‹ Abrégé de l'histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à 1840, à l'usage des maisons d'éducationChapitre 76 sur 104 · Quels ravages le bombardement caasa-t-il dans la ville · texte numérisé non relu

Quels ravages le bombardement caasa-t-il dans la ville

flammes. La Basse-Ville fut entièrement incendiée dans la nuit du 8 au 9 août ; Québec ne fut bientôt plus qu'un monceau de ruines.

^ 6. Après avoir détruit la ville, le général Wolfe se rejeta sur les campagnes. Il fit brûler toutes les paroisses, depuis le Saut Montmorency jusqu'au cap Tourmente, et couper les arbres fruitiers. 11 fit subir le môme sort à la Malbaie, à la baie Saint-Paul, sur la rive gauche du Saint-Laurent, et aux paroisses de Saint-Micolas et de Sainte-Croix, sur la rive droite. L'île d'Orléans fut également incendiée d'un bout à l'autre. La nuit était choisie pour commettre ces ravages, que l'on portait sur les deux rives du grand fleuve, partout où l'on pouvait mettre le pied, afin d'effrayer et de ruiner tout à la fois la population ; on enlevait les femmes et les enfants, les vivres et les bestiaux.

" 7. Ces dévastations n'atteignaient point, cependant, le but de la guerre. Les Français ne bougeaient pas. '•Malgré les échecs des armes anglaises sur le champ de bataille en Canada, depuis le commencement de la guerre, le général Wolfe dut se décider à attaquer le général Montcalm. Il résolut d'aborder l'aile gauche des Français au Saut Montmorency, lî fît passer le gros de son armée à T Ange-Gardien, où il ordonna d'élever des batteries ; et, le 31 juillet, il assaillit cette aile avec 8,000 hommes. Six mille soldats se déployèi'ent sur la plage en face, et deux mille remontèrent la rivière Montmorency pour la traverser à un gué qu'il avait fait reconnaître plus haut, afin de prendre les Français à dos. Les batteries anglaises ouvrirent en môme temps leur feu. Lorsque les assaillants furent formés, ils s'ébranlèrent la bayonnette au bout du fusil pour forcer les retranchements. Leur brillant costume contrastait avec la simple capote des milices canadiennes qui défendaient cette partie de la ligne française. Celles-ci attendirent que l'ennemi fût à quelques pas seule-

•6. Que fit le général VTolfe après avoir détruit la ville 1 *7. Que faisaient alors les Français, et par qui la bataille de Mont* moroncy fut-elle gagué© 1

mont (lo loiir lifrno pour ouvrir leur fcn. Alors elles firoiU des décliarf^cs si rapides et si meurtrières qu'en pou de temps les colonnes anglaises furent jetées en désordre, et que, malgré les elforts de leurs officiers, elles prirent toutes la fuite pele-méle i)0ur se soustraire à la mort qui planait sur elles. Au même instant survint un violent orage de pluie et de tonnerre, qui déroba les combattants à la vue les uns des autres, et dont le bruit, plus imposant et plu3 vaste, fit taire celui de la bataille. Lorsque le brouillard se fut dissipé, les Canadiens aperçurent les ennemis qui se rembarquaient avec leurs blessés, après avoir mis le feu à deux transports qu'ils avaient échoués en face pour leur servir de batteries. Ils se retiraient comme ils étaient venus, les uns dans leurs berges et les autres par le gué de la rivière Montmorency.

;8. Repoussés à Montmorency, les Anglais abandonnèrent le projet de forcer les lignes françaises à Beauport, et résolurent de remonter le fleuve et de débarquer au-dessus de la ville. Le général Montcalm envoya un bataillon camper sur les plaines d^4braham. Il donna ensuite 3000 hommes à Bougainville pour suivre les mouvements de l'ennemi, qui depuis quelques jours menaçait à la fois le camp de Beauport, la ville et les magasins de l'armée.

' 9. Cependant si les choses avaient assez bonne apparence du côté de Québec, les nouvelles que l'on recevait du lac Champlain et du lac Ontario étaient peu rassurantes. Le général Amherst s'était mis en mouvement avec ses 12,000 hommes et 54 bouches à feu, et avait obhgé M. de Bourlamarque de faire sauter le fort Carillon et le fort Saint-Frédéric, et de se retirer à l'Ile-aux-Noix. Plus haut sur les grands lacs, M. Pouchot apprenant la marche de l'ennemi, avait envoyé un courrier pour ordonner à Chabert au fort du Portage, à Ligneris au fort Machault et aux com-

'8. Qu'est-ce que firent les Anglais après leur échec à Montmorency, et quelles furent les mesures defensires de Montcalm 7

' d- Que se passait-il alors du cOté du lac Champlain et des grand« lacs 1

mandants du Détroit et des postes de la Presqu^Ile> Venango et Le Bœiif^ de se replier sur Niagara avec ce qu'ils auraient de Français et de Sauvages. Ainsi l'on abandonnait encore* sans combattre, faute de soldats et d'habitants, une autre vaste étendue de ter* ritoire et l'un des plus beaux pays du monde. Chabert brûla son fort et, le 10 juillet, atteignit Niagara qui était alors assiégé par une armée anglaise à laquelle il dut bientôt ouvrir ses portes.

Niagara était le poste fortifié le plus considérable de cette partie duGanada et le plus important par sa situation. Sa perte sépara les lacs supérieurs du bas de la province, et les Français se trouvèrent, par cet événement, refoulés d'un côté jusqu'au Détroit, et de l'autre jusqu'aux rapides du Saint-Laurent, au-dessus de Montréal, le fort Frontenac, faute de temps, n'ayant pas été relevé. La possession du lac Ontario appartint de ce moment aux ennemis.

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