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y porter. Quelques femmes y meuent le duvet de l’albatros, qui est aussi blanc que la neige, et qui étant relevé par-devant et par-derrière le trou , en unc toufle presque aussi grosse que le poing, forme un coup d'œil tres-singulier, et qui, quoique étrange, n’est pas désagréable. Outre les parures qu'ils font entrer dans les trous des oreilles, ils y suspendent avec des cordons plusieurs autres objets, tels que des ciseaux ou des aiguilles de tête de tale vert, auxquels ils mettent un très-haut prix, des ongles et des dents de leurs parens défunts, des dents de chien, et toutes les autres choses qu’ils peuvent se procurer , et qu’ils regardent comme étant de
quelque valeur. Les femmes portent aussi des bra- | celets et des colliers composés d'os d'oiseaux , de | coquillages ou d’autres substances qu’elles prennent
et qu'elles enfilent en chapelet. Les hommes suspendent quelquefois à un cordon qui tourne autour de leur cou un morceau de talc vert ou d'os de baleine, à peu près de la forme d’une langue, et sur lequel on a grossièrement sculpté la figure d’un homme ; ils estiment fort cet ornement. Nous avons vu un Zélandais dont le cartilage du nez était percé ; il y avait fait passer une plume qui s’avançait en saillie sur chaque joue. Il est probable qu'il avait adopté cette singularité bizarre comme un ornement ; mais parmi tous les Indiens que nous avons rencontrés, aucun n’en portait de semblable; nous n'avons pas même remarqué à leur nez de trou qui püt servir à un pareil usage.
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« Leurs maisons sont les plus grossiers de leurs ouvrages : à l'exception de la grandeur, elles égalent à peine les chenils d'Angleterre. Elles ont rarement plus de dix-huit ou vingt pieds de long, hnit ou dix de large, ei cinq ou six de haut, depuis la perche qui se prolonge d’une extrémité à l'autre, et qui forme le faîte jusqu’à terre. La chärpente est de bois, et ordinairement de perches minces ; les parois et le toit sont composés d’herbes sëches et de foin, et le tout est joint ensemble avec bien peu de solidité. Quelques-unes sont garnies en dedans d’écorces d'arbres ; de sorte que dans un temps froid elles doivent procurer un très-bon abri. Le toit est incliné comme celui de nos granges; la porte est à une des extrémités, et n’a que la hauteur suflisante pour admettre un homme, qui se traîne sur ses mains et ses genoux pour y entrer. Prés de la porte est un trou carré qui sert à la fois de fenêtre et de cheminée; car le foyer est à cette extrémité, à peu prés au milieu de l'habitation , et entre Îles deux côtés. Dans quelque partie visible, et ordinairement près de la porte, ils atiachent une planche couverte de sculpture à leur manière. Cette planche a pour eux autant de prix qu'un tableau en a pour nous. Les parois et le toit s'étendent à environ deux pieds au-delà de chaque extrémité, de manière qu'ils forment une espèce de porche garni de bancs pour l'usage de la famille. La partie du sol destinée pour le foyer est enfermée dans un carré creux, par de petites cloisons de bois
5 ÉÉÉe TUE np es
ou de pierre: c’est au milieu qu’on allume le feu. Le long des parois, ils étendent à terre un peu de paille sur laquelle ils se couchent.
« Leurs meubles et ustensiles sont en petit nombre, un coffre les contient ordinairement tous, si l'on n'en excepte leurs paniers de provisions, les calebasses où ils conservent de l’eau douce, ct les maillets dont ils battent leur racine de fougére ; ceux-ci sont déposés communément en dehors de la porte. Quelques outils grossiers, leurs habits, leurs armes, et les plumes qu'ilsmettent dansleurs cheveux, composent le reste de leurs trésors. Cenx qui sont d'une classe distinguée, et dont la famille est nombreuse, ont trois où quatre habitations renfermécs dans une cour; les cloisons en sont faites avec des perches et du foin , et ont environ dix ou douze pieds de hauteur.
« Lorsque nous étions à terre, dans le canton de
Tolaga , nous vîmes les ruines, ou plutôt la char-
pente d'une maison qui at jamais été achevée, et qui était beaucoup p :: grande qu'aucune de celles que nous avions rencontrées ailleurs; les parois en étaient ornées de plusieurs planches sculptées, et beaucoup mieux travaillées que nous n'en avions encore vu; mais nous n'avons pas pu savoir à quel usage elle avait été commencée, et pourquoi on l'avait laissée dans cet état.
« Quoique ces peuples soient assez bien défendus de l'inclémence du temps dans leurs habitations , lorsqu'ils font des excursions pour chercher des ra-
cauti femn d'eux que 1 ion d abri | tomb sans (
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cincs de fougère, on pêcher du poisson , ils paraissent ne s’'embarrasser en aucune maniére d’avoir un abri. Ils s’en font quelquefois un contre le vent; d’autres fois ils ne prennent pas même cette préaution ; ils couchent sous des buissons avec leurs femmes et leurs enfans, leurs armes rangées autour d'eux. La troupe de quarante ou cinquante Indiens que nous vimes à la baic de Mercure , dans le canton d'Opoured), ne construisit jamais le moindre abri pendant que nous y étions, quoique la pluie tombât quelquefois pendant vingt-quatre heures sans discontinuer.
« Nous avons déjà fait lénumération de ce qui compose leurs alimens. La racine de fougère est le principal : elle leur sert de pain; elle croît sur les collines, et c’est à peu près la même que celle qui croît dans les bruyéres d'Europe. Les oiseaux qu'ils mangent les jours de régal consistent surtout en manchots, albatros, et un petit nombre d'autres espèces dont on a parlé dans le cours de cette relauon.
« Comme ils n'ont point de vase pour faire bouillir de l’eau, ils n’ont d'autre manière d’apprêter les alimens que de les cnire dans une espèce de four ou de les rôtir. Ils font des fours semblables à ceux des insulaires du grand Océan, et ainsi nous n'avons rien à ajouter à la description qui à déjà été donnée de leur manière de rôur les alimens, sinon que la longue broche à laquelle ils
attachent la viande est placée obliqnement vers le
feu ; à cet effec ils engagent l'extrémité de la broche sous une pierre, et ils la soutiennent à peu pres dans le milieu avec nne autre ; selon qu'ils approchent plus ou moins de l'extrémité cette seconde pierre ils augmentent ou diminuent, comme il leur plaît, le degré d'obliquité de la broche.
« Dans l’île du nord de la Nouvelle-Zélande, nous avons apercu des plantations d'ignames, de patates et de cocos; mais nous n’en avons point vu dans de l’île du sud. Les habitans de cette partie du pays doivent donc vivre uniquement de racines de fongére et de poisson, si l’on en excepte les ressources accidentelles et rares qu'ils peuvent trouver dans les oiseaux de mer et les chiens. JL est certain qu'ils ne peuvent pas se procurer de la fougère et du poisson dans toutes les saisons de l’année, puisque nous en avons vu des provisions sèches misé# en tas, et puisque quelques-uns d’entre eux témoignérent de la répugnance à nous en vendre, surtout du poisson, lorsque nous avions envie d'en acheter pour l'embarquer. Cette circonstance paraît confirmer le sentinent où je suis , que ce pays fournit à peine à la subsistance de ses habitans, que la faim porte en conséquence à des hostilités continuelles, et excite naturellement à manger les cadavres de ceux qui out été tués dans les combats.
« Nous n'avons pas découvert qu'ils aient d'autre boisson que l’eau. Si réellement ils ne font point
usage de liqueurs enivrantes, ils sont en ce point
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plus heureux que tous les autres peuples que nous avions visités jusque-là, ou dont nous ayons jamais entendu parler.
« Comme l’intempérance et le défaut d'exercice sont peut-être l'unique principe des maladies aiguës où chroniques, il ne paraîtra pas surprenant que ces peuples jouissent sans interruption d'une santé parfaite. Toutes les fois que nous sommes allés dans leurs bourgs , les enfans et les vicillards, les hommes et les femmes se rassemblaient autour de nous, excités par la même curiosité qui nous portait à les regarder; nous n’en avons jamais aperçu un seul qui parût affecté de maladie ; ct parmi ceux que nous avons vus enticrement nus; nous n'avons jamais remarqué la plus légère érupüon sur la peau, ni aucune trace de pustules ou de boutons. Lorsqu'ils vinrent près de nous dans les premiéres visites , et que nous observämes sur différentes parties de leur corps des taches blanches qui semblaient former une croûte, nous crûmes qu'ils étaient lépreux, ou au moins attaqués vio- Jlemment du scorbut; mais en examinant ces marques de plus près, nous tronvâmes qu’elles provenaient de l'écume de Ja mer, qui dans le passage les avait mouillés, et qui, s'étant desséchée, avait laissé sur la peau le sel en poudre blanche trésfine.
« Nous avons vu une autre preuve de la santé de ces peuples, dans la facilité avec laquelle des blessures très-récentes se gucrirent et se cicatrisé-
rent, Ayant examiné un homme qui avait recu une. balle de fusil à travers la partie charnue du bras, sa blessure paraissait en si bon état et si près d’être guérie, que si je n'avais pas Gé sûr qu'on n'y avait rien mis, J'aurais, pour l'intérét de l'humanité, pris des informations sur les plantes vulnéraires, et sur les pratiques chirurgicales du pays.
« Ce qui prouve encore que les habitans de ce Payssontexempts de maladie, c’estle grand nombre de vieillards que nous avons vus, et dont plusieurs, à on juger par la perte de leurs cheveux et de leurs dents, semblaient être très-âgés : cependant aucun d'eux n'était décrépit, et quoiqu'ils n’eussent plus dans les muscles autant de force que les jeunes insulaires , ils n'étaient ni moins gras ni moins vifs.
« L'industrie de ces peuples se montre prineipalement dans leurs pirognes ; elles sont longues et étroites, et d'une forme très-ressemblante aux canots dont on se sert pour la pêche de la haleine dans la Nouvelle-Angleterre. Les plus grandes de ces pirogues semblent être destinées principalement à la gucrre, et portent de quarante à quatrevingts ou cent hommes armés. Nous en mesurimes une qui était à terre à Tolaga ; elle avait soixantehuit pieds et demi de long, cinq de large, et trois et demi de profondeur. Le fond était aign , avec les côtés droits en forme de coins. Il était composé de trois Jlongueurs crensées d'environ deux pouces, d'un pouce et demi d'épaisseur, et bien auachées ensemble par un fort cordage. Chaqne
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côté était fait d'une seule planche de soixante-trois pieds de Tong, de dix ou douze pouces de large, d'environ nn ponce etun quart d'éprusseur ; elles étaient toutes jointes fortement an fond, et avec beancoupd'adresse, Hs avaient placé de chaque cÔtÉ un nombre considérable de traverses d'un platbord à Pautre, afin de renforcer le bateau, L'ornement de Pavant de la pirogue s'avançait de einq ou six pieds au-delà du corps du petit bâtiment, et ilavait environ quatre pieds et demi de haut. Celoi de la poupe étit attaché sur l'extrémité de Parriére, comme l'étambord d'un vaisseau l'est sur sa quille, et il avait environ quatorze pieds de haut, deux de large, et un pouceet demi d'épaisseur. Hs étaient composés tous deux de planches sculptées, dont le dessin était beaucoup meilleur que l'exécution. Toutes les pirogues sont construites d’après ec plan, si l'on en excepte un petit nombre d'autres que nous avons vues à Opoured; ou dans la baie de Mercure , et qui étaient d'une seule pièce creuses au feu. y en a peu qui n'aient vingt pieds de long. Quelqnes-unes des plus petites ont des balanciers : ils en joignent quelquefois deux ensemble. La sculpture des ornemens de la poupe et de la proue des petites pirogues , qui semblent destinées uniquement à la péche, consiste dans la figure d'un homme, dont le visage est aussi hidenux qu’on puisse limaginer ; il sort de la bouche une langue monstrucuse; et des coquillages blancs Jui servent d'yeux. Les plus grandes pirognes, qui semblent
men
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28, HISTOIRE GÉNÉRALE être leurs bâtimens de guerre, sont magnifiquenent ornées d'ouvrages à jour, et couvertes de franges flottantes de plumes noires qui forment un coup d'œil agréable ; sonvent aussi les planches du plat-bord sont sculptées dans un goût grotesque, et décorées de touffes de plumes blanches placées sur
un fond noir.
« Les pagaies des pirogues sont petites, légères et trés-proprement faites; la pale est de forme ovale, ou plutôt elle ressemble à une large feuille. Elle est pointue au bout, plus large au milieu, et elle diminue par degrés jusqu'à la tige ; la pagaie à environ six pieds dans toute sa longueur, la tige, y compris la poignée, en comprend quatre et la pale deux. Au moyen de ces rames, ils font aller leurs pirogues avec une vitesse surprenante.
« Ils ne sont pas fort habiles dans la navigation, ne sachant aller que vent arrière. La voile, qui est de natte ou de réseau, est étendue entre deux perches élevées sur chaque plat-bord, et qui servent à la fois de mâts et de vergues. Deux cordes correspondent à nos écoutes, et sont par conséquent attachées au-dessus du sommet de chaque perche. Quelque grossier et quelque incommode que soit cet appareil, les pirogucs marchent fort vite vent arriére; elles sont gouvernées par denx hommes assis sur la poupe, et tenant chacun une pagaie
dans leur main.
« Aprés avoir détaillé les produits de leur industrie, je vais décrire sommairement leurs outils,
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Js ont deux sortes de haches et des ciseaux qui leur servent aussi de tarrières pour faire des trous. Comme ils n’ont point de métaux, leurs haches sont faites d’une pierre noire et dure, ou d'un tale vert compacte et qui ne casse pas. Leurs ciseaux sont composés d'ossemens humains, ou de morceaux de jaspe qu'ils coupent dans un bloc en petites parties angulaires et pointues, comme nos pierres à fusil. Ils estiment leurs haches plus que tout ce qu'ils possédent, et ils ne voulurent jamais nous en céder une seule, quelque chose qu'on leur en offrit en échange. Une de nos meilleures haches et beaucoup d'autres choses ne purent engager un insulaire à vendre la sienne; d’où je
conclus que les bonnes haches sont rares parmi eux. Ils emploient leurs petits outils de jaspe pour finir leurs ouvrages les plus délicats. Comme ils ne savent pas les aiguiser, ils s’en servent jusqu'à ce qu'ils soient entiérement émoussés , alors ils les laissent de côté. Nous avions donné aux habitans de Tolaga un morceau de verre, et en peu de temps ils trouvérent moyen de le trouer, afin de le suspendre avec un fil autour de leur cou comme un ornement ; nous imaginions que l'instrument dont ils se servirent pour cela était de jaspe. Nous n'avons pas pu apprendre avec certitude comment ils fabriquent le taillant de leurs outils, et de quelle manière ils aiguisent l'arme qu'ils appellent patoupatou; mais c’est probablement en réduisant en poudre un morceau de la même matière, et en
286 HISTOIRE GÉNÉRALE imoulant , au moyen de cette poudre, deux pièces l'une contre l’autre,
« J'ai déjà fait mention de leurs filets, et surtout de leur seine qui est d'une grandeur énorme; nous en avons vu une qui semblait être l'ouvrage des habitans de tout un village; je crois aussi qu'elle leur appartenait en commun. Un autre lilet est circulaire, et s'étend au moyen de deux ou trois cerceaux. Leurs hamecons sont d'os où de coquilles, et en général ils sont mal faits. Ils ont des paniers d'osier de diflérente espèce et de différente grandeur, dans lesquels ils mettent le poisson qu'ils prennent, et où ils serrent leurs provisions.
« Leur culture est aussi parfaite qu'on a lieu de l'attendre d’un pays où un homme ne sème que pour lui, et où la terre donne à peine autant de fruits qu'il en faut pour la subsistance des habitans. Lorsque nous étions, pour la premiére fois, à Tegadou , canton situé entre la baie de Pauvreté et le cap Est, ils venaient de confier leur récolte future à la terre ; les graines n’avaient pas encore commencé à germer : le terrain était aussi uni que celui de nos jardins : chaque plante avait sa peute butte, le tout rangé en quinconce régulier, au moyen de cordeaux qui, avec les chevilles de bois dont on avait fait usage pour les tendre,
étaient encore sur le champ. Nous n'avons pas eu occasion de voir travailler les laboureurs ; mais nous avons examiné l'instrument qui leur sert à
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la fois de bêche et de charrue. Ce n'est qu'un long pieu étroit et aiguisé en tranchant à un des bouts, avec un petit morceau de bois attaché transversalement à peu de distance au-dessus du tranchant, afin que le pied puisse commodément le faire entrer dans la terre ; ils re‘ournent des piéces de terre de six ou sept acres d’étendue avec cet instrument, quoiqu'il n’uit pas plus de trois pouces de large ; mais le sol étant léger et sablonneux offre peu de résistance.
« C’est dans la partie septentrionale de la Nouvelle-Zélande, que l'agriculture, l’art de fabriquer des étofles, et les autres arts de la paix , semblent être mieux connus et plus pratiqués. On en trouve peu de vestiges dans la partie méridionale ; mais les arts qui appartiennent à la guerre sont également florissans sur toute la côte.
« Leurs armes, peu nombreuses, sont trés-propres à détruire leurs ennemis ; ils ont des lances, des dards, des haches de bataille et le patou-patou. La lance a quatorze ou quinze pieds de long ; elle est pointue aux deux bouts, et quelquelois garnie d’un os; on l'empoigne par le milieu, de sorte que la partie de derrière balançant celle de devant, elle porte un coup plus difficile à parer que celui d'une arme qu'on tient par un des bouts. Ces peuples n'ont ni frondes, ni arcs. Ils lancent le dard , ainsi que les pierres, avec la main ; mais
ils s'en servent rarement, si ce n’est pour la défense de leurs forts. Leurs combats dans les piro-
258 HISTOIRE GÉNÉRALE gues ou à terre se font ordinairement de corps à corps; le massacre doit par conséquent être fort grand, puisque si le premier coup de quelquesunes de leurs armes porte, ils n’ont pas besoin d’en donner un second pour tuer leur ennemi. Ils paraissent mettre leur principale confiance dans le patou-patou, qui est attaché à leur poignet avec une forte courroie, de peur qu'on ne le leur arrache par force ; les principaux personnages du pays le pendent ordinairement à leur ceinture, comme un ornement militaire , et il fat partie de leur habillement comme le poignard chez les Asiatiques et l'épée chez les Européens. Ils n'ont point d'armure défensive ; mais outre leurs armes, les chefs portent un bâton de distinction, comme nos ofliciers portent un sponton. C'était communément une côte de baleine, aussi blanche que la neige, et décorée de sculpture, de poils de chien et de plumes ; d’autres fois un bâton d'environ six pieds de long, orné de la même manière, et incrusté de coquillages ressemblans à la nacre de perle. Ceux qui portent ces marques de distinction sont ordinairement vieux, ou au moins ils ont passé le moyen âge; ils ont aussi sur le corps plus de taches d’amoco que les autres.
« Toutes les pirogues qui vinrent nous attaquer, avaient chacune à bord un ou plusieurs Indiens ainsi disungués , suivant la grandeur du bâtiment.
Lorsqu'elles s'étaient approchées à environ une encâblure du vaisseau , elles avaient coutume de s’ar-
rêter ,
dossaic cetle oO de chi tinctio habitai valent
tendre aussi q alors 1] étaient mai ha.
« vene « nosp menac.
ce qu'il par in
e corps à être fort quelques esoin d'en 1. Ils pae dans le gnet avec ir arrache lu pays le , comme
leur ha- Asiatiques oint dar , les chefs
nos ofhnunément la neige, en et de à six pieds ncrusté de erle. Ceux sont ordit passé le lus de ta
attaquer, rs Indiens bâtiment.
)n une enne de s’ar-
rêter, et les chefs se levant de leur siège, ils endossaient un vêtement qui semblait destiné pour cetle occasion , et qui était ordinairement une peau de chien. Ils prenaient en main leur bâton de distinction ou une arme , et 1ls montraient aux autres habitans ce qu’ils devaient faire. Quand ils se trouvaient à une trop grande distance pour nous atteindre avecla lance ou avec une pierre, ils croyaient aussi qu'ils n'étaient pas à la portée de nos armes ; alors 1ls nous adressaient leur défi, dont les mots étaient presque toujours les mêmes, heromaï, heromai harré outa € patou-patou oghi : « Venez à nous, « venez à terre, et nous vous tuerons tous avec « nos patou-patous. » Pendant qu'ils proféraient ces menaces, 1ls s’approchaient insensiblement jusqu’à ce qu'ils fussent tout près du vaisseau. Ils parlaient par intervalles d’un ton tranquille, et répondaient à toutes les questions que nous leur faisions ; d’autres fois 1ls renouvelaient leur défi et leurs menaces, jusqu’à ce qu’enfin encouragés par la midité qu’ils nous supposaient , ils commençaient leur chanson et leur danse de guerre ; c'était le prélude de l’attaque, qui durait quelquefois si long-temps, que, pour la faire finir, nous étions obligés de urer quelques coups de fusil: Quelquefois ils se retiraient après nous avoir jeté quelques pierres à bord , comme s'ils eussent été contens de nous avoir fait une insulte dont nous n’osions pas nous venger.
« La danse de guerre consiste en un grand nom-
“ ‘il
bre de mouvemens violens et de contorsions hideuses ; le visage y joue un grand rôle ; souvent ils font sortir de leur bouche une langue d’une longueur incroyable, et relèvent leurs paupières avec tant de force , qu’on apercoit tout le blanc de l'œil en haut et en bas ; de manière qu’il forme un cercle autour de l'iris. Ils ne négligent rien de tout ce qui peut rendre la figure de l’homme difforme et effroyable : pendant cette danse, ils agitent leurs lances, ils ébranlent leurs dards, et frappent l’ar avec leurs patou-patous. Cette horrible danse est accompagnée d’une chanson sauvage, il est vrai, mais qui n'est point désagréable , et dont chaque refrain se termine par un soupir élevé et profond qu'ils poussent de concert. Nous vimes dans les mouvemens des danseurs une force, une fermeté et une adresse que nous ne pûmes pas nous empêcher d'admirer ; dans leurs chansons ils gardent la mesure avec la plus grande exactitude ; j'ai entendu plus de cent pagaies frapper à la fois avec tant de précision contre les côtés de leurs pirogues, qu’elles ne produisaient qu'un seul son à chaque temps de leur musique.
« Ils chantent quelquefois pour s'amuser et sans s'accompagner de danse , une chanson qui n’est pas fort différente de celle-là ; nous en avons entendu aussi de temps en temps d’autres chantées par les femmes, dont les voix sont d’une douceur et d’une mélodie remarquables , et ont un accent agréable et tendre. La mesure en est lente et la cadence
à peir sique de 77 n'est | de la de bo beauc qu'un ces in car nt
leurs
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insula
terai 8 où no huma où l'q qui fu quesornen
rsions hi- ; souvent igue d’une
paupières le blanc de 1 forme un ien de tout difforme et itent leurs ippent l'air e danse est il est vrai, ont chaque et profond es dans les e fermet et s empêcher dent la meai entendu vec tant de nes, qu'elles 1e temps de
user et sans qui n'est pas ns entendu tées par les eur et d’une nt agréable la cadence
DES VOYAGES. 201 triste. Toute cette musique, autant que nous en pümes juger sans avoir une grande connaissance de l'art , nous parut exécutée avec plus de goût qu’on n’a lieu de l'attendre de sauvages par:vres et errans dans un pays à moitié désert. Nous crûmes que leurs airs étaient à plusieurs parties ; du moins est-il certain qu'ils étaient chantés par plusieurs voix ensemble.
« Ils ont des instrumens sonores, mais on peut à peine leur donner le nom d’instrumens de musique : l’un est la coquille appelée Za trompette de Triton, avec laquelle ils font un bruit qui n'est pas différent de celui que nos bergers tirent de la corne d'un bœuf. L'autre est une petite flûte de bois, ressemblant à une quille d'enfant, mais beaucoup plus petite, et aussi peu harmonieuse qu'un peut sifilet. Ils ne paraissent pas regarder ces instrumens comme fort propres à la musique ; car nous ne les avons jamais entendus y joindre leurs voix ni en tirer des sons mesurés qui eussent la moindre ressemblance avec un air.
« Après ce que j'ai déjà dit sur l'usage où sont ces insulaires de manger de la chair humaine, j'ajouterai seulement que dans presque toutes les anses où nous débarquâmes, nous avons trouvé des os humains encore couverts de chair, prés des endroits où l’on avait fait du feu, et que parmi les têtes qui furent apportées à bord par le vieillard, quelques-unes semblaient avoir des yeux factices et des ornemens dans les oreilles, comme si elles cussent
été vivantes. Celle que M. Banks acheta Ini fat vendue avec beaucoup de répugnance. Elle paraissait avoir été ceile d'un jeune homme d'environ quatorze on quinze ans; et par les contusions que nous aperçümes à l’un des côtés, nous jngeâmes qu'elle avait été frappée de plusieurs coups violens ; il lui manquait même prés de l'œil une partie de l'os. Ceci nous confirma dans l'opinion que ces insulaires ne font point de quartier, et qu'ils ne gardent aucun prisonnier pour les tuer et les manger dans la suite, comme les habitans de la Floride; car s'ils avaient conservé des prisonniers, ce pauvre jeune homme, qui n’était pas en état de faire beaucoup de résistance, aurait probablement été du nombre; nous savons d'ailleurs qu'il fut tué avec les autres, puisque le combat s'était passé peu de jours avant notre arrivée.
« Nous avons donné ailleurs une description assez détaillée des bourgs ou hippahs de ces peuples, qui sont tous fortifiés ; depuis la baie Plenty ( d’Abondance ) en faisant le tour par le nord jusqu’au canal de la reine Charloue, les habitans semblent y résider habituellement; mais dans les environs de la baie de Pauvreté et d’autres baies de la côte orientale, au sud de la baie Plenty, nous n'avons point vu de hippahs. Les maisons y étaient isolées et dispersées à une certaine distance lune de l'autre ; cependant la pente des collines offrait des plates-formes fort longues, pourvues de pierres et de dards : elles servent probablement de retraites
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ni fut venparaissait iron qua sions que | jugeämes ps violens ; partie de que ces Inils ne garles manger la Floride ; TS, Ce pautat de fure lement été ul fut tué
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description le ces peubaie Plenty e nord jnses habitans ais dans les res baies de enty, nous ns y étaient nce l’une de
s offrait des |
e pierres et de retraites
DES VOYAGES. 203 à ces peuples, quand ils sont réduits à la derniére extrémité. Effectivement les hommes qui sont en haut peuvent combattre avec beaucoup d'avantage contre ceux qui sont au-dessous, en faisant pleuvoir sur eux des dards et des pierres, tandis qu'il est impossible à ceux-ci de lancer ces armes avec une égale force. Il est probable que les forts ne servent à ceux qui en sont les maîtres, que pour réprimer une attaque subite, car, comme les défenseurs de la place n’ont point d’eau, il leur serait impossible de soutenir un siége. Cependant ils y amassent des quantités considérables de racines de fougère et de poissons secs; mais ce sont probablement des provisions de réserve pour les diseutes qui surviennent de temps en temps, comme nos observations ne laissent aucun lieu d'en douter. D'ailleurs, pendant que l'ennemi rôde dans le voisinage, il peut être aisé aux habitans du fort, de se procurer de l’eau sur le penchant de la colline, au lieu qu’ils ne pourraient pas recueillir de même de la racine de fougère , ni prendre du poisson.
« Les peuples de ces cantons paraissent sentir tous les avantages de leur situation ; ils avaient l'air de vivre dans la plus grande sécurité ; leurs plantations étaient plus nombreuses, leurs pirogues mieux décorées, ils avaient de plus belles sculptures et des étoffes plus fines. Cette partie de la côte était aussi la plus peuplée ; peut-être devaient-ils l’abon dance et la paix dont ils jouissaient en apparence, à l’avantage d’être réunis sous.un chef ou roi; car
tous les habitans de ce district nous dirent qu'ils étaient sujets de Térêtou. Quand ils nous indiquérent de la main la résidence de ce prince , nous ju-
geâmes que c'était dans l’intérieur des terres; mais lorsque nous connûmes un peu mieuxle pays, nous trouvämes que c'était dans la baie Plenty.
« Je regrette beaucoup d’avoir été obligé de quitter la Nouvelle-Zélande, sans voir Térétou. Son territoire est certainement très- vaste, car 1l était reconnu pour souverain , depuis le cap Kidnappers, jusqu’à la baie Plenty, au nord : par conséquent, sur une étendue de cotes de plus de quatre-vingts lieues ; nous ignorons jusqu'où ses domaines pouvaient s'étendre à l'ouest. Les villes que nous avons vues dans la baie Plenty étaient peut-être les barrières de ses états; d'autant qu'à la baie de Mercure, les habitans n'étaient point soumis à son autorité ni à celle d'aucun autre chef; car partout où nous débarquions, et toutes les fois que nous parlions aux habitans de cette côte, ils nous dirent que nous n’étions qu'i peu de distance de leurs ennemis.
« Nous avons trouvé dans les domaines de Térétou plusieurs chefs subalternes pour lesquels on avait beaucoup de respect, et qui administraient probablement la justice. Ayant porté des plaintes à l’un d’eux sur un vol commis à bord du vaisseau par un insulaire, il donna au voleur plusieurs coups de pied et de poing, que celui-ci reçut comme un châtiment infligé par une autorité à la-
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quelle il ne devait point faire de résistance, et dont il n'avait pas droit de marquer du ressentiment. Nous n’avons pas pu apprendre si cette autorité se transmettait par héritage ou par élection; mais nous avons remarqué que dans cette partie de la Nouvelle-Zélande, ainsi que dans d’autres, les chefs étaient des hommes âgés. Nous avons appris cependant que dans quelques cantons, l'autorité des chefs était héréditaire.
« Nousavons trouvé dans les parties méridionales dela Nouvelle-Zélande de petites sociétés qui semblaient avoir plusieurs choses en commun, et en particulier leurs belles étoffes etleurs filets de pêche. Elles conservaient leurs étofles, qui étaient peutêtre des dépouilles de guerre, dans une petite hutte construite pour cet effet au milieu du bourg. Dans presque toutes les maisons, nous vimes des hommes travailler aux filets, dont ils rassemblaient ensuite les différentes parties pour les joindre ensemble. Les habitans de la Nouvelle-Zélande semblent faire moins de cas des femmes que les insulaires du grand Océan ; et telle était l'opinion de Topia qui s'en plaignait comme d’un affront fait au sexe. Nous remarquâmes que les deux sexes mangeaient ensemble, mais nous ne savons pas avec certitude la maniere dont ils partagent entre eux les travaux. Je suis porté à croire que les hommes labourent la
terre, font des filets , attrapent des oiseaux, vont à la pêche, et que les femmes recueillent la racine de fougère , rassemblent près de la grève les ho-
, ‘it
mards et les coquillages, apprêtent les alimens e1 fabriquent l'étofle : telles étaient du moins leurs occupations lorsque nous avons eu occasion de les observer ; ce qui nous est arrivé rarement, car, en général, partout où nous allions notre visite faisait un jour de fête ; les hommes, les femmes et les enfans s’attroupaient autour de nous, ou pour salisfaire leur curiosité , ou pour acheter quelques-unes des précieuses marchandises que nous portions avec nous , et qui consistaient principalement en clous , papiers et morceaux de verre.
« On ne peut pas supposer que nous ayons pu acquérir des connaissances très-étendues sur la religion de ces peuples ; ils reconnaissent l'influence de plusieurs êtres supérieurs, dont l'un est suprême elles autres subordonnés ; ils expliquent à peu près de la même manière que les Taïtiens lorigine du monde et la production du genre humain. Topia semblait avoir sur ces matières de plus grandes lumicres qu'aucun des habitans de la Nouvelle-Zélande; et lorsqu'il était disposé à les instruire , ce qu'il faisait quelquelois par de longs discours, il était sûr d'avoir un nombreux auditoire qui l'écoutait avec un silence si profond, avec tant de respect et d'attention , que nous ne pouvions pas nous empêcher de leur souhaiter un meilleur prédicateur.
« Nous n'avons pas pu savoir quels hommages ils rendent aux divinités qu'ils reconnaissent ; mais nous n'avons point vu de lieux destinés au culte public, comme les moraïs des insulaires du grand
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DES VOYAGES. 207 Océan. Cependant nous avons aperçu près d'une plantation de patates douces, une petite place carrée environnée de pierres, au milieu de laquelle on avait dressé un des pieux pointus qui leur servent de bêche , et auquel était suspendu un panier rempli de racines de fougére. En questionnant les naturels sur cet objet, ils nous dirent que c'était une offrande adressée à leurs dieux, par laquelle on cspérait les rendre plus propices, et obtenir d'eux une récolte abondante.
« Nous ne pouvons pas nous former une idée précise de Ja manière dont ils disposent de leurs morts. Les rapports qu’on nous à faits sur cet objet ne sont point d'accord. Dans les parties septentrionales de la Nouvelle-Zélande, ils nous dirent qu'ils les enterraient ; et dans la partie méridionale nous apprimes qu'on les jetait dans la mer. H est sûr que nous n’avons point vu de tombeaux dans le pays, et qu'ils aflectaient de nous cacher , avec une cspce de secret mystérieux , tout ce qui est relauf a leurs morts. Mais quels que soient leurs cimeuères, les vivans sont eux-mêmes des espèces de monumens de deuil. À peine avons-nous vu une seule personne de l’un ou de l’autre sexe dont le corps n'eùt pas quelques cicatrices des blessures qu'elle s'était faites, comme un témoignage de sa douleur pour la perte d’un parent ou d’un ami. Quelquesunes de ces blessures étaient si récentes, que le sang n'était pas encore entièrement étanché; ce qui prouve que la mort avait frappé quelqu'un sur
| la côte pendant que nous y étions. Cette circon- Î stance était d'autant plus extraordinaire qne nous n'avions point appris qu'on eût fait aucune cérémonie funéraire. Quelques-unes de ces cicatrices étaient très-larges et très-profondes , et nous avons vu plusieurs habitans dont elles défiguraient le vi-
sage. Nous avons encore observé dans ce pays un Un ch monument d’une autre espèce : c'était une croix Unh dressée près du canal de la Reine Charlotte. . « Après avoir décrit le mieux qu'il m'a été pos- Les cl sible les usages et les opinions des habitans de la 4 L'ore Nouvelle-Zélande, ainsi que leurs pirogues, leurs Æ Lefrc filets , leurs meubles, leurs outils, leur habille- Æ Lesy ment, je remarquerai que les ressemblances que Les j nous avons trouvées entre ce pays et les îles du e grand Océan , relativement à ces différens objets, % 5m sont une forte preuve que tous cesinsulairesontla % je même origine, et que leurs ancêtres communs étaient natifs de la même contrée. Suivant la tradi- Le de tion de chacun de ces peuples, ses pères vinrent, Le ve il y a trés-long-temps, d’un autre pays. D'après | . cette même tradition, ce pays s'appelait /iouidja ; N'a au reste , la conformité des langages paraît établir Ho ce fait d’une manière incontestable. J'ai déjà re- % Cocc marqué que Topia se faisait parfaitement entendre Pata des Zélandais lorsqu'il parlait dans la langue de ... son pays. Je vais donner un échantillon de cette ae ressemblance , en rapportant diflérens mots des Non
deux langues, suivant le dialecte des îles septen- Un. trionales et méridionales de la Nouvelle-Zélande ;. Deu
et on verra que l'idiome de Taïiti ne diffère pas plus de celui de la Nouvelle-Zélande , que les dialectes des deux îles de ce dernier pays ne différent l’un de l’autre.
te circon-
qne nous # une cérécicatrices À
ous avons Français. NouvELLE-ZÉLANDE, Taïre.
ient le vi- Ile du Nord. Ile du Sud.
€ pays un Un chef, Erité, Érité, Éri.
une croix Un homme, Tata, Tata, Tata.
otte Une femme, Ouhahine, Ouhahine, Evahine.
CRT ER La tête, Eoupo, Hioupoho, Eoupo.
P Les cheveux, Macaououi, Heou-ou, Roourou.
itans de la L'oreille, Terringa, Hetaheyei, Taria. ues, leurs Le front, Irai, Hiai, Iraiï.
\r habille- Les yeux, Mata, Himata, Mata.
ances que Les joues, Paparinga, Hepapaeh, Paparea. es tles du Le nez, Eiou, Hieïh, Eiou.
: La bouche, Hangoutou, Hegaoouai, Outou.
ns objets, | LE x Le menton, Ecououai, Hakaoeouai, Taa.
ares ont la Le bras, Haringarin- Rémé.
communs gou, at la tradi- Le doigt, Maticara, Hermaigaouh, Mancaou. S vin rent, Le ventre, si Obou.
à. D'après Le nombril > ÉEpito, Hiépito, Pito. | Re ci Venez ici, Horomaï, Heromaï, Harromai.
{iouidja ; su é À 4 à établi Poisson, Heica, Heica , Eyi.
ait établir Homard, Kooura, Kooura, Tooura.
tu 1 déjà re- Cocos, Taro, Taro, Taro.
entendre Patates dou- Coumala, Coumala, Coumala. langue de ces , , de cette Tgnames : Topocio, Tophoui, Tophoui. Oiseaux , Mannou, Mannou , Mannou.
mots des Non, Kaoura, Kaoura, Ouré.
EAN nant Un, Tahai, Tahai.
-Zélande;. Deux, Roua, Roua.
Français, NouvELLE-ZÉLANDE. Tairz. 4 | langue "le du Nord, Ile du Sud. | Nouve Trois, Torou, Torou. 4 noms, Quatre, Ha, Heha, F cles « Cine Rima Rima, è , Six | Ono . Ono. ho; s Sept, lou, Hitou, 15: 17 Huit, Ouarou, Ouarou. une re Neuf, Iva, Hiva. dent à Dix, Angahourou, Ahourou. À vraim La dent, Hennihou, Henéaho, Nihio. 1 pratid Le vent, Mehaou, Mattai.
Un voleur, Amoutou, Teto. + a P' Examiner, Mataketake , Mataïtaï. ficati0 Chanter, Ehire, Heiva. long Mauvais, Keno, Keno, Eno. exenn| Arbres, Eratou, Eratou, Eraou. «I Grand-père, Toubouna, Toubouna, Toubouna. q' i es re ap- Oouy terra, Oouy terra. Unrde elez = vous RE ou cela, un În toualr' « Ce vocabulaire prouve que la langue de la répét Nouvelle-Zélande et celle de Taïti sont radicale- pons ment les mêmes. Celles des parties septentrionale rovéi et méridionale de la Nouvelle-Zélande diffèrent 4 trou surtout par la prononciation, D'ailleurs le: mots Lan en usage dans ces deux cantons, que nous ve- arris nons de rapporter, n'ayant pas été écrits par Ja la N même personne , il est possible que l’une ait em- mat ployé plus de lettres que l’autre pour exprimer le drai même son. la n
« Je dois observer aussi que c’est le génie de la dou
Faire. À, langue, surtout dans Ja partie méridionale de la “ Nouvelle-Zélande, de mettre des arucles devant les fe M] noms, ainsi que nous y plaçons /e, un, etc. Les ar- | uicles dontils se servent communément sont Le ou | s lo; c'est encore un usage commun parmi eux, | à: \ d'ajouter le mot oeïa après un autre mot, comme ou. | une répétition dela même chose, surtout s'ils répon- . dent à une question ; ainsi que nous disons , oui due À vraiment, certainement, en vérité. D'aprés cette Le À pratique, nos ofliciers, qui ne jugeaient des mots que par l'oreille, sans pouvoir appliquer une signi- Éta. 1 fication à chaque son, formérent des mots d’une à. À Jlongreur énorme. Je vais faire entendre ceci par un exemple :
ne «@ Dans la baie des Iles il y en a une remarquable, baise qui est appelée par les naturels du pays Matouaro. y terra, , « , :
Un de nos ofliciersayantdemandé lenomde cetteîle, un [Indien répondit er y ajoutant la particule, #émar touaro ; l'officier n’entendant qu'imparfaitement , ie de la répéta sa question , et le Zélanduis réitéra sa réadicale- ponse en «ajoutant oéia, ce qui fit le mot kématouatrionale rooéia ; 11 arriva de là que dans le livre du lok, je lifférent À trouvai matouaro transformé en #emettiouarrooueia. le: mots La même méprise pourrait arriver à un étranger ous ve- arrivé parmi nous. Supposons qu'un habitant de
s par la
la Nouvelle-Zélinde soit à Hackney , et qu'il deait em—
mande « Quel village est-ce ici ? » on lui répon-
mer le drait « Machney. » Supposons encore qu'il réitère la môme question avec un air d'incertitude et de ie de la
doute, on lui dirait : « it is Hackney indeed, Oui
vraiment, c’est ÆacÂkney. » Si le Zélandais savait écrire, et qu'il fit un journal pour l'instruction de ses compatriotes , il y mettrait que pendant sa résidence parmi nous, il a été au village appelé « Itishackneyindeed ». Les insulaires du grand Océan emploient les articles te ou ta au lieu du ce ou du ko des Zélandais ; mais ils se servent également du mot oeïa, et lorsque nous commencâmes à apprendre la langue, nous tombämes par là dans plusieurs méprises ridicules.
« En admettant que ces iles, ainsi que celles du grand Océan, ont originairement recu leurs habitans du même pays, il restera toujours à savoir quel est ce pays. Nous pensämes unanimement que ces peuples ne viennent pas de l'Amérique, qui est située à l'est de ces contrées ; et à moins qu'il n'y ait au sud un continent d’une médiocre étendue , il s'ensuivra qu’ils viennent de l’ouest.
« Notre navigation a certainement été défavorable aux idées qu’on s'était formées d’un continent austral, puisque nous avons parcouru sans le trouver, au moins les trois quarts des positions dans lesquelles on suppose qu'il existe. Tasman, Juan Fernandés , Lhermite, Quiros et Roggeween , sont les principaux navigateurs dont on ait cité l'autorité dans cette occasion ; le voyage de l’Endeavour a démontré que la terre vue par ces marins , ne faisait pas partie d’un continent comme on l'a cru. Il à aussi entièrement détruit les argumens physiques dont on s’est servi pour prouver
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| que l'existence d'un continent austral était néces-
saire à la conservation de l'équilibre entre les deux
| hémisphères ; car sur ce principe, ce que nous
avons déjà prouvé n'être que de l’eau , rendrait trop léger l'hémisphère méridional. Dans notre route au nord, après avoir doublé le cap Horn, lorsque nous étions au 40° degré de latitude, notre longitude était de 110 , et à notre retour au sud, après avoir quitté Oulietea, quand nous nous retrouvâmes au 40° degré de latitude , notre longitude était de 145 degrés. Lorsque nous fûmes au 50° degré de latitude nord et sud , la différence de longitude entre les deux routes était de 21 degrés; cette différence resta la même jusqu’à ce que nous fussions descendus au 20° degré de latitude ; mais un simple coup d'œil sur la carte fera mieux entendre ceci que la description la plus détaillée. Cependant, comme on trouvera dans cette carte un grand espace qui s’étend jusqu'aux tropiques, et qui n'a été visité ni par nous, ni, à notre connaissance , par aucun navigateur ; et comme on verra d'ailleurs qu'il y a assez de place pour un continent austral qui s'étendrait au nord sous une lautude sud très-élevée, je vais donner des raisons qui me portent à croire qu’au nord du 40° degré de latitude sud , il n’y a point de cap d’aucun contüinent austral.
« Malgré ce, qu'on trouve dans quelques mappemondes , et ce que M. Dalrymple a dit sur Quiros, il est hors de toute probabilité qu'il ait vu aucun
signe d’un continent au sud des deux îles qu'il déconvrit au 25 ou 26° degré de latitude, et que je suppose pouvoir être situées entre le 130o° et le 140° degré de longitude ouest; 1l paraît encore moins vraisemblable qu'il ait découvert quelque chose qui, dans son opinion, fût un indice connu ou indubitable d’une pareille terre; car dans ce cas, il aurait certainement fait route au sud pour la chercher, et en admettant que Pindication fût infailble, 1l aurait dù la trouver par cette voie. La découverte d’un continent austral était le premier objet du voyage de Quiros, et personne ne paraît l'avoir eu plus à cœur que lui; de sorte que s’il a été au 26° degré de latitude sud, et au 146° degré de longitude ouest, où M. Dalrymple a placé les îles découvertes par ce navigateur, on peut justement en conclure qu'il n’y a aucune partie de continent austral qui s’étende à cette latitude.
« D'après la relation du voyage de Roggewecen , il ne paraîtra pas moins évident, je pense, qu'entre le 130° et le 150° degré de longitude ouest, il n’y a point de conunent au nord du 55° degré de lauitude sud. M. Pingré a inséré un extrait du voyage de Roggewcen, et une carte des mers du sud , dans un traité du passage de Vénus sur le disque du so- Jeil qu’il était allé observer ; et, sur des raisons qu'on peut voir détaillées dans son mémoire, il suppose qu'après avoir trouvé l’île de Pâques, qu'il place au 28° degré et demi de latitude sud et au 125° de Jongitude ouest, ce navigateur gouverna au sud-
| oucst jt . | nord-ot
jilest pi
Llinent
M. Dal
k {que de
vant er | même hors de propre lun con laquell pont est ImF quelle |
Ales rela n'a fait Quant sud ou prendr
jours & Nouvel de gra nairem
trés-él rencon mais je terre €
n'en pd de gra
s qu'il dé-
et que je et le 140° ore moins ue chose nu ou ince cas, 1l ur la cherfût infalie. La dée premier ne paraît que s’il a 46° degré placé les eut justetie de cone.
ggeween , , qu'entre est, il n’y ré de laudu voyage sud , dans que du sosons qu’on il suppose qu'il place au 123° de a au sud-
à DES VOYAGES. 305 À | oucst jusqu'au 54° degré sud, et ensuiic à l’ouest- L | nord-ouest; et si effectivement ce fut là sa route, . lilest prouvé sans réplique qu'il n’y a point de con-
|rinent au nord du 35° degré sud. Il est vrai que { M. Dalrymple dit que sa route fut différente, et | que de l’île de Pâques 1l porta nord-ouest en sui-
| vant ensuite une direction qui est à peu prés la À même que celle de Le Maire; mais il me paraît hors de toute probabilité qu'un homme qui , à sa
A propre requête, avait été envoyé pour découvrir
un continent méridional, ait pris une route par
A aquelle Le Maire avait déjà prouvé qu’on ne pouvait
Apoint en trouver; il faut cependant avouer qu'il
est impossible de déterminer d’une manière sûre
A quelle fut la route de Roggeween , parce que dans
Les relations qui ont été publiées de son voyage, on
n'a fait mention ni des longitudes ni des latitudes. Quant à moi, dans ma ronte, soit au nord, au Asud ou à l’ouest, je n'ai rien aperçu que j'aic:pu prendre pour un signe de terre, si ce n'est peu de jours avant de découvrir la côte orientale de la Nouvelle-Zélande. Il est vrai que j'ai vu souvent de grandes troupes d'oiseaux , mais c’étaient ordinairement des oiseaux qu’on trouve à une distance trés-éloignée des côtes ; il est vrai encore que j'ai rencontré fréquemment des moncecaux de goëmons; mais je ne saurais en conclure qu'il y eùt quelque terre dans le voisinage, parce que j'ai appris, à n’en pouvoir douter, qu'une quantité considérable de graines qui ne croissent que dans les îles de XIX, 29
506 HISTOIRE GÉNÉRALE l'Amérique, sont jetées toutes les années sur a côte d'Irlande, laquelle est éloignée de douze cents lieues.
« Voilà les raisons sur lesquelles je me fonde
pour avancer qu'il n'existe point de continent au
nord du 40° degré de latitude sud; je ne puis pas # affirmer également qu'il n’y en ait point au said du ? 40° parallèle; mais je suis si éloigné de vouloir dé- ?:
courager les entreprises qu'on pourrait faire encore pour résoudre enfin une question qui a été Jong-
Er ete