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DES VOYAGES. 107 Les naturels mettaient une attention extrême à J'en empécher ; ils employaient presque la force lorsqu'elle était sur le point de succomber. Ils retenaient l'enfant en dehors avec autant d’inquiétude : le docteur Solander, le rencontrant à la porte, le prit par la main, et l'introduisit dans la tente avant que les Taitiens s’en apercussent : mais d’antres qui s'y trouvaient déjà le voyant arriver, le firentsorur.
« Ces circonstances excitèrent vivement notre curiosité : nous nous informâmes de la qualité de nos hôtes, et nous apprîmes qu'Omao était le mari d'Obéréa; qu'ils s'étaient séparés depuis longtemps, d’un commun accord; et que la jeune femme et le petit garçon étaient leurs enfans. Nous apprîmes aussi que l’enfant qui s'appelait Zerridiri, était l'héritier présomptif de la souveraineté de l'île; que sa sœur lui était destinée pour femme, et qu'on différait le mariage jusqu’à ce qu'il eût un âge convenable. Le souverain actuel de l’île était un fils d'Ouappaï, qu'on nommait Outou, et qui était encore mineur, comme nous l'avons observé plus haut. Ouappaï, Omao, et Toutahah étaient frères : comme Ouappai, l’aîné des trois, n'avait point d'autre enfant qu'Ouiou, le fils d’Omao, son premier frère; était l'héritier de la souvceraineté, Il paraîtra peut-être étrange qu’un enfant soit souverain pendant la vie de son père; mais, suivant la coutume du pays, il succède au titre et à l'autorité de son père dès le moment de sa nais-
sance, On choisit un régent; le père da nouvean souverain conserve ordinairement, à ce titre, son autorité, jusqu'a ce que son fils soit en âge de gouverner par lui-même : cependant on avait dérogé à l'usage dans ce cas, et la régence était tom= bée sur Toutahah , oncle du petit rot , parce qu'il s'était distingué dans une guerre. Omao me fit, sur l'Angleterre et ses habitans, plusieurs questions qui décelaient beaucoup de pénétration et d'intellyence.
« Le 26, sur les trois heures du matin, je m'emibarquai dans la pinasse , accompagné de M. Banks, pour faire le tour de l'île, et dresser une carte de ses côtes et havres. Nous primes notre route vers l'est, et à huit heures du matin nous allâmes à terre dans un district appelé Oahounné, gouverné par Ahio , jeune chef que nous avions vu souvent dans nos tentes , et qui voulut bien déjeuner avec nons. Nous y trouvâmes aussi deux autres Taitiens de notre conaissance , Titéboalo et Houna, qui nous menérent dans leurs maisons, prés desquelles nous rencontrâmes le corps de la vieille femme dont M. Banks avait suivi le convoi. Cette habitation avait passé par hérNage de la défunte à Houna ; etcomme il était pour cela nécessaire que le cadavre y füt placé, on l'avait tiré du lieu où il avait été déposé par le convoi, pour l'y transporter. Nous allâmes à pied vers le havre d'Ohidey, où mouilla M. de Bougainville. Les naturels du pays nous montrèrent l'endroit où il ayait dressé ses tentes, et le ruisseau
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