CHAPITRE V
Evènemens sous Monsr. De Frontenac.
Monsr. De Frontenac crut ne pouvoir se tirer de rembarras où il se trouvait qu'en portant la guerre chez les Anglais qu'il considérait comme les auteurs des incursions des Iroquois ; en conséquence il envoya un parti de cent dix hommes Français et Sauvages, commandés par Messrs. Martel et Lemoine, pour ouvrir la campagne, ils surprirent le Fort Corlar, le pillèrent et le détruisirent.
Cette expédition qui ne coûta la vie qu'à un Français et à un Sauvage, releva la réputation des Français dans l'esprit des Sauvages ; et deux autres l'une à Sementels et l'autre à Keskébé, les confirma dans la haute opinion qu'ils ont toujours eue depuis de leur courage..
Le Général averti de l'approche d'une armée d'Anglais et d'Iroquois, fit rassembler ses forces a. la Prairie de la Magdeleine le 1er. de Septembre 1690, montant à douze
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cents homme, mais les ennemis s'étant retirés, Us furent congédiés, sans coup férir. '
La nouvelle d'une Flotte Anglaise dans le bas du
^fâ^fPr,tîeaî,é?iMr- De Frontenac5 il sentit qu , , fallait Prendre la défensive et en conséquence il se renaît immédiatement à Québec, où il trouva à sa grande satisfaction que le Major avait tout mis en bon eiat au cas d'attaque.
Cependant il jugea à propos d'ajouter quelques Fortifies ions depuis le Palais, sur le bord de la Rivière St. Umrles, qDI venaient aboutir au Cap aux Diamans : il
Pâli**' PaiiScadf t0Ut le ,b°S de fcR^e depuis le laa1Sjusquau Sault-au-Matelot, où il y avait une batterie de trois pièces de canons : il y en avait deux autres dans la Basse Ville, de la même quantité de canons: les issues de la Ville, furent barricadées de bonnes pouLres et de barriques pleines de terre qui servait de gabions; le chemin tournant de la Ba*se Vine a la Haute fut coupé de trois retranchemens : on avait aussi posé quelques petites pièces de canons, autour de la Ville et sur la butte d'un moulin, qu servait de Cavalier. ' l
Telle était la situation de la place, lorsque le 16 Octobre 16S0, on apperçiit venir la Flotte Anglaise, compose de trente quatre voiles Le différentes gran-, aeurs, portant, disait-on, trois mille hommes de débarquement. Les petits Bâtiments se rangèrent le jong de la Cote de Beauport, et les gros se tinrent au large, tous jettèrent l'ancre sur les dix heures du matin.
I ans le moment on vit une chaloupe venir vers la > îlle avec pavillon blanc j on se douta qu'elle portait un trompette, et on envoya un Officier qui le joignit à moitié chemin, lui banda les yeux et le conduisit au Port par diverses routes, où ou affectait de faire un grand bruit. °
Il fut sans doute, surpris lorsqu'entré dan3 le Fort, on lui débanda les yeux et qu'il fit le Gouverneur Général, l'Evêque, l'Intendant, au milieu d'une grande Salle pleine d'Officiers, il présenta à Mr. De Frontenae la sommation par écrit que lui faisait le General Gore Phibs, de lui remettre les Forts et Châteaux, avec les Munitions, Provisions et les Prisonniers, sous une heure.
Mr. De Frontenac lui répondit que ce n'était pas ainsi qu'on faisait sommer un homme comme lui et qu'il répondrait par son canon.
Le 18 à Midi, on apperçut presque toutes les chaloupes chargées de Soldats, tourner vers la Rivière St. Charles, près de Beau port, où elles débarquèrent.
Mr. De Frontenac envoya un détachement de Milice d'environ trois cents hommes pour les harceler à la manière des Sauvages, ce qui les déconcerta beaucoup: ils perdirent cent cinquante hommes.
Le même soir les deux plus gros Navires vinrent mouiller devant la Ville, qui les salua la première ; ensuite ils firent un grand feu jusqu'à" huit heures du du soir qu'il cessa de part et d'autre ; il recommença le lendemain, mais peu de tems après, le contre Amiral se trouva si fort incommodé par la batterie* du Sault-au-Matelot, qu'il fut contraint de s'éloinner : l'Amiral le suivit peu après, ayant plus de vingt boulets dans le corps de son bâtiment, son grand mât cassé, ses manœuvres coupées et un grand nombre de ses Matelots et Soldats tués et blessés.
Les Troupes qui étaient débarquées près de Beauport, restèrent ce jour là tranquilles dans leur camp, on se contenta de les observer.
Le vingt de grand matin, elles battirent la générale et se rangèrent eu bataille, elles restèrent dans cette posture jusqu'à deux heures de l'aprês midi, qu'elles marchèrent vers la Ville en côtoyant la Petite Rivière en bon ordre, elles furent tellement harcelées par deux
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cents volontaires qu'elles furent contraintes de gagner le bois, leur perte fut aussi grande que le dix-huif. §
** nuit suivante l'Amiral leur fit poster cinq pièces de six «rrea de balles pour battre la Ville en Vêche 2eU * "^^ ? Chaudeme«t poursuivies tout leloor qu elles jugèrent à propos de gagner leur camp. J '
Un fut informe le 22 qu'elles avaient profit de
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sans se donner le tems d'emporter leurs canons. Le 24
prè uneéXUI,Ia P " b3S qU? QuébeC et le lende™ * après un échange de prisonniers elle mit à la voile.
foute 1 * rT .entrePrise. ?«i avait jette l'alarme dans rn"nf la,C°lonie.> et excité l'audace des Iroquois, au point qu'un parti d'Iroquois de mille hommes s'était campe a 1 entrée de la Grande Rivière des Outaouais, pour intercepter les canots chargés de pelleteries. Il envoyèrent plusieurs détachemens d'un bord et de 1 autre î qui causèrent plus de frayeur que de dommage.
Le bruit se répandit que les Anglais songeaient sérieusement a se venger de l'affront qu'ils avaient reçu 1 «née précédente devant Québec; en conséquence le Chevalier de Calheres assembla sept à huit cents hommcS à la Prairie de la Magdeleine, et comme il prévit que le Fort de Chambly serait en danger, il y envoya le Sieur De Valrenes avec deux cents hommes; sa destination était de suivre l'ennemi et de le prendre en arrière quand Mr. De Callières l'attaquerait en front.
11 y avait trois jours que le parti resté à la Prairie/ bivouaquât lorsqu'il fut attaqué par l'ennemi, qui eut d abord 1 avantage, mais Mr. De Valrennes étant survenu au bruit de la mousqueterie, la fortune changea et la victoire fut si complète que les drapeaux et le bag^e de 1 ennemi en furent Je prix; mais il en coûtai la Colonie la vie aux braves de St. Cyrque, Descuirat, d Hosta, Domergue, Le Eert Duchêue, De Varlet et de Faut, Capitaine Sauvage.
La Colonie fut pendant plusieurs années sur le qui vive par les parties ennemies qui la parcouraient d'an bout à l'autre.
Lassé enfin de cet état de perplexité, le Comte de Frontenac se détermina à porter la guerre chez les Iroquois, tant pour maintenir les alliés que pour les yenger des maux que les Iroquois avaient faits aux uns et aux autres.
Ayant réglé avec le Chevalier de Callières les opéra* tionsde la campagne, il partit le 22 Juin 1696, de Québec accompagné de Mr. De Champigny, du Chevalier de Vaudreuil, de Mr. De Ramzay, Gouverneur des Trois Rivières, et des troupes et des milices de Québec et des Trois Rivières.
Les troupes partagées en quatre bataillons de deux cents hommes chaque, furent campés le six de Juillet dans l'Isle de Perrot, le vingt-huit, l'armée se trouva à 1 entrée de la Rivière Chouguin, elle entra dans le Lac Gannontaha, par le rigoler., dont il eut été difficile de se retirer si l'ennemi s'en fut saisi.
Le même soir on apperçut une "grande lueur du côté du Grand Village d'Onnnontagué, qui fit présumer que les Sauvages y avaient mis le feu, ce qui se trouva vrai, ils avaient même ruiné le Fort où ils auraient pu se défendre lcngtems.
( Le six, le Chevalier de Vaudreuil, partit à la tète de six à sept cents hommes peur le Canton Onncyouths, qu il sacagea pendant deux jours,
Le neuf après avoir brûlé le Fort et les Village il revint du camp avec trente-cinq hommes la pluspart prisonniers Français. r l
Malgré les instances réitérées du Chevalier de Calheresetautres Mr De Frontenac, fit sonner la retraite le même jour, i arriva le vingt à Montréal, il ne perdit dans cette expédition que six hommes.
Cette même année on fit des tentatives pourchasser
les Anglais de la Baie d'Hudson, de Terreneuve et de l'Acadie, qui toutes furent plus glorieuses que profitables. . . , , ,
11 fut nommé des Commissaires pour régler les limites des côtes méridionales du Canada, mais la paix ne dura pas assez pour consommer cette affaire qui aurait put amener la tranquilité dans la Colonie constamment troublée, par les prétentions des Anglais.
Les Iroquois, informes de la mort du Comte De Frontenac, survenue le 28 Novembre 1698, crurent pouvoir impunément rompre l'espèce de traite qu'ils avaient fait avec lui et essayèrent de surprendre Mr. De Callières, nommé Gonverueur General a sa place.
Q Quand Mr. le Comte De Frontenac, fut-il nommé Gouverneur Général du Canada pour la seconde foi,? R. En 1689, au lieu et place du Marqms De
Dénouville. . .
Q Dans quel état trouva-t-il la Colonie ?
R 11 la trouva dans une grande consternation au sujet d'une irruption de quinze cents Iroquois a La
cT Que fit-il pour se tirer d'embarras?
R 11 porta la guerre chez les Anglais qu il considérait comme les fauteurs de ces incursions.
Q Quel fut le succès de cette entreprise ?
R* La prise et destruction du Fort Corlar.
Q. Quelle représaille firent les Anglais?
R. Ds vinrent assiéger Québec avec une Flotte de 34 voiles, le 16 Octobre 1690, mais ils furent repousses.
Q La Colonie fut-elle tranquille après i
R. Non, elleétaittoujourssurlequivive.
Q. Que fit-on pour y remédier.
R. Mr. De Frontenac jugea a propos de porter 1» guerre chez les Iroquois.
Q. Quel succès eut cette entreprise ?
R. On brûla leurs Villages il est vrai, mais on excita leur animosité, et on les eut fréquemment sur les bras ensuite.
Q. Se fit-il quelqu'autre entreprise remarquable pendant l'Administration du Comte De Frontenac5
R. Oui, on fit des tentatives pour chasser les An-lais de la Baie d'Hudson, de Terreneuve et de l'Acàdie elles furent plus glorieuses que profitables, '
Q. Quand est mort le Comte de Frontenac?
K. Le <28 Novembre, 1698.
Q. Par qui a-t-il été remplacé ?
R. Par Mr. De Caliières Gouverneur de Montréal
Q. Combien de tems Mr. De Frontenac, a-t-il eôuverné le Canada? fc
R. Pendant neuf ans^