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« Le 20, au matin, nous partîmes de la Perle, et nous suivimes un chemin différent de celui que nous avions pris en y allant. Nous traversämes un pays absolument inculte ; mais aux environs des collines du Tygre, quelques champs de blé frappérent nos regards. À midi, nous nous arrétâmes dans un ravin, afin de prendre quelques rafraîchise semens ; nous voulümes nous promener autour du lieu de notre halte, et nous fûmes assaillis d’un grand nombre de mousquites, les premiers que je visse dans cette colonie. Nous nous remîmes en route l'après-dîné, et nous arrivâämes le soir à la ville du Cap, bien fatigués des secousses de notre chariot.
« Après l’accident arrivé à nos moutons, on imagine bien, continue Cook, que je ne laissai pas à terre ceux qui nous restaient. Je les fis conduire promptement à bord, ainsi que nos autres animaux. J'ajoutai à ceux que nous avions amenés d'Angleterre deux jeunes taureaux, deux génisses, deux chevaux entiers, deux jumens, deux béliers, plu-
de Babylone dans l'ouvrage de Kolbe ou dans celui de l’abbé de La Caille. Le premier observe seulement que c'est une haute montagne ; et le second se contente de dire que c'est un #nonticule trés-bas, La description de M. Anderson a donc le mérite de l’exactitude et de la nouveauté, et elle s’accorde avec les remarques de M. Sonnerat, qui était au Cap en 1781. M. Gordon, commandant des troupes au Cap, a fait dernièrement trois voyages dans l'intérieur du pays, et on a lieu d'espérer qu'il ne tardera pas à les donner au public,
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sieurs brebis , deux chèvres, quelques lapins et des volailles. Je voulais les déposer à la Nouvelle-Zélande, à Taiu , dans les îles voisines, et sur les différentes terres où je jugerais que leur transplantation serait utile aux navigateurs et aux naturels du pays. | |
« Les calfats achevérent leurs travaux à bord de la Découverte. Vers la fin de novembre, ce bâtiment avait embarqué toutes ses provisions ; il avait des vivres pour plus de deux ans. Je lui procurai d'ailleurs, ainsi qu'à la Résolution, les autres choses nécessaires pendant le voyage. Ignorant à quelle époque, ou en quel endroit nous pourrions trou ver beaucoup de choses indispensables, je crus devoir prendre au Cap tout ce que fournit la colonie.
« Ayant donné au capitaine Clerke une copie de mes instructions, et un ordre particulier sur ce qu'il devait faire si les vaisseaux se séparaient,
nous nous rendîimes à bord le 30 novembre au matin. »
Les deux vaisseaux appareillérent le même jour au soir ; Cook gouverna au sud-est, pour arriver aux iles découvertes quelques années auparavant par Marion-Dufresne, ou du moins faire des observa-
a a tn uons précieuses dans cette partie de l'Océan indien. Le 6 décembre il eut du gros temps. « Les vagues, ditil, ressemblaient à des montagnes, et produi-
saient un roulis et un tangage extraordinaires. Nons primes beaucoup de peines pour conserver notre bétail; malyré tous nos soins , plusieurs chèvres, et surtout les boucs, moururent; nous perdimes aussi quelques moutons. Nous attribuîimes, en grande partie, cet accident au froid , qui commençait à être bien rigoureux.
« Le 12, à midi. je découvris une terre, et lorsque j'en fus plus près, je reconnus qu’elle formait deux îles. Celle qui est plus au sud, et qui est aussi la plus grande, me parut avoir quinze lieues de circonférence. Je jugeai que sa latitude est de 46" 53’ sud , et sa longitude de 37° 46’ à l’est de Greenwich. La plus septentrionale à environ neuf lieues de tour ; elle gît par 46° 40’ de latitude sud, et 38° 8’ de longitude est. La distance de l'une à l'autre est d'environ cinq lieues.
« Nous traversimes le canal qui les sépare , et nous ne pûmes à l’aide de nos meilleures lunettes, découvrir n1 arbres ni arbrisseaux sur ces deux terres. Elles me parurent avoir une côte escarpée et remplie de rochers , excepté dans les parues du sud-est, où le terrain s'abaisse et ©’aplatit : nous ne vimes que des montagnes pelées, qui s'élevalent à une hauteur considérable , et dont lessommets et les flancs étaient couverts de neige. Je jugeai que la neige avait beaucoup de profondeur en plusieurs endroits : les parties du sud-est en offraient une quantité beaucoup plus grande que les autres ; ce qui vient, selon ioute apparence , de ce que le
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soleil y agit moins long-temps que sur les parties du nord et du nord-ouest. Le sol, dans les espaces où il n’était pas caché par la neige, présentait des teintes diverses, et 1l me sembla couvert de mousse, ou de cette herbe grossière qu’on trouve en quelques endroits des îles Falkland. On aperçoit à la côte nord de chacune des îles un rocher détaché ; celui qui est près de l'île méridionale a la forme d’une tour. Nous vimes beaucoup de goëmon sur notre route, et la couleur de l'eau indiquait des sondes ; rien n’annoncçait un golfe : peut-être cependant y en a-t-il un près du rocher dont je viens de parler; mais il doit être peut , et il ne promet pas un bon mouillage.
« Ces deux îles, ainsi que quatre autres, situées de Q à 12 degrés de longitude, plus à l'est, et à peu prés à la même latitude , furent découvertes au mois de janvier 1772, par les capitaines français , Marion-Dufresne et Crozet. Elles n’ont point de noms dans la carte de l'hémisphère austral que me donna M. Crozet en 1775. J'appellerai les deux que nous vimes, iles du Prince Edouard, nom du quatrième fils de sa majesté. J'ai laissé aux quatre autres celui d’iles de Marion et d’iles de Crozet , afin de rappeler le souvenir des navigateurs qui les ont découvertes.
« Nous avions presque toujours alors de forts vents qui souflaient entre le nord et l’ouest ; le temps était assez mauvais : quoique nous fussions au mulieu de l'été de cet hémisphère, le froid
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approchait de celui qu'on éprouve ordinairement en Angleterre au milieu de l'hiver. Cependant la rigueur du climat ne me découragea point ; et après avoir quitté les îles du Prince Édouard , je changea de route, afin de passer au sud des autres, et d'atteindre la latitude de la terre découverte par Kerguelen. »
Le 24, à six heures du matin, Cook eut connaissance d'une terre , et quand il en fut plus prés, il vit que c'était une île d’une hauteur considérable et d'environ trois lieues de tour. Bientôt aprés il en découvrit une seconde de la même grandeur , à une lieuc à l’est de la premiére, et d'autres plus petites, qui gisent entre Jes deux dans la direction du sud-est, enfin une troisième. Au milieu des celaircis de la brume , 1l crut pouvoir débarquer sur les petites îles, et voulait pénétrer entre elles ; mais lorsqu'il se trouva plus près des côtes, il sentit que cette entreprise serait dangereuse par un ciel trés-obscur : car s'il n’y avait point eu de passage , ou s'il était tombé sur des écueils, il lui eùt été impossible de regagner le large ; le vent soufllait directementde l'arrière, la mer était d’une grosseur prodigieuse, et produisait sur les côtes un ressac effrayant. Une autre île frappa ses regards dans le nord-est; et, prévoyant qu'il en découvrirait peut-être de nouvelles encore, l'épaisseur de la brume continuant, il craignit d'échouer : enfin il crut qu'il était plus prudent de s'éloigner et d’attendre un temps plus sercin.
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1] mouilla le lendemain près d'une de ces îles, qui étaient effectivement les terres découvertes par Kerguelen.
« Dès que nous eûmes mouillé, dit-il, je fis mettre tous les canots à la mer et préparer les futailles que je voulais envoyer à terre ; cependant je descendis dans l'île, afin d'examiner en quel endroit on pourrait les remplir plus commodément, et voir d’ailleurs ce qu'offrait l'intérieur du pays.
« Je trouvai le rivage presque entièrement couvert de manchots et d’autres oiseaux aquatiques , ainsi que de phoques. Ces derniers étaient peu nombreux , mais si peu sauvages , que nous en tuâmes autant que nous le voulümes ; leur graisse nous donna de l'huile pour les lampes et pour divers autres usages. Nous ne fümes pas embarrassés pour remplir nos fntailles, car on rencontrait partout des ruisseaux d’eau douce. Il n'y a pas sur l'île un seul arbre , pas un seul arbrisseau, et en général trés-peu de végétaux. Lorsque les vaisseaux arrivèrent dans le havre , les flancs de plusieurs des collines nous parurent d’un vert éclatant , et nous
espérämes y trouver des plantes. Je reconnus qu'une seule plante avait produit cet effet. Avant de retourner à bord , je gravis la première chaîne de rochers qui s'élèvent en amphithéâtre : je comptais prendre une vue générale du pays; mais je n'étais pas encore au sommet , qu'il survint une brume trés - épaisse : j'eus bien de la peine à reconnaître
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mon chemin pour descendre. Le soir , on jeta la seine au fond du havre, et on ne prit qu'une demidouzaine de petits poissons. Le lendemain nous essayämes l’hamecon et la ligne ; nous ne fûmes pas plus heureux. Ainsi les oiseaux furent les seuls comestibles que nous offrit la terre de Kerguelen : cette ressource était inépuisable.
« L'équipage ayant achevé de remplirles futailles, Je 27 je permis aux matelots de se reposer et de célébrer la fête de Noël. La plupart d’entre eux descendirent à terre , et firent des courses dans l'intérieur du pays; ils ne rencontrèrent que des montagnes stériles et d’un aspect affreux. L'un d'eux me rapporta le soir une bouteille qu’il avait trou vée attachée avec un fil d'archal, sur un rocher qui s'avance en saillie au côté septentrional du havre. Cette bouteille renfermait un morceau de parchemin, sur lequel on lisait l'inscription suivante :
LuDovico xV. GALLIARUM REGE, ET D. DE BOYNES,
REGI À SECRETIS AD RES MARITIMAS, ANNIS 1772
et 1773.
« Afin de laisser un monumen: de notre séjour dans ce havre, j'écrivis de l’autre côté du parchemin :
NAVES RESOLUTION ET DISCOVERY, DE REGE Macnæ-BRITANNIÆ, DecEmBRis 1776.
« Je le remis dans la bouteille, avec une piéce
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« Je fis ensuite le tour du havre en canot, et je descendis en plusieurs endroits, afin d'examiner les productions de la côte, et surtout afin de chercher du bois flottant. Quoique le sol n’offrit aucun arbre aux environs du port, il pouvait y en avoir en d’autres cantons de l’île; et si effectivement il s'y en trouvait, je présumai que les torrens auraient entraîné des arbres, ou du moins des branches dans la mer, qui les rejette sur le rivage. C'est ce qui arrive sur toutes les iles où il y a du bois, et même sur quelques-unes qui en sont absolument dénuées; mais dans toute l'étendue du havre je n’en découvris pas un seul morceau.
« L’après-midi, je montai sur un des caps de ‘ile, accompagné de M. King, mon second lieutenant ; je comptais avoir de cette hauteur une vue de la côte de la mer , et des petites îles qui gisent au large; mais lorsque je fus au sommet, une brume épaisse me cacha tous les objets éloignés
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placés au-dessous de moi; ceux qui se trouvaient sur le même niveau, ou plus élevés, étaient assez visibles; ils me parurent d’une nudité affreuse ; excepté des collines au sud, qui étaient couvertes de neige. »
Après une relâche de trois jours au havre de Noël, Cook remit en mer pour suivre les côtes de l'île et en examiner les caps et les baies. Il a reconnu presque en entier cette terre dont Kergue- Jen n'avait relevé que quelques points, et même d'une manière imparfaite.
« Si cette terre se prolonge au sud de son c?p méridional, ce prolongement n’est pas considérable. Lorsque le vaisseau du capitaine Furneaux se sépara du mien durant mon second voyage au mois de février 1775, 1l coupa le méridien de cette terre dix-sept lieues seulement au sud de ce cap; il l'aurait vue à cette distance par un ciel clair. Il paraît que le ciel fut serein lorsqu'il traversa ce parage, car il ne parle nide brume, ni de ciel gris ; au contraire, 1l dit expressément qu'à cette époque il put faire des observations de latitude et de longitude ; d'où il résulte qu'il aurait dû découvrir cette terre, si elle se prolongeait plus loin au sud. |
« Nous sommes en état de déterminer à quelques milles près l’espace en latitude qu’elle occupe ; il ne peut excéder de beaucoup 1° 15°: quant à son étendue de l'est à l'ouest, ce point demeure indé: cis; mais nous savons qu'elle ne s'étend pas à l’ouest
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