‹ Abrégé de l'histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à 1840, à l'usage des maisons d'éducationChapitre 89 sur 104 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Continuation de la guerre. — Campagne de 1813

7. Malgré le peu de succès de leur première campagne, les Américains ne désespéraient pas de finir par remporter des avantages en continuant la guerre, et ils se préparèrent à la pousser avec vigueur. Mais ils ne changèrent point leur système d'attaque.

Ils divisèrent encore leurs principales forces en trois armées. La première, commandée par le général Harrison, se réunit à la tête du lac Erié dans l'intention d'attaquer les Anglais au Détroit et à Malden. Mais Tun de ces détachements, qui avait d'abord repoussé les Anglais à Frenchtown, fut attaqué soudainement par le général Proctor avec beaucoup de vigueur, et obUgé de mettre bas les armes. Harrison rétrograda aussitôt, puis s'avança pour se retrancher an fort Meigs, sur la rivière d'es Miàmis. Proctor alla Tinvestir pendant quelque temps; mais après avoir enlevé 500 Américains qui faisaient une sortie, il fui obligé de lever le siège. Il ne fut pas plus heureux contre le fort Sandusky, qu'il attaqua ensuite. Après un premier assaut dans lequel il fut repoussé, l'arrivée du corps du général Harrison, qui ne craignait plus de se montrer en rase campagne, le força de se retirer tout à fait. Au reste, ces hostilités étaient inutiles, car rien d'important ne pouvait être entrepris sans la suprématie de la marine sur le lac Erié; et la bataille de Pul-in-Bay, gagnée le 10 septembre par le commodore américain sur le capitaine Barclay, dans laquelle tous les vaisseaux anglais avaient été

7. Quelles furent les opérations militaires de la campagne de 1813 dans le Ilaut-Canada ; et comment se terniinèrentlocombat de Frenchtown, les sièges des forts Meigs et Sandusky, le combat naval de Put* in-Bay etlabataillo do Moravian-Town 7

ohligés (ramenor leur ]i:ivillon, vouait de cloDiior ce lac aux oniioiuis cl de l'aire perdre aux Anglais, iionsoulenieut les avantages qu'ils avaient obtenus sur la rive (Iroile du Si. -Laurent, niiùs encore les forces qu'ils y avaient si iinprudenimcnt a\enlurécs. ^

En cflet, à la nouvelle de la défàîle de Barclay, le général Proctor évacua le Détroit, Sandwich et Aniliersibnrgli, et il se relirait avec toute la r/jpidité possible, loi'squil fut atteint par Ilarrison àMoravianlown, et complètement défait le 5 octobre. Le corps de Técum^eh fut trouvé |)armi les morts. La fidélité de ce chelsauvage à l'Angleterre, son éloquence, sou influence^^r les tribus de ces contrées, ont fait de lui le héros dé celle guerre. Six à sept cents Anglais, y compris vingt-cinq officiers, restèrent prisonniers. ,

/'S. Le résultat de la bataille de Moravian-Town rompit la grande confédération indienne formée par Técumseh contre la république américaine, remit celle-ci en possession du territoire perdu par le général Hull dans le Michigan, et ruina la réputation militaire de Proctor.

9. Ce désastre ne'termina pas^ cependant, les opérations de la campagne sur la frontière de lOuest. L'éloquence de Técumseh avait soulevé les tribus du sud. Les Criques avaient pris la hache et entonné L'hymne des combals. Ils massacrèrent 300 hommes, femmes et enfants dans TAlabama, pour leur début; ils allaient poursuivre le cours de leurs ravages, lorsque le général Jackson s'étant jeté sur leur pays à la tele des milices du Tennessee, entoura une de leurs bandes composée de 200 hommes, qu'il tua jusqu'au dernier. Il défit ensuite le gros de la nation dans les combats deTalladéga, Autossie, Emucfau,etc., et finit par en cerner les restes sur la rivière Tallapousa, à Horse Shoe Head, où ils s'étaient retranchés au nombre de 1000 avec leurs femmes et leurs enfants. Jackson donna l'assaut à leurs ouvrages qu'il emporta. Les Sauvages, dédaignant de se rendre, com-

Page 1