CHAPITRE IV, Le massacre de Lachine
&3, M. de la Barre remplaça M. de Frontenac à la tête du gouvernement, en 1682. |
kk. C'était un marin habile, mais un administrateur médiocre, manquant. à la fois de cette souplesse qui élude les obstacles et de cette graneeus qui en impose. Il trouya la guerre déclarée entre les Iroquois, les Illinois, les Miâmis et les Hurons. Il dut soutenir ces derniers, qui étaient les alliés naturels des Français; c'était déclarer la guerre aux Cinq- Cantons. La situation lui en imposa. ]Il convoqua une assemblée des notables, et écrivit à Paris pour demander du secours et se plaindre du gouverneur de la Nouvelle-York, le colonel Dongan, qui travail. lait alors de toutes ses forces à armer les Iroquois contre nous. Ces Sauvages qui avaient d’abord cherché à temrporiser et à endormir M. de la Barre, | levèrent enin tout-à-fait le masque. . D thouan
45, M. de la Barre marcha contre eux; mais Détroit il perdit dix à douze jours à Montréal pour atten- B °nnem dre le résultat d’une proposition d’accommodement partou qu'il avait fait faire à Dongan, et ensuite deux ue semaines à Cataracoui au pied du lac Ontario. C’est x re après tous ces délais qu’il s’ébranla pour traverser W # ais le lac. Il n’y.avait qu’un cri dans la colonie éontre : pr le gouverneur. Les moins violents disaient que son M ner a! grand âge le rendait crédule lorsqu'il fallait se défier in € et timide Jorsqu’il fallait entreprendre. Ed + 6 ve |
Les vivres de l'expédition $e gâtèrent pendant des M 12r0 € -délais et manquèrent bientôt, ce qui‘fit donner le er mom dela Famine à l'anse où l'on entra de l'autre MN LA rat côté du lac, au-dessous de larivière. Oswégo. Les M ©‘ 1 Iroquois effrayés avaient envoyé des ambassadeurs us pour demander à traiter ; mais à l'aspect des Fran- M “ °X Û : : 46. Q Cf DR is
45. Qu'est-ce que fit M. de la Barre et quel fut le sücoès de 8& * campagne pe, les Iroquois? $ ville con
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çais, ils virent que les rôles étaient changés, et ils imposèrent la paix pipes qu’il ne la reçurent par le traité, qui fut signé à la seule condition que les traitants français seraient indemnisés des pillages commis à leur préjudice.
Ce traité ne dura guère, car tout le monde était d'opinion que l’intérê du pays commandait que l’on défendît, à quelque prix que ce fût, les Illinois abandonnés à toute la fureur de leurs ennemis, Les Iroquois eux-mêmes étaient si convaincus que la paix ne pouvait durer qu’ils restèrent sous les armes.
46. Le roi, en apprenant ce qui avait eu lieu, remplaça M. de la Barre par le marquis de Denonville, qui arriva en Canada en 1682, avec l’ordre de soutenir les Illinois et d’abattre l’orgueil des Cantons à quelque prix que ce fût.
KT. Après des négociations inutiles, M. de Denonville se mit en campagne avec 2000 hommes, dont 400 Sauvages. 11 débarqua avec ses troupes sur les bords du lac Ontario, au centre même des Tsonnonthouans, où il fut rejoint par 600 hommes amenés du Détroit par la Durantaye, Tonti et Du Luth. Les ennemis ne purent résister à ces forces ; ils furent partout mis en déroute, et leur pays fut impitoyablement ravagé. (Ce désastre réduisit les Tsonnonthouans de moitié, et humilia profondément la confédération iroquoise. : | |
Après cette victoire, le gouverneur au lieu de marcher aux autres trihus comme il devaitle faire, renvoya
une partie de ses forces en arrière et alla élever un
fort à Niagara avec le reste, laissant ainsi le champ
libre aux ennemis, dont les sanglantes représailles
répandirent un juste effroi dans toute la province. La rage dans le cœur, ces Barbares portèrent le fer et le feu dans tout le Canada occidental et jusque dans l’île de Montréal. Les Anglais continuaient à les exciter ave: art, tout en paraissant vouloir ge por-
46. Que fit le roi en spprenant la nouvelle du traité conclu par M. de la Barre avec les Irouuois ? |
47. Racontez-nous l’histoire de l'expédition du marquis de Denonville contre les Iroquois ?
‘tèr médiateurs entre les deux partis. Do nouvelles ‘négociations pour la paix ne furent qu’entamées, les “Hurons qui voulaient la guerre, réussirent à les faire ‘échouer. .
. k8. Un Machiavel né dans les forêts, nommé Kon-
diaronk par les Indiens, et ie Rat par les Français, le Sauvagé le plus intrépide, le plus ferme, et du plus prond génie qu'on ait jamais trouvé dans l’Amérique
eptentrionale, arriva dit Raynal, au fort de Frontenac avec une troupé choisié de Hurons, résolu de faire des-actions éclatantes et dignes de la réputation “qu’il avait acquise. Le gouverneur ne l'avait gagné
tags peir:s; car il avait été d’abord contre nous. à
n lui dit qu'un traité était entamé et fort avancé, qi les députés des Iroquois étaient en chemin pour le conclure à Montréal, et qu’ainsi il désobligerait le
gouverneur français s’il continuait les hostilités. Le Rat étonné, se possé la néanmoins, et quoiqu'il
crût qu'on sacrifiait s& nation et les alliés, il ne lui k
échappa point une seul reproche. Mais il était vive-
ment offensé de ce que les Français faisaient la paix |
sans consulter leurs alliés, et il se promit de punir cet orgueil outrageant. Il dressa une embuscade aux députés des diverses nations indiennes disposées à traiter ; les uns furent tués, les autres faits prisonniers. Il se vanta après ce coup d’avoir tué la paix,
Quand ses captifs lui dirent le sujet de leur voyage, !
il fit semblant de montrer le pias grand étonnement, ‘et leur assura que c’était Denonville qui l’avait énvoyé à l’Anse de la Famine pour les surprendre, Poussant la feinite jusqu’au bout, il les relâächa tous sur le champ, excepté un seul qu'il | mé pour remplacer un de ses Hurons tués dans l'attaque. Il se rendit ensuite avec la plus grande diligence à-Michi- Jlimakinac, où il fit présent de son prisonnier au com-
mandent, M. de la Durantaye, qui ne sachant pas |
-qu’on traitait avec les Iroquois, fit passer ce malheureux Sauvage par les armes. L’Iroquois protesta en vain qu’il était ambassadeur, le Rat fit croire à tout le