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avait formé le projet d'emmener aux îles de la Société un des naturels de ce pays. Il trouva bientôt une occasion de l’exécuter : un Zélandais, d’environ dix-huit ans, appelé Taouciharoua , lui proposa de l'accompagner, et il vint s'établir sur mon bord. Je fis d'abord peu d'attention à cet arrangement; jimaginai que le Zélandais nous quitterait lorsque nous serions sur le point d’appareiller, et lorsqu'il aurait profité des largesses d'O-mai. M'apercevant enfin qu’il était bien décidé à s’émbarquer avec nous, et ayant appris qu'il était fils unique d'un chefmort, que sa mère vivait encore, et que c'était une femme considérée, je craignis qu'O-maï n’eût trompé ce jeune homme et ceux qui s’intéressaient à lui, en leur laissant l’espoir ou en les assurant que nous reviendrions sur cette
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côte. Je leur déclarai d'une manière positive, que
si Taoueiharoua suivait son dessein , il ne reverrait |
jamais sa patrie. Mon discours ne parut lui faire
aucune impression. La veille de notre départ, Tiratoutou, mére du jeune homme, arriva à bord dans l'apres dinée , sans doute afin de recevoir de nouveaux présens d'O-maiï. Elle derneura avec son fils jusqu'à la nuit. Ils se séparérent avec toutes les démonstrations de tendresse qu'on peut attendre
d'une mère et d’un fils qui se quittent pour jamais. Elle dit qu’elle ne verserait plus de larmes, et elle !
ne tint que trop sa parole; car lorsqu'elle revint le
jour suivant faire à son fils ses derniers adieux,
elle parut fort gaie tout le temps qu'elle demeura |
à bord , et elle s’en alla sans montrer aucune émotion.
« Taouciharoua , afin de voyager d’une manière convenable à sa naissance, se proposa d'emmener un autre jeune homme en qualité de domestique ; celui-ci demeura sur notre bord jusqu’au moment où il vit les préparatifs de notre départ : alors ses
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appareiller , parens vinrent le redemander ; mais il fut remplacé es d'O-maï. le lendemain par Kakoa, petit garçon âgé de neuf déàs’émbar- | ou dix ans. Le pére de Kakoa me le présenta : je
tait fils uni- ! crois qu'il aurait quitté son chien avec moins d’indifférence. Il s’'empara du peu de vêtemens que portait l'enfant, et il le laissa complétement nu. J'avais pris des peines inutiles pour leur faire comprendre que Taoueiharoua et Kakoa ne reviendraient plus à la Nouvelle-Zélande ; ni leurs parens,
ni aucun des naturels ne s'inquiétaient de leur
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sort. D’après cette insouciance , d’après la persuasion où j'étais que les jeunes voyageurs ne perdraient rien en s’établissant aux îles de la Société, Je consentis aux arrangemens d'O-mai.
« Mes observations, et les détails que m'ont donnés Taoueïharoua et d’autres, prouvent que les habitans de la Nouvelle Zélande vivent dans des transes continuelles : la plupart des tribüs croient avoir essuyé des injustices et des outrages de leurs voisins; elles épient sans cesse l’occasion de se venger. Ces sauvages aiment beaucoup à manger la chair de leurs ennemis tués dans les batailles ; et le désir de cet abominable repas est peut-être
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