CHAPITRE I
Les 92 Résolutions.— 1829-1834.
1. Sir James Kempt arriva à Québec dans l'année 1828, avec des instructions particulières. H était chargé d'informer la Chambre au sujet de la question des subsides, qu'après avoir mis de côté ce qu'il fallait pour payer le gouverneur et les juges; elle pourrait être entendue sur la manière d'employer le reste du revenu public.
2. La chambre passa de nouvelles adresses au parlement impérial au sujet des finances; elle persistait dans les principes quelle avait proclamés dans ses premières pétitions. Elle vota ensuite plus de ^€200,000 pour les améliorations publiques. Dans la session suivante, elle accorda une somme considérable pour entourer le port de Montréal de quais magnifiques en pierre de taille, pour encourager la navigation à la vapeur entre Québec et Halifax, pour bàlir une douane à Québec et des phares en différents endroits du fleuve. Elle donna i^20,000 pour construire une prison à Montréal, jei2,000 pour bâtir un hôrùtal de marine à Québec, £38,000 pour améliorer les chemins et ouvrir de nouvelles routes dans les forêts, afin de faciliter l'établissement des terres; £8,000 pour l'éducation. Enfin elle se plut à faire voir 'que si elle voulait exercer plus d'influence sur le gouvernement, c'était pour répondre aux besoins croissants du pays.
1. En quelle année sir James Kempt arriva-t-il à Québec commo gouverneur du Canada, et quelles étaient ses in.vtructions 9
2. Quelle fut la conduite do la chambre au sujet des financct et de» améliorationa publiques ?
li. Lord Aylnior romplnra sir James Keinpton 1830, et ouvrit les clmrnhros dans le mois de janvier suivant. Il leur eoininuni(|ua la réponse des ministres sur la question ^\c^ subsides. Ils consentaient à abandonner le ronti'ôle de tous les revenus, le revenu casuel et territorial exceplé;, moyennant une liste civile de £19,000 votée pour la vie du roi. Cette réserve loin d'être exorbitante paraissait assez raisonnable, et allait diminuer d'importance de jour en jour par les progrès du pays et l'augmentation de ses richesses.
k. Cependant la chambre refusa de l'acceiiter, grande faute due à l'irritation causée par la longueur des débats non seulement sur la question des subsides, mais sur d'autres questions qui avaient déjà fait perdre celle-ci de vue.
En vain Lord lîowick fit amender l'acte constitutionnel pour abandonner aux chambres canadiennes la totalité du revenu public moyennant la li^te civile dont nous venons de parler, la chambre persista dans son refus, et ne vota que des appropriations temporaires pour payer les dépenses du gouvernement. Un grand nombre déjeunes membres sans expérience et faciles à s'abuser, entraînèrent, sur cette question, M. Papineau au-delà des bornes raisonnables, et précipitèrent un dénoûment funeste pour notre nationalité. On ne put s'entendre non plus sur la question des terres réservées au clergé protestant, ni sur celle des terres de la couronne. La chambre accusa encore deux juges, M. Kerr et M. Fletcher.
5. C'est au milieu de ces débats qu'eut lieu à Montréal, l'élection d'un représentant du peuple, laquelle dura trois semaines avec toute l'opiniâtreté d'une lutte de parti. Les troupes furent appelées au milieu de cette élection, le 21 mai, tirèrent sur le peuple, tuèrent
3. En quelle année lord Aylmer remplnça-t il sir James Kempt comme gouverneur général ; quand ouvrit-il les chambres, et qu'est-ce qu'il leur communiqua 7
4. Que fit la chambre d'assemblée touchant la réserve d'une liste civile de £19,000 7
5. Dites-nous ce qui se passa pendant l'élection dite du 21 de mai, et ce qu'écrivait lord Aylmer au ministre au «ujet d« la question de» deux races ?
trois hommes et en blessèrent deux, sanglant ëpisodo qui fit une triste sensation. Le choléra, qui éclata cette année pour la première fois en Canada, et qui fit des ravap^es épouvantables, puisqu'il enleva 3300 personnes à Québec seulement dans J'espace de quatre mois, calma à peine les esprits. On recommença à tenir des assemblées publiques.
Lord Aylmer, soulevé maintenant contre la chambre et les Canadiens^ visitait les townships de l'Est et la vallée des Outaouais, et écrivait au ministre que l'on pourrait établir 500,000 émigrés dans les premiers, et 100,000 dans la dernière ; que le moyen le plus sûr
^de régler la question des deux races était de diriger
' les émigrants vers ces belles terres.
6. La destitution du procureur-général Stuart et celle du juge Kerr, annoncées quelque temps après, venaient trop tard pour satisfaire le peuple, qui s'irritait de plus en plus ; tandis qu'au contraire, M. Stanley qui avait remplacé lord Goderick au ministère des colonies, montrait des dispositions moins fa- ^ vorables aux Canadiens français que son prédéces-
Mseur. Il refusa de changer la constitution du conseil législatif. La chambre prit alors l'état de la province on considération, et malgré l'opposition de MM. Neilson, Cuvillicr et Quesnel, M. Papineau, qui s'étc?.it séparé d'eux depuis quelque temps, fit passer les 9à) , Résolutions, dans lesquelles il avait renfermé tous les
H griefs de la colonie contre la métropole. La chambre mit en même temps lord Aylmer en accusation, et invita les Canadiens à se former en comités pour correspondre avec MM. O'Connell, Hume et Viger à Londres, et avec les libéraux des autres colonies.
Le Conseil législatif vota des adresses contraires à celles de l'assemblée; mais la voix de ce corps semblait s'affaiblir à mesure que les événements prenaient de la grandeur.
H. Dilos-nous ce que vous savez concernant la situation des esprits à cette époque, la politique do M. Stanley, le.s 92 Résolutions, la mise en accusation du gouverneur, et l'attitude que voulut prendre le conseil législatif?
ClIAPITUIi: II.
Les troubles do 1837.— 1835 à 1837.
7. L'agilalion se répandit d'un bout du pays h l'autre. Cne partie de Ja population anglaise des townsliips de l'Est que visita M. Pa[)ineau,se prononça pour la politique de la chambre. Un comité central permanent fut nonnué pour diriger Je peuple, et se mettre en rapport avec une nouvelle association politique formée à Toronto.
8. En Angleterre, les communes, après de longs débats, laissèrent la solution de toutes les questions cUi bureau colonial. M. Stanley déclara que le conseil était conservé pour la ])rolection de la minorité anglaise, et que les deux Canadas devaient être un jour réunis.
'9." Le parlement canadien fut dissous, et les élections se firent au milieu de beaucoup de violence et de désordres, malgré les associations constitutionnelles formées dans les villes avec M. Neilson à leur tête, pour le maintien des institutions et des lois.
10. Divers changements eurent lieu, sur ces entrefaites, dans le ministère anglais. Sir Robert Peel et les torys remontèrent au pouvoir. Mais les affaires n'en allèrent pas mieux. Le nouveau ministre des colonies, lord Aberdeen, persista dans la politique de ses prédécesseurs. Il rappela, cependant, lord Aylmer pour le remplacer par un homme de confiance, avec le titre de commissaire royal. Lord Gosford, revêtu de celte haute charge, arriva à Québec en 1835 avec deux adjoints, sir Charles Gray et Sir James Gipps.