LE CO AI TA
Le Coaita est , après l’Ouarine et l’Alouate , le plus grand des Sapajous } l’animal que quelques voyageurs appellent Exquima , est d’uue espèce très-voisine de celle du Coaita , et même n’en est peut-êtrë qu’une : simple variété ; il me paroît que les voya- , geurs ont fait une faute lorsqu’ils ont dit que l’Exquima étoit de Guinée et de Congo \ la i figure qu’ils en donnent suffit seule pour déi montrer l’erreur , car cet animal y est repré- \ sente avec la queue recoquiîlée à l’extrémité , ; caractère qui n’appartient qu’aux seuls Sapajous et point aux Guenons, qui toutes ont
h queue lâche : or nous sommes assurés qu’il n’y a en Guinée et à Congo que des Guenons et point' de Sapajous \ par conséquent l’Exquima n’est pas comrrfe on le dit une guenqw ou cercopithèque de Guinée , mais un Sapajou à queue prenante , que sans doute on avoit transporté du Brésil ; le nom d'exquima ou quima , en ôtant l’article ex , et qui doit se prononcer qouima ne s’éloigne pas de quoaita , et c’estfainsi que plusieurs auteurs ont écrit le nom de coaita* Tout concourt donc à faire croire que cet exquima qu’on dit être une guenon ou un cercopithèque de Guinée , est un Sapajou du Brésil , et que ce n’est qu’une variété dans l’espèce du Coaita , auquel il ressemble par le naturel 5 par la grandeur ? par la couleur et par îa queue prenante la seule différence remarquable , c’est que l’exquima a du poil blanchâtre sur le ventre et qu’il porte au-dessous du menton une barbe blanche y longue de deux doigts. Nos coaitas n’avoient ni ce poil blanc , ni cette barbe \ mais ce qui me fait présumer que cette différence n’est qu'une variété dans l’espèce du coaita, c’est que j’ai reconnu par le témoignage des voyageurs , qu’il y en a de blancs et de noirs y les uns sans barbe et d’autres avec une barbe; il y a dans les terres de l’Isthme de l’Amé"
DES SINGES. iss
rique , de grands troupeaux de singes, don* les uns sont blancs et la plupart noirs ; les uns ont de la barbe , les autres n’en ont point : ils sont d’une taille médiocre. Ces animaux ont quantité de vers dans les entrailles. Ces singes sont fort drôles : ils fai» soient mille postures grotesques lorsque nous traversions les bois , ils sautoient d’une branche à l’autre avec leurs petits sur le dos ; ils faisoient des grimaces contre nous , craque» toient les dents et cherchoicnt l’occasion de pisser sur nous. Quand ils veulent passer du sommet d'un arbre à l’autre , dont les branches sont trop éloignées pour y pouvoir atteindre d’un saut , ils s’attachent à la queue les uns des autres , et ils se brandillent ainsi jusqu’à ce que le dernier attrape une branche de l’arbre voisin , et il tire tout le reste après lui. Tout cela 5 et jusqu’aux vers dans les entrailles, convient à nos coaitas.
Indépendamment de cette variété , dont les caractères sont très-apparents , il y a * d’autres variétés moins sensibles dans l’espèce du coaita; celui qu’a décrit un voyageur avoit du poil blanchâtre sur toutes les parties inférieures du corps , au lieu que ceux que nous avons vus étoient entièrement noirs , et n’avoient que très-peu de poil
sur ces parties inférieures, où l’on voyoit la peau qui étoit noire comme le poil ; d’autres leur ont donné le nom de Singe araignée , à cause de leur queue et de leurs membres qui sont très-longs et fort minces : ces animaux sont en effet fort effilés du corps et des jambes , et mal proportionnés.
On nous en présenta quelques-uns , il y a plusieurs années , sous le nom de Chameck ? que l’on nous dît venir des côtes du Pérou } nous en fîmes prendre les mesures pour en faire une description , que nous rapportons ici pour qu’on puisse la comparer avec les autres. Ce Chameck du Pérou est le même animal que le Coaita de la Guiane.
Ces sapajous sont intelligens et trèsadroits } iis vont de compagnie , s’avertissent, s’aident et se secourent} la queue leur sert exactement d’une cinquième main} il paroît même qu’ils font plus* de choses avec la queue qu’avec les mains ou les pieds } la nature semble les avoir dédommagés parlà du pouce qui leur manque. On assure qu’ils pêchent et prennent du poisson avec cette queue , et cela ne me paroît pas incroyable , car nous avons vu l’un de nos coaitas prendre de même avec sa queue et amener à lui un écureuil , qu’on lui avoit donné pour compagnon dans sa cham-
bre. Ils ont l’adresse de casser l’écaille des huîtres pour les manger : et il est très-certain qu’ils se suspendent plusieurs les uns au bout des autres , pour traverser un ruisseau , soit pour s’élancer d’un arbre à un autre. Ils ne produisent ordinairement qu’un ou deux petits , qu’ils portent toujours sur le dos $ ils mangent du poisson , des vers et des insectes , mais les fruits sont leur nourriture la plus ordinaire : iis deviennent très-gras dans le temps de l’abondance et de la maturité des fruits ; et l’on prétend qu’alors leur chair est fort bonne à manger.
Caractères distinctifs de ces especes •
Le Coaita n’a ni abajoues ni callosité* sur les fesses $ il a la queue prenante et très-longue , la cloison des narines très-épaisse , et les narines ouvertes à côté et non pas au dessous du nez il n’a que quatre doigts aux mains ou pieds de devant ; il a le poil et la peau noirs , la face nue et tannée ; les oreilles aussi nues et faites comme celles de l’homme j il a environ un pied et demi de longueur 5 et la queue est plus longue que le corps et la tête pris ensemble ; il marche à quatre pieds.
L’EXQUIMA.
I/Exquima est à - peu - près de la même grandeur que le Ooaita ; il a comme lui la queue prenante ; mais il n’a pas de poil noir sur tout le corps ; il varie pour les couleurs \ il y en a de noirs et de fauves sur le dos , et de blancs sur la gorge et le ventre ; il a d’ailleurs une barbe remarquable ; néanmoins ces différences ne m’ont pas paru suffisantes pour en faire deux espèces séparées , d’autant qu'il y a des Coaitas qui ne sont pas tout noirs 5 et qui ont du poil blanchâtre sur la gorge ou sur le ventre. Les femelles , dans
ses deux espèces ? ne sont pas sujettes à l’écoulement périodique.
Il n’y a que M. de Buffon , dit un voyageur , qui ait pris la peine de bien représenter le Coaita. Cependant , en le comparant avec la figure qu’il en donne , l’on s’apercevra bientôt qu’il est un peu trop maigre ? que la face est trop saillante , et que le dessinateur a trop alongé le museau. La réponse à ceci , est qu’ayant moi-même soigneusement comparé le dessin avec l’animal vivant , je n’en ai pas trouvé la représentation différente de la nature : ainsi la figure n’est pas trop maigre , ni la face trop sa:llante 9 ni le museau trop alongé ; en sorte qu’il est probable que le Goiata dont on donne la description , étoit un animal plus gras , ou peut-être une variété dans l’espèce qui diffère du nôtre.
Nous devons seulement ajouter à ce que nous avons écrit sur le Coaita , que c’est le plus laid de tous les Sapajous , et le plus grand après l’Ouarine et l’Alouate. Il habite 5 comme eux , les forêts humides ; il vit des fruits de toutes les espèces de palmiers aquatiques , de baîatas , etc. ; il mange de préférence ceux du palmier commun. Sa queue dégarnie de poil en dessous , vers l’extrémité ? lui sert de main ; lorsqu’il ne
i6o HISTOIRE
peut atteindre un objet avec ses longs bras , il a recours à sa queue et ramasse les choses les plus minces , les brins de paille , les pièces de monnoies , etc. Il semble qu’il ait des yeux au bout de cette queue , tant le toucher est délicat , car il saisit avec sa queue plusieurs choses différentes ; il l’introduit même dans des trous étroits , sans détourner la tête pour y voir. Au reste, dans quelque situation qu’il se tienne , sa queue est toujours accrochée , et il ne reste que malgré lui dans une place où elle ne peut avoir de prise.
Cet animal s’apprivoise aisémeat , mais i! n’a nulle gentillesse. Il est peu vif, toujours triste et mélancolique , il semble éviter la vue des hommes ; il penche souvent sa tête sur son estomac , comme pour la cacher : lorsqu’on le touche , alors il regarde en jetant un cri plaintif , et ayant l’air de demander grâce. Si on lui présente quelque chose qu’il aime , il fait entendre un cri doux qui témoigne sa joie.
Dans l’état de liberté , ces animaux vivent en troupes très - nombreuses , et se livrent quelquefois à des actes de méchanceté;
ils cassent des branches qu’ils jettent sur les hommes , et descendent à terre pour les mordre j mais un coup de fusil les disperse
bientôt.
DES S I N G E S. i6ï
bientôt. Ces Coaitas sauvages sont ordinairement très - gras , et leur graisse est jaune ; mais ils maigrissent en domesticité. Leur chair est bonne et préférable â eelle de toutes les autres espèces de Sapajous ; néanmoins ils ont l’estomac 9 les intestins et le foie remplis d’une quantité de vers longs , grêles et blancs. Ils sont aussi très- délicats et supportent difficilement les fatigues du voyage 9 et encore moins le froid de nos climats; c est probablement par cette raison et par sa longue domesticité 9 que le Coaita * dont nous avons donné la description et la. figure ; étoit maigre et a voit le visage alongé.
histoire
LE GRAND SAPAJOU NOift.
Les grands sapajous noirs qu’on nous a indiqués sous le nom de Quouata , dans les notes qui nous ont été communiquées , sont £lus gros que les Alouates ou grands Sapajous rouges. On dit qu’ils ne soni point timides ; qu’ils viennent: à l’homme armés d’une brancîfe sèche ? cherchant à ie frapper , ou qu’ils lui jettent le fruit d’une espèce de palmier, qu’ils lancent plus adroitement que nous ne pourrions faire. Ils arrachent même de leur corps les flèches qn’on leur a lancées pour les renvoyer ; mais iis fuient au bruit des armes à feu
Lorsqu’il y en a un de blessé et qu’il crie* les chasseurs doivent se retirer , à moins qu’ils n’aient avec eux des chiens , que ces animaux craignent beaucoup. Ils sautent de branches en branches , auxquelles ils s’attachent par l’extrémité de leur queue. Ils se battent souvent entr’eux \ ils vivent et se nourrissent comme les Alouates ou grands Sapajous rouges ; ils s’apprivoisent aisément , mais ils sont toujours mornes et tristes. Lorsqu’on leur jette une pierre , ils portent la main devant la tête pour se garantir du coup.
Jé4
LE SAJOU BRUN.
Nous connoissons deux variétés dans ces espèces , le Sajou brun qu'on appelle vulgairement le Singe-capucin f et le Sajou gris qui ne diffère du Sajou brun que par les couleurs du poil ; ils sont de la même grandeur 5 de la même figure et du même naturel : tous deux sont très-vifs ? trèsagiles et très plaisants par leur adresse et leur légèreté ; nous les avons eus vivants ? et il nous a paru que de tous les Sapajous ce sont ceux auxquels la température de notre climat diseonvenoit le moins j ils y subsistent sans peine et pendant quelques années ? pourvu qu’on les tienne dans une chambre
à feu pendant l’hiver 3 ils peuvent même produire. Au reste ces Sajous sont fantasques dans leurs goûts et dans leurs affections ; ils paroissent avoir une forte inclination pour de certaines personnes , et une grande aversion pour d’autres, et cela constamment.
LE SAJOU O K I S.
Nous avons observé dans ces animaux une singularité , qui fait qu’on prend souvent les femelles pour les mâles; le clitoris est proéiniuent au-dehors et paroît autant que la verge du mâle.
Caractères distinctifs de ces espèces .
Les Sajous n’ont ni abajoues ni callosités sur les fesses ; ils ont la face et les oreilles couleur de chair avec un peu de duvet pardessus } la cloison des narines épaisse et les narines ouvertes à côté , et non pas au-dessous du nez. Les yeux châtains et placés assez près F un de l’autre y ils ont la queue prenante , nue par-dessous à l’extréir.it é , et fort touffue sur tout le reste de sa longueur ; les uns ont le poil noir et brun y tant autour de la face que sur toutes les parties supérieures du corps } les autres l’ont gris autour de la face , et d’un fauve brun sur le corps ; iis ont également les mains noires et nues } ils n’ont qu’un pied de longueur depuis l’extrémité du museau jusqu’à 1 origine de la queue } ils marchent à quatre pieds. Les femelles ne sont pas sujettes à l’écoulement périodique.
On trouve dans une description , imprimée à Amsterdam en 1770 ? l’espèce de notre Sajou brun , donnée sous la dénomination d'espèce rare de Singe voltigeur Américain. qui na point encore été décrit 7 nommé le Siffleur , etc* Cependant il nous paroît que c’est le mêa*e animal que le Sajou brun. Ce
qui a pu faire écrire que c’éïoit une espèce différente , c’est la propriété singulière, dit-on , de siffler ; et j’avoue que je n’avois pas cru devoir faire mention de cette faculté de siffler de ce Sajou, parce qu’elle est commune , non-seulement à tous les Sapajous mais même aux Sagouins ; ainsi nous ne pouvons douter que le singe rare , voltigeur et siffleur , ne soit le même que notre sajou brun que l’on appelle vulgairement Capucin , à cause de sa couleur 5 que les Nègres et les Créoles nomment improprement Macaque , et enfin que les Hollandais de Surinam , et même les naturels de la Guiane nomment Mikou ou Méékoé* Bien loin d’être rares , ce sont les plus communs, les plus adroits et les plus plaisans. Ils varient pour la couleur et la taille , et il est assez difficile de déterminer si ces différences constituent des espèces vraiment distinctes; on en peut dire autant des Sais. 11 y a cependant dans les Sajous une* différence qui pourroit bien faire espèce \ l’on .en voit dont la taille est incomparablement plus grande ? et qui ont sur la tête , près les oreilles , un long bouquet de poils ce qui leur a fait donner à Cayenne , la dénomination de Macaque cornus , et dont nous don^
iôi H I S T O I R E
nerons ci-après la description sons son vrainom de Sajou cornu .
La chair des Sajous est meilleure que celle de l’Alouate , mais moins bonne que celle des Coaitas ; ils ont aussi des vers dans l’estomac et dans les intestins , mais en plus petite quantité que les Coaitas.
Ils font entendre un sifflement fort et monotone , qu’ils répètent souvent } ils crient lorsqu’ils sont en colère, et secouent très-vivement la tête en articulant aussi vivement ces trois syllabes , pi , ca , rou .
Ils vivent de fruits et de gros insectes dans l’état de liberté , mais ils mangent de tout ce qu’on leur donne lorsqu’ils sont apprivoisés, ils boivent du vin , de l’eau-de-vie, etc* ils recherchent soigneusement les araignées dont ils sont très-friands \ ils se lavent souvent les mains , îa face , et le corps avec leur urine. Ils sont mal-propres , lascifs et indécens j leur tempérament est aussi chaud que le climat qu’ils habitent ; lorsqu’ils s’échappent , ils brisent , bouleversent et déchirent tout ; ils se servent de leur queue pour s’accrocher et saisir , mais avec beaucoup moins d’adresse que les Coaitas.
Comme ce sapajou s’appelle à îa Guiane jMikou , on m’a envoyé sous ce nom les notices suivantes. On dit , qu’il y a quatie
ou
DES SINGES. t 69
©u cinq espèces, et qu’ils sont très-communs à Cayenne ; que de tous les animaux de ce genre , ce sont ceux qu’on aime le mieux garder dans les maisous ; qu’ou en voit fréquemment dans les grands bois , sur tout le
long des rivières $ qu’ils vont toujours par
troupes nombreuses de plus de trente ^ et qu’ils sont farouches dans les bois , et trèsdoux lorsqu’ils sont apprivoisés. On remarque aussi qu’ils sont naturellement curieux ; on peut les garder sans les contraindre ni les attacher. Ils vont par-toüt et reviennent d’eux-mêmes ; mais il est vrai qu’ils sont Incommodes , parce qu’ils dérangent toutes les petites choses qu’ils peuvent déplacer. Il y en a qui suivent leur maître par- tout. Les Indiens qui sont très-froids et très-indif* férens sur toutes choses , aiment-- néanmoins ces petits animaux;, ils arrêtent souvent leurs canots pour les regarder faire des cabriolé! singulières , et sauter de branches eu branches ; ils sont doux et badins dès qu’ils sont apprivoisés,. Il y en a au moins cinq espècôs dans la Guiane , qui ne paroissent différer que par des variétés assez légères ; cependant elles ne se mêlent point en sent* bie. En peu de temps ils parcourent une forêt sur ia cime des arbres $ ils vont constanti ment dormir sur certaines espèces de pal*
iniers , ou sur les comberouses , espèce de roseau très-gros. On en mange la chair à Cayenne.
LE SAJOU NÈGRE.
Aux différens Sapajous de moyenne et de petite taille dont nous donnons la description et les figures sous les noms de Sajou brun : Sajou gris ; S aï ; S aï à gorge blanche , et Saïmiri , nous devons ajouter le Sapajou on Sajou nègre dont nous donnons ici la figure et qui nous paraît être un variété cpusunte dans l’espèce des Sajous, ^
LE SAJOU CORNU.
Cet animal dont nous donnons ici la figure est aisé à distinguer des autres Sapajous ou Sajous, par les deux bouquets de poils noirs eu forme de cornes qu’il porte sut les côtés du sommet de la tête , et qui <out seize lignes de longueur , ils sont distants l’un de daut re à leur extrémité dé deux ponces trois hg ies.
Cet animal a quatorze pouces de longueur f depuis le bout du nez jusqu’à l’origine de la queue; sa tête est oblongue , et son mu* seau épais et couvert de poils d’un blanc
sale. Le nez est aplati par le bout , et la cloison des narines épaisse de huit lignes. Sa queue est longue de quatorze pouces ; elle est recouverte de poils noirs et finit en pointe. Le dos est de couleur roussâtre , mêlée de brun et de grisâtre, ainsi que la face extérieure des cuisses qui sont grisâ* très en dedans. Il y] a sur le cou et le dos une raie brune qui se prolonge jusqu’à la queue : le poil des côtés du corps a deux pouces quatre lignes de longueur $ il est d’un fauve foncé , ainsi que celui du ventre $ mais il y a du fauve plus clair ou jaunâtre sur les bras , depuis l’épaule jus* qu’au coude , ainsi que sous le cou et §ur une partie de la poitrine. Au-dessous de ce fauve clair du bras , l’avant - bras ou la jambe de devant est couverte de poils noirs mêlés de roussâtre ; celui du front , des joues et des côtés de la tête , est blanchâtre avec quelques nuances de fauve ; il y a sur l'occiput des poils noirs semblables à ceux des cornes ou des aigrettes , mais moins longs , qui s’étendent et forment une pointe sur l’extrémité du cou. Les oreille! sont grandes et dénuées de poil , celui du dessus des pieds et des mains est de couleur noire. Le pouce est plat, et tous
les ongles soin recourbés en forme de gouttière* De tous les Sapajous * le sapajou brun dont nous avons donné la figure 5 est celui qui a le plus de rapport avec le Sajou cornu; mais il n*a pas* comme ce dernier * de bouquet de poils * en forme de cornes sur la tête ; ils se ressemblent tous deux par le noir qui est sur sa face * Tavant - bras * les jambes * les pieds et la queué * seulement le sajou brun â plus de jaune mt 1rs brut et le àmmm du corps»
Nous avons vu deux de ces animaux qui nous ont paru faire variété dans l’espèce : le premier a le poil d’un brun noirâtre*, le second , que nous avons appelé S aï à gorge blanche , a du poil blanc sur la poitrine , sous le cou et autour des oreilles et des joues , il diffère encore du premier , en ce qu il a la face plus dégarnie de poil ; au reste ils se ressemblent en tout , ils sont du même naturel , de la même grandeur et de la même figure. Les voyageurs ont indiqué ces animaux sous le nom de pleureurs , parce qu’ils ont un cri plaintif , et que pour peu qu’on les contrarie ils ont
Pair de se lamenter $ d’autres les ont appelés Singes musqués , parce qu’ils ont ? comme le Macaque , une odeur de faux musc 5 d’autres enfin leur ont donné le nom de Macaque , qu’ils avoient emprunté du Macaque de Guinée : mais les Macaques sont des Guenons à queue lâche , et ceux-ci sont de la famille des Sapajous , car ils ont îa queue prenante. Ils n’ont que deux mamelles et ne produisent qu’un ou deux petits ils sont doux , dociles , et si craintifs , que leur cri ordinaire qui ressemble à celui d’un rat , devient un gémissement dès qu’on le menace. Dans ce pays-ci ils mangent des hannetons et des limaçons de préférence à tous les autres alimens qu’on peut leur présenter ; niais au Brésil ? dans leur pays natal , ils vivent principalement de graines et de fruits sauvages qu’ils cueillent sur les arbres 5 où ils demeurent et d’où ils ne descendent que rarement à terre.