‹ Abrégé de l'histoire de la médecine, considérée comme science et comme art dans ses progrès et son exercice, depuis son origine jusqu'au dix-neuvième siècleChapitre 6 sur 38 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Histoire de la nuédecine depuis Aselépiade de Bithynie , jusqu'à la décadence des sciences.

§ I. Examen de la médecine au temps d' Aselépiade.

Les sciences naturelles, si prodigieusement élevées en Grèce, si protégées, si encouragées, sous les premiers rois d'Alexandrie, furent ensuite transportées en Italie où elles ne trouvèrent, chez les conquérans du monde, ni l'enthousiasme qui avait tant contribué à leur perfectionnement, ni les récompenses qui excitent une noble émulation.

Les Tictoires de Lucullus et de Pompée donné-

rent aux Romains les premières notions de la philosophie et des sciences naturelles, enseignées par les peuples qu'ils subjuguaient. Les philosophes, les poètes et les médecins, excités par l'attrait de la nouveauté, par le désir d'acquérir de la gloire, par lambition et peut-être par des motifs moins honorables, sortirent de la Grèce, de l'Asie mineure et de l'Égypte pour passer en Italie et de là dans la capitale de l'univers.

Asclépiade, de Pruse en Bithynie, avait étudié et exercé la médecine à Alexandrie et dans Athènes avant d'aller à Rome, à l'époque où la conquête de l'Orient venait d'y porter le luxe à sa plus grande élévation. Ce médecin adroit et habile tira parti de l'instruction peu étendue, de la curiosité, de la vanité et de la sensualité des Romains, dans l'enseignement et la pratique de l'art de guérir. Il suivit une marche opposée à celle d'Archagathus, en permettant aux malades de satisfaire leurs désirs et leurs penchans. Il repoussa toutes les méthodes adoptées jusqu'à lui, mémè celle d'Hippocrate. Il signala les dangers des vomitifs, des suclorifiques ; vanta ses succès dans le traitement de l'éléphantiasis peu connu alors en Italie. Ses relations avec les Romains de la plus haute distinction , nommément avec Cicéron , contribuèrent beaucoup; à son illustration.

La célébrité d' Asclépiade s'accrut encore par la nouveauté du système qu'il établit sur la doctrine des alômes. Les éléatiques , les stoïciens et les pre-

rniers dogmatiques avaient, il est vrai, appliqué le système des atomes à l'histoire naturelle. Épicure surtout avait rétabli ce système dans toute sa pureté : il attribuait la formation du monde à la rencontre fortuite des atomes, et il bannissait de la philosophie toutes les causes finales. Toutefois l'opinion d'Asclépiade diffère de celle d'Epicure ; car, suivant lui, l'homme résulte de la réunion accidentelle d'atomes qui affectent une forme déterminée et dont le mouvement régulier ou irrégulier dans le vide qui leur est assigné produit la santé ou la maladie, sans concours d'aucune force primitive, assertion qui oblige Asclépiade à nier l'existence des sympathies.

Le médecin de Pruse considérait la digestion comme une simple division des atomes en leurs particules les plus tenues, et il n'accordait point dè faculté digestive à l'estomac, l'attraction des sucs nutritifs et du sang n'étant selon lui qu'une opération mécanique ; il admettait que les vaisseaux sont pleins , vides ou affaissés sur eux-mêmes. Il regardait la calorification et les sécrétions comme dépendantes d'une action purement mécanique. Ses opinions sur la circulation et les usages des nerfs prouvent qu'il n'était pas au niveau des connaissances anatomiques dè ses prédécesseurs.

Sa pathologie était basée sur la combinaison des élémens, sur l'obstacle {stado) au mouvement des atomes, et il croyait, avec Erasistrate,que les maladies sont l'effet de l'affection des solides ; que les humeurs sont le siège, non pas |de la cause pro-

chaîne, mais seulement de la cause occasionnelle des maladies. Il niait l'influence des mouvemens critiques et prétendait que les crises n'arrivent jamais à des jours déterminés. « Il paraît avoir distingué lè premier les maladies en aiguës et chroniques, et avoir attaché beaucoup d'importance à cette distinction. »

Asclépiade définissait la fièvre une chaleur extraordinaire , générale ou locale , accompagnée d'un pouls violent, et dont la cause, aussi bien que celle de l'inflammation , est un engorgement quelconque. Les assertions erronnées sur lesquelles il appuyait cette définition, ne méritent pas d'être réfutées. Il traça l'histoir^fies fièvres intermittentes si communés à Rome ; établit plusieurs espèces de convulsions et deux sortes d'hydropisies , l'une aiguë et fébrile , l'autre chronique et sans fièvre. Il rejetait les remèdes violens dont on abusait tant et il leur préférait des moyens diététiques. Il ordonnait très fréquemment des lavemens et presque jamais de purgatifs. Il prescrivait volontiers la saignée, surtout contre les inflammations, et il vantait l'emploi des frictions, l'exercice en voiture ou dans un lit suspendu. Il ordonnait souvent les bains froids et les affusions d'eau froide, rarement les ventouses , faute de confiance; il paraît être le premier qui ait conseillé l'usage des douches.

Il avança et soutint une opinion qui le rendit fort agréable aux Romains. Le vin était un excellent remède, suivant lui; il le prescrivait dans plusieurs

maladies, mais avec réserve et surtout chez les convalescens.

Dans les fièvres intermittentes, il ordonnait généralement des moyens différens pour chaque jour, et il paraît être le premier qui ait conseillé la bronchotomie pour éviter la suffocation dans l'angine violente. Asclépiade, fondateur d'une école célèbre, eut des sectateurs distingués, parmi lesquels il faut remarquer Artorius, ami et médecin d'Auguste , et Thémisson de Laodicée.

§ II. Ecole Méthodique.

Thémisson , fondateur de l'école nShodique , ne tarde point à apercevoir et à signaler les erreurs d'Asclépiade , son maître. Il essaie de mieux faire en prenant pour base de sa doctrine un point intermédiaire à l'empirisme et au dogmatisme. Les analogies et les indications communes à plusieurs maladies forment les grands principes de ce système. Malheureusement il en restreint trop le nombre en le réduisant aux indications fournies par le resserrement et le relâchement , le slrictum et le laxum^ et l'état intermédiaire. Aussi , malgré tous ses efforts pour échapper par. la méthode aux objections des empiriques et des dogmatiques , il ne peut éviter les contradictions et l'erreur. Il dédaigne ce que l'on savait des anciens sur les crises et les jours critiques, gt défend toute espèce de nourriture pendant lés

trois premiers jours du plus grand nombre des maladies. Il signale aussi la différence qui existe entre les maladies aiguës et chroniques. Il trace assez exactement l'histoire de la lèpre et des moyens qu'on doit lui opposer. 11 fait connaître l'étiologie de la cachexie; distingue le rhumatisme de la goutte; fait I voir que le satyriasis est une maladie distincte. On croit enfin qu'il donna une description parfaite de l'hydrophobie dont il fut atteint , dit-on , après avoir été mordu par un chien enragé.

L'huile et les bains lui semblent les principaux moyens curatifs des pneumonites. Il permettait Tusage du vin mêlé à l'eau de mer dans les cas de pieurite. Il recommande la saignée dans l'apoplexie, l'application du trépan pour dégorger plus sûrement les vaisseaux , et enfin il conseille un exercice même violent dans beaucoup de cas. Il paraît avoir employé le premier les sangsues. On lui attribue l'invention de plusieurs composés pharmaceutiques et la découverte de plusieurs procédés opératoires.

Eudème, célèbre par ses amours avec Sibilla, bellefille de Tibère; Vettius Valens; Musa, affranchi d'Auguste, chevalier romain, auteur de traités divers sur les préparations des médicamens; Mégis de Sidon , chirurgien lithotomiste ; A. . CornéHus Celse, présumé secrétaire intime de Tibère, plus connu par sa méthode d'opérer de la taille par le petit appareil , furent disciples de Thémisson et partisans plus ou moins célèbres de sa doctrine.

A cette époque , la capitale du monde était inon-

dée de médecins , qui , pour la plupart , captaient la contiance et l'attention publiques parle renversement des anciennes doctrines , rétablissement de systèmes nouveaux, pour parvenir aux honneurs et acquérir des richesses immenses. On prétend même qu'un Marseillais , Crinas , introduisit l'astrologie en médecine , traça le régime des malades d'après le cours des astres, et acquit de la sorte une si grande fortune qu'il fit fortifier plusieurs villes à ses frais.

« Mais Thessalus de Tralles, l'un des plus fougueux propagateurs de l'école méthodique , surpassa tous ses contemporains dans les basses manœuvres du charlatanisme. » Sa rusticité et un manque absolu d'instruction première rendaient son orgueil insupportable et lui faisaient mépriser toutes les découvertes des anciens. Il s'était attiré de très nombreux disciples aussi grossiers que lui. Il les conduisait chez ses malades pendant six mois environ, et Fautorisation qu'il leur donnait ensuite d'exercer la médecine, , était le privilège de tuer impunément.

Thessalus donna plus d'extension aux analogies et: aux indications générales : il établit une indication! nouvelle , la métasyncrise ou rapport existant entre: les pores et les atomes. Il négligeait la recherche descauses des maladies pour s'occuper seulement des» analogies problématiques, et, suivant lui, tous lesmédicamens agissaient en opérant le resserrement,, le relâchement ou la métasyncrise.

Un autre méthodiste , Philomenus , signala less rapports qui existent entre la fièvre et la dysenterie,

les bons effets des fruits, le danger des astringensdans cette maladie. Il fit de bonnes observations sur la dysurie comme symptôme des fièvres malignes et sur l'inflammation cérébrale.

Soranus d'Ephèse contribua davantage à l'illustration de l'école méthodique ; il fut très heureux dans le traitement de la lèpre, si commune de son temps en Italie et dans les Gaules. Sa médication avait pour objet d'opérer la métasyncrise ou le rétablissement des pores dans leur état naturel. Il rattacha les opinions de ses prédécesseurs à des principes plus certains et il se servait des argumens des méthodistes pour repousser celles qu'il jugeait erronnées. Il rejetait les purgatifs par la raison qu'ils évacuent indistinctement les humeurs viciées et celles qui ne le sont pas. Il saignait toujours dans la pleurésie qu'il faisait dépendre du sirictum, et il n'admettait aucune maladie locale. Son traité des parties sexuelles de la femme prouve qu'il avait des connaissances solides en anatomie et fait de nombreuses dissections sur les cadavres humains, puisqu'il décrivit plusieurs parties dont l'existence n'avait point encore été reconnue.

Moschion, rival et contemporain de Soranus, s'occupa aussi de l'anatomie des organes sexuels de la femme et de l'accouchement. Il indique parfaitement les signes qui annoncent un avortement prochain ; mais il n'est point aussi rationnel quand il parle du moment où doit commencer l'allaitement et de l'époque du sevrage. Ses observations sur l'éducation

physique des enfans sont nombreuses et généralement exactes.

Julien, zélé méthodiste, avait très peu d'érudition, comme la plupart des sectateurs de cette école. Galien , qui vécut en même temps que lui , le blâme, d'avoir négligé la pathologie humorale et ne lui pardonne pas d'avoir écrit contre Hippocrate.

Cœlius Aurelianus, le seul méthodiste dont les ouvrages sont parvenus jusqu'à nous , expose parfaitement le diagnostic de plusieurs maladies et les différences des phénomènes critiques et syraptomatiques. Les écrits de ce savant médecin furent le principal guide des moines qui exercèrent l'art de guérir au moyen-âge. Galien l'accuse lui et tous les méthodistes d'avoir négligé i'anatomie , assertion qui découle d'une partiahté marquée contre les partisans du système en question, et dont il est. facile de reconnaître la fausseté par ce qui a été dit de Soranus et Moschion. Cœlius Aurelianus décrit aussi diverses parties du corps humain avec plus d'exactitude qu'on ne l'avait lait jusqu'à lui. Rufus d'Epaèse et Marinus s'occupèrent beaucoup d'anatomie comparée et firent des recherches sur les cadavres humains. Galien même attribue à Marinus la d écouverte des ganglions mésentériques et celle de plusieurs branches ou filets nerveux. Les méthodistes ne négligèrent donc pas tous l'étude de I'anatomie, comme le prétend Galien, leur adversaire, quoiqu'ils n'aient pas fait dans cette science de découvertes comparables à celles de leurs prédécesseurs , pen-

dant les belles époques de la Grèce et d'Alexandrie, Les partisans de 1 école en question définissaient la méthode^ la science des indications générales qui tombent sous les sens , celle qui a pour but de guérir les maladies. Mais comme ces indications tombent rarement sous les sens , on a cru en trouver les signes dans les évacuations dont la suppression dépend du stricium , et l'abondance du îaxurn, ou bien on étudiait les dispositions du corps, et l'on déterminait d'après la tuméfaction ou la diminution des parties, s'il y avait relâchement ou resserrement. D'après cela toute recherche étiologique était superflue , car à quoi servait de connaître la cause du stiictum, pourvu qu'on sût y remédier. Toutefois, on admettait l'influence des causes éloignées sur la production des maladies. Par exemple , un refroidissement provoque une inflammation, mais ne détermine pas les changemens qu'éprouve cette dernière ; c'est toujours la cause prochaine qui constitue l'essence de la maladie et ne cesse d'agir qu'au retour de la santé. Ils poussaient ces principes jusqu'à l'exagération dans les cas d'empoisonnement en cherchant à guérir le mal produit par la substance vénéneuse sans s'occuper d'expulser ou neutraliser celle-ci.

Les méthodistes étabhrent aussi des indications chirurgicales se rapportant à l'introduction de substances étrangères en diverses parties du corps, ait déplacement ou manque absolu de ces parties, etc. ; et enfin ils considérèrent séparément les maladies de lame qu'ils ne pouvaient ranger dans aucune de

leurs analogies générales. Ils contribuèrent au perfectionnement de la thérapeutique en déterminant avec plus de précision les indications curatives.

Dans les maladies chroniques ils n'avaient point égard à l'activité de la nature. Ils ne s'occupaient aucunement des qualités des humeurs évacuées. On relâchait par les saignées , les huiles , les narcotiques , un air pur et médiocrement chaud , pour remédier à l'état àtstrictum, sans s'attacher à la différence des maladies, ni à celle des parties affectées. Au début de l'affection , on diminuait la quantité des ahmens ou même on les retranchait en totalité. On se conduisait d'après les indications générales du strictum et du laxum pendant son accroissement, et l'on administrait les caïmans quand la maladie était parvenue à son période le plus élevé. Lors de la déclinaison, on cherchait à en favoriser la solution et l'on accordait plus de nourriture.

Si l'on ne réussissait pas dans cette marche méthodique , on tâchait d'opérer une diversion ou restauration des pores afin de changer le rapport des atomes à leurs pores; et les moyens dont on usait pour y parvenir ne méritent pas d'être cités. La moutarde, le poivre, la scille et autres moyens irritans étaient ordinairement employés pour opérer la métasyncrise. En résumé , le traitement que les méthodistes prescrivaient contre les inflammations, la péripneumonîe surtout , et contre les hydropisies, conformément aux principes susmen-

tionnés, devait être bien moins efficace que celui employé de nos jours.

Sous le règne des premiers empereurs romains , l'histoire naturelle, la matière médicale, les poisons et leurs antidotes furent aussi l'objet des études , des recherches et d'expérimentations nombreuses faites plutôt pour satisfaire le penchant des Romains pour le merveilleux et pour acquérir de grandes richesses que dans l'intérêt unique de la science. Cette multitude de remèdes dont plusieurs ont été décrits en vers, ces composés bizarres si justement oubliés étaient prescrits contre des maladies essentiellement différentes, dans toutes sortes de circonstances et jusque contre les soupirs. Les emplâtres , les onguens n'étaient pas moins en vogue. Dans cet encombrement pharmaceutique , dans ce fatras de remèdes , il faut pourtant faire mention de la thérîaque inventée par Andromaque de Crète , médecin de Néron et le premier qui ait été désigné sous le titre d'Archiâtre.

Pour consacrer la mémoire de cette époque et venger les sciences naturelles du culte indigne dont elles étaient l'objet parmi tant de charlatans avides de richesses , un seul homme suffit à l'histoire. Ce grand naturaliste , Phne l'ancien f que son zèle infatigable éleva souvent au-delà des bornes ordinaires du génie , travailla , dit Buffon , sur un plan bien plus grand que celui d'Aristote, et peut-être trop * vaste. « Il a voulu tout embrasser et il semble avoir mesuré la nature et l'avoir trouvée trop petite en-

core pour son esprit. Son histoire naturelle comprend, indépendamment de l'histoire des animaux, des plantes et des minéraux , l'histoire du ciel et de la terre, la médecine, le commerce, la navigation, l'histoire des arts libéraux et mécaniques , l'origine des usages , enfin toutes les sciences naturelles et tous les arts humains ; et ce qu'il y a d'étonnant , c'est que, dans chaque partie, Pline est également grand. La grandeur des idées, la noblesse du style relèvent encore sa profonde érudition; non seulement il savait tout ce que l'on pouvait savoir de son temps » mais il avait cette facilité de penser en grand qui multiplie la science ; il avait cette finesse de réflexion , de laquelle dépendent l'élégance et le goût, et il communique à ses lecteurs une certaine liberté d'esprit, une hardiesse dp penser qui est le germe de la philosophie. Son ouvrage , tout aussi varié que la nature , la peint toujours en beau. C'est, si l'on veut, une compilation de tout ce qui avait été écrit avant lui, une copie, de tout ce qui avait été fait d'excellent et d'utile à savoir; mais cette copie a de si grands traits, cette compilation contient des choses rassemblées d'une manière si neuve , qu'elle est préférable à la plupart des ouvrages originaux qui traitent des mêmes matières. »

§ III. Résumé de l'école Ecleciico-pneumatîque. Tandis que la secte des méthodistes jouissait à

Rome d'une très grande foveur ; les dogmatiques prirent ie titre de pneuraatistes pour prouver contrairement aux premiers, qu'ils admertaient un principe actif, immatériel, le pneuma, déterminant la santé et la maladie; principe imaginé d'abord par Platon , développé par Âristote, qui croyait même connaître les voies par lesquelles le pneuma s'introduit dans les poumons et les vaisseaux artériels, et dont Érasistrate s'était beaucoup occupé. Cette doctrine, comme on voit , n'était que renouvelée.

Quoique fort attachés à leurs opinions , les pneumatistes avaient cependant égard à l'influence des quatre éiémens, à leur combinaison sur la production des maladies, et ils introduisirent les prenoiers l'expression de putridité, pour désigner une altération apparente- des humeurs. Ils divisaient ie pouls en une infinité d'espèces, et le définissaient une cot) traction et une dilatation alternatives des artères : la dyastole, ou la dilatation, poussant l'es- > prit en avant, et la systole, ou la contraction, l'attirant. En général, ils avaient luie prédilection marquée pour la dialectique et les subtilités.

Athénée, fondateur de cette école, admettait la préexistence des germes. Il s'occupa de la dialectique avec un soin particulier, fit connaître les bonnes et mauvaises qualités des céréales, et la manière de filtrer l'eau. L'un de ses disciples , Agatinus de Sparte, essaya de se rapprocher des empiriques et des méthodistes. Il créa de cette manière l'école éclec-

tique à la célébrité de laquelle Archigène contribua beaucoup. Celui-ci admettait huit espèces de pouls : grand, fort véloce, fréquent, plein , régulier, égal, rhylmique;chacunedellesse subdivisant en d'autres variétés. Toutes les subtilités des Stoïciens semblaient être accumulées dans sa pyrhétoiogie ; et il avait placé le plus haut degré des maladies immédiatement après leur début.

Archigène divisa les eaux minérales, d'après leurs principes constituans, en nitreuses, alumineuses , salines et sulfureuses. Il usait des fomentations émollientes tièdes, et surtout d'épongés imbibées d'eau chaude dans le plus haut période des maladies, dans l'intention de lubréfier les voies et de favoriser la coction. Il distingua la dysenterie suivant qu'elle a son siège dans les gros ou petits intestins, et il fit remarquer que l'ulcération en est souvent la suite. Il admettait une multitude de remèdes, même des amulettes et des moyens superstitieux , pour combattre chaque symptôme morbide. Toutefois il préférait les laxatifs aux drastiques dont il redoutait la violence. Il traça les règles des amputations, en faisant la section des parties molles en un seul temps sans laisser de lambeau. Enfin il usa du cautère actuel souvent avec succès contre la sciatique.

Arétée de Cappadoce fut élevé dans les principes des écoles pneumatique et éclectique, à la célébrité desquelles il contribua beaucoup. Il admet trois parties constituantes du corps : les soHdes , les fluides,

et les esprits, dont le mélange et le rapport produisent la santé , tandis que !e mélange , le rapport, et la température des élémens produisent lesraaladies. Malgré ces erreurs et tant d'autres qu'il partageait avec les éclectiques , Arétée fut pourtant un des plus célèbres médecins de l'antiquité. Tous les phénomènes qu'il signale, toutes les maladies qu'il décrit décèlent un très habile observateur et un écrivain brillant.

Il porte une attention continuelle aux forces de la nature aux différences du tempérament , à celles du climat, des saisons, etc. , et fait preuve de connaissances analomiques bien supérieures à celles de son siècle dans ce qu'il dit du siège des maladies , de la différence de sensibilité des poumons et de la plèvre. Il démontre la fausseté de prétendus vaisseaux allant directement du foie au bras dr(^t; mais, quand il parle des fonctions de la vésicule' du fiel, de celles de la rate, c'est encore sous l'influence des préjugés dominans.

Il employait fort peu de remèdes, toujours des médicaraens simples; et, quant au régime , il suivait les principes d'Hippocrate. Il préconisait les vomitifs , non seulement comme évacuans , mais aussi comme désobstruans et pour opérer une secousse salutaire dans le système nerveux. Enfin il conseillait la saignée dans la presque totalité des inflammations.

Magnus d'Éphèse, archiâtre à Rome ; Héliodore, chirurgien célèbre sous Trajan , auteur de fort bon-

lies observations sur les plaies de téte; Posidonius, praticien attentif et éclairé; Antyllus, qui contribua beaucoup aux progrès de la chirurgie , de la thérapeutique et de la diététique et qui parla le premier de Thydrocéphale des nouveaux-nés et de l'opération de la cataracte par extraction; Philagrinus , frère de Posidonius , avantageusement connu comme chirurgien lithotomiste , puisqu'il donna la première idée de l'opération de la taille par le haut appareil ; et enfin Léonides d'Alexandrie , auteur d'un procédé pour l'opération de la fistule à l'anus et de remarques fort intéressantes sur les u4cères et verrues des parties génitales qui semblent avoir une grande analogie avec les maux vénériens, étaient tous sectateurs de l'école éclectico-pneuraatique.

§. IV. Doctrine de GaHen.

Les écoles de médecine retentissaient des argumentations les plus frivoles, de disputes scandaleuses, lorsque Claude Galien de Pergame avec un grand génie et une érudition immense , vint pour concilier des partis si opposés et ramener les médecins à la doctrine d'Hippocrate, en cherchant à établir son système sur les bases choisies par Platon , Aristote et l'immortel vieillard de Cos. Quoiqu'il ait extrême^ ment de peine à coordonner des principes si peu faits l'un pour l'autre, et qu'il commette des contradictions nombreuses, le médecin de Pergame par-

vint à une très grande célébrité de son. vivant, et d fut l'objet de la plus grande admiration après sa mort.

Il naquit en l'an i3i de notre ère et fit des voyages lointains qui perfectionnèrent ses connaissances, lui en firent acquérir de nouvelles, en bistoire naturelle surtout. Il s'instruisit beaucoup en anato-mie, pendant son séjour à Alexandrie. Il était âgé de 34 ans, quand i) vint à Rome où il eut des liaisons intimes avec les grands et les pbilosophes de l'empire , qui l'engagèrent à ouvrir des cours publics d'anatomie. Ses succès, sa pratique heureuse, son habileté lui suscitèrent la jalousie et la haine des autres médecins, et il s'éloigna de Rome.

Il y revint et se rendit de là à Aquilée où se trouvaient les empereurs Marc-Aurèle et Lucius Vérus se préparant à la guerre, qui l'avaient fait appeler près d'eux. L'épidémie qui avait éclaté dans Rome quand il en sortit pour aller à Brindes, et la peste, qui s'était manifestée aux environs d' Aquilée, quand il reprit la route de Rome, où il venait d'être nommé médecin du jeune empereur Commode , permettent de supposer que cet homme si célèbre n'avait pas ce courage , cette élévation d'ame qui portent un médecin à braver le danger , à prodiguer ses secours dans les épidémies où la mort fait de nombreuses victimes.

L'étude approfondie qu'il fit des divers systèmes lui démontre les défauts de chacun d'eux, et les lui fait mépriser tous. Il adopte les principes d'Hippq-

crate qu'il explique d'après les idées qui servent de base BLx systèmes de PJaton et d'Aristote ; et quoiqu'il dise que les ennemis d'Hippocrate sont ou des ignorans, ou des dialecticiens pointilleux,ses ouvrages ne sont point exempts de subtilités, de disputes de mots , de répétitions nombreuses. Il déclare la théorie supérieure à l'empirisme , et ne partage pas l'opinion des sceptiques qui rejettent la certitude de toutes les sciences.

Galien eut une prédilection marquée pour l'étude de l'anatomie , qu'il regarde comme le fondement de l'art de guérir, et pour les dissections des animaux. Il ouvrit peu de cadavres humains et ne fit presque aucune découverte importante, si ce n'est en myologie. Il refuse une texture musculaire au cœur et commet une erreur qui s'est propagée longtemps après lui, en avançant que les muscles sont composés de fibres nerveuses et tendineuses. Ce qu'il dit de l'angiologie, de la névrologie et de la spianchnologie ne vaut guère mieux que ce que l'on savait avant lui.

Sa physiologie repose sur la doctrine des forces du corps qui sont de trois espèces : vitales, animales et naturelles. Les premières résident dans le coeur ; les secondes dans le cerveau et les dernières dans le foie. Il place la génération , la nutrition et l'accroissement parmi les fonctions naturelles qui sont accomplies par le pneuma en circulation dans tous les vaisseaux. Les deux sexes participent également à la génération , et les parties génitales de la femme sont

les mêmes que celles de l'homme, à la seule différence que celles-là sont intérieures parce qu'elles sont d'une nature plus froide. Il considérait les testicules comme les seuls organes préparateurs du sperme, et il croyait avec tous ses prédécesseurs que les embryons mâles se développent dans le testicule droit et les femelles dans le gauche.

Il admet des forces attractive , retentive , modifiante et expulsive pour expliquer la digestion et les fonctions naturelles : la contraction , le relâchement, le mouvement propagé à la tension tonique , pour expliquer les fonctions des muscles; et il a recours à la doctrine des élémens empruntée d'Aristote, pour expliquer les qualités premières et secondaires des humeurs, l'état de santé, etc.

Les maladies sont suivant lui des états contre nature des parties similaires ou simples , ou des organes eux-mêmes; leurs causes sont éloignées ou prochaines, externes ou internes, et celles-ci dépendent presque toujours de la surabondance ou de la dégénérescence des humeurs. Il désigne l'altération des humeurs sous le nom de putridité , et il la retrouve presque partout. Il expHque l'inflammation par l'introduction du sang dans une partie qui n'en contenait pas.

Quoiqu'il en soit de la célébrité du médecin de Pergame , ce n'est point un observateur comparable à Hippocrate. L'histoire des maladies qu'il nous a laissée fait bien plus briller son immense érudition qu'une rigoureuse exactitude dans l'exposition des

faits. Sa matière médicale découle de la théorie qu'il avait accommodée à celle des élémens. Il voulait qu'on tirât l'indication de l'essence de la maladie , de la saison, du genre de vie, etc. Le régime qu'il prescrivait était presque en tout conforme aux préceptes tracés par Hippocrate. 11 se livrait aussi à la pratique de la chirurgie; car il fit, entre autres opérations, une application de trépan au sternum , dans un cas d'empième. La réputation de Galien fut immense de son vivant et surtout après sa mort. Aucun de ses successeurs ne sut l'imiter , ni maintenir la science au point élevé où il l'avait portée.

§ V. Dù ï influence de la fausse philosophie des Orientaux sur la médecine et de la police médicale d'après le droit Romain. ^

L'Orient , berceau des arts , des sciences et des lettres, qui exerça pendant une si longue série de siècles , à tant de reprises différentes , une influence rétrograde ou stationnaire sur les idées, les principes et la philosophie de fOccident , introduisit dans les écoles ^'Italie, sous le règne des premiers successeurs d'xiuguste, son étrange théosophie qui eut à Rome une extension envahissante sur toutes les sciences et sur la médecine en particulier.

Les anciens Brames avaient imaginé l'existence de deux principes opposés, l'un bon, l'autre mauvais, auxquels tous les êtres, surtout l'homme,

étaient soumis relativement à la santé et aux maladies. « Bien des cures, est-il dit dans le livre du Zend, s'opèrent par le secours des arbres et des herbes , d'autres par le couteau et d'autres encore par la parole : car la parole divine est le plus sûr moyen pour guérir les maladies; c'est par elle qu'on obtient les cures les plus parfaites. » Ainsi l'on admettait en principe l'influence des esprits sur la production de tous les phénomènes de la nature, et l'on renonçait à l'étude des causes physiques.

Environ cent-cinquante ans avant l'ère vulgaire il s'établità Alexandrie une secte médico-théosophique, celle desEsséniens,que les Grecs appellent Thérapeutes, parce qu'ils se vouaient entièrement k l'adoration mystique de Dieu et pratiquaient l'art de guérir. Plusieurs d'entre eux regardaient l'exercice de la médecine comme une qualité nécessaire au vrai sage, et ils voulaient qu'on traitât en même temps l'ame et le corps. Ces thérapeutes, dont les principes se rapprochent de ceux de Pythagore, se répandirent ensuite en Italie et dans Rome , où Galien s'opposa de tous ses efforts à leurs écarts d'imagination. Ils désignaient les médicamens sous des noms babyloniens ou égyptiens, et réunissaient la médecine à la théosophie au moyen de figures et d'enchantemens particuliers. C'est ainsi qu'un certain Plotin passe pour avoir guéri Porphyre dangereusement malade, au cap Lilybée, p,ar des paroles magiques,

Dans les premiers siècles de l'église , les apôtres , les martyrs et leurs reliques passaient pour avoir le don de guérir toutes sortes de maladies et même de ressusciter des morts. « Personne n'ignore les cures merveilleuses des martyrs saint Côme et saint Damien , qui délivrèrent Justînien , entre autres , d'une affection incurable. L'empereur, par reconnaissance leur érigea, un temple auquel les malades abandonnés des médecins , se rendaient en pèlerinage , et où ils guérissaient de la même manière qu'autrefois dans les temples d'Esculape. » Ainsi le christianisme exerçait une influence rétrograde sur l'art de guérir : les moines qui l'exerçaient menaient une vie purement contemplative. On croyait que les maladies graves étaient des punitions de Dieu, et les médecins n'entreprenaient pas de les guérir, de peur de contrarier la justice céleste. Tout ceci pouvait être encore l'effet de l'union des dogmes de la religion chrétienne avec la philosophie payenne, dont saint Paul avait tant recommandé de se garder. Les Gnostiques , les Ophianiens et d'autres sectes hérétiques imaginèrent divers esprits, rétablirent l'adoration des serpens et se livrèrent à d'autres absurdités magiques que l'église orthodoxe repoussa vivement et avec horreur.

L'invention des talismans que l'on portait ordinairement suspendus au cou, date aussi de cette époque; et les songes étaient interprétés par rapport aux maladies. En ce temps-là, Marc-Aurèle remercie les dieux de lui avoir fait connaître en songe

les moyens qu'il devait employer pour se délivrer d'un crachement de sang et de vertiges dont il était affecté.

Les circonstances politiques, la perte de la liberté, la forme despotique du gouvernement romain contribuaient beaucoup à faire tomber les sciences dans un anéantissement total. Les talens ne ' peuvent se développer ou se développent bien rarement dans un état qui est régi non par les lois, mais par la volonté arbitraire d'un seul homme, (c Occupés sans cesse à briguer les bonnes grâces du souverain, de qui dépendent les honneurs et les richesses, les sujets ne connaissent d'autre moyen d'arriver à ce but que de flatter les caprices de leur maître. Sa faveur seule et non plus le mérite préside à la distribution des places. C'est ainsi que l'esprit tombe dans l'indolence et l'inactivité. Au lieu d'efforts pénibles et soutenus pour se distinguer par de vastes connaissances et un talent brillant , on choisit des voies plus faciles pour se procurer la bienveillance du despote. ))

La médecine n'était plus une science; c'était l'alliage le plus hideux de différens systèmes mal combinés entre eux et avec les préjugés, les super-stitions les plus ridicules. L'art de guérir avait cessé d'être digne de l'enthousiasme qu'il excita à son origine, et du point élevé où il avait été placé dans l'opinion des hommes par le génie et les immenses travaux des médecins et des naturalistes des beaux temps de la Grèce, d'Alexandrie et de Rome.

Avant de passer à l'examen de cette décadence, arrêtons-nous un peu sur les privilèges des médecins dans la capitale du monde et sur leur position sociale à une époque bien connue de l'antiquité.

(c Dans tout état policé, dit R. Sprengel , l'exercice de la médecine ne peut être abandonné au hasard : il faut que les médecins soient soumis à la surveillance immédiate de l'autorité. Les uns doivent être salariés par le gouvernement, afin qu'ils soient attachés plus étroitement h l'état; plusieurs aussi doivent être chargés du soin d'examiner les talens et la capacité des autres, pour accorder ensuite à ces derniers le droit d'exercer leur art. Cette police devint, à une certaine époque d'autant plus nécessaire dans les principales villes de l'empire romain, que le nombre des médecins s'était accru en proportion du luxe, et que les méthodistes abrégeaient singulièrement les études de leurs disciples. »

Aussi l'autorité distingua de très bonne heure à Rome des médecins d'un mérite reconnu, que l'on nommait archiâtres, chargés de la surveillance des autres médecins, jouissant de certains privilèges et d'un traitement spécial. Les principaux archiâtres ou archiâtres palatins comptaient parmi les premiers officiers de la cour, ou même ils étaient revêtus des premières dignités. Quand ils obtenaient le titre de comte ou quelque grade plus élevé, ils étaient exempts d'impôts et charges publiques , des logeraens militaires surtout. Les archiâtres se rapprochaient ainsi des princes avec lesquels ils vécurent

souvent dans l'intimité la plus parfaite. Pline rapporte que les appointeraens de Cassius , de Calpitanus Aruutius, d'Albutius et de Rubius, qui se succédèrent à Rome dans la place d'archiâtres palatins , étaient d'environ quarante mille francs par an de notre monnaie ; et il affirme qu'Érasistrate, petit-fils d'Aristote , reçut trois cent soixante-huit mille francs pour prix de la guérison du roi Antiochus.

Ces traits de magnificence étant peu communs ^ ajoutons y celui de Louis XIV pour, Félix , son premier chirurgien , auquel il donna une terre qui valait plus de cinquante mille écus, en récompense de l'opération de la fistule à l'anus qu'il avait faite à ce monarque.

Les médecins du second ordre ou archiâtres populaires étaient en nombre déterminé pour chaque ville : il y en avait un pour chaque arrondissement à Rome. Ceux qui s'établissaient au-delà du nombre limité ne jouissaient pas des privilèges attachés à la place de médecins d'état. Ces archiâtres populaires formaient un collège dans les grandes cités de l'empire romain. La municipalité proposait le médecin d'état et le collège des archiâtres , après s'être assuré de sa capacité, l'admettait pour la première place qui deviendrait vacante dans le collège où il prenait le dernier rang parmi ses égaux. Le candidat ne devait pas avoir d'autre recommandation que ses talens et son habileté. Chaque collège des médecins d'état formait un certain nombre d'élèves.

Les archiâtres populaires étaient aussi exempts

des emplois pénibles , des logemeris de troupes, etc. Ils recevaient un traitement tiré des caisses publiques. Leurs honoraires augmentaient quand ils éJablissaient des écoles et faisaient assidûment leurs leçons. L'état leur accordait en outre des fonds pour fournir gratuitement des soins et des remèdes aux pauvres. Les médecins militaires recevaient aussi leurs appointemens sur les deniers du trésor public pour soigner gratuitement les soldats. Les praticiens subordonnés aux médecins d'état vivaient avec les honoraires qu'ils gagnaient (i).

Les ecclésiastiques qui s'occupèrent de traiter les malades d'une manière mystique furent appelés parabolains. Ils établirent les premiers hôpitaux pour les indigens malades, et non pour servir d'écoles aux jeunes médecins. Dès le sixième siècle, les moines et les parabolains en avaient déjà établi plusieurs. Cette belle institution se perfectionna et s'étendit successivement chez toutes les nations du monde.

(i) Ce serait une justice de dispenser les médecins et chirurgieiKs du service de la garde nationale parce qu'ils exercent des fonctions dont l'importance est justement appréciée, et pour lesquelles il est extrêmement difficile de faire une substitution consentie par les malades, car la confiance ne se commande pas. Bailleurs ils exercent assez de fonct'ons publiques non rétribuées pour que leurs concitoyens reconnaissans les dispensent du service de la garde nationale. Ils forment des compagnies savantes dont le but est de servir l'humanité, d'améliorer la position physique et morale de l'homme. Ce sont eux enfin et surtout qui sont les bienfaiteurs et les consolateurs de l'indigent malade.

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