CHAPITRE IV
ANOLETEABE. -^ ECOSSE (l 509-1 5£I8}.
Henri VIII (1609-1547).
( L'hÎAtoire de Henri VIIl se trouvant mêlée , pendant les vingt premières années de son règne , à celle detf royaumes voisins, nous passerons légèrement sur ce qui ft été dit ailleurs.)
HsNRi Vni succéda à Henri VII en iSop. L'Angleterre vit avec joie un jeune prince de dix -huit ans , généreui^, afFable et populaire , remplacer un monarque dur et avare. Les premières démarches du nouveau roi justifièrent ces favorables dispositions. Deux ministres qui avaient secondé avec zèle les vexations de Henri VII , furent immolés à la haine publique. Lçt piagnificence de Henri VIII se déployait dans les plaisirs et dans les fêtes. Il aimait, il cultivait avec succès la littérature et les arts. Tout annonçait un règne doux et paisible; l'avenir démentit cet heureux présage»
Après la bataille d'Agnadel et l'abaissement des Vénitiens, Jules II, non content d'avoir tourné contre la France la plupart des alliés de Cambrai, rechercha l'amitié de Henri VIII. En i5i2, ce prince accéda à la Sainte- Union ^ et se joignit aux ennemis de la Fronce. H envoya dix mille hommes à son beau-frère Ferdinand-le-Catholique, qui, au lieu de les em- ^oyer à reconquérir la , Guienne , comme il l'avait promis , voulut les mener en Navarre pour l'aider à dépouiller Jean d'AIbret de ce royaume. Les Anglais , qui n'avaient point ovAxe de faire la guerre à ce prince , refusèrent de servir l'ambition de Ferdinand , et se retirèrent sans avoir rien entreprîs.
En 1 5 1 3 , après la mort de Iules H , Henri , malgré les dégoûts delà première campagne, ne montra pas moins d'ardeur à suivre ses projets de guêtre. Le célèbre Wolsey flat-
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tait son penchant. Ce ministre, tout puissant sujr l'esprit de son maître, était dune naissance obscure ; mais une éducation soignée , un esprit et des talens distingués, lui frayèrent la route des grandeurs; son adresse et la fortune firent le reste. Du rang de chapelain de Henri VII, il s'éleva rapidement, sous Henri VIII, à celui de premier ministre. Il hâta les préparatifs d'une nouvelle campagne, et Henri lui-même descendit en France à la tête de ses troupes. Maximilien-lui avait promis une armée ; il vint le joindre en volontaire, et le successeur des Césars servit à loo écus par jour sous les ordres du roi d'Angleterre. La Journée des éperons^ la prise de Térouane et de Toumay , furent des événement moins utiles que glorieux à Henri VIII. L'approche de l'hiver mitfin à ses entreprises , et il repassa dans $es états , sans avoir tiré aucun avantage réel d'une expédition qui avait fait trembler la France. Pendant son absence, le roi d'Ecosse , Jacques IV, avait envahi le Northumberland, et, vaincu par le comte de Surrey, il avait péri à Flowilen avec l'élite de sa noblesse. En i5i4} Marguerite, sa veuve, devenue régente, obtint la paix de Henri VIH à des conditions modérées. La même année, Henri, fatigué de la mauvaise foi de Ferdinand, qui traita avec la France à son insu, écouta les propositions de Louis XU. Marie , sœur de Henri , fut le gage de la paix : elle épousa le roi de France , qui laissa Toumay à son beau-frère ^ et pro« mit de lui payer un million decus. Louis XH survécut peu à ce traité. Trois ans après la mort de ce prince, François P* obtint la restitution de Tournay, moyennant 600,000 écus. Lorsque les suffrages des électeurs eurent élevé Charles-Quint au trône impérial , François I*"^ , trompé dans ses désirs, attacha encore un plus grand prix à l'amitié de Henri VIH» Il lui proposa des conférences. Elles eurent heu entre Gaines et Ardres ; mais un temps que réclamaient de graves intérêts fut consumé en amusemens frivoles; et de l'entrevue du camp de drap d*or^ il ne demeura que le nom, témoin d'une vaine magnificence.
Avant le vopge de Henri VIH, Charles-Quint, allant en Allemagne pour y recevoir la couronne impériale, avait dé-
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barque en Angleterre^ et avait vu le roi à Douvres. II avait gagné son ministre. Wolsey , investi de larchevêché dTorck , des evêchés de Durham et de Winchester, revêtu de la dignité de cardinal, ne pouvait plus aspirer qu*à la tiare. La jeunesse de Léon X semblait lui interdire cette espérance; mais l'ambition s*aveugle aisément : Charles-Quint promit à Wolsey qu'il serait le successeur de ce pontife ; et Wolsey fut pressé de le croire. Il acheva de se laisser séduire pendant le séjour que Henri fit à Gravelùies, où il rendit visite à l'empereur, après avoir pris congé de François F'. Les revenus de deux évéchés d'Espagne accrurent l'immense fortune de Wolsey; et ce ministre regarda sans peine comme la meilleure la cause d'un prince qui donnait tant et qui promettait davantage.
La guerre ayant Aîlaté entre François P' et Charles-Quint, Henri offrit d'abord sa médiation. Des conférences se tinrent à Calais j mais des prétentions opposées et inconciliables ne laissèrent d'autre voie que celle des armes. Alors se montra à découvert la partialité du roi d'Angleterre, ou plutôt de son ministre. Wolsey se rendit à Bruges^ et y conclut avec le pape et avec l'empereur ( i Sai ) une ligue offensive contre . François.
Bientôt une mort .prématurée «nleva Léon X. Charles- Quint, au lieu de Wolsey, fit élire son précepteur, Adrien VI, dont le grand âge permettait encore au cardinal l'espérance de lui succéder. Wolsey la saisit encore avec joie, se laissa abuser une seconde fois par de fausses promesses, renouvela le traité avec l'empereur ; et Henri YIII , sans aucune raison plausible, déclara la guerre à la France (i523). Le comte deSurrej y débarqua avec une armée, et assiégea inutilement Hesdin. Adrien VI mourut l'année suivante. Wolsey, dans cette nouvelle occasion d'éprouver la bonne foi de l'empereur , n'éprouva que sa perfidie. Clément VII fut élu pontife, et l'ambitieux ministre , en attendant te jour de la vengeance , dévora son mécontentement. La guerre continua contre la France (iSuS). Les Anglais attaquèrent la Picardie, et s'avancèrent jusqu'à onze lieues de Paris. Le duc de Vendôme les arrêta et
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les força à la retraite. Henri YIII persista dans son allianctf avec l'empereur jusqu'à la captivité de François P'. Mais lorsque, vainqueur à Pavie, et maître de la personne de son rival y Charles s abandonna à Forgueil, et, par ses superbes procédés , humilia Famour-propre de Henri VIII , ce prince se déclara pour les vaincus. Wolsey, satisfaisant ses ressenûmens en aigrissant ceux de son maître , le détermina à traiter avec Louise de Savoie, régente de France pendant la captif vite de son fils. Un miUîon 800,000 écus de dettes reconnues, une pensioh annuelle de 100,000 écus pour Henri YIU, et un présent considérable pour le cardinal, furent le prix de ce traité. La défection du roi d'Ai^leterre et des puissances d'Italie, d'abord alliées de l'empereur, amena la paix de Madrid ( 1 526 ) et la délivrance de François 1*1 Un traité injuste ou onéreux produit ordinairement une guerre nouvelle. François, à peine libre, signa une ligue avec Clément VII, les Vénitiens et les princes d'ItaUe , contre Charles -Quint. Henri VIII fiit déclaré protecteur de cette confédération (15^7); mais il ne lui prêta guère que son nom; et désormais nous le verrons plus occupé de ses affaires intérieures que des querelles de ses voisins.
Au commencement de la guerre avec la France ( i5ai ), l'Angleterre avait vu monter sur l'échafaud une illustre victime immolée à la haine du cardinal. Le duc de Buchingham^ connétable du royaume, descendant par les femmes du duc de Glocester, le plus jeune des fils d'Edouard lU, croyait à l'astrologie judiciaire, et, sur lafoide cette science trompeuse, s'était flatté de l'espoir de régner un jour. Il fut accusé de desseins dangereux contre Te roi. Il avait déplu au ministre ; ce fut son arrêt de mort. On le condamna pour quelques discours plus indiscret* que criminels. La charge de connétable fut supprimée et ne fat point rétablie sous ce règne. Nous tou» chons au temps où le sang le plus cher n'épouvantera point Henri Vm.
En i5i7, après vingt années de mariage avec Catherine d*Arragon^ veuve de son frère, Henri commença à éprouver ou à feindre des scrupules sur cette union. L'âge de Catbe-
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rine, qui avait six ans de plus que sou époux, le déplaisir de n aroir qu'une fille ( ce fut depuis la reine Marie ) , et le désir d'avoir un fils 9 la crainte de mourir sans postérité , suivant la malédiction prononcée dans TAncien- Testament contre ceux qui épouseront la veuve de leur frère , des raisons domestiques et politiques, parées d'un prétexte religieux, lui faisaient souhaiter le divorce. L'opinion des prélats d'Angleterre était conforme à ses vœux 5 et une passion fatale vint bientôt ajouter un nouveau poids aux remords de sa conscience. Epris &Anne de Bolejrn^ l'une des filles d'honneur de la reine , il résolut de l'élever au trône , et osa répudier la tante de Charles-Quint. II sollicita le divorce auprès du pape Clément VIT, sous prétexte que la dispense accordée autrefois par Jules II pour son mariage avec Catherine , renfermait des cijauses de nullité. Clément VU était alors prisonnier; il attendait sa liberté des efiforts de la ligue dont Henri VIII était le protecteur : il parut donc entrer dans les vues du monarque, et lui promit une bulle de divorce. Mais en i528, étant sorti de captôdté, il se montra moins disposé à le satisfaire. Il craignait Charles-Quint , qui menaçait de le faire déposer. Cependant, vaincu par les instances de Henri VIU, * il autorisa Wolsey, en qualité de légat, à examiner k validité du mariage du roi, conjointement avec une commission de prélats anglais.
Cependant la reine sollicitait vivement l'intervention de son neveu , et l'évocation de l'affaire jà Rome, Malgré ses efforts, ^le fut d'abord instruite à Londres, mais avec lenteur. Eafin, le crédit de Charles-Quint emporta la balance. Le pape , gagné ou intimidé , suspendit tout à coup les procédures , et l'affaire fut évoquée à Rome.
Dans cette pénible négociation, Henri avait espéré trouver en Wolsey un zélé défenseur; mais ce ministre , en qualité de cardinal, avait des ménagemens à garder avec, le saintsiége. n avait embrassé, en quelque sbrte, la neutralité entre le roi et le pape. Le roi se crut trahi; Atine de Boleyn, ennemie du cardinal, provoqua coi partagea les soupçons de son amant. Ce ministre naguère tout -puissant, ce prince
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de rÉglise^ qui àeu^c fois ft*6tait enivré de l'espoir de ceindre la tiare, fut victime d'un caprice. Le i:o.i lui redemanda les sceaux, et les donna à Thomas More, que sa vertu éleva alors aux honneurs , et envoya depuis à l'échafaud. W.oUey fut déclaré déchu de la protection du roi, dépouillé de la plus grande partie de ses richesses, et relégué dans son archevêché dTorck. La chute d'un homme puissant ne désarme pas toujours, ses ennemis : ceux de Wolsey ne furent point satisfaits, et lui cherchèrent de nouveaux crimes. En i53o , le comte de Nôrthumberland reçut Tordre de le faire arrêter comme coupable de haute-trahison, et de l'envoyer à Londres pour y être jugé. Il tomba malade dans ce triste voyage , et mourut à l'abbaye de Leicester. Ses dernières paroles furent celles de l'ambition détrompée et repentante : il se reconnut coupable et justement puni d'avoir sacrifié le service de Dieu aux profanes intérêts du siècle. Le contraste que l'on remarque dans la conduite de Henri avant la chute et après la mort de Wolsey, est le plus grand éloge que l'on puisse faire de ce ministre. Tant qu'il gouverna , son ascendant contint les passions du roi dans de certaines limit|is. Du moment où elles furent af&anchies de sa censure, elles ne connur^at plus de frein ^ et .s' emportèrent; aux derniers excès du caprice et de la violence.
Thomas Cranmer^ docteur au collège de Cambridge ^ wlc-^ céda au cardinal dans la confiance du roi. Par le conseil de Grjanmer^ Henri cpijsulta toutes les universités de l'Europe 3|}r la validité de son mariage. Celles de France et dltalie donnèrent une décision favorable; celles d'Angleterre balancèrent d'abord , mais prononcèrent enfin comme les autres. Selon quelques historiens dont le témoignage est suspect, on acheta les voix des docteurs. Leur suffrage enhardit le monarque, qui cherchait à se faire illusion sur l'injustice d^ sa demaiide , eC il rejeta avec plus de violence les sommations du poihifb. Noû feofitent de méconnaître le pouvoir du saintsiége, il os» l'attaquer.' H" tînt , en V53i, un parlement, où Ton fit plusiém-s réglemens qui bornaient en Angleterre la juridiction ecqj&iasïtiqiie et l'autorité de la cour de Rome.
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Le roi, naguère si attache à l'Église ^ ne frémit point de porter la main sur TaïKîhe sainte qu'il avait jusque-là défendue. iLe chancelier Thomas More donna alors lin grand exemple: voyant le schisme qui se préparait, il n écouta qne sa conscience, eV résigna sa dignité ( iSSa ). Sans doute la crainte d'un schisme de la part de Henri VIII parut moins fondée au pontife, puisqu'il reçut l'appel de la reine, et cita Henri à comparaître en personne ou par procureur. Les refus réitérés du roi furent suivis de son mariage avec Anne de Boleyn qu'il épousa lecrètement (i) (i533). Ensuite, ayant fait passer au parlement un acte qui défendait tous les appels en cour de Rome, pour cause de mariage ou de divorce^ il reconnut publiquement sa nouvelle épouse. Cranmer, élevé au siège de Cantorbéry, prononça la sentencade divorce qu'on »e pouvait obtenir à Rome. Anne fut couronnée solennellement ,eti)ientôt après mit au monde la fameuse ÉHsabeth, à qui Ton donna le titre de princesse de Galles , comme à Fhéritière de la couronne. Clément VH ^cassa la sentence de Cranmer , et menaça le roi d'excommunication, si , dans un délai déterminé , il ne venait à résipiscence. La médiation de Fi:ançois P' fit espérer quelque temps un acconunodement. D'une» part , Henri consentît à se soumettre au jugement du consistoire , pourvu que les impériaux n'y entrassent point; de l'autre, le pape se montra disposé à satisfaire ses désirs. On attendait une réponse positive du monarque ; elle n'arriva point nu jour fixé. Le pontife manqua de patience , lorsqu'elle était le plus nécessairi». Il lança ses foudres spirituels, et deux jours après Fana-
(i) Les réformateurs , qui affîcl^aient Tauslériti dans leurs discours , ne 8^ en piquaient pas toujours dans leurs actions. Thomas Cranmer, le fondateur deFëglise protestante en Angleterre, ftatta les passions 4e Henri YIII pour s'élever à la fbrtune (i5$)..-Qii<el4tues années après « huit docteurs allemands, parmi lesquels figurent Luther^t lilélancthon , signèrent une consultation qui autorisait le landgrave de Hesse à la polygamie ,.en lui lecomniandant ^ à la yàrilé, de garder le secret ( i559).
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thème 9 on reçut les lettres de Henri. C'en était fait ; le coup irrévocable était parti. Il rompit tous les liens qui attachaient encore l'Angleterre au saint-siége (i534). Le parlement assemblé ratifia de nouveau le mariage de Henri avec Anne de Boleyn. Celui de Catherine fut déclaré illégitime, et la couronne substituée aux enfans nés ou à naître de la nouvelle reine. Thomas More et Fisher , évêque de Rochester , ayant refusé de prêter le serment exigé au sujet de cet ordre de succession, furent arrêtés et conduits à la tour. Enfin , le parlement annula en Angleterre lautor^é pontificale, décerna au roi le titre de clief suprême de F Église anglicane (i), avec toutes les prérogatives spirituelles exercées auparavant par le pape, et même le droit de percevoir les décimes et les annates. Étrange et déplorable révolution ! Un roi précipite tout un peuple dans le schisme , fsital précurseur de l'hérésie, pour une femme dont il ordonnera la mort.
Il est vrai qu'en se séparant de l'Église romaine , Henri ne prétendait point cesser d'être orthodoxe. Lorsque la doctrine de Luther s'était introduite en Angleterre, ce prince l'avait combattue avec la puissance d'un roi et les argumens d'un théologien. Il avait écrit contre Luther, et le pape Léon X lui avait donné le titre glorieux da défenseur de la foi. Il ne voulait ni mériter le reproche d'inconstance, en abjurant ses anciens principes , ni hasarder ses prérogayyes de monarque absolu , en tolérant une religion qui portait les esprits àd'indépendance. Il affecta donc toujours le même zèle pour les m^mes de l'ÉgUse romaine. Sa conduite blessait en même temps les cathoUques et les luthériens. Les premiers voyaient avec douleur le schisme qui venait d'éclater ; les seconds l'at- " ' ■ I ■■ ■ Il I II ■ — — i— ^— ■ I I ■
(i) La suprématie spirituelle d'un prince laïque choquait toutes les notion» dont le peuple avait Thabitude depuis tant de siècles en matière religieuse. Pour extirper ce préjugé , Henri ordonna que le mot petpe fût soigneusement écarté de tous les livres employés dans riustruction publique; que chaque maître enseignât la nouvelle doctrine aux enfans confiés à ses soins ; que tout ecclésiastique , defkuîs Tévéque jusqu'au vicaire , préchassent tous les dimanches , et les jours de fêtes , que le roi était le véritable chef de TÊglise, çtc.
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tachement du prince aux doctrines orthodoxes. Par un fatal concours de circonstances, Henri ne pouvait manquer de trouver des coupables chez les uns ou chez les autres. R^eter la suprématie , ou blâmer Torthodoxie du roi, fut égaler raent crime de lèse-majesté; et un glaive à deux tranchans fut suspendu sur l'Angleterre. Ceux qui ne surent point déguiser leurs sentimens, luthériens ou catholiques, ennemis de rÉglise ou de la suprématie, furent envoyés au supplice. En 1 535, deux illustres victimes, JeanFisher et Thomas Mora^ montèrent sur lechafaud. A la nouvelle de ces exécutions, le pape Paul III fulmina une nouvelle bulle. Alors s évanouit tout espoir de réconcDiation entre le roi et le saint-siége.
Les moines , dont le crédit tombait avec la puissance du pape, détestaient le pontificat sacrilégedont le roi était revêtu. Henri les regardait comme ses principaux ennemis: il entreprit de les détruire. Cromwely secrétaire d'état, et partisan secret du luthéranisme, fut chargé de visiter les couvens avec d'autres conmdissaires. Le temps avait sans doute introduit des abus et des désordres dans ces communautés. Les commissaires en dressèrent une relation exagérée, qui fut rendue publique, et le parlement, docile instrument du monarque, fit uç premier pas vers l'entière destruction désordres religieux par la suppression des monastères, dont le revenu était au-46ssous de âoo livres sterling. Th>is oeni soUcante-seize maisons furent détruites ; leurs revenus étaient de 33,000 Uvres pa^ an; leur mobilier était estimé 100,000 livres : le roi s'empara de ces dépouilles.
Vers Iç même temps , il donna un nouveau déplaisir au3c catholiques. Ennemi des réformateurs, mais voulant nuire à l'Église romaine , par une de ces contradictions auxquelles les passions sont sujettes, il fit publier une traduction de la Bible en langue vulgaire (i). C'était seconder les protestans, *--■'-■ - • -.- 1 ■ ■ -- ■ . - -■ ^^
(i) Dans la suite, averti <jue cette traduction était défiguré/e par des contresens , et voyant que la lecture imprudente des livres saints avait non-seulement engendre une race de prédicateurs qui publiaieBt les doctrines les plus étranges^ mais entraîné des hommes ignôrans
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