CHAPITRE VII
LES DUCS DE ZjEMNGEN.
Conrad le Salique , non plus que ses successeurs, ne possédèrent paisiblement le royaume de Bourgogne. Odon , quoique vaincu et dépossédé, n'abandonna pas ses prétentions; deux fois il revint à la charge, et il périt enfin sur le champ de bataille. Les seigneurs du pays romand obéissaient à regret aux empereurs allemands , qu'ils considéraient comme des étrangers, et ils supportaient impatiemment l'autorité d'un souverain qui n'était pas dans leur dépendance comme l'avaient été les rois bourguignons. D'un autre côté , les empereurs étaient détournés par d'autres soins de donner toute leur attention aux affaires de ce royaume; c'est ce qui les eugagea, indépendamment d'autres raisons, à en remettre l'administration, sous le titre de Recteurs de la Petite-Bourgogne, aux ducs de Zœringen, d'une famille illustre et puissante de la Souabe.
En effet, les empereurs avaient à lutter soit contre des prétendants à la couronne impériale, soit contre l'esprit d'indépendance des grands vassaux de l'empire, mais par dessus tout contre les prétentions de la cour de Rome à la domination universelle. Le pape, jadis l'ami et le protégé de Pépin et de Gharlemagne, prétendait maintenant avoir le droit de faire et de défaire les rois et les empereurs; autant le ciel est élevé au dessus de la terre, autant, disait-il, l'autorité du chef de l'église est au dessus de celle des souverains temporels. Le pape Grégoire VII, afin que rien ne pût détourner les prêtres de l'obéissance. et du dévouement absolu qu'ils doivent à l'église, défendit à tous les ecclésiastiques de se marier. D'un autre côté, il déclara qu'ils ne pouvaient recevoir de l'autorité temporelle l'investiture de leurs bénéfices. Il est vrai que les empereurs en étaient venus à donner ces bénéfices au plus offrant, et souvent à des personnes indignes; mais, d'un autre côté,