‹ Abrégé de l'histoire des SuissesChapitre 11 sur 49 · LES DUCS DE ZJEHINGEN · texte numérisé non relu

LES DUCS DE ZJEHINGEN

comme les évêques, à cette époque, n'étaient plus seulement les pasteurs de leurs églises , mais qu'ils possédaient de vastes territoires et qu'ils commandaient à de nombreux vassaux, l'empereur ne pouvait consentir à cette prétention sans permettre que le pape devint plus maître dans l'empire que lui-même. De là s'ensuivit une lutte qui a désolé l'Europe pendant plusieurs'siècles. Souvent l'empereur marchait en armes contre le pape et parvenait à le chasser de Rome et même de l'Italie, mais le pape, à son tour, excommuniait l'empereur et les princes qui suivaient son parti et déliait leurs sujets de leur serment de fidélité, ce qui les obligeait à s'humilier pour obtenir leur réconciliation avec l'Eglise; d'un autre côté, l'empereur mettait les partisans du pape au ban de l'empire , c'est-à-dire les déclarait déchus de la protection de l'empire, ce qui autorisait chacun à attenter à leurs biens et à leur vie. Souvent des évéques se rangeaient du côté de l'empereur, soit parce qu'étant mariés ils ne voulaient pas se séparer de leurs familles, soit pour se soustraire à l'obéissance absolue que le pape exigeait d'eux. Souvent aussi des seigneurs séculiers suivaient le parti du pape, parce qu'ils voulaient secouer l'autorité de l'empereur. Les partisans du pape s'appelaient les Guelfes, et ceux de l'empereur les Gibelins. Dans le même état, dans la même ville, dans la même famille , les uns étaient Guelfes et les autres Gibelins; partout régnait l'anarchie; tous les liens de la société étaient rompus.

Vers ce temps-là, l'idée se répandit dans toute l'Europe que c'était une œuvre méritoire que de prendre les armes pour reconquérir sur les infidèles les lieux sanctifiés par la présence et par la mort du Rédempteur. Des missionnaires parcouraient le pays, enflammant les âmes par leurs prédications passionnées et promettant le pardon des péchés à tous ceux qui s'armaient pour la guerre sainte; aussi les grands et les petits, les riches et les pauvres , les seigneurs et les serfs accouraient en foule pour y prendre part. Ils se distinguaient tous par une croix sur leurs vêtemens, ce qui a fait donner à ces expéditions le nom de croisades. Elles se sont succédé, à de plus ou moins longs

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