LES DUCS DE ZJERINGEN
quels ils s'efforçaient de faire preuve de force et d'adresse. Ces réunions, qu'on appelait tournois, devinrent dans les siècles suivants, par la magnificence et le luxe qu'on y déployait, une des causes de la décadence de beaucoup de familles nobles , et ce furent encore les villes qui en profilèrent, comme on le verra dans la suite de cette histoire.
C'est à cette époque que les histoires commencent à faire une mention plus particulière des trois petits pays d'Uri , de Schwytz et d'Unterwalden , qu'on appelle en allemand les fValdstetlen , c'est-à-dire pays de forcis. On y voyait, comme partout ailleurs, des seigneurs et des serfs, mais la population se composait aussi en grande partie de bergers ou de laboureurs libres, qui ne reconnaissaient d'autre maître que l'empereur. Toutes les affaires importantes se traitaient dans l'assemblée générale de tous les gens du pays. C'est là que, rangés autour de la bannière, ils élisaient leurs magistrats. Le premier de tous, le landammann , devait toujours être un homme de condition libre; on choisissait pour les fonctions de juges ceux à qui leur travail ou l'économie de leurs pères avaient acquis une honnête aisance; on les supposait plus intéresses à ce que l'ordre et les lois fussent respectés. Un baillif impérial rendait la justice dans les causes capitales, veillait à la conservation des droits de l'empereur, et conduisait les nom. mes du pays à la guerre. 11 était également leur avoué, c'est-àdire leur protecteur, l'arbitre de leurs différends et leur avocat à la cour de l'empereur. Les ducs de Zaîringen , qui étaient régulièrement investis de cette dignité, en faisaient exercer les fonctions par des seigneurs qui possédaient des terres considérables dans celte contrée. Ce furent d'abord les comtes de Lenzbourg, et plus tard ceux de Habsbourg. L'indépendance des Waldstelten se développa et se consolida peu à peu, à l'aide de circonstances favorables. Toutes les affaires importantes se traitaient dans l'assemblée générale de tous les gens du pays.
Unterwalden se partagea, l'an 1150, en deux communautés, le Haut et le Bas-Unterwald, qui , séparées quant à leur administration intérieure, ne forment cependant qu'un seul canton.
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Les hommes des Waldstetten vivaient si paisibles au sein de leurs vallées, qu'on ne songea point à eux lorsque l'empereur fit don à l'abbaye d'Einsideln de toutes les terres inhabitées qui l'environnaient. Comme les gens de l'abbaye gagnaient du terrain à mesure que leurs troupeaux se multipliaient, ils finirent par rencontrer les troupeaux des gens de Schwylz. Il s'en suivit une contestation qui dura plus de cent ans, le couvent se fondant sur son acte d'investiture, et les hommes de Schwytz sur leur possession immémoriale. L'empereur les condamna, mais , convaincus qu'on leur faisait tort , ils se soucièrent peu de la sentence et continuèrent de faire paitre leurs troupeaux sur le territoire contesté. L'empereur les mit au ban de l'empire; l'évêque de Constance les excommunia; mais ces hommes simples ne pouvaient comprendre qu'ils eussent péché contre (es lois divines ou humaines en gardant les biens que leurs pères leur avaient transmis : « Si l'empire, disaient-ils, ne pro- 9 tége que l'injustice, nous nous passerons de sa protection; • nos bras sauront nous proléger. » Et ils resserrèrent leur alliance avec leurs voisins d'Uri et d'Unterwalden. Enfin, à l'avènement de l'empereur Frédéric I , le comte Ulrich de Lenzbourg obtint pour eux la levée du ban et de l'excommunication ; six cents hommes des Waldstetten , sous le commandement de leur avoué, suivirent le nouvel empereur en Italie, et au milieu des revers et des défections qui affligèrent dans la suite ce prince cl sa famille, ils restèrent inébranlables dans la fidélité qu'ils lui avaient vouée. La contestation avec Einsideln se termina long-temps après par un arrangement à l'amiable.
Derrière Saint-Gall s'élève un massif de montagnes très élevées, isolées de la grande chaîne des Alpes. Les gens de Saint- Gall y faisaient paitre leurs troupeaux. Un abbé de ce monastère, auquel celte solitude plaisait, s'y fit construire, vers l'an 1078, une cellule dans une vallée, et y consacra une chapelle pour les bergers. Ce /ut Appenzell, c'est-à-dire la cellule de Vabbè,
Les comtes de Savoie étaient déjà puissants. Les empereurs,