LE PETIT GIBBON
Ces singe? sont d’un naturel tranquille , et de mœurs assez douces } ses mouvemens sont ni trop brusques, ni trop précipités } celui que nous avons vu , prenoit doucement ce qu’on lui donnoit à manger^ on le nourrissoit de pain , de fruits , d’amandes. Il eraignoit beaucoup le froid et l’humidité , et il n’a pas vécu long-temps hors de son pays natal } il est ori» ginaire des Indes - Orientales , particulièrement des terres de Coromandel , de Malaga et des îles Moluques. Il paroît qu’il se trouve aussi dans les provinces moins méridionales et qu’on doit rapporter au Gibbon , le singe du royaume de Gannaure , frontière de la Chine , que quelques voyageurs ont indiqué sous le nom de fefé.
LE GIBBON CENDRÉ , ou le V ou-V ou, Caractères distinctifs de cette espèce.
Le Gibbon n’a point de queue ; il a les fesses pelées avec de légères callosités ; sa face est plate , brune et environnée tout-autour d’un cercle d’un poil gris ; il a les dents canines plus grandes â proportion que celles de l’homme ^ il a les oreilles nues , no'res et arrondies $ le poil brun ou gris , suivant l’âge ou la race } les bras excessivement longs ; il marche sur les deux pieds de derrière j il a trois à quatre pieds de hauteur.
LE MAGOT, vu de face.
Cet animal est de tous les singes , c*est àdire , de tous ceux qui n’ont point de queue , celui qui s'accommode le mieux de la tempé-
rature de notre climat : nous en avons nourri un pendant plusieurs années } l’été il se plaisoit à Pair , l’hiver on pouvoit le tenir dans une chambre sans feu. Quoiqu’il ne fût pas délicat 5 il étoit toujours triste et souvent maussade ; il faisoit également la grimace pour marque! sa colère ou montrer son appétit : ses mouvemens étoient brusques , ses manié» res grossières, et sa physionomie encore plus laide que ridicule ^ pour peu qu’il fût agité de passion 9 il moatroit et grinçoit les dents en
remuant la mâchoire ; il remplissent les poches de ses joues de tout ce qu’on lui donnoit , et il mangeoit généralement de tout , à l’exception delà viande crue , du fromage et d’autres choses fermentées : il aimoit à se jucher , pour dormir , sur un barreau , sur une patte de fer : on le tenoit toujours à la chaîne , parce que , malgré sa longue domesticité, il n’en étoit pas plus civilisé , pas plus attaché à ses maîtres $ il avoit apparemment été mal éduqué , car on en a vus d’autres de la même espèce qui étoient mieux, plus connoissans ? plus obéissans , même plus gais et assez dociles pour apprendre à danser , à gesticuler en cadence , et à se laisser tranquillement vêtir et coiffer.
Ce singe peut avoir trois pieds de hauteur lorsqu’il est debout sur ses jambes de derrière j la femelle est plus petite que le mâle : il marche plus volontiers à quatre pieds qu’à deux. Lorsqu’il est en repos , il est presque toujours assis , et son corps porte sur deux callosités très-éminentes qui sont situées au bas de la région où devroient être les fesses } l’anus est plus élevé } ainsi il est plus bas que sur le cul } ainsi son corps est plus incliné que celu d’un homme assis.
LE
LE M A G 0 T j vu de côté.
Au reste , il y a quelques variétés dans l’espèce du Magot ? nous en avons vu de différentes grandeurs et de poils plus ou moins formés, et plus eu moins fournis j il paroît aussi que l’espèce en est assez généralement répandue dans' tous les climats chauds de l’ancien continent , et qu’on la trouve également en Tartarie , en Arabie , en Ethiopie, en Malabar 9 en Barbarie, en Mauritanie , et jusque dans les terres du Cap de Bonne- Espérance,
Caractères distinctifs de cette espèce, le Magot n’a point de queue , quoiqu’il
i8 HISTOIRE
ait un petit bout de peau qui en ait l’appàrence ; il a des abajoues, de grosses callosités proéminente» sur les fesses , des dents canines beaucoup plus longues à proportion que celles de l’homme , îa face relevée par le Bas en forme de museau , semblable à celui du dogue. Il a du duvet sur la face , du poil brun verdâtre sur le corps , et jaune-blanchâtre sous le ventre. Il marche sur ses deux pieds de derrière , et plus souvent à quatre. Il a trois pieds et demi de hauteur , et il paroît qu’il y a dans cette espèce des races qui sont encore plus grandes. Les femelles sont, somme les femmes , sujettes à un écoulement périodique de sang.