C'est dans la même année que le P. Ménard
f)artit avec quelques Algonquins |)0ur aller prêcher 'Evangile aux Outaouais et aux autres peuplades répandues sur les bords du lac Supérieur. Il s'arrêta d'abord huit mois dans une baie qu'il nomma la baie de Sainte-Thérèse, peut-être celle de Kiwina, sur la rive méridionale de ce lac, où il ne trouva pour nourriture que du gland et de l'écorce d'arbre pilée. Invité par les Hurons, il quitta cet endroit et partit pour 4 la baie de Chagouïamigong, ou du Saint-Esprit, à * l'extrémité occidentale du grand lac qui porte maintenant le nom de ces Sauvages, où la rareté du gibier et réloignement les mettaient à l'abri dès attaques des Iroquois. ^
21. Tandis que son compagnon de voyage était occupé au canot, le P. Ménard entra dans le bois et ne reparut plus. Ce vénérable missionnaire jouissait d'une çrande réputation de sainteté parmi leslndiens, dans 1 esprit desquels il avait su s insinuer par son éloquence et par son onction. Plusieurs années après. Ton reconnut sa soutane et son bréviaire chez les Sioux, qui les conservaient comme des reliques, et auxquels ils rendaient une espèce de culte. Les Sauvages avaient un respect superstitieux pour les livres, qu ils prenaient pour des esprits. Quatre ou cinq ans après la mort des PP. Brébeuf et Garnier, assassinés par les Iroquois, un missionnaire trouva entre les mains de ces barbares un Testament et un livre de prières qu'ils conservaient soigneusement comme des choses saintes.
20. Quelles natioDs le P. Ménard vîsîta-t-il, et en quelle amnée 1