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DES VOYACES. 549 unes sont vertes, et vivent sur les arbres où elles construisent des nids , qui sont d'une grosseur moyenne entre celle de la tête d’un homme et son poignet. Ces fourinilières sont d’une structure trèscurieuse ; les fourmis les composent en pliant plusieurs feuilles dont chacune est aussi large que la main : elles en joignent les pointes ensemble avec une espèce de glu, de manière qu’elles forment une bourse. Nous n'avons pas pu observer la manicre dont elles s'y prennent pour replier ces feuilles ; mais nous en avons vu des milliers qui réunissaient toutes leurs forces pour les tenir dans cette position , tandis qu'un grand nombre d’autres étaient occupées à appliquer la substance visqueuse qui devait les empêcher de retourner dans leur premier état. Afin de nous convaincre que les feuilles étaient pliées et maintenues dans celte position par les efforts de ces petites ouvrières , nous troublâmes leurs travaux, et dès que nous les eûmes chassées de l'endroit qu'elles occupaient, les feuilles replictes se détendirent par leur élasticité naturelle avec une si grande force, que nous fümes surpris de voir comment , au moyen de la combinaison de leurs efforts, elles avaient pu la dompter. Si nous satisfimes notre curiosité à leurs dépeus , elles se vengérent de l'injure ; des milliers de ces insectes se jetérent à l'instant sur nous, et nous causérent une douleur insupportable avec leurs aiguillons , surtout ceux qui s’attachaient à notre cou .et qui pénétraient dans nos cheveux ,
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50 HISTOIRE GÉNÉRALE d'où il n'était pas facile de les écarter. La piqüre de ces aiguillons n'était guère moins douloureuse que celle d'une abeille ; mais à mois qu'elle ne fût répétée, la souffrance ne duriut pas plus d'une innute.
« Les travaux et la manière de vivre d'une autre espèce de fourmis entièrement noires, ne sont pas moins extraordinaires. Elles forment leur habitation dans l'intérieur des brancies d’un arbre, qu'elles viennent à bout de ereuse: en tirant la moelle presque jusqu'à l'extrémité du plus mince rameau ; l'arbre continue à porter des fleurs, conime si son intérieur n'était pas habité par de pareils hôtes. Lorsque nous découvrimes cet arbre pour la premiére fois, et que nous arrachâmes quelques-unes de ses branches, nous ne fümes guère moins étonnés que nous laurions 6 si nous avions profané un bosquet enchanté, où tous les arbres blessés par la hache auraient donné des signes de vie; car nous fimes à l'instant couverts d'une multitude de css animaux qui sortaicnt par essaims de tous les rameaux que nous avions rompus, et qui dardaient contre nous leurs aiguillons avec une violence continuelle.
« Nous avons vu aussi une troisième espèce de fourmis qui avaient leur nid dans la racine d’une plante, croissant comme le gui sur l'écorce d’un arbre ; elles la percent pour s’y loger. Cette racine cst ordinairement aussi grosse qu'un grand navet, et quelquefois elle l'est bien davantage. En la cou-
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terre, Leurs aiguillons étaient à peine assez forts pour se faire sentir ; cependant elles nous tourmentaient au moins autant que si cles nous avaient blessés par leurs piqûres ; car, à instant que nous touchions les racines, elles sortaient en foule de leurs trous, et se précipitaient sur les parties de notre corps qui étaient découvertes ; elles y excitient un chatouillement plus insupportable qu’une piqüre.
« Une quatrieme espèce de fourmis ne fait aucun mal; elles ressemblent exactement aux fourmis blanches des Indes orientales. Elles ont des habitations de deux sortes ; l’une est suspenduc sur des branches d'arbres, et l’autre est construite sur la terre. Les fourmilières, suspendues sur les arbres , sont trois ou quatre fois aussi grosses que la tête d’un homme , et elles sont composées d'une substance cassante, qui semble être formée de petites parties de végétaux pétries ensemble avec une matiére glutineuse que les insectes urent probablement de leur corps. En rompant cette croûte, on aperçoit dans un grand nombre de sinuosités une
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quantité prodigieuse de cellules qui ont toutes une communication entre elles, et plusieurs ouvertures qui conduisent à d'autres fourmilières sur le même arbre. Une grande avenue, ou chemin couvert, va Jusqu'à terre , et communique par-dessous à lattre tourmiliére construite ordinairement à -la racine d'un arbre, mais non pas de celui sur lequel sont les autres habitations ; elle a la forme d’une pyramide à côtés irréguliers, et quelquefois plus de six pieds de hauteur et à peu près autant de diamètre. Quelques-unes sont plus petites; celles-ci ont en général les côtés plats , et ressemblent beaucoup par la figure aux pierres qu’on voit en plusieurs parties de l'Angleterre, et qu'on suppose être d'anciens monumens des druides. La parue extérieure de ces dernières est d’une argile bien délayée , d'environ deux pouces d'épaisseur ; elles contiennent, en dedans, des cellules qui n'ont point d'ouverture en dehors, mais qui communiquent seulement par un canal souterrain aux fourmilières qui sont sur les arbres. Les fourmis inontent dans cet arbre par la racine, et ensuite le long du tronc et des branches, sous des chemins couverts qui sont de la même espèce que ceux par lesquels elles descendent de leurs autres habitations. Elles se retirent probablement en hiver, et durant la saison pluvieuse, dans ces demeures souterraines, parce qu’elles y sont à l'abri de l'humidité et du froid, avantage que celles qui sont construites sur les arbres, quoiqu'en général pla-
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