‹ Abrégé de l'histoire générale des voyages [microforme] (volume 2)Chapitre 3 sur 36 · CEST · texte numérisé non relu

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tions , nous accontument à les voir sans en être sur-

pris. Le meilleur usage peut-être que nous puis-

sions faire de la connaissance de ces mœurs étran-

gères, c’est de nous montrer combien les sottises

du genre humain sont essentiellement les mêmes

presque partout. Lorsqu'un zélé dévot de l'église

romaine voit les Indiens des bords du Gange per-

suadés qu’ils s’assurent le bonheur d'une vie future

en mourant avec la queue d’une vache dans la main,

il rit de leurs extravagances et de leur superstition ; mais ces Indiens riraient à leur tour si on leur disait qu'il y a dans le continent de l'Europe des hommes qui imaginent qu'ils se procureront les mêmes avantages en mourant avec les sandales d'un franciscain.

« Comme les Taïtiens depuis quelques jours nous apportaient du fruit à pain en moindre quantité qu’à l'ordinaire , nous en demandämes la raison, et l’on nous dit que les arbres promettaient une récolte abondante , et que chacun avait alors cueilli une partie des fruits pour en faire une espèce de pâte aigrelette qu'ils appellent mahié, et qui, aprés avoir subi une fermentation, se conserve pendant un temps considérable ;, et leur sert d’alimens lorsque les fruits ne sont pas encore mûrs.

« Le principal personnage du deuil devait faire le 10 la cérémonie en l'honneur de la vicille femme dont nous avons déjà décrit le tombeau. M. Banks était si curieux de voir tous les mystères de la so-

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aprés qu'on lui cut dit qu'il ne pouvait pas y as-

“ sister sans cette condition. Il alla donc le soir dans

l'endroit où était déposé le corps, et il fut reçu par la fille de la défunte, quelques autres personnes et un jeune homme d'environ quatorze ans, qui se préparaient tous à la cérémonie. Toubourai-Tamaidé en était le chef. La figure de son habille- ! ment était extrêmement bizarre, et pourtant lui * seyait assez bien. On dépouilla M. Banks de ses vêtemens à l'européenne ; les Taïtiens nouërent autour de ses reins une petite piéce d’étoffe, et ils ‘ Jui barbouillérent tout le corps jusqu'aux épaules

EHESS

avec du charbon et de l’eau, de manière qu'il était aussi noir qu’un négre. Ils firent la même opérauon à plusieurs personnes , et entre autres à quel- « ques femmes qu'on mit dans le même état de nudité que lui; le jeune homme fut noirci partout, + et ensuite le convoi se mit en marche.

« Toubouraïi-Tamaïdé proférait prés du corps quelques mots que nous avons jugé être une prière : il récitait les mêmes paroles lorsqu'il fut arrivé dans sa maison ; ils continucrent ensuite leur route | vers le fort, dont nous leur avions permis d’approï cher dans cette occasion. Les Taïitiens ont coutume { de s'enfuir avec la plus grande précipitation à l’ar- \ rivée du convoi; dés qu'il fut aperçu de loin par | ceux qui étaient aux environs du fort, ils allèrent se cacher dans Les bois. Le convoi march . du fort

le long de la côte , et mit en fuite une autre troupe XIXe 7

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