GEORGE TOWNSHEND, DE RAMSAY
En conséquence la Ville fut livrée aux Anglais, qui y établirent leur quartier d'hiver, sous les ordres du Général Murray, à qui le Général Townshend avant son départ pour l'Angleterre avait laissé cinq mille hommes.
Le Général Vaudreuil qui s'était retiré audelà de la Rivière Jacques Cartier, ayant été informé de la reddition de Québeq et voyant approcher l'hiver, fut prendre les siens à Montréal.
Touj deux firent pendant l'hiver leurs préparatifs, l'un pour reprendre la Ville, et l'autre pour la défendre.
Le Chevalier de Lévy ayant complété les siens, partit de Montréal, le dix-sept d'Avril, à la tête de dix mille cinq cents hommes et le vingt-huit à neuf heures, s'étant avancé par la route de Ste. Foi, jusqu'à une lieue de Québec, il vit venir à lui le Général Murray en bataille; il en fit autant de son côté, donna le commandement de la droite à Mr. Bourlamaque, prit lui môme la gauche et plaça Mr. Dumas au centre.
La charge des Anglais, sur le centre fut si violente qu'il fut forcé et les Grenadiers repoussés d'un moulin à vent qui couvrait la gauche de l'armée; mais ils furent chargés si furieusement par le Commandant Français qu'ils furent mis eu désordre et obligés de se rallier derrière l'armée.
Dans le même tems la droite des Français fut attaquée par les Anglais, qui, quoiqu'ils eussent emportés deux redoutes, furent reçus si chaudement qu'ils furent contraints de plier; l'approche d'une colonne du Régiment du Royal Roussillon, qui enfonça la gauche des Anglais, mit tout en désordre et obligea le Général Murray de laisser le Champ de bataille et de se retirer précipitamment dans la Ville, dont il fit fermer les portes pour empêcher les Français qui étaient sur leurs talons d'y entrer avec eux.
La terreur fut telle qu'un parti des Troupes descendit la Basse Ville et se jetta dans les chaloupes pour gagner la Flotte.
Le Général Murray crut devoir dans cette circonstance faire sortir une Proclamation pour rassurer l'armée; dans laquelle il disait: "Que quoique la u journée du 28 leur eut été fatale, cependant les " Ici affaires n'étaient pas désespérées, qu'il attendait " des secours, qui n'étaieut pas éloignés; il finissait
60 HISTOIRE ABREGEA
" par les exhorter à reprendre courage et à supporter " patiemment les fatigues et les dangers auxquels ils w étaient exposés; étant uti devoir dû au Roi, à leur " Pays et à eux mêmes."
Le Chevalier de Lévy, le jour même fit ouvrir des tranchées à quatre-vingt verges des Murs et jouer ses batteries le dix de Mai.
Le Capitaine Dean commandant le Lowestoff, un des Vaisseaux de l'Escadre du Commodore Savanton, mouilla dans le Port le quinze de Mai. le seize il ordonna aux Capitaines Schombera: et Dean de filer leur cables et d'attaquer la Flottille Française ; aussitôt qu'ils furent sous voile les Français s'enfuirent avec précipitation j une des Frégates échoua audessus du Cap au Diamant, une autre se jetta à la côte près la Pointe aux Trembles, et le reste fut entièrement détruite.
A l'arrivée de ce Vaisseau, le Chevalier de Lévy dans la nuit leva le sRjge et retraita avec tant de précipitation qu'il laissa ses provisions, son artillerie et ses ustenciles, et fut camper à Jacques Cartier, et ensuite à Montréal, où toutes les forces étaient concentrées pour s'opposer aux entreprises des Anglais.
Le Général Murray ayant pourvu Québec, d'une forte garnison, en partit le quinze de Juin, avec le reste des forces pour joindre le Général Amherst, qui descendit le St. Laurent, dans le dessein d'attaquer Montréal.
Le Marquis de Vaudreuil, informé de l'approche des Armées Anglaises, ordonna aux détachemen6 sous les ordres de Dumas et de Bourlamaque, d'occuper les retranchemens faits dans les Fauxbourgs et d'abandonner^' [sle Ste. HéTtiie,
- Le six de Septembre, l'Armée du Général Amherst, fit sa descente à La Chine, sans opposition et vint de là camper dans la Plaine, audessus de Montréal, où elle passa la nuit sous les armes en attendant son artillerie, pour commencer uu siège dans les formes : mais lelende-
maÎQ au matin, le Marquis de Vaudreuil se voyant entouré d'un nombre d'ennemis qui triplait ses forces, envoya deux Officiers proposer des termes de capitulation, qui après plusieurs allées et venues furent enfin signés le 9 Septembre 1760, dans la forme et tenure suivante :