Qu'est-ce qui eauva le Canada
CIIAPITRE lU^
Massacre dM Oatagam28.^Tr&ité d'Utrocht.— 1712-1713.
27. Tandis que T Angleterre dirigeait son épée droit au cœur de la puissance française sur ce continent, sa politique avait armé contre elle, par rintermédiaire des Iroquois, les Outagamis^ vulgairement nommés les Renards, nation brave^ indomptable et féroce,
Sui errait dans les savanes à l'ouest du lac Michigan. s vinrent se fixer à une portée de pistolet du fort du Détroit pour pouvoir mieux exécuter leur dessein.
28. a Ce peuple aussi brave que Tlroquois, dit Raynal, moins politique, beaucoup plus féroce, qu'il n'avait jamais été possible ni de dompter, ni d'apprivoiser, et qui semblable à ces insectes, qui paraissent avoir autant d'àmes que de parties de leurs corps, renaissent pour ainsi dire après leur défaite,» ce peuple se trouvait partout, et était devenu l'objet de la haine de toutes les nations de ce continent, il avait promis 'de brûler le Détroit et de massacrer tous les Français qui se trouveraient dans ces contrées. Les Kikapous et les Mascoutins étaient entrés dans le complot.
29. M. Dubuisson, qui commandait dans cette partie, fut informé par un Oulagamis chrétien de ce que, d'ailleurs, la conduite d« ces Barbares ne lui laissait que trop entrevoir. Ils se permettaient depuis quelque temps toutes sortes d insolences; ils volaient et pillaient les Français, j^ui n'étaient qu'une trentaine dans le fort, et qui dissimulèrent jusqu'à l'arrivée de leurs alliés qu'ils avaient appelés en toute hâte auprès d'eux, surtout les Hurons et les Outaouais. Dubuisson, en cas d'attaque subite, préparait ses moyens de défense sans faire de bruit ; il montait des canons.
Berçait des meurtrières là où il y en avait besoin, [ais les secours demandés arrivèrent avant l'attaque.
27. Qae se passait-il alors dans les pays de l'Ouest ? 23. Quels étaient les Outagamls et leurs projets 7 29. Gommdnt les Français furent- ils informés de leur dessein, et quelles mesures prirent-ils pour repousser les attaques de ces Barbares t
Cétaient 600 hommes^ Hurons^ Outaotiais/ Illinois, Missouris, Osages, Sauteurs, Poutouatamis, Sakis, Malhomines, etc., marchant en ordre, chaque nation avec ses enseignes déployées, et tous portant la même haine à l'ennemi qu'ils allaient avoir à combattre.
30. Dubuisson se serait contenté d'éloigner les Outagamis, en les forçant de retourner dans leurs anciens villages; mais les Hurons ne voulurent pas souffrir qu'on les laissât échapper. On les attaqua dans le fort qu'ils s'étaient élevé à côté de celui des Français, et qu'ils défendirent avec la plus grande intrépidité. Comme ils ne pouvaient sortir, il se trouvèrent au bout de quelque temps lans eau et sans vivres. Ceux qui essayaient de s'en procurer étaient aussitôt pris par les Sauvages, qui les fusillaient, les tuaienc a coups de flèches ou les gardaient pour les brûler à loisir et par forme de passe-temps. Les Outagamis arborèrent alors des étendards et des couvertures rouges en signe de guerre à mort, et crièrent à Dubuisson qu'ils voulaient que la terre fut teinte de sang. Ils cherchèrent en vain à lui détacher ses alliés*
Peu de temps après, ils envoyèrent trois ambassadeurs demander une suspension d'armes de deux jours. Dubuisson leur répondit qu'il ne pouvait les écouter tant qu'ils n'auraient pas remis trois femmes réclamées par ses alliés, les Outaouais. Trois autres ambassadeurs les ramenèrent au bout de deux heures, et prièrent Dubuisson de faire retirer ses alliés afin que leurs gens pussent sortir pour aller chercher de la nourriture, parce qu'un grand nqmbre de leurs femmes et de leurs enfants mourraient de faim.
Les alliés ne voulurent pas entenare parler d'armistice. Le désespoir s'empara alors des Outagamis, ils devinrent ingénieux à force de fureur. Ils lanr cèrent des flèches allumées sur les habitations fraur çaises aui étaient couvertes en chaume et répandirent l'incendie dans le fort de Dubuisson. Ifs nrent une résistance si opiniâtre que les alliés parlaient de se retirer. Mais Dubuisson parvint à ranimer leur courage.
30. Qat fit alors DhIiiUmos tt 1^ alliés, et dans quelle situation lei Outasamis se trouràrentrilp 1
Les ennemis étaient alors réduits à la dernière exirémité ; on n'entendait plus que des hurlements épouvantables à chaque coup *de canon que Ton tirait contre eux. Déjà soixante à quatre-vingts personnes, femmes et enfants, étaient mortes de fa m et de soif. L'odeur des cadavres^-que les ennemis ne pouvaient enterrer à cause du feu continuel des Français et de leurs alliés^ empoisonnait Tair. Les assiégés se résolurent à envoyer une troisième ambassade. Pemoussa, l'un des chefs, portait la parole. Il dit à Dubuisson : « Mon père, c'est à toi que je parle, c'est à foutes les nation» qui sont devant toi; je vous demande la vie pour mes frères. Elle n'est plus à nous ; vous êtes les^mfi^tres ; les Esprits nous ont abandonnés. Je vous apporte ma chair dans les sept esclaves que je mets à vos pieds ; mais ne croyez pas que je craigne de mourir. C'est la vie des femmes et des enfants que je demande. Faites luire le soleil, je vous prie ; que le ciel soit beau et qu'à l'avenir vous prospériez. Voici les colliers, détachezles et donnez-nous la vie. Vous êtes nos petits neveux, ajouta-t-il en s'adressant aux Sauvages, dites quelque chose qui console le village à notre retour.»
31. Les alliés ne voulurent rien accorder. Ils tirèrent même Dubuisson à part pour lui ))roposer de faire casser la tête à quatre des envoyés, qui étaient de grands chefs. « Ce sont eux, dirent-ils, qui sont la cause de la résistance.» Mais Dubuisson s'y opposa. Alors les assiégés ne songèrent plus qu'à tromper la surveillance de leurs ennemis pour échapper, ce qui était une chance très-précaire. Ils voulurent profiter d'une nuit orageuse pour sortir du fort ; mais atteints à quatre lieues de là, ils se rendirent au bout de quatre jours aux alliés, qui accordèrent la vie aux femmes et aux enfants et firent un massacre général des hommes, en les égorgeant par manière de passe-temps pendant de longues journées. On n'avait pas encore vu une pareille scène de carnage chez les Indiens.
32. Ce dénouement conserva la possession des pays de l'Ouest aux Français. L'on touchait alors à la fin
31. Quols forent la déoision do9 alliés et 1« sort des Outagamis 1
32. Quel fut le résultat de ce dénouement, et à quelles conditions fut ligné Jf traité d'Utrecht?