XXII. TI
102 HISTOIRE GÉNÉRALE ou dans an étang, car nous ne découvrîmes aucun ruisseau.
«O-maï interrogea ses trois compatriotes sur les mœurs et les usages des insulaires; il pensuit que leur manière de traiter les étrangers et leurs habitudes générales ressemblent beaucoup à celles de Tai et des îles voisines. Leurs opinions et leurs cérémonies religieuses sont aussi à peu prés {es mêmes; car nos messieurs, qui avaleni VU un homme barbouiilé de noir sur tout le corps, en ayant demandé Ja raison, on leur dit qu'il venait de rendre les derniers devoirs à un ami mort. Ils décorivrirent de plus que les femmes se font, en pareille occasion , les blessures dont j'ai déjà parlé. Enfin, icutes les circonstances donnent lieu de penser que ces insulaires sortent originairement de la peuplade qui s’est répandue d’une manière si merveilleuse sur l’immense étendue du grand Océan. 11 y a lieu de croire néanmoins que les naturels se glorifient d’une extraction plusillustre ; car O-maï nous assura qu'ils donnent à leur île la dénomination honorable de Ouenoua no te Eatoua, ou de Terre des Dieux ; qu'ils se croient des espèces de dieux , et qu'ils sont persuadés qu'ils possédent l'esprit de l’eatoua. Il semblait faire beaucoup de cas de cette prétention enthousiaste ct folle. Il nous apprit que plusieurs Taïtiens la formaient également, et qu’elle était générale parmi tes habitans de Mataia , ou de l’île Osnabrug.
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DES VOYAGES, 103 bien la langue d'Ouaïtiou. Je ne puis la comparer aux autres dialectes. M. Anderson avait eu soin d'en écrire quelques mots ; mais les naturels, qui le dépouillérent de tout indistinctement, lui vOlérent son livre de notes.
« Je quittai l’île d'Ouaïtiou le 3 avril à la pointe du Jour, et je fis mettre le cap sur une terre voisine que J'avais aperçue trois jours auparavant. J'y arvivai le 4, à dix heures du matin.
« Je chargeai M. Gore de prendre deux canots, de débarquer, s’il était possible, et de nude du fourrage pour notre bétail. Comme il ne semblait pas y avoir d’habitans sur cette île, je crus que, si le débarquement se trouvait praticable, nos espérances ne seraient plus trompées , et que nous serions les maîtres d'y cueillir ce que nous voudrions. Un récifentourait l’île , ainsi qu’à Ouaïtiou, et un ressac trés-fort battait contre les rochers. Cependant, des que nos canots eurent atteint la côte sous le vent ou de l’ouest, M. Gore et son détachement eurent la hardiesse de pénétrer en
| dedans du réaif, et ils descendirent à terre sains et | saufs, Je vis du vaisseau que cette première opéra- | tion avait réussi, et je leur envoyai un troisième | canot, pour savoir de quelle manière nous pou- | vions les aider. Le troisième canot ayant voulu
revenir avec des productions de l’île, n’arriva qu'à
| troïs heures de l'après-midi. Dès qu’il fut déchargé,
je le renvoyai de nouveau; j'expédiai aussi une qua-
trième embarcation , et j'ordonnai à M. Gare d’être