‹ Abrégé de l'histoire des SuissesChapitre 7 sur 49 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

CHÀRLEMAGNE.

L'histoire des successeurs de Clovis n'offre pendant plusieurs générations que le récit de leurs guerres civiles, de leurs trahisons et de leurs assassinats, jusqu'à ce qu'enfin nous voyons la maison des Mérovingiens finir par une suite de princes imbéciles, ou livrés entièrement à la paresse et à la débauche, qui vivaient renfermés dans leur palais, abandonnant le commandement de l'armée et le gouvernement du royaume au principal officier de leur maison qu'on appelait le Maire du palais. L'autorité des maires allait en augmentant à mesure que l'autorité royale déclinait; enfin, l'an 751 , deux cent soixante-huit ans après l'avènement de Clovis, le dernier des Mérovingiens fut relégué dans un couvent et le maire du palais Pépin fut proclamé roi avec l'assentiment de tous les ducs, comtes, évéques et prêtres de la nation des Francs.

Son fils et son successeur Charles, connu sous le nom de Charlemagne, c'est-à-dire Charles-le-Grand , étendit de tous côtés les limites de son royaume; il conquit le royaume des Lombards, enleva aux Arabes le nord de l'Espagne jusqu'à l'Ebre et fit durant trente ans la guerre aux Saxons pour les obliger à se soumettre à lui et à embrasser la religion chrétienne. Maître enfin de presque tout l'Occident de l'Europe, il se fit couronner à Home par le Pape, l'an 800, comme empereur romain et roi des Germains. Au milieu des guerres continuelles dans les contrées les plus éloignées les unes des autres, il trouva le loisir de rédiger des lois et des ordonnances qui firent jouir les peuples soumis à son sceptre d'un ordre et d'une sécurité jusqu'alors inconuus. Sans être lui-même instruit, il

Page 1