‹ Abrégé de l'histoire générale des voyages [microforme] (volume 2)Chapitre 30 sur 36 · CHE · texte numérisé non relu

CHE

AE TRAIN TAN D om

GET PART eE RRRT PE ET

Ébben aruaiis

ne

G5 tée pendant quelque temps, l’'éincelle jeta de la flanime ; il en mit ensuite une autre à un endroit différent dans de l'herbe qui s'enflamma de même,

et ainsi dans toute sa route.

« L'histoire du genre humain présente peu de faits aussi extraordinaires que la découverte et l'application du feu. Le hasard dut apprendre la manicre de le produire par collision ou par frottement ; mais ses premiers effets dürent frapper naturcllement de consternation et de terreur, des hommes pour qui cet élément était un objet nouveau ; 1l parut alors être un ennemi de la vie et de la nature, et détruire tous les êtres susceptibles de sensation ou de dissolution , et par conséquent il n’est pas aisé de concevoir ce qui put engager les premiers qui le virent recevoir du hasard une existence passagtre, à le reproduire à dessein. Il n’est pas possible que des hommes qui ont vu du feu pour la première fois, s'en soient approchés avec autant de précaution que ceux qui en connaissent les effets ; c’est-à-dire, d'assez près pour en recevoir de la chaleur sans en étre blessés. Il serait naturel de penser que l'excessive douleur qu'éprouva le sauvage curieux qui fut le premier brûlé par le feu, düt faire naître entre cet élément et l'espèce humaine urte aversion éternelle , et que le même principe qui l’a porté à écraser un serpent, dût l'engager à détruire le feu, et à se bien garder de le reproduire , quand les moyens en furent connus. 11 est donc très-diflicile d'expliquer comment les

566 HISTOIRE GÉNÉRALE hommes se familiarisérent avec cet élément au point de le rendre utile, et comment on s’en servit Ja première fois pour cuire les alimens, puisqu'on avait contracté l'habitude de manger crues les nourritures animales et végétales, avant qu'il y eût du feu pour les apprêter. Ceux qui ont pesé la force de l'habitude croiront d’abord que des hommes accoutumés à prendre des alimens crus, dürent trouver aussi désagréables ceux qui étaient cuits, que le seraient des plantes ou des viandes crues pour des personnes qui auraient toujours mangé cuites les nnes et les antres. Il est remarquable que les habitans de la Terre du Feu produisent le feu par collision, et que les habitans plus heureux de la Nouvelle-Hollande, de la Nouvelle-Zélande et de T'aïti l'allument en frottant une substance combustible contre une autre. N'y a-til pas quelque raison de supposer que ces différentes opérations répondent à la manière suivant laquelle le hasard a fait connaître cet élément dans la zone torride et dans la zone glaciale ? On ne peut pas supposer que chez les habitans sauvages d’un pays froid , aucune opération de l’art, ou aucun accident aie produit le feu aussi aisément par frottement que dans un climat chaud où tous les corps sont chauds, secs et combusubles, et dns lesquels circule un feu caché que le plus léger mouvement suffit pour faire paraître au dehors. On peut donc imaginer que dans un pays froid le feu a été produit par la collision accidentelle de deux substances

Page 1