‹ Abrégé de l'histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à 1840, à l'usage des maisons d'éducationChapitre 95 sur 104 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Crise de 1827-1828.

18. La violence des journaux et celle de lord Dallousie dans son discours de prorogation, annoncèrent une nouvelle crise et une nouvelle élection. M. Pa- 3ineau, M. lleney, M. Cuvillier, M. Quesnel et quelques îutres représentants répondirent à ce discours par une adresse au peuple, dans le but de provoquer la réélection des membres de la majorité; cette adresse eut un grand retentissement. Il se tint des assemblées

Eubliques partout dans les villes et dans les campagnes, es résolutions devinrent violentes et accusatrices. L'expiration des lois de milice, qui furent rem[)lacées par d'anciennes ordonnances, augmenta encore le feu des discordes. , :,

La chambre remporta une victoire complète dans les élections. A la réunion du parlement, le gouverneur refusa de confirmer l'élection de M. Papineau fîomme président de l'assemblée, et le soir même la législature fut prorogée.

Une agitation générale couvrit alors tout le pays. De nouvelles adresses, portant plus de 80,000 signa- .Tires, furent transmises à Londres, en 1828, par MM. Veilson, Yiger et Cuvillier.

Chacun sentait que le bureau colonial en persistant lans son projet, cherchait des motifs pour revenir au )rOjet d'union de 1822. Le chef de police de Montréal, L Gale, porta en Angleterre les dépêches de lord

17. Que fît la chambre d'assemblée dans la session de 1826? }8. Qaels événements suivirent la session de 1826 ?

îifalhousie et les adresses qu'il avait reçues. Le bvmî courait alors que Gale devait demander une nouvelle division des deu:t Canadas, afin d'annexer llle de Monttréal et les tomisîjrps de l'Est au Haut-Canada. C'était un partisan violent de l'administration. Sa haine eontre les Canadiens était notoire, et Ton savait qu'il avait pris une grande part dans les attentats contre la liberté de la presse, et à la rédaction de la Gazette de Montréal qui demandait l'union des Canadas, demande que le caractère officiel de cette feuille faisait remonter jusqu'au gouverneur.

19. ï^endant que le Bas-Canada était en proie aiTX dissensions, le Haut-Canada était agité par des débat& violents dus en apparence à la même cause. Le ministre, M. Huskisson, fit nommer dans la chambre des communes du parlement impérial, un comité pour s'enquérir de l'état de ces deux provinces. Il y eut de longues discussions, M. Hume, que le Haut-Canada avait chargé de ses pétitions, MM. Huskisson, Labouchère, sir James Macintosh, Wilmot, Stanley, Warburton et Baring prirent la parole. Huskisson approuva complètement la conduite du gouverneur, et censura les mesures de l'assemblée; il appuya surtout sur la gloire pour l'Angleterre de faire du Canada un pays vraiment anglais d'affection comme de nationalité. Macintosh maintint qu'on ne conserverait le C^mada qu'en le gouvernant avec justice, et il parla avec force contre la politique du ministère. !; . .ir

Les communes renvoyèrent la question à im comité spécial, qui fit rapport que, dans l'état des esprits, ii ne pouvait recommander l'union. Il regrettait qu'on, n'eût pas informé !e parlement impérial de l'appropriation des revenus du Canada sans le consentement de ses représentants. Quant aux fraudes de Caldwell, il dit qu'il fallait prendre à l'avenir les mesures nécessaires pour se mettre en garde contre les détournements du receveur-général et des shérifs. Les biens des Jésuites devaient être appliqués à l'éducation; le conseil législatif devait ôlre composé

19. En quoi ôtat étaient les esprits dans le Haut-Canada, et qu'est-ct qui fut fait dan» la chambre des communes ©n Argletorro ?

(Diommos plus indoi^cndants du goLivernemonl; les iii-v^ 110 (lovaionl point \n'ou^Wo part aux discussions politiques dans le consoil Icpjislalif, ni avoir de siego dans le conseil exécutif. KnOn les changements a faire à la constitution de 1791, devaient se borner a l'ahandon de toutes les affaires inlérieures à la législature locale, et le parlement impérial ne devait intervenir que lorsque son autorité suprême serait néces-

saire.

Quant au partage des droits de douane entre le Haut et le Bas-Canada, tout faisait désirer de régler cette affaire d'une manière amicale.

Ce rapport ne fut ni adopté, m rejeté. Le nouveau ministre, sir George Murray, qui venait de remplacer M. Huskisson, promit d'en suivre les recommandations lorsque cela sei-ait possible.

Pour faciliter le rétablissement de la concorde, lord Dalhousie fut nommé au gouvernement des Inde^s, et sir Ja 1,63 Kempt, lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Ecosse, fut mis à la tête de celui du Canada.

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