CHAPITRE X
Trois ans après le désastre de Morgarten, Léopold vint mettre le siège devant Solcure, qui avait embrassé le parti de Louis
de Bavière. Pour faciliter les opérations du siège, le duc fit jeter un pont sur l'Aar au-dessus de la ville. Une crue d'eau menaçant de l'emporter, il le fit couvrir de troupes pour en augmenter le poids. Mais en vain; le pont s'écroule, et les malheureux soldats sont entraînés par les flots. Alors les Soleurois, oubliant que ce sont des ennemis, pour ne voir en eux que des hommes dans la détresse, se précipitent à leur secours, les retirent des eaux au péril de leur propre vie, les emmènent dans leurs maisons, et, après les avoir réchauffés, vêtus, nourris, ils les renvoient libres dans le camp autrichien. Léopold ne voulut pas se laisser vaincre en générosité ; il se présenta aux portes de la ville accompagné de ses principaux chevaliers, et demanda à être introduit. Alors, après avoir remercié les bourgeois et leur avoir fait don d'une bannière en gage de réconci- • liation, il se retira avec son armée.
Lucerne regrettait, sous la domination autrichienne, l'autorité paternelle de l'abbé de Mûrbach. Obligés de prendre pari à toutes les expéditions militaires du duc, privés par les fréquentes hostilités avec les Waldstellen de leur commerce avec celle contrée et avec l'Italie par le Sainl-Golhard, chargés d'impôts toujours croissants et trouvant leur souverain sourd à leurs plaintes réitérées , les Lucernois prirent, dans leur détresse, le parti de conclure une trêve pour vingt ans avec les Waldstetten. Alors le parti autrichien concerta avec les chefs des garni- ' sons autrichiennes du voisinage une attaque nocturne pour s'emparer de la ville ainsi que des principaux chefs du parti suisse. Mais les bourgeois, qui étaient sur leurs gardes, prirent les armes et fermèrent les portes, cl celte tentative fut ainsi déjouée. Pour se mettre désormais à l'abri d'un pareil danger, ils conclurent, l'an 1552, une alliance perpétuelle avec les Waldstellen ; ce fut la ligue des quatre cantons.
Dans ce traité, les Waldstellen réservent les droits de l'empire et les leurs; les Lucernois, les droits légitimes du duc leur souverain et ceux de leurs magistrats. Aucun état ne pourra contracter de nouvelles alliances sans le consentement des autres. Les contestalions entre les étals confédérés scronl jugées
par des arbitres. Les Waldstetten cédèrent volontairement à Lncerne le premier rang dans l'alliance.
La conclusion de ce trailé provoqua, de la part des baillifs autrichiens du voisinage , une suite d'hostilités où l'avantage demeura aux confédérés. Les principales familles de la ville, mécontentes de l'alliance suisse et de la guerre qui en était la suite et qui les privait des revenus de leurs terres situées sous la domination autrichienne, firent une conjuration pour mettre à mort tous les membres influents du parti suisse et livrer la ville aux Autrichiens. Ce complot fut découvert, dit-on, par un enfant à qui le hasard en avait donné connaissance. Cependant, grâce à l'intercession des Waldstetten , aucun des conjurés ne perdit la vie; seulement l'autorité, qui jusqu'alors avait été confiée à un petit nombre de familles, fut remise à un grandconseil composé de trois cents bourgeois. Les affaires les plus importantes, telles que la guerre et la paix, l'établissement de nouvelles taxes, les acquisitions de territoire , étaient soumises a la commune.
Nous avons dit qu'après l'établissement des villes , les fonctions communales avaient été généralement confiées aux gentilshommes, qui seuls jusqu'alors avaient joui d'une position indépendante, telle que la réclament les fonctions publiques. A mesure que le commerce et l'industrie firent des progrès, il se forma parmi les bourgeois des familles riches et considérées, qui prenaient rang parmi la noblesse et jouissaient de la même autorité. C'est ce qu'on a appelé dans la suite, d'un . nom emprunté à l'ancienne république de Rome, les familles patriciennes. Plus lard , et quand l'aisance et l'instruction qui en est la suite furent devenues plus générales, le corps entier des bourgeois réclama à son tour une participation plus ou moins grande aux affaires publiques. C'est ce qui arriva vers cette époque à Zurich.
Cette ville avait été gouvernée jusqu'alors par un conseil composé de nobles et de patriciens. Ces magistrats avaient usé de leur autorité avec sagesse et joui de la confiance de leurs concitoyens, mais celle confiance commençait à s'affaiblir; on
leur reprochait de trailer les bourgeois avec hauteur et dureté ; on les accusait même de ne pas administrer fidèlement les deniers publics. Il se trouva au sein même de la noblesse un homme habile et ambitieux 'qui résolut de tirer parti de ce mécontentement pour s'élever au dessus de ses concitoyens; c'était le chevalier Rodolphe Brun, membre du conseil. A son instigation, un bourgeois demanda qu'il fût rendu compte des sommes que le conseil avait perçues et dépensées depuis plusieurs années. Brun et ses partisans appuyèrent cette demande. Les patriciens furent embarrassés. Enfin, un tumulte s'étanl élevé, ils craignirent pour leurs vies et sortirent de la ville; c'était ce que voulait Rodolphe Brun.
Alors la forme du gouvernement fut changée. Toute la bourgeoisie fut répartie en douze tribus ou corps de métiers, dont les chefs formaient la moitié du conseil. Les nobles et les patriciens, réunis en une treizième tribu, formaient l'autre moitié. Rodolphe Brun fut élevé à la (été de la république avec le titre de bourgmestre. Ceci se passait l'an 1535, trois ans après l'entrée de Lucerne dans la ligue des Waldsletten.
Les patriciens fugitifs cherchèrent un appui auprès de la noblesse des environs, et surtout du comte Jean de Rapperschywl, de la maison de Habsbourg, qui cherchait dans cette entreprise un moyen de rétablir ses affaires dérangées. Les hostilités éclatèrent deux ans après. Le comte Jean remporta d'abord un premier succès, mais les Zuricois étant revenus à la charge, il fut vaincu à son tour et perdit la vie dans le combat. L'empereur Louis et le duc Albert, frère cadet de Frédéric et de Léopold, furent les arbitres de la paix. Le jeune comte de Rapperschwyl recouvra les possessions de son père défuni ; les fugitifs obtinrent la permission de rentrer à Zurich et furent rétablis dans leurs biens; Rodolphe Brun resta en possession d'un pouvoir plus absolu que celui d'un monarque, mais dont il assura la durée par la prudente modération avec laquelle il en usa.
Berne, encore sans territoire, augmentait peu à peu sa puissance par des traités de combourgeoisie avec des seigneurs, des
villes et des peuplades du voisinage, qui recherchaient sa protection ou redoutaient son inimitié. Heureux dans toutes leurs entreprises militaires, les Bernois échouèrent seulement contre Neuchàtel. Le comte Rollin, jugeant la situation de la ville de Nugerol peu avantageuse pour la défense du pays, fonda une nouvelle ville dans une prairie appelée le Landeron, et accorda à ceux qui viendraient l'habiter les franchises de Nugerol. Celte construction donna de l'ombrage à l'évêquc de Bâle et aux Bernois qui, avec leur allié le comte de Kybourg, vinrent, l'an 4525 , mettre le siège devant le Landeron. Le comte envoya au secours de la ville son fils Louis, qui depuis lui succéda, et la brillante valeur de ce jeune seigneur, et le courageux dévouement des bourgeois du Landeron sauvèrent celte ville et l'état. Un second siège, quelques mois après, se termina parla perte des machines deguerreet du banneretde Berne qui dirigeait Pattaque et fut fait prisonnier par les bourgeois. Pour réparer ce double échec, les Bernois appelèrent sous les armes tous leurs bourgeois externes, et requirent le secours des hommes du Hassli et des Walstelten, avec lesquels elle avait alors une alliance. Mais le comte de Kybourg refusa de marcher avec les Waldstetten, et l'expédition n'eut pas lieu.
A la même époque, en 1324, le comte Rollin conclut une alliance perpétuelle avec la ville de Soleure.
Quatorze ans après l'attaque du Landeron , Berne subissait l'épreuve la plus critique par laquelle celte ville eût encore passé.
La noblesse voyait avec inquiétude et jalousie les progrès de la puissance de Berne. Le moment paraissait favorable pour y mettre un terme; l'empereur Louis était irrité contre les Bernois qui refusaient de le reconnaître tant qu'il n'avait pas été relevé de l'excommunication que le pape avait prononcée contre lui. Ainsi les comtes de Kybourg, d'Arberg, de Nidau, de Gruyères et beaucoup d'autres seigneurs, ainsi que la ville de Fribourg, firent une ligue contre la ville de Berne. A la nouvelle du danger qui la menaçait , le conseil s'assembla sous Tavoyer Jean de Bubenberg. On décida de satisfaire à toutes les
demandes justes , mais de repousser la force par la force. Une entrevue proposée par la ville eut lieu à Berlhoud, mais demeura sans résultat, parce que le but des adversaires de Berne n'était pas tant d'obtenir satisfaction sur quelques griefs, que de renverser sa puissance qu'ils redoutaient. Une conférence avec Fribourg n'eut pas plus de succès, malgré le souvenir de la commune origine qui unissait ces deux villes et de leur ancienne amitié.
Cependant le danger allait en croissant. Tous les vassaux de la maison d'Autriche avaient reçu l'ordre de joindre l'armée des alliés; les évéques de Bàle, de Lausanne, de Sion en avaient fait autant. Sept cents côtoies ou barons, douze cents chevaliers, faisant, avec leur suite, environ trois mille hommes à cheval et plus de quinze mille hommes d'infanterie, étaient prêts à attaquer Berne, et commencèrent par mettre le siège devant la ville de Laupen , que les Bernois possédaient , de même que le Hassli, à titre d'hypothèque impériale.
Alors l'avoyer, le conseil et la bourgeoisie de Berne prêtèrent serment de sacrifier leurs biens et leurs vies pour la défense de Laupen, et il fut résolu que dans chaque famille où il y aurait un père et son fils ou bien deux frères, l'un des deux devait marcher pour aller former la garnison de cette ville, sous *e commandement de Jean de Bubenberg, ancien avoyer.
L'alliance avec les Waldstelteu était expirée. Cependant , l'ancien avoyer Jean de Krambourg fut envoyé auprès d'eux pour solliciter leur secours. II parut devant la landsgemeinde d'Unterwalden , rappela l'ancienne amitié qui unissait Berne et les Waldstetlcn, représenta le danger que courait cette ville , celui qu'ils courraient eux-mêmes si elle venait à succomber. Les hommes d'Unterwalden répondirent : « C'est dans le danger ■ qu'on reconnaît ses vrais amis. Allez dire à nos bons amis de • Berne qu'ils verront sur le champ de bataille le cas que nous » faisons de leur amitié. » Aussitôt des messages furent adressés à Uri et à Schwytz, et neuf cents hommes des trois cantons passèrent le Brunig et vinrent camper devant Berne.
Pendant ce temps, les bourgeois externes venaient se ranger sous la bannière. Les hommes du Hassli, du Sibbenthal et des autres vallées de l'Oberland, attachés à Berne soit par d'anciens traités de com bourgeoisie , soit par les droits impériaux que la ville avait acquis sur eux , arrivaient aussi en armes. Menacée elle-même par le duc d'Autriche , Soleure envoyait à son ancienne alliée quatre-vingts hommes à cheval.
On évalue à six mille hommes la force des Bernois et de leurs alliés dans celte guerre. 11 s'agissait de leur donner un chef, mais personne n'osait s'en croire capable et se charger d'une si grande responsabilité. Pendant que le conseil et la commune étaient dans cette perplexité, un chevalier parut aux portes de la ville; c'était Rodolphe d'Erlach.
Rodolphe était le fils ainé d'Ulrich d'Erlach, vainqueur au Donnerbùhl quarante-un ans auparavant. Vassal du comte de Nidau et gouverneur de ses enfanis, il se trouvait partagé entre ses devoirs envers son seigneur et ceux envers sa ville natale, et il demanda au comte la permission d'aller combattre dans les rangs de ses concitoyens. En la lui accordant, le comte ajouta en souriant, « que parmi tant de chevaliers et d'hommes » d'armes qui suivaient sa bannière, la perte d'un seul homme
• ne serait pas irréparable. » Erlach répondit : « Vous avez dit,
• monseigneur, que je suis un homme : j'espère, avec l'aide de » Dieu, montrer que je suis un homme en effet. »
Dès que son arrivée fut connue, le commandement lui fut déféré par acclamation et l'avoyer de Bubenberg lui remit la bannière de la ville. Laupen, attaquée sans relâche depuis douze jours, était sur le point de succomber. On se mit en marche au milieu de la nuit. Tous, officiers et soldats, s'étaient fortifiés pour leur entreprise par la sainte communion. L'avoyer et les plus âgés du conseil siégeaient sans interruption , prêts à donner tous les ordres nécessaires. Les femmes et les enfants remplissaient les églises. Erlach et sa troupe arrivèrent sur le midi auprès de Laupen et prirent position sur une hauteur en avant d'une forêt. L'armée ennemie était pleine d'orgueil et de confiance en ses forces. Le chevalier Jean de Magenberg,
avoycr de Fribourg, s'avança au devant des Bernois et leur dit d'un ton insultant, que sans doute ils avaient dans leurs rangs des femmes déguisées : « C'est ce qu'on verra aujourd'hui , » répondit Conrad de Rinkenberg. Un homme de Schwytz s'écria : « Nous sommes prêts; qui nous en veut, qu'il s'avance. »
Cependant tous les chefs de l'armée alliée ne partageaient pas cette confiance. Le comte de Nidau , vieux guerrier éprouvé dans vingt batailles , représenta , qu'à la téte d'une armée si ficrc et si nombreuse, on pouvait sans trahir de faiblesse faire des propositions d'accommodement, et qu'il serait peut-être prudent de le faire : « Non, lui répondit-on, il faut que cette » poignée de gens soit à nous aujourd'hui même. » Peu de temps auparavant, il avait répondu au duc Albert d'Autriche , qui lui reprochait une excessive prudence : « Je sais que j'y laisserai » mes biens et ma vie, mais du moins je les vendrai chèrement. » Le Jbanneret Fùlistorff, de Fribourg, ayant aussi hasardé un avis pacifique, on lui reprocha d'avoir peur : « Je tiendrai ma • bannière haute, dit-il, tant que serai moi-même debout; mais » vous, vous vous repentirez de votre orgueil. »
Avant de commencer le combat, une contestation s'éleva entre les Bernois et les Waldstetten , qui réclamaient l'honneur de combattre contre les chevaliers : « Chers amis, leur dit » Erlach , le poste le plus périlleux nous appartient de droit , » puisque c'est pour notre cause qu'on va se battre ; mais nous » ne voulons pas refuser leur demande à de bons amis tels que » vous. • Alors , après avoir adressé aux siens quelques paroles propres à enflammer leur courage, il fît engager l'action f>ar les frondeurs, qui firent trois décharges et se retirèrent. Trompés par cette retraite, les derniers rangs lâchèrent pied. «Amis, s'écria Erlach , « la victoire est a nous; tous les poltrons nous » ont quittés. » Et saisissant la bannière et marchant en avant, il chargea l'infanterie avec tant de vigueur qu'il la fit plier. Les Fribourgeois soutinrent presque seuls le choc et résistèrent comme les Zuricois à Morgarten. L'avoyer de Magenbcrg paya de sa vie sa bravade; Fùlistorff sentit la bannière de Fribourg échapper à sa main mourante; il périt glorieusement avec qua-
torze de ses parens. Bientôt toute cette multitude s'ébranle et prend la fuite en jetant ses armes. En ce moment le cri se fait entendre : « A nous, braves Bernois ! » C'étaient les Waldstetten et les Soleurois qui ne résistaient plus qu'avec peine aux efforts de la cavalerie. L'arrivée des Bernois décida la victoire en leur faveur. Ici périt le comte de Nidau , fidèle à sa parole; non loin de lui , son parent , Gérard de Valangin ; Jean de Savoie , fils du baron de Vaud , qui, envoyé comme médiateur par son vieux père, ne sut pas résister aux sollicitations des seigneurs de combattre dans leurs rangs ; un grand nombre de comtes et de barons. La campagne était couverte d'armes, de chevaux, de cadavres, vingt-sept bannières de seigneurs ou de villes restèrent entre les mains des vainqueurs.
De retour de la poursuite des ennemis, l'armée réunie sur le champ de bataille se mit à genoux pour remercier Dieu d'avoir béni l'habileté du chef et le courage des soldats. Erlach les loua de leur obéissance : « Je n'oublierai jamais, dit-il, » que je suis redevable de cette victoire à la confiance de mes » concitoyens, et à votre valeur, chers et braves amis des Wald- » stetten et de Solcure. Tant que Berne subsistera , jamais nos » descendants n'oublieront le serv ice que vous nous avez rendu. » Alors l'armée victorieuse reprit le chemin de la ville , où elle fut reçue avec une joie proportionnée à la grandeur du péril auquel on venait d'échapper. Ainsi fut délivrée la ville de Berne, l'an 1359, cent quarante-huit ans après sa fondation.
ï..a bataille de Laupen fut suivie d'un grand nombre d'expéditions partielles, dont les Bernois sortirent toujours victorieux et qui amenèrent tous leurs ennemis à leur demander successivement la paix.
Le comte de Neuchâtel seul ne fut point atteint par ce désastre général de la noblesse. Il avait résisté seul courageusement et avec succès aux Bernois et à leurs alliés lorsqu'il s'était vu attaqué par eux : il refusa de se joindre à ses parents et aux autres seigneurs pour les attaquer a son tour, et il recueillit maintenant les fruits de sa modération ou de sa prudence.
Le comte de Nidau avait laissé deux fils en bas âge. Les sei-
gneurs de la maison de Neuchàtel crurent ne pouvoir mieux assurer le sort de ces orphelins qu'en confiant leur tutelle à Rodolphe d'Erlach, rendant ainsi à sa loyauté un hommage non moins glorieux pour lui que la victoire de Laupen.
La fin de Rodolphe fut triste. Affaibli par l'âge, il vivait reliré dans son château de Riehenbach, occupé à diriger la culture de ses domaines. Sa fille avait épousé un gentilhomme d'Unterwalden , Jost de Rudenz. Celui-ci visitant un jour son beau-père, une contestation s'éleva au sujet de la dot. Rudenz était un dissipateur : Erlach était ménager de son bien , père de famille économe et soigneux , aussi bien qu'habile capitaine et homme de rigide probité. Ses reproches irritèrent Rudenz : enflammé de colère, il saisit l'épée du vainqueur de Laupen qui était suspendue au-dessus de son lit, et le tua. Les chiens de Rodolphe poursuivirent le meurtrier en hurlant jusqu'à une forêt voisine où il disparut. On ne l'a jamais revu.