‹ Abrégé de l'histoire générale des voyages [microforme] (volume 3)Chapitre 17 sur 27 · PRET · texte numérisé non relu

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avait au front, répondit que c'était la suite d’une blessure reçue dans une bataille contre les habitans d’une île située au nord-est, qui descendaient de temps à autre dans son pays. Ils empoignérent cn suite un des cordages de la Résolution, mais ils hésitaient toujours de monter à bord. O-maï, qui les entendait assez bien , apprit que leurs compatriotes Jeur avaient recommandé de se tenir sur leurs gardes, et qu’on les avait chargés de savoir d'où arrivait notre bâtiment, et quel était le nom du capitaine. Nous les interrogeâmes de notre côté sur le nom de l'île; ils l’appelaient Hangaïa ou Mangia, et ils ajoutaient quelquefois Voue, Vaï, Naïva ; ils nous dirent que leur chef se noinmait Orouaïka.

… «Maouroua avait de l'embonpoint et une taille bien proportionnée; maisil n’était pas grand. Sa physionomie nous parut agréable et son caractère jovial; car il fit plusieurs gestes comiques, qui annonçaient de la bonhomie et de la gaîté ; il en fit aussi du genre sérieux : avant de saisir la corde qui pendait à l'arrière du vaisseau, il répéta quelques mots d’un air recueilli; ilse recommandait vraisemblablement à la protection de ses dieux. Son teint approchait de celui des habitans des parties les plus méridionales de l’Europe. Son camarade n’était pas si blanc. La chevelure de tous les deux était noire, longue, lisse, et noue au sommet de la tête avec un morceau d’étoffe. Ils avaient des ceintures comme les naturels que nous avions aperçus sur la

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côte, Nous reconnûmes qu'ils tirent leur étofle du müûrier à papier,de la même manière queles habitans des autres Îles du grand Océan. L'étoffe de leur ceinture était lustrée ainsi qu'aux îles des Amis; mais celle qui flottait sur leur tête avait la blancheur de celle de Taïu. Ils portaient des sandales d'une espèce d'herbe tressée en natte; ceux qui se tenaient sur la grève en portaient également, et nous jugeâmes que c'était afin de garantir leurs pieds des pointes de rochers de corail. Leur barbe était longue : le côté intérieur de leurs bras, depuis l'épaule jusqu’au coude, et diverses parties de leur corps étaient tatouées, selon l'usage des naturels de presque toutes les îles du grand Océan. Le lobe de leurs oreilles était percé, ou plutôt fendu, et l'ouverture était si grande, que l’un d'eux y plaça un couteau ct des grains de verroterie que nous lui donnâmes ; deux nacres de perles polies et une tresse de cheveux d’un tissu lâche pendaïent au cou de celui-ci : c’est la seule parure que nous ayons remarquée. La pirogue sur laquelle ils arrivérent (nous n’en vimes point d’autre ) n'avait pas plus de dix pieds de long; elle était très-étioite et proprement faite. L’avant était, ainsi que les petits evaas de Taïu, couvert d’un bordage plat qui s'avançait en saillie, pour l'empêcher de se remplir d’eau lorsqu'elle s’enfonçait dans les flots. L’arricre s'élevait d'environ cinq pieds verticalement, comme à quelques pirogues de la Nouvelle-Zélande ; et le haut de cet étambhord était fourchu :

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