CHAPITRE II
SECilON PREMIÈRE.
Hongrie, Bohême et Autriche, ( i^Sy-iS 19. )
Après la mort de l'empereur Sigismond I (1437), son gendre Albert II y duc d'Autriche, fut élu roi de Hongrie (décembre 1437), roi des Romains (mars i438), roi de Bo^ héme (mai i438} ; il mourut en 1439. Bientôt après , Élisa'beth , sa veuve , mit au monde un fik, Ladisla^-le-Postliumey qui succéda à son père en Hongrie, sous la régence d'Dladislas, roi de Pologne; en Bol^me, sous celle de George Pot diebrad. En 144^ y Uladislas s'empara du trône de Hongrie au préjudice de son pupille. Il tourna ses armes contra les Turcs, et fut tué à la bataille de P^arna^en i444*L^^^^l^^ IC'Posthume fut de nouveau reconnu roi par les Hongrois, et Jean Huniade Corvin fut nonuné régent du royaume.
Frédéric III ^ duc d'Autriche, de la branche de Styrie> avait été élu empereur en i44<^* H prenait la qualifé de tu-^ teur du jeune Ladislas, et le retenait à sa cour^ contre le vœu des Autrichiens, des Bohémiens et des Hongrois. Enfin, les principaux seigneurs des trois nations se réunirent pour . arracher leur souverain d«s lûains de l'empereur. Frédéric fut oblige de le rendre en t^^z ; mais il resta possesseur de la couronne de Samt^Étienne dont il s'était emparé. Ladislas
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fut remis à son oncle maternel, le comte de Cilley, qui eut la régence du duché d'Autriche; Jean Huniade et George Podiebrad furent confirmés dans celle de la Hongrie et delà Bohême. Ce fat sous le règne de Ladislas que TWahomet II , maîti*e de Constantinople, attaqua la ville de Belgrade, le boulevard de la Hongrie. Le jeune roi et le comte de Cilley, fayant le danger, se retirèrent à Vienne ; et tous les regards se tournèrent vers Huniade. (Voyez Y Histoire des Turcs ^ chap L) Ce vaillant homme délivra la ville, mais il mourut de ses blessures. Il laissait deux fils , Ladislas et Mathias. Malgré les services et la gloire de son père , l'aîné subit en 1457 une mort ignominieuse. Le roi ayant confié le gouvernement de la Hongrie au comte de Cilley, ennemi personnel de Jean Huniade , cette faveur excita l'indignation de la plupart des seigneurs hongrois , et surtout des jeunes Corvins. La cour étant à Belgrade, Ladislas et le comte de Cilley se rencontrèrent par hasard^ et en vinrent aux mains : le comte fut blessa mortellement. Le fils du sauveur de la Hongrie méritait d'autant plus d'indulgence, que son ennemi avait été l'agresseur. Cependant Corvin fat décapité. Le roi Ladislas mourut sans enfans la même année. Mathias Corvin^ second fils de Jean Huniade, fat élu roi de Hongrie (i458), et Podiebrad^ roi de Bohême. Les provinces allemandes de la s^uccession de Ladislas farent partagées entre Tempereur Frédéric lU, son frère Albert et son cousin Sigismond, de la bran^che autrichienne de Tyrol. L'empereur eut la Basse- Autriche, Albert la Haute, Sigismond la Carinthie, et Vienne dut êtrelarési* dence commune. Ce partage , dont Albert et Frédéric étaient mécontens , f ut suivi d'une guerre de plusieurs années entre les deux frères. L'empereur, assiégé dans ViçuDe, puis délivré par George Bodiebjrad, demeura enfin en possession de toute l'Autriche pa^ir l»mort d'Albert en i463.
Le .premier acte de Mathias Corvin, en montant sur le trône de Hongrie, av^dt été d'envoyer demander la couronne de Saint-Etienne à Frédéric , le menaçant de lui décider la guerre en cas de refas. L'empeseur, méprisant la jeunesse de Mathias, avait rejeté sa demande, et avait même pris les me-
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4^ ÀBEÉGB DB l'histoire GÉICÉRALE
sures nécessaires pour détrôner celui qu'il appelait dédaigneusement un roi enfant. Ce projet était au-dessus de ses forces, et l'an i464 il conclut avec Mathias un traité, par lequel, restituant la couronne de Saint-Etienne, il se réservait, sa vie durant, le titre de roi de Hongrie, et stipulait pour ses descendans la succession éventuelle au trôné. de ce royaume, si Mathias mourait sans postérité.
Podiebrad était accusé de protéger les Hussites. Mathias , excité contre lui par le pape Paul II et par l'empereur, en-» vahit ses états en 1 468, s'empara de la Moravie, et se fit couronner roi de Bohême* Podiebrad étant mort en 147 1 y les états de Bohême lui donnèrent pour successeur LadislaSy fih de Casimir IV^ roi de Pologne. Mathias ne renonça point à %ei^ projets ambitieux, et fît à Ladisks une longue guerre , qui fut suiyie du traité d'Olmutz en 1478* On convint que chacun des dtox concurrens porterait le titre de roi de Bo^ hême; que le royaume appartiendrait à Ladisks avec les droits d'électeur; que Mathias aurait les ttois provinces incorporées à la Bohême , savoir : la Lusace, la Moravie et la Silésie, lesquelles reviendraient à Ladislas , si Mathks* mourait le premier, (En effet ^ Mathias étant mert sans enfans c» 1490, Ladislas reprit les trois provinifes.) .
Après k guerre contre la Bohême , Mathias en entreprit une nouvelle contre l'empereur. Irrité que Frédéric Itii eût refusé la main de sa jfille , et des secours contre les Turcs^ il entra en Autriche, fit avec l'empereur un traité bientôt rc«npu, prit Vienne en i485, et en resta maître jusqu'à sa mort (1490). A cette époque, Maximilien, roi des Ro** liMÙns, fils de Frédéric III , reprit l'Autriche; mais il ne put obtenir la couronne ,de Hongrie, tes états de ce royaume k déférèrent à Ladislas , roi de Bohénfue , pe#t-fils <itï roi Al* bert IL Maximilien fit à son riVal une* guerre également ruineuse aux deux partis. Le traité de Prèsbourg (i49^) A>it fin a»x hosciliiési Par cet aecôtd, le i^ des Romain» reconniM; Ladisks pour roi* de Hongrie , raais^ se réserva k succe^on éventuelle de cette coutoftue apt*ès Peîtiiwaiôn de 1» postérité de Ladkks,
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DJLS T^MPS MOQERNBS. 43
Frédéiio UI inourut en i493* Maximilien lui succéda. Par. son mariage avec Marie de Bourgogne en ï477 ( voyez \ Histoire de LfHjds XI) ^ ce prince avait ajouté dix-sept provinces aux domaines de sa famille. La fortune lui réservât encore de nouvelles faveurs. En i497f ^P^^s 1^ mort de larchiduç Sigismond , il recueillit Théritage de la branche de Tjrol , et réunit dès-lors tout le patrimoine de la. maison d'Autriche.
En 1499 , sous prétexte que la république helvétique re« fusait de reconnaître la juridiction de la chambre impériale , et de se soumettre aux lois du corps germanique dont elle était membre , mais en effet pour essayer de reconquérir les ^ciens domaines de la maison de Habsbourg , Maximilien entreprit la guerre contre les Suisses. II y eut en moins d un an huit batailles rangées : les Suisses eurent partout lavantage. Maximilien , consterné de tant de revers , accepta la médiation de Ludovic-le-Morç 1 duc de Milan , et traita avec }es cantons. Les Suisses reconnurent ses droits sur le Pretti-^ gaw , vallée fertile du pays des Grisons j mais , en retour , ils furent déclarés n^n justiciables de la chambre impériale , et exempts de toute taxe imposée par lempereur. Cette transaction mit fin aux longs dentelés des Suisses avec les princes de la maison d'Autriche , et consolida rind^>endance de la répubUque helvétique.
En i5oo, la mort de Léonard , dernier comte de Gpritz , valut à Maximilien un nouvel accroissement de puissance. En vertu des pactes de famille existant entre les comtes de Goritz et la maison d'Autriche, les villes et comtés de Goritz et de Gradisca éçhiitent à Maximilien , qui les réunit ji se& ^ts héréditaires.
En i5o3 9 une riche succession fut ouverte en Allemagne par la mort de George , dernier duc de Bayiès*e, de la In^ache de Landshut. Maximilien en réclama une partie, et ob-N tint en i5o5 K,u£s(tein , Geroldseck , Kitzbeulh, RatenbcFg ^ Neujbourg sur Flnn , le comté de Kirchbourg en Souabe^ la seigneurie de Weissenhorn et le landgraviat d'Alsace.
Enfin , en i5ï5, Maximilien travailla encore à l'agrandis.-» sèment de sa maison dans une entrevue qu'il em à Vienne
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44 13RÉ6B DE l'hISTQIRE GBNÉRALB
avec Ladislas , roi de Bohême et de Hongrie. Louis , fils unique de Ladislas , fut fiancé à larchiduchesse Marie , petite-fille de Maximilien. Il 1 épousa depuis en i52i. Anne, sœur de Louis, fut promise à Charles ou à Ferdinand, frères de Marie. Elle épousa dans la suite Ferdinand. Cette union eut des conséquences importantes. Maximilien les prépara , inais ne les vit point : il mourut en i5i9.
SECTION II
Empire. (1437-1519.)
Après la mort de Sigismond , en i437, l'empire rentra dans la maison d'Autriche. Albert II y duc d'Autriche, gendre de Sigismond , et roi de Bohême et de Hongrie , fut élu roi des Romains en i438. Dans une diète tenue à Nuremberg la même année , le nouvel empereur régla avec sagesse les affaires de l'Allemagne. Il réforma plusieurs abus dans ladministration de la justice, et modéra le pouvoir redoutable des tribunaux secrets de Westphalie. Pour supprimer les guerres privées et établir solidement la paix pubUque, il proposa de diviser lempire en plusieurs cercles ou cantons , dont chacun aurait un directeur et un capitaine-général chargés d'y maintenir la tranquillité 5 mais divers obstacles , et principalement la désunion et la jalousie des états , empêchèrent l'exécution de ce projet salutaire.
En 1439, la diète de Mayence, après avoir inutilement travaillé à la réconciliation du pape Eugène IV et du concile de Bâle , adopta , sous la forme de pragmatique-sanction , et à l'exemple de la France, les décrets du concile touchant l'abolition des annates, des réserves, des expectatives , et le rétablissement universel des élections canoniques.
Albert II mourut la même année (17 octobre), au retour d'une^expédition contre les Ottomans, qui avaient envahi la Hongrie. La sagesse et l'habileté qu'il avait déployées dans son règne trop court, le firent vivement regretter. Sa mort fut regardée comme une calamité pour ses sujets , qu elle U-%
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Tra aux maux de la discorde et de la guerre civile ; pour r Allemagne, qu'elle replongea dans Tanarchie , au moment où Tordre public commençait à renaître ; pour l'Europe même qui voyait dans la puissance et dans lestalens d'Albert le meilleur rempart de la chrétienté contre les armes ottomanes.
Les suffrages de la diète électorale tombèrent d'abord sur le landgrave de Hesse , Louis III le Pacifique ; et , à son refus, ik se réunirent sur le duc i^m/errc d'Autriche, de la branche de Styrie ( voyez ci-dessus îes prétentions de Frédéric III aux trônes de Bohême et de Hongiîe ). L'incapacité de ce prince devait rendre encore plus sensible la perte de son prédécesseur.
Retenu dans les états autrichiens par des demies avec son frère Albert, Frédéric ne put aller recevoir la couronne impériale à Aix-la-Chapelle que deux ans après son élection (i44^)* I)^ là il se rendit à la diète de Francfort , où il essaya vainement dfe renouveler les réglemens sage^ et vigoureux, promulgués par l'empereur Albert, pour Fabolition des guerres privées et pour la division de l'Allemagne en cercles. Il donna bientôt après une autre preuve de faiblesse dans une entrevue avec Philippe^le-Bon , duc de Bourgogne. Gagné par les présens de ce prince , il renonça à toutes les prétentions que les empereurs avaient formées jusque-là sur les duchés de Brabant et de Limbourg, sur les comtés de Hollande, de Zélande et de Hainaut , et sur la seigneurie de Frise. f II ne sut pas mieux fnaintenir contre le saint -siège les privilèges de l'église germanique. Le désir d'aller se faire couronner à Rome le portait à ménager un rapprochement entre le pape Eugène IV et les états d'Allemagne, qui avaient adopté le concile de Bâle. Il obtint quelques concessions de part et d'autre, et un traité fut signé en conséquence à la diète de Francfort en i446. Eugène IV étant mort l'année suivante , Nicolas V lui succéda. Frédéric , toujours dirigé par le même deûr de se rendre agréable au pape^ convoqua une diète à Aschaffenbourg ( i448), pour réunir toute l'Allemagne sous l'obédience du nouveau pontife. On substitua à la pragmatique de Mayence le concordat germanique^ qui
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4^ ABREci DE l'histoire GEiriRÀLB
hiâiitfart le rétablisseinent des élections canoniques , Tabo^ litîon des grâces expectatives , et<5. , mais remplaça les an* nates par ttne taxe stable et permanente, et régla les cas où la nomination aux bénéfices appartiendrait aux papes ou aux chapitres. Il fut approuvé par Nicolas V.
Enfin, en t452, Frédéric H! passa en Italie pour recevoir la couroïine impériale. Il fut sacré à Rome par lé pape Nicolas Vj d'abord en qualité dé roi des Lonibards, et trois jours après comme empereur. A son retour ( i453), il donna dés lettres-patentes portant érection du duché d'Autric'he en archiduché.
Bientôt après, il futïorcé , par les seigneurs de Bohême et de Hongrie , de remettre entre leurs mains l^ur jeune roi , LadisIas-le-Posthume , dont il se prét€!ndait tuteur, et que jusque-là il avait retenu à sa cour malgré leurs réelainations. A la mort de ce prince, en t/i^y] il éleva des prétentions aui trônes de Bohême et de Hongrie^ mais, toujours malheureux dans son ambition, il eut la douleur de se voir préférer George Podiebrad et Mathias Corvîn. De toute la succession de Ladislas, il n'eut qu'un tiers de rÀutriche, dont le reste fut partagé entre son frère Albert et son cousin Sigismond, comte de Tyrol.
Tandis que Frédéric se livrait à d'inutiles projets d'agrandissement, il négligeait le solii de l'empire. L'Allemagne, où il semblait s'obstiner à ne point paraître", était en proie à l'anarchie. Dès lan i456, lès électeurs^ lui adressèrent^ des* plaintes sur son inaction ; enfin, en 'ri^ôt , l'électeur palatin, Frédéric" le* f^ictorieux y dont il s'était imprudemment attiré la haine , entreprit de le faire déposer. Frédéric , effrayé dti danger, gagna Télecteur de Saxe , et se lia étrôitemerit avec le pape Pie II , qui lui-même avait alors dé violens démêlés avec 1 archevêque de Mayence , Thierri d'Isembourg , uri des plus ardens ennemis de l'empereur. Ces démêlés amenèrent la déposition de l'archevêque, dont le siège fut donné à Adolphe de Nassau. ThieiTÎ, dans soiï courroux, arbora avec l'électeur palatin Fétendard de la guerre civile. Adolphe fut battu à Seckenheim ( 1462 )» Cependant, par le traité de
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DBS TBMPS HOBERNES. 4?
Francfort (i463), il conserva son électorat, en assurant. à son compétiteur des dédommagemens considérables. .
Pendant que cette querelle divisait T Allemagne, Frédéric soutenait la guerre dans ses états Jiéréditaires contre son frère Albert et les Viennois révoltés. Assiégé dans, sa jffopre capitale, il fut délivré par George P«diébrad, et, bientôt après , la mort d'Albert mit fin aux troubles de l'Autriche , en métfie temps que le traité de Francfort suspendait les discordes dans Temptre.
L'électeur .de Saxe, Frédéric-le-Bon , allié de l'empereur, mourut l'année suivante (1464)) laissant deux fils, Ernest et AJbçrt. Ernest succéda à son père dans la Thujringe et l'électorat. Il lest la souche de la maison Emestineytqai posr séda l'électorat de Saxe jusqu'en i543, et d'où sont sorties depuis les branches de Wèymar, de^othà ^ de Cobourg, de Mei^ungen et de Hiklbourgl^usen. Albert, frère puîné d'Ernest^lIpt la Misnie : il est k tige de la maison AlberUna qui parvint à l'électorat de Saite en 1548, et qui occupa le trône de Pologne depuis 1697 jusqu'en Ï763.
X^ p^Missement du calme permit de /;evenir aux anciens projets touchant la paix publique. 0]\ parla de reprendre les plans d'Albert II pour la division de l'empire en cercks» Mais les dièt^ , ou désertées par i'indififérenfce des états^, o« troublées par les haines et'i^ rivalités ^ se succédèrent sons rien résoudre. lia question de la guerrelbontre* les*?ttros<^ £at agitée, mais stfns pkiâ4e succès* Depuis k prise de Consn tantinople par les Ott<»naiis , les papes s'e£forçaf ent inutile-* ment de vanimer chcA les chrétiens l'iirdeur des croisade»^ I.<es pathétiques exhortations de INBcoks y^ de Calixte IH et de PieP ^ Fexempk^ même de ce poiitife, qui nuiurut au mo^ ment où .it ^aïkft commander en p^^onne une expé<ti;rion contre toi' musulmans , avaient à peine 6:icité dfans les diètes germaniques qu^qués démonstrations d'un zèle stérile, éteint aussitôt qBi'sJlumé, En 1467, le pape Paul H fit encore, proposa à l'assemblée de Nuremberg (i) un projet de
(i) Cette diète est la dernière où les états aient été divisés en trois collèges absolument séparés. ^
48 ABREGE DE LHISTOIRE 6ENÉRi.L£
croisade contre les Ttircs ; mais il en entrava lui-m^é ftxé-t cution par les troubles que suscitèrent en Bohême ses rigueurs contre les Hussites et l'excommunication de George Podiebrad , qu'il accusait de protéger ces sectaires. Les progrès alarmans des infidèles , qui déjà s'étaient ayancés jusque dans la Croatie et 4a Càrniole , éveillèrent lin instant laf sollicitude des assemblées • de Ratisbonhe et d'Augsbourg (1471) (i)« On j convint d'envoyer dix mille hontîies au secours des province^ autrichieBnes : mais on ne put s'accorder sur les moyens de lever cette armée , et tout se passa , comme à l'ordinaire, en vains décrets.
Tandis que le £aible Frédéric ne savait ni protéger seul ses pro^ces, ni armer l'Allemagne pour leur défense, un prince puissant demandait le titre de roi à ce fantôme d'empereur. Charlès-le-Tém^raire, sotiverdin de la Bourgogne^ de la Franche-Comté, de l'Artois, de la Flandre et de plusieurs autres belles provinces , aspirait à porter la^uronne roy^Je. Il ouvre à ce sujet des négociations avec Frédéric III> qui , dans l'espoir d'obtenir pour son fils Maxiniilien la main de l'héritière de BQjirgogne , paraît d'abord disposé à ériger les états de Charles en royaume. Déjà le duc préparera cérémonie de son couronnement , qtii doit se célébrer ,à Trêves.^ où se sont rendus les deyic princes. Mais tout à. coup l'empereur change de pensée. Craignant de donner des armes contre hiî-même aH duc de Bourgogne, qui, avec le titre de roi) sollicite celui de ^caire de l'empire d»ns les provinces rhénanes, et dpnt îambition toujours croissante peut im jour lui disputer le trône impérial , il part au moment de conclure , et laisse daijs Trêves le duc humilié et f urieù*( 1 473). Charles saisit, l'année suivante, l'occasion de se venger. Là tioblesse du pays de Cologne s'est révoltée (i474) contre l'électeur Robert, qui voulait réunir au domaine archiépiscopal les biens que Ses prédécesseurs en avaient aliénés.
(i) La diète d'Augsbourg est remarquable en ce que les villes d'empire s'y distribuèrent , pour la première fois , en deux classes , nommées les bans des villes du Rhin et des villes de Souabe.
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DSS T£M¥^& MODERNES. 49
Dé(k>sé par le chapitre qui élit à sa place Hermaçn , landgrave de Hesse, en qualité d'administrateur de l'électorat, Robert réclame l'appui du duc de Bourgogne. L'empereur et l'empire favorisent la cause du landgrave : cette raison et Fespoir de s'agrandir du côté du Rhin font voler le Bourguignon au ^secours de Robert. Pendant une anné« entière , il s'obsline inutileinent au siège de la ville de Neuss, où Hermann s'est enfermé. Enfin, épuisé d'hommes et d'argent , menacé pa» une armée impériale j attaqué par les Suisstis qui envahissent la Franche- Comté, Charles semble perdu sans ressource; mais , séduit par un présent de 20O3O00 ecus , et par la pro* messe du mariage de rarchiduc Maximiliin avec Marie de M^lrgogue y Tempère tir lui accorde la paix (i 4? 5), sous la aviation d'un légat de Sixte IV, et lalfaire de Cologne est remise à la décision du pontife-
Cependant la vengeance entraîne le duc de Bourgogne à de nouveaux combats, ou plutôt à sa ruine. Vaincu trois fois par les Suisses dont il veut châtier l'audace, il périt sous les murs de Nancy. (Voyez le Règne de Louis XL) Sa mort, mémorable en elle-même^ l'est encore plus par ses conséquences. Marie y sa fille, héritière de ses vastes états, entre tous les princeis qui ..aspirent à sa main, préfère le fils de ^empereur. Ce mariage, source de la longue rivaUté des maisons de France et ^utrîdie , est immédiatement suivi de la guerre entre Maximilien et Louis XI, qui revendique une partie de la succession de Bourgogne. Après quatre animées d'hostilités sans autre événement remarquable que la bataille de Guinegate, gagnée en i4^g par les Autrichiens, la mort prématurée de l'archiduchesse ne laisse plus à Maximilieu qu'une autorité précaire sui: ses nouveaux sujets, qui le regardent comme un étranger. Les étatà de Flandre, las dune guerre à laquelle ils n'ont point un intérêt direct, traitent malgré l'archiduc avec Louis XI, et la paix îSljirras (1481) destine potlr épouse au dauphin Charles la princesse Marguerite, fille de Maxittiîlîèti , et la remet aux mains du roi de Finance p/ôur être éfcvée à,sa cour jusqu'à l'accomplissement dé ce mariage. M!aximi%p , ne recevant aucun appui I* 4 *
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5o ABRÉGÉ DE L HISTOIRE GÉNÉRALE
de son père ^engagé dans une. guerre malheureuse contre Mcithias Corvin ^ roi de Hqpgrie , ne peut se faire respecter des Flamands. Le titre de roi des Romains ^ que la diète de F/ancfort lui défère en i486, ne relève point son crédit auprçs de ce peuple indocile. En i488, sous prétexte que Varçhiduc empiète sur leurs privilèges, et leur préfère les Allemands dans la distribution des charges du pays , ils se révoltent ouvertement. Maximilien , arrêté à Bruges, et détenu plusieurs mois dans une étroite prison, ne doit sa délivrance qu'à rapproche dune armée allemande envoyée par l'empire contre les rebelles, et conduite par lempereur luimême.
Tandis que Maximilîen était sans autorité en Flan(^|ËL, Frédéric , méprisé en Allemagne , attaqué dans ses états hé* réditaires et chassé de sa capitale par un voisin belliqueux, laissait flotter au hasard les rênes de lempire. Les atteintes qu au milieu de cette anarchie plusieurs princes ne cessaient de porter à la paix publique, forcèrent les états de Souabe à se liguer pour leur défense commune , par un traité conclu en 1488 à Eslingen, Les mçirgraves de Brandebourg (des branches d'Anspach et de Bareith), 1 électeur de JVIayence, et les ducs •de Bavière (du rameau d0^Munich), accédèrent à cette confédération, qui se soutint avec éclat jusqu'en i533.
En 1493, Frédéric IIl mourut à J.intz : prince d'un esprit faible et borné, et qui cependant ^ par des traités, etf par un mariage , prépara sans y penser, la grandeur de sa maison. Maximilien 1 lui succéda. Veuf de Marie de Bourgogne , mais possesseur de son héritage, ce prince avait été sur le point d'y joindre le duché de Bretagne. La jeune souveraine de cette belle province allaà| Jiui donner, sa main et ses états, si la politique d'Anne de France n'eût traversé et rompu ce mariage. La princesse, qu'il regardait déjà comme son épouse, monta sur le trône de France. Mais Charles VIII, cpii la ravissait à son amour ou à son ambition, sembla vouloir lui adoucir le chagrin de ses espérances trompées. Par le traité de Senlis, il lui rendit l'Artois e|^ la Franche-Comté, dont Louis XI s'était emparé» L'année suivante (1494)9 Maxynilien
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BBS TEMPS MODBANES. ?^ Ol
Milan. On ne vit pas sans étonneraent rMiitier%;s C4mts s ajUÂer à uiie GsHoiUç iK>i»YeUe que IffQTUxn^ ^ h yai^m^ d'un chef d'aventuriers avaient urée 4e lu ba$s<a9se. M^^ Arec une dot considérable ^ Maximilien acquérait par ee m^age la facilité d uiterv^iir daxis Les affaires dltalie» Uinthàt H la politique firesU; taire Forgueil de la naissance*
Nous verrons ailleurs {Histoire de Charles FUI ^^ de Louis Xll et de François I*^) qudûle part prit MaxîmiUc» .f^ grands événemens donjt ^Italie fut le théâti^ pendaM; S9Q cegne. Nous ne rapporterons ici que ce qui se paçsaide plus important, durant le même espace de temps^ daos Fimiénettr de l'empire.
En 1495 , Maximilien, ayajat adhéré à la ligue qui jsëtait Corjuée pour chasser Clli^rles YIU de l'Italie, demanda des ^coors et des subsides à la diiète alors assemblée jà Woroas ; Butais les états repèrent de ^s'occuper d'inténèts àmmfSs^ * ayant d'avoir arrêté la promulgation d'une pobr j)ublii}ue, perpétuelle, et l'étaibliâsement d'un Cribiinal aoprâme ^^iii. pût venger lOU prévenir les violations 4e cette paûc jOn décréta à cette .occasion «me constitution célèbre que l'Allemagne a comptée longtemps panni ses lois foadamentades , et qui défendait à jamais^ sous peine d'une amende de a,ooo maires d'or, et même du bcgn de l'enipire , tous les défis particuliers et toutes les guerres entce les états.
La diète s'occupa ensuite, pour as^ucar i'eKeou^on 4e ce règlement, de la création d'une coiiur de ju&tice fiermanente et sédentaire, .dette .oour , «établie «sous le nom de chambre impériale ^ fut d'abord con^osée d'un grand-juge ticé du corps des é|ats, *et de sei^e conseillers ou assesseui^, d6(9t huit seraient 4e l'ordre équesitre ,iet les huic aitiires docfteurs en droit ou licenciés. Tous devaient être choisis parmi un certam nombre de candidats préseujtés à l'empereur par les états. Ils furent déclarés inamovibles. Le siège 4e cette xx>ur suprême.&it fixé à Francfort. Elle fiit successivement transférée à Worms, Nuremberg, Aa^sbourg, fiatifthoyine , Sslingen, enfin àj^ire en t^^J ^ p^ à Welvlar /en x€98;
5a . i.BR£6é DE l'hISTOIRB GENÉRÀLB
Sa composîtipn n a pas moins éprouvé de ckangemens que Id lieu de sa' résidence.
Les réglemens de la mète de Worms furent renouvelés et cmifinnés en i5oo par celle d'Augsbourg, qui réalisa enfin le dessein que plusieurs empereurs avaient formé , sans pouvoir lexécuter, de partager F Allemagne en plusieurs cercles y dans chacun desquels serait institué un corps chargé de maintenir la paix publique. Les états d'Autriche et de Bourgogne, n'ayant point d abord été compris dans la division ^générale , et les électeurs ayant refusé d y laisser comprendre les leurs, il n'y eut dans l'origine que six cercles y ceux de Bavière , de Franconie , de Saxe , du Rhin ,• de Souabe et de Westphalie.
La diète de Worms avait agité le projet de créer un con»
seil de régence pour vaquer au gouvernement général de
l'empire pendant l'intervalle des diètes et dans l'absence du
^ rôixles Romains. Maximilien , à qui ce projet faisait ombrage ,
Tavait alors combattu avec succès, et il paraissait aban-
. dçnné \ mais la diète d'Augsbourg l'ayant repris avec plus de
force, l'empereur fut obligé de céder. On attribua au nou-
. veau conseil une autorité semblable à celle des diètes , et il
fut fixé à Nuremberg. Mais son institution rencontra de
nombreux obstacles : il fut détruit presque aussitôt que formé;
et si nous en avons fait mention , c'est que son établissement
est un de ces efforts qui annonçaient alors dans les diètes ger>
maniques l'intention de se prémunir contre la puissance et
l'ambition des empereurs autrichiens.
La même intention se montre dans les résolutions de l'assemblée de Gelnhausen (i5o2), où les électeurs conclurent la (félèbre union électorale^ par laquelle, se promettant mutuellement aide , amitié et assistance, ils convinrent de procéder de concert dans toutes les affaires publiques , et de se réunir tous les ans pour maintenir leurs privilèges* et préve^ nir les empiétemens de l'empereur.
Mais la maison d'Autriche s'élevait alors avec rapidité à ce point de grandeur qui devait la rendre irrévooablement ^lominante en Allemagne, D^à^ à ses anciens domaines hé-^
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DBS 9BMP8 MOOBRHES. 53
réditaires, elle joignait la possession des Pays-Bas, et, par le mariage du fils de Maximilien a^ec Finfiinte Jeanne, l'expectative de toutes les couronnes des maisons réunies de Castille et d'Aragon. Maximilien , en i5oo, Tenait de recueillir la succession des comtes de Goritz. La mort de George-le-Riche (i5o3), dernier duc de Bavière de la maison de Landshut, lui valut encore un nouvel accroissement de puissance. George ne laissait point de postérité masculine. Par son testament, il instituait pour son héritier Robert , comte palatin du Rhin , mari d'Elisabeth de Bavière, sa fille unique. Cependant sa succession , à l'exception des terres allodiales , revenait légalement à Albert etWolfgang, ses cousins, delà branche de Munich. L'empereur la leur adjugea dans une diète tenue à Âugsbourg. Robert refusa d'acquiescer à cette sentence ; il prit les armes, et fiut mis au ban de l'empire avec l'électeur palatin, son père. Vaincu par Maximilien, ilr mourut peu de temps après, ainsi qu'Elisabeth. Il laissait deux fils au berceau» L'électeur palatin soutint encore quelque temps sans succès les intérêts de ses petits^fils. Enfin, il se soumit, et par une sentence rendue à la diète de Cologne en i5o5> le pays entre le Danube et le Naas , la ville de Neubourg, et les terres sdht lodiales, furent adjugés aux fils de Robert. Le reste passa à la branche de Munich. L'empereur ne s'oublia point dans ce partage, et retint , pour s'indemniser, plusieurs villes et plusieurs fiefs considérables. ( Foyez section précéderUey His^ toire d^ Autriche.)
Maximilien , en souscrivant à l'établissement de la chambre impériale créée parla diète de Worms (1495)9 s'était expressément réservé qull n'en résulterait aucun préjudice pour sa propre autorité et sa juridiction souveraine. Dès-lors il songeait à opposer à la cour nouvelle la concun^ence d'un tribunal moins indépendant. De là l'origine du conseil aU" lique créé en i5oi , et commis par l'empereur à l'exercice de ses ;réservats impériaux dans ses états héréditaires. Bientôt Maximilien alla plus loin : étendant incessamment le ressort de cette juridiction naissante , il lui permit d'évoquer une foule de procès qui auraient dû élre portés devant la duiiQ*
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* 54 ABRÉGB DK L HISTOTRX OBITERÀLE
bte knpérisdew Set sacceBserar» soîvî^eiit à cet ëgard sa poli^ tiqua^ non sansi ëprcnrrér, à^ k (tort d^ état», une TÎTe et cOUMâiltet résistaiice ; efforts impunssoM dont trionlpha la persëvétatÉK^ des etnpereor»^ Le conseil amlique so«tmt> imil* tqiti» weàjfté^emûtms y et se trotrra enfin inresti de frtrcfg^ tivès nùiftcnsesy et d'une juridictioti tantôt nraky tantôt Biéine exdaaiTe de OeHe de la chamlnre impéanaicé
An reste j cette cliambre n'eut lon^^-temp» qu'une existence inceHaine ei précaire* Le principal obstâde à sa stabilité était la difficulté d'assuré l'entretien de ses membre» et l'exécution de ses arrêts. La diète de Trêves (en i &id) porta quelque» réglemens à ce sqety et consonnna en même temps l'établis* sèment deis efareUs. £Ue en ajouta quatre aux six déjà institués en iSoo. Les'provinoes autrichiennes allemandes formèrent te eercie d'Autriche ; les Pays-Bas et la Franche^Ilomté , le cérde ddBour|^gue; les états des trois électeurs ecclésias* tiques et de l'électeur palatin , le cercle du Bas'^Rbin ^ les élec^ torats de Saxe et de Brandebourg;, le cercle de Haute^Saxe. La Bohême et la Prus»e r^usèrent de se laisser comprendre ddii^ cet arrangements
« En t S 1 1 , le pape Jules II paraissant attaqué d'une maladie mortdle ^ Maxilnilien ^ qui ne rejetait aucune voie d'agran* dissement ^ atait formé le projet de réunir la tiare à la pour^^ -pte impériale^ Déjà même il avait enToyéun prélat aUeioand eit Italie pôUr gagnet* les suffrages des cardinaux ^ lorsque la convalescence inattendue de Jules II fit évanouir ce rêve bi* zàlté d'amlntionk Plus sage dans ses vues sur les royaumes de Bohême et de Hongrie , il en prépara l'hérédilé éventuelle à sa famille (l5i5) par un double manage ( voyez section précédente), et l'événement justifia depuis sa prévoyance. Enfin, sans les intrigues secrètes du pape et du roi de France, $1 serait parvenu à faire élire roi des Regains ^ à la diète d'Atigsboutg, Charles d'Autriche j son petites. Charly n'en devait pas moins lui succéder s^rletrâne impérial, qm de** vint en iSi^ vacant par la mort de Maximilien^
Ge ptinee, trop vanté pat ses historiographes, mai* trop dépréeié par quelques écrivains modernes , n'a mérité ni
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DBS TEifvs mouEBoms. $5
toute» ce9 buB^y ni tous ces mépns^ Oft nepeul^mtr ^'emioiné par son inwginoïkm aidcnlCy il seaesoit jfêé San» cesM dans «tes entrepiises aM^tessus de sfi$ fiMK^ea ; qu'ayant déjà , d«is ht modieité ib se» rerttra» , ittrdbat* «acie perpétuel «u «icoèB dea«s desactBa^ il se Faitaggiaw lui-méHie par une fotte prodigalité qui le rédiDsitprescpBetou»jours àl)indigeùce, et, par suite, à Timpuissance d'agir. Mais un earâctère généreux , des inclinations libérales et quelques établissemens utiles le tirent peut-être delà foule des princes vulgaires. Naturellement éloquent^ il parlait arec facilité la plupart des langues de TEurope. Ami des lettres et des sciences y il les encourageait par sa protection et par son exemple. Il r^kb ai^ec sagesse 1 adminiâtratioA de ses dcMBaines héréditaires ^ ety& régner l'ordre-, la justice et lapaix#Soa cou<rage daevatetesque brilla dans les- teumois et dans les combat. Sous lui', ïétat militakie de l'Allemagiie prit une face toute BOuneUe. Far ses soins , l'artillerie des sièges, lafs^bri*eation des^ armes à feu y la tverape dessoaies délensi¥esiureni peffsctiosnées. Au service irréguliet et temporaire des loupes féodales ,, il substitua , le premier , dan» les états auiirickienB, celai d'une in£sm»rie permanente. Gelte milice, soumise i une diseiplîne rigoureuse ,. et armée de longuea pî^pes d'une nou;? eUe forme ( âmt le nom de ILalitzknedits^ LaFuqaeneês^ Lanewrts ),baknçabîentôt la véputatioo de rinfanteriesuisse, et dewBt ,. agirec les ÂeiêP$$ , lanciers à cheval , dont la,a«ation aw^t de près celle des latts^eaets, U, priocipak force des années aUraaandes.
(BepuM Vavènement d'Albert H as trône impérial jusqu'à la movtde Maxâinifiettl, les diètes se proposent mu double objet r i"^ de faire cesaei l'ananshie ie l'AUemagne $ a^ de borner 5 tx , en qudque sorte, d'anéantis la puissance dea em<jeteurs. iSes réussissent en e£bt, par de sagesrégbmen, et par FÎAStifMioA et lat police- des- corcles, àirétridirla pu pttblique» Elte» apportent, d'une aiitfepavt, de nouvelles resv
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trictions à l'autorité déjà très-circonscrite des empereurs. Mais, dans le même temps , d'heureuses circonstances a^ndissant les domaines de la maison d'Autriche , ses princes vont se trouver, par leur puissance personnelïe, au-dessus des autres membres du corps germanique, et souvent au-dessus des lois destinées à limiter leur prérogative impériale. }
SECTION m.
Suisse. (i3o8-i5]3.)
L^aiioienne Helvétie était partagée , au commencement dit quatorzième siècle, en une foule d'états , soit ecclésiasti-* qués , soit séculiers. On y voyait un évêque de Bâle, un abbé de! Sàint-Gall , des comtes de Habsbourg, de Toggembourg, de Savoie, etc. Les villes de Zurich, de Soleure, de Berne et plusieurs autres avaient le ratig de villes libres et impériales.- Les pays d'Uri , d^ Sch^itï e't d'Underwald , relevant immédiatement de Tenipii^é yé^îûènt gouvernés , sous le titre de catitotis , pal* ieiirs propres magistrats. Rodolphe de Habsbourg , pài*vënu au trône de lempire , avait respecté et même augmenté les franchises de l'Helvétie. Son fils Albert I conçut, au Contraire , le projet d'étendre sa domination dans ce pays, où il tenait déjà des possessions considérables on sa qualité de coiiite de Habsbourg ^ de Kybourg et de Bade. Les violences de ses avoyers pour essayer de faire reconnaître aux ti'ois cantons immédiats , Un , Schwitz et Underwald, la supériorité absolue de l'Autriche , donnèrent naissance à l'union helvétique. Trois hommes courageux , fFerner Stauffa* cher^ du canton de Schwitz, dont le nom s'étetidit depuis à toute la nation ; ÎFdlterFurst^ d'Un , et Arnold de Mehhtal , d'Underwald , en treprirent'de briser le joug qui pesait sur leur patrie. Réunis dans la plaine solitaire de Grutli , aux confina dlJri et d'Underwald , chacun, avec dix amis fidèles , ils prirent Dieu et les saints a témoiii de la justice de leur cause et de la droiture de leurs intentions , et, le i*' janvier i3o8, ils
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BBS TBMPS BIODERNES. Sj
commencèrent la délivrance de rHelyëtie. Les avoyers impériaux, surpris dans leurs forteresses , furent transporta sains et saufs hors du pays , après avoir prêté le serment de n*y jamais rentrer. On rasa les châteaux, monumens et boulevards de la tyrannie ; et quelques jours après cette révolution paisible , les députés des trois cantons arrêtèrent une ligue 'de dix ans, pour le maintien de leur liberté et de leurs privilèges, en réservant toutefois les droits de l'empire, et ceux que pouvaient prétendre différens seigneurs laïques ou ecclésiastiques. Originairement formée contre l'Autriche , cette confédération ne tendait point encore à soustraire la Suisse à la haute souveraineté de l'empire germanique.
La glorieuse et importante victoire que les confédérés , au nombre de treize cents, remportèrent à Jlfor^a/fe/i ( i5 novembre i3i5), sur vingt mille Autrichiens, les encouragea à renouveler leur ligue à Brurmen ( 8 décembre ) , et à la rendre perpétuelle. Le pacte de Bninnen devint depuis la base du système fédératif des Suisses , qui ne tarda pas à se fortifier par l'accession de plusieurs alliés : de Lucerne en i33a^ de Zurich en i35i (i), de Claris et de Zug en i352, de Berne en i353 : ce qui ferma les huit anciens cantons aux^ quels la confédération fut bornée pendant cent vingt-huit ans. '- " • ' ■ "
Depuis l'origine de la confédération , les Suisses (nous leur donnerons désormais ce nom) étaient en état d'hostilités avec la maison d'Autriche. La lutte , plusileurs fois suspendire par des trêves passagères, durait depuis près de quatre-vingts ans, lorsquen i386 éclata la guerre qui devait y mettre fin.
(i) La prospérité de Zurich , Tindustrie et les lumières de sa nombreuse population lui donnaient une supériorité marquée sur les montagnards des anciens cantons. Ceux-ci le reconnurent euxmêmes, et poussèrent la modestie ou le patriotisme jusqu'à -céder aux Zurichois la pMséance. Zurich eut dès-lors , et conserva depuis le premier rang parmi les membres de la confédération. Ses députés ont présidé la plupart des diètes, générales ; et i^'est par sa chancellerie que les affaires ont été communiquées à toùs'fes états helvétiquei.
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58 ABREGS SB LSISXOIRE GEriÉRALE
Les mënovaUeâ jovuméôs de Sempach (9 jum 1386), et de iVâ^Cn2t(8 ayiit i388), consolidèrent Fkidëpèndaiice helvétique; etta paix on trère de Vienne^ condue pour sept ans en iSSiS'^et successivement renouvelée poar vingt ans et pour éfBÊCpàxoKx, annonça i|ue la maisbo; d'Autriche avait perdu fespoir de subjuguer 1» confédérés^ Leur ligue, uti moment ânranl^e dans te quinzième siècle par la guerre civile qu endftèrent le& prétentions rivales des camAons de Zurich et de Schwitz à la succession du dernier comte de Toggembourg (14^*144^) ) P'^^ bientôt après une nouvelle consistaskce par les victoires qu'ik remportèrent sur Gharles«le-Téméraife, duc de Bourgogne» L'archiduc Stgismond d'Autviche> ayamt vendu: à ce prince (1469)^ anree faculté de rachat y lé comté de Férette et l'Alsace^ Pierre deHagenbach^ nommé gouverneur de eei pays par le duc de Bourgogne , opprima les sujets a«tfic^iîens, et înquiéfa les états voisins, particalièrement les Soisses. Après avcnr akdressé au duc d'inutiles plaintes, les cantons ^ de concert avec quelques états d'empire ^ déposèrent à B&le la sonnne stipulée pour le rachâd; des domaii^es engagés^ et rétablirent Sigismond à main armée» On fit mkaie le procès à Hagenbadh^ qiïi eut la tête tranchée à Brisacfa en i474* Le duc menaça 1^ Suisses d'un châtiment terrible, et marcha contre eux à la tête de cent mille hommes*; maïs trois défaites confondirent son orgueil ^ et il ne trourva que la mort on il cherchait la vengeance. ( Vojrex YHi^oimdeLouisXL)
Ces succès des Suisses contre le puiss(ant duc de Bourgogne rehaussèrent la gloire de kurs armes ^ et firent rechercher leur amitié par les premières puissances de l'Europe , surtout. par la France. Dès l'année i453, Charles .VII avait conclu avec les huit cantons un traité d'alliance, que Louis XI renouvela en 1474» ^ ^^ vertu duquel il leva , en 14807 six mille Suisses. Ce sont les premières troupes réglées, de cette nation qui aient été au service de k Franccf avec l'aveu de la confédération.
Les états de la ligue helvétique^ accrus , en 1481, de deux nouveaui; alUés, les villes de Fribourg et de Soleure, suppor-
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tt» TBM9S AfO»£llII£S. 5q
îséeuttr^e féme Fedpéce de dëpetsdance où ils étaient ancwe k ïégxtà âe ïtmfive gsemoimqaey comme membres ck Faneifen tùjanxmeA'Atie^ Se sentant assez forts pour &en a£frai^ chir, 3a te^etètent Uattté^ les demandes des diète» de Wosrmt (t49^) et de lindaw {i4Sfi)j ^9 ayant accordé des secours à l'empereur Maxîmilien I contre lesFnjicÂs et contre les Turcs , Toulaient obliger la confédération à fournir son contingent.
Sur ces entrefaites (1498), les Grisons (i)s'étant ligués avec les Suisses , pour se ménager \evar protection contre les Tyroliens, Maximilien saisit cette circonstance ''pour faire la guerre aux cantons. Il les atta(^ua en 1499 avec le secours de la ligue de Souabe; et, la même année, après de rapides et honteux revers, il demanda la paix, qui fut conclue à Bàle. Gomme les Suisses,. malgré leurs succès, la desiraient vivement , ils se contentèrent d'obtenir quelques avantages médiocres, au lieu de stipuler ce qui pouvait seul paraître un digne prix de toutes leurs victoires, c est-à-dire leur entière indépendance de Teaipereiir et de Tempire. Cependant elle fm oomidérée! dès-lorfer comme décidée^ quoiqufil. n-en soit fibt aucune mention danst le tradté^ et qne les Siùssed aient ConmnaLi pendant quelque temjm à demander aux emp^eors la oûmfif ntation de lents immunitës.
Deux villes^ nmiiédiates de l'empire, Bdle et SctmJJouse^ proâtèréfnt de ces^ derniera événemens pour sol&iter leur adnnsskm dans la confédération } eiks y furent reçues en tSoi^ et lepays diJj^nzéU forma^ e» i$i3, le treizième et dernier (îanton.
Là ligue helvétiqtie) puis^ant^ et respectée, pouvait jouir désormais d'iifi glorieuiE reposa, lorsque Faanbiiion et k cupi* ■"'"" '^ *■'■■ - ■ '- 1 [
{\) LwGridoasr^ e^dHéi pè^ Ve%ett^U èas Suivies ^ s'ëlaient déclares, fndépcndaiifi rctslan i^j^yetyOownae emç, s'étaient graduclloneûl Organisés en t-qpubliq«6 jé^toativ^. En i45o^ la- ligue des dix droitures ou juridictions s'était alliée avec la ligue Caddée ou de la Maison-Vieu y et en 1471 , arec la ligue haute ou ligue grise, Dès-lors, ces trois ligués s'ëtaîent unies par un traité cfe cçnfédéfatien perpétuelle. . i -
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6o ABREGE DE LHXSTOIBE GEITERALE
dite, arrachant les Suisses à leurs paisibles demeures, les entraînèrent dans des guerres transalpines , où s'altérèrent la glcore et les vertus, jusque-là si pures, de ces peuples simples et braves. {Relatwement a la part que les Suisses prirent aux guerres (T Italie^ "voyez les règnes de Otaries Fllly de Louis XII et de François /*r,) '