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” / , ’ 914 HISTOIRE GENFRALE
tomba pourtant par degrés, et nous eùmes calme tout plat d'assez bonne heure dans la matinée ; sil avait été fort, notre bâtiment aurait infaillible. ment péri, Nous attendions la marée haute à onze heures du matin ; nous portämes les ancres en dehors, et nous fimes tous les autres préparatifs pour tâcher de nouveau de remettre le vaisseau à flot; nous ressentimes une douleur et une surprise qu'il n'est pas possible d'exprimer, lorsque nous vimes qu'il ne flottait pas de plus d'un pied et demi, quoique nous l’eussions allégé de près de cinquante tonneaux, car la marée du jour n'était pas parvenue à une aussi grande hauteur que celle de la nuit : nous nous mîmes à l’alléger encore davantage, et nous jetâmes à la mer tout ce qui ne nous était point absolument nécessaire. Jusqu'ici le vaisseau n'avait pas fait beaucoup d'eau : mais à mesure que la marée baïssait, l’eau y entrait avec tant de rapidité, que deux pompes travaillant continuellement pouvaient à peine nous empêcher de couler à fond : à deux Leures, deux ou trois voies d'eau s'ouvrirent à tribord, et la pinasse, qui était mouillée de l'avant, toucha fond. Nous n'avions plus d'espoir que dans la marée de minuit; et afin de nous y préparer, nous placämes deux ancres d'affourche, l’une à tribord, et l’autre directement à l'arrière; nous mimes en ordre tous les appareils dont nous devions nous servir pour ürer les câbles peu à peu ; nous amarrâmes une des extrémités des câbles à l'arrière, et nous les roidimes ,
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du câble q le remettr( rochers. S marée cot quimes en des progrc nouvelles qu'une qu manœuvri Vaisseau $ augmenté à fond dé cher. Cet gardions] non pas mais com vions que ter tous à verait, C mentnis une con rait les h périr pal nous sav uns den moins à ceux qui contre l:
DES VOYAGES. 515 afin que l'effort suivant pût produire quelque effet sur le vaisseau ; et qu'en raccourcissant la longueur du câble qui était entre lui et les ancres, on püût le remettre au Jarge en le détachant du banc de rochers. Sur les cinq heures de l'après-midi la marée commença à monter; mais nous remarquâmes en même temps que la voie d'eau faisait des progrès alarmans; de sorte qu'on monta deux nouvelles pompes : malheureusement il n'y en eut qu'une qui fût en état de travailler, Trois pompes manœuvraient continuellement; à neuf heures le vaisseau se redressa ; mais la voie d'eau avait si fort augmenté, que nous imaginions qu'il allait couler à fond dès qu'il cesserait d'être soutenu par le rocher. Cette situation était effrayante, et nous regardions l'instant où le bâtiment serait remis à flot, non pas comme le moment de notre délivrance, mais comme celui de notre destruction : nous savions que nos canols ne pourraient pas nous porter tous à terre, et que quand la crise fatale arriverait, comme il n'existerait plus ni commande ment ni subordination, il s'ensuivrait probablement une contestation pour la préférence, qui angmenterait les horreurs du naufrage même, et nous ferait périr par les mains les uns des autres. Cependant nous savions très bien que si on laissait quelquesuns de nous à bord, ils auraient vraisemblablement moins à souffrir en périssant dans les flots, que ceux qui gagneraient terre, sans aucune défense contre les habitans, dans un pays où des filets et
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