perfectionne d'une manière remarquable l'art d'imiter en cire les pièces d'anatomie.
Quelques écrivains publient alors leurs opinions sur une théorie transcendante ou spéculative de la physiologie. Mais leurs hypothèses arbitraii'es ou
chimiques sont aussitôt repoussées par Rell , Jacob et Clarus. Dans ses recherches physiologiques sur la vie et la mort, Bichat s'applique à bien établir l'existence des deux vies organique et animale. Fourcroy fait paraître son système de chimie théorique et pratique. Vauquelin nous donne une analyse plus complète des eaux de l'amnios et de l'enduit qui cQuvre la surface cutanée du fœtus. Rusch, dans ses leçons sur la vie animale , soutient que là vie dépend des irritations qui en sont les conditions extérieures et que cette idée n'appartient pas à Brown , mais bien à Cullen qui l'avait exposée publiquement bien avant l'apparition d'aucun ouvrage de Brown. Spallanzani fait connaître ses recherches sur la circulation. Le galvanisme s'enrichit encore de découvertes importantes , spécialement de la pile de Volîa.