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misphère méridional au nord du 40° degré de latitude, ce serait dommage de laisser plus longemps cette portion du globe sans l’examiner, d’'au-
tant qu'une expédition faite pour cet objet procu-
rerait probablement de grands avantages. On re-
sondrait d'abord la question principale si long- !
temps incertaine, et quand on ne trouverait point | de conunent, on pourrait découvrir dans les ré-
gions du tropique de nouvelles îles, parmi les-
quelles ilyena vraisemblablement beaucoup qui |
n'ont été encore reconnues par aucun vaisseau d'Europe. Topia nous a fait de temps en temps la descripuon de plus de cent trente de ces îles , et dans une carte qu'il a tracée lui-même, il en a placé jusqu'a soixante-quatorze. »
Cook était parti le 51 mai d’un cap situé à l'entrée occidentale du détroit qui porte son nom. Ce cap,
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DES VOYAGES. 307 qu'il appela cap Farewell, est situé par 40° 33’ de lautude sud , et 186° 19° de longitnde occidentale.
Il fit voile à l’ouest ; le 18 avril, il vit la terre de Van
| Diemen par 38° sud et 215° 16’ ouest, et se dé-
termina à suivre son projet de remonter le long de
| la côte de la Nouvelle-Hollande jusqu’à la Nouvelle-
| Guinée.
Le 25 avril, ayant apercu, pour la premiére
dis , des habitans sur la côte, Cook voulut des- A cendre à terre avec MM. Banks et Solander ; mais L] , . . , {quand il s’approcha du rivage, les Indiens s’en- Le
fuirent, et la mer brisait avec tant de force qu’il ne put aborder. Le 28, il découvrit une baic située par 54° sud et 208° 27" ouest; comme elle paraissait à l'abri de tous les vents, il y mouilla.
On avait de loin distingué des sauvages ; à l’approche de la pinassé, ils ahsndonnèrerit le feu autour duquel ils étaient assis, et se retirérent sur une éminence d'où ils pouvaient observer ce qui se passait. Bientôt d’autres Indiens arrivérent et agirent leurs lances en faisant des gestes menaçans. Leurs visages semblaient être couverts d’une poudre blanche ; leurs corps étaient peints de larges raies de la même couleur ; ils en avaient aussi aux jambes el aux cuisses.
Des femmes et des enfans arrivèrent dansl’aprésmidi à un petit village vis-à-vis duquel les Anglais étaient mouillés; quatre pirogues revenant de la pèche débarquèrent plusieurs hommes; quand ces embarcations eurent été halées à terre, la troupe
308 HISTOIRE GÉNÉRALE se mit à apprêter le dîner sans faire la moindre attention aux Anglais : tous étaient absolument
nus.
Cependant, lorsque le canot dans Jeqnel Cook
s'était embarqué voulut aborder à l'endroit où ces À Indiens se trouvaient, ils se levérent pour lui dis- k puter le terrain ; ils brandissaient leurs lances et par. laient trés-haut. Topia n’entenduit pas un mot de & leur langage, qui étaittrés-rude etdésigréable. Cook ! j
admirait leur courage ; il lui répugnait d'employer la force contre ces sauvages qui n'étaient que deux Le) ?
et voulaient se défendre contre quarante hommes, !
On parlementa avec eux pendant un quart d'heure; pour gagner leur bonne volonté, on leur jeta des clous, de la verroterie et d’autres bagatelles; ils semblérent les regarder avec plaisir. Il leur fit signe qu'il avait besoin d’eau ; il eut recours à tous les
moyens qu'il put imaginer pour les convaincre !
qu'on ne voulait pas leur faire de mal. Il ne put
leur inspirer des sentimens plus pacifiques. Obligé | d'employer la force, il fit urer un coup de fusil à !
poudre par-dessus leur tête ; ils répondirent par
une pierre qui fut lancée contre les Anglais; un | autre coup tré à plomb les mit en fuite. Bientôt |
ils revinrent et décochérent leurs lances ; un troisième coup de fusil les força de s'éloigner, aprés avoir encore jeté une lance; alors on débarqua. On visita les huttes de ces sauvages, et on y laissa des présens.
On ne put avoir aucune communication avec
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DES VOYAGES. 509 Le . . . 1 a moindre D CCS Indiens. Quand le vaisseau eut rempli ses pièces | à eau, il quitta cette baie, à laquelle le grand | nombre de plantes nouvelles que MM. Banks et -
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quel Cook À Solander y trouvèrent, fit donner le nom de Boroit où ces À À t42y-Bay (baie de Botanique ). urdui dis- +4 Trois lieues au nord, il vit une baie ou havre inces el par- dans lequel il lui sembla que le mouillage était
un mot de + 4 fort bon; il le nomma port Jackson. 1] continua éable. Cook © À ainsi à ranger la côte, sur laquelle il apercevait souvent de la fumée, et distinguait , à l’aide des
d'employer | it que deux, | lunettes d'approche, des troupes d’Indiens. Une te hommes. seule fois on en vit qui regarduient le vaisseau avec ant d'heures M beaucoup d'attention. C'était le premier exemple de curiosité que l’on eût observé parmi eux.
eur jeta des au: ne gatelles; ils M On ne saurait qu imparfaitement les obligations eur fit signe M que nous avons à ces hommes intrépides qui ont 5 à tous les tant augmenté la sphère de nos connaissances, si convaincre M l'on ne se formait pas en même temps une idée de l Ine put tout ce qui leur en a coûté pour nous les donner. ques. Obligé À Écoutons le capitaine Cook. Il y a de quoi admirer 1p de fusil à 4 et frémir. | ndirent par | « Depuis notre arrivée sur la côte de la Nouvelle- Anglais; un À Hollande, nous avions navigné sans accident le üte. Bientôt À long de cette côte dangereuse, où la mer, dans es ? un troi- une étendue de vingt-deux degrés de latitude, c'estyner, après à-dire de plus de treize cent milles, cache partout à débarqua. des bancs qui se projettent brnsquement du pied t on y laissa de la côte , et des rochers qui s'élèvent tout à coup du fond de la mer en forme de pyramide. Jusque-là ication avec À «ucun des noms que nous avions donnés aux diflé-
rerdes parties du pays n'étaient des monumens de À
détresse ; mais le 10 juin nous commencâmes à connaître le malheur, et c'est pour cela que nous
avons appelé cap de Tribulation la pointe la plus À
éloignée qu’en dernier lieu nous avions apercue au ! . | nous :
nord.
« Ce cap gît par 16° 6’ de latitude sud, et par 214° 39 de longitude ouest. Nous étions à la distance de trois à quatre lieues de Ja côte, ayant de quatorze à douze et dix brasses d'ean : nous déconvrimes an large deux îles, à environ six on sept lieues de la grande terre. A six heures du soir, nous avions au nord-ouest deux îles basses et couvertes de bois, que quelques-uns de nous prirent pour des rochers qui s’élevaient au-dessus de l’eau. Nous
diminuäâmes alors de voiles, et nous serrâmes le \ vent au plus prés; mon dessein était de tenir le &
large toute la nuit, non-seulement pour éviter lc 4
danger que nous apercevions à l'avant, mais encore scraq ,
pour voir sl y avait quelques îles dans la haute |
mer, d'autant plus que nous étions trés-prés de la latitude assignée aux îles découvertes par Quiros, et que des géographes, par des raisons que je ne connais pas, ont cru devoir joindre à cette terre. Nous avions l'avantage d'un bon vent et d’un clair de lune pendant la nuit; en portant au large depuis six jusqu'a prés de neuf heures, l’eau augmenta de quatorze à vingt - une brasses de pro: fondeur ; mais pendant que nous étions à souper, elle diminua tout à coup, et retomba à douze, dix
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DES VOYAGES: 511 et huit brasses dans l'espace de quelques minutes. Sur-le-champ, j'ordonnai à chacun de se rendre à son poste, et tout était prêt pour virer de bord et mettre à l'ancre; mais la sonde ayant ensuite marqué une eau profonde, nous conclümes que
| nous avions passé sur l'extrémité des bas- fonds
que nous avions vus au coucher du soleil, et qu'il n'y avait plus de danger. Avant dix heures, nous eûmes vingt et vingt-une brasses. Comme cette profondeur continuait , les ofliciers furent tranquilles et allérent se coucher. À onze heures moins quelques minutes, l’eau baissa tout d'un coup de vingt à dix-sept brasses , et avant qu'on pût de nouveau
jeter la sonde, le vaisseau toucha. Il resta immo-
bile, si l'on en excepte le soulèvement que lui donnait la lame en le battant contre le rocher sur lequel il était. En peu de momens tout l'équipage fut sur le pont ; tous les visages exprimaient avec énergie l'horreur de notre situation. Conime nous avions gouverné au large, avec une bonne brise, l'espace de trois heures et demie, nous savions que nous ne pouvions pas être trés-prés de Ja côte. Nous n'avions que trop de raisons de craindre que nous ne fussions sur un rocher de corail, qui sont plus dangereux que les autres, parce que les pointes en sont aiguës et que chaque partie de la surface est si raboteuse et si dure, qu’elle brise et rompi tout se qui s’y frotte, même légèrement. Dans cet état, nous amenâmes sur-le-champ toutes les voiles, et les canots furent mis en mer pour sonder autour
Lad LA , 212 HISTOIRE GENERALE
du vaisseau. Nous déconvrimes bientôt que nos craintes n'avaient point exagéré notre malheur, et que le bâtiment ayant été porté sur une ceinture de rochers, il était échoué dans un trou qui se trouvait au milieu. Dans quelques endroits, il y avait de trois à quatre brasses d’eau ; dans d’autres il n'y en avait pas quatre pieds, et à environ soixante pieds à tribord, l’eau avait une profondeur de huit, de dix et de douze brasses. Je pris toutes les mesures requises pour remettre à flot le vaisseau ; mais, à notre grand regret, nous ne pûmes jamais le mouvoir; 11 continuait à battre contre le rocher avec heaucoup de violence, de sorte que nous avions de la peine à nous tenir sur nos jambes. Pour accroître notre malheur, nous vîimes à la Iueu: de la June flotter autour de nous les planches du doublage de la quille, et enfin Ja fausse quille; chaque instant préparait le passage à la vague qui devait nous englontir. Nous n'avions d'autre ressource que d’alléger le vaisseau, et nous avions perdu l’occasion de tirer de eet expédient le plus grand avantage ; car malheureusement nous échouâîmes à la marée haute ; elle était alorsconsidérablement diminuée: ainsi en allégeant le bâtiment de manière qu'il uürât autant de pieds d’eau de moins que la marée en avait déjà perdu, nous ne nous serions trouvés que dans le même état où nous étions au premier instant de l'accident. Le seul avantage que nous procurait cette circonstance, c’est qu'à mesure que la marée descendait,
t que nos malheur, et 1e ceinture rou qui se Jroits, il y ns d’autres à environ ne profonses. Je pris ettre à flot t, nous ne ut à battre lence, de nous tenir malheur, ter autour à quille, et réparait Je utir. Nous le vaisseau, ‘de eet exlheureuse- ; elle était nallégeant it de pieds éjà perdu, s le même l'accident.
te circonescendait ,
le bâtiment se fixait sur les rochers et ne battait pas avec autant de violence. Nous avions quelque espoir sur la marée suivante , mais il était incertain que le bâtiment pût tenir jusqu'alors; d'antant plus que le rocher râclait sa quille sous l'avant à uibord, avec une si grande force, qu'on entendait le bruit de la soute de l'avant. Notre situation ne nous permettait pas de perdre le temps à des conjectures ; nous fimes donc tous nos eflorts pour opérer une délivrance que nous n'osions espérer. Les pompes travaillèrent sur-le-champ ; nous n’avions que six canons sur le pont; nous les jetâmes tout de suite à la mer, ainsi que notre lest en fer et en pierres, des futailles, des douves et des cerceaux, des jarres d'huile; de vieilles provisions, et plusieurs autres des objets les plus pesans. Chacun se mit au travail avec un empressement qui approchait presque de la gaîté, et sans la moindre marque de murmure ou de mécontentement : nos matelots étaient st fort pénétrés du sentiment de leur situation , qu'on n’entendit pas un seul jurement ; la crainte de se rendre coupable de cette faute dans un moment où la mort semblait si prochaine, réprima cette habitude , quelque empire qu’elle eût.
« Enfin le 11, au point du jour, nous vimes la terre à environ huit lieues de distance, sans apercevoir dans l’espace intermédiaire une seule île sur laquelle les canots eussent pu nous conduire, pour nous transporter ensuite sur Ja grande terre, en cas que le vaisseau fût mis en pièces. Le vent
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