‹ Abrégé de l'histoire générale des voyages [microforme] (volume 2)Chapitre 7 sur 36 · TE TR RE RU · texte numérisé non relu

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qui lui servit d'aiguade : nous n'y reconnümes pourtant d’autres vestiges de son séjour que les trous où les piquets des tentes avaient été plantés, et un morceau de pot cassé. Nous vimes Ereti, chef qui était son principal ami, et dont le frère Aotourou s'embarqua sur la Boudeuse.

« Ce havre est situé au côté occidental d’une grande baie, et sous Pabri d'une petic île appelée Boourou, voisine d’une autre qu’on nomme Taaouiri ; la coupure dans les récifs est trèsgrande, mais l'abri n'est pas trop bon pour les vaisseaux.

« Aprés que nous eùmes examiné cet endroit, nous rentrâmes dans la pinasse qui nous suivait ; nous tâchâmes d'engager Titéboalo à venir avec nous à l’autre côté de la baie, mais 1l ne voulut point y consentir ; 1] nous conscilla même de ne pas y aller : il nous dit que ce canton étuit habité par un peuple qui n’était pas sujet de Toutahah, et qui nous massacrerait ainsi que lui. On imagine bien que cette nouvelle ne nous fit pas abandonner notre entreprise : nous chargeämes sur-le- champ nos armes à feu à balles ; et Titeboalo, qui comprit que cette précaution nous rendait formidables, consentit alors à être de notre expédition.

« Aprés avoir vogué jusqu’au soir, nous parvinmes à une langue basse de terre, ou isthme placé au fond de la baie, et qui partage l'île en deux péninsules, dont chacune forme un district

110 HISTOIRE CÉNÉRALE

ou gouvernement entiérement indépendant l’un de l'autre. Comme nous n'étions pas encore entrés dans le pays de notre ennemi, nous résolûmes de passer la nuit à terre : nous débarquâmes, et nous trouvämes peu de maisons ; mais nous vimes plusieurs doubles pirogues dont nous connaissions les maîtres , qui nous donnèrent à souper et un logis. M. Banks dut le sien à Ouratoua , la femme qui lui avait fait ses complimens au fort d'une manière si singulière.

« Le 27 au matin, nous examinâmes le pays: c’est une plaine marécageuse d'environ deux milles, au travers de laquelle les insulaires portent leurs canots jusqu’à l’autre côté de la baie. Nous nous préparâmes alors à continuer notre route vers le canton que Titéboalo appelait l’autre royaume. 11 nous dit qu'on nommait J'ierrébou où T'aïti-Eté cette parte de l'île, et Ouahitéa le chef qui y gouvernait. Nous apprîmes aussi, à cette occasion, que la péninsule où nous avions dressé nos tentes s'appelait Opoureonéï où O-Taiti-Néï. Titéboalo semblait avoir plus de courage que la veille ; il ne répéta plus que le peuple de Tierrébou nous tuerait, mais il assura que nous ne pourrions pas y acheter des provisions: effectivement depuis notre départ du fort nous n'avions point eu de fruit à pain.

« Nous fimes quelques milles en mer, et nous débarquâmes dans un district qui était le domained'un chef appelé Moraïtata, le tombeau des hommes, et dont le père se nommait Paahaïredo, le voleur

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