LES DUCS DE ZJERINGEN
dans leur lutte avec les papes, leur cédèrent pour se les attacher une partie du Valais et du pays de Vaud.
De même que les empereurs, les ducs de Zaeringen eurent a lutter contre l'esprit d'indépendance des seigneurs bourguignons. Ce fut sans doute pour les contenir que le duc Berthold IV fonda, en 1178, la ville de Fribourg, à laquelle il donna les mêmes franchises que son oncle Berthold III avait données à la ville de Fribourg en Brisgau.
Bientôt après l'avènement de Berthold V, son fils et son successeur, les seigneurs de la Bourgogne se soulevèrent contre lui. Il marcha à leur rencontre et les défit. Mais pour empêcher autant que possible le retour de ces soulèvements, il fonda, à l'exemple de ses prédécesseurs, de nouvelles villes, ou du moins il les fortifia, en même temps qu'il s'attachait leurs habitants par les franchises qu'il leur accordait. C'est ce qui explique comment les ducs de Zxringcn , objets d'une haine implacable pour la noblesse romande, n'ont laissé dans les villes de la Suisse allemande que des souvenirs de reconnaissance et de vénération.
C'est ainsi que Berthold fortifia Bcrthoud et Moudon. L'an 1191, il chargea un de ses principaux officiers, Conrad de Bubenberg, de construire dans une presqu'île formée par une sinuosité de l'Aar, dans une contrée sauvage et d'un climat rigoureux, sur un terrain appartenant à l'empire, une ville qu'il destinait à être une place d'armes contre les entreprises de la noblesse. Ce fut la ville de Berne. Une grande partie de la noblesse inférieure des environs, dont les grands avaient négligé de rechercher l'affection , vint s'y établir. Parmi ces familles figuraient plusieurs noms déjà illustres par une antique origine, mais qui le devinrent davantage dans la suite par les services qu'elles rendirent à la république et à la Suisse entière. Berne se trouva donc appelée dès son origine à devenir une république guerrière, comme Zurich, par sa situation avantageuse, devint le siège d'un commerce florissant et par les fondations religieuses qui lui donnèrent naissance, aussi bien que par son collège, fondé, dit-on, par Charlemagne, un foyer pour les sciences et la littérature.