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même qu'on rencontre à la Nouvelle-Zélande, à la Terre du Feu et à l'île de Géorgie.
« Nous trouvâmes aussi le goeland commun, des hirondelles de 1uvr de deux espèces, et le gocland brun : ces derniers oïseaux étaient peu sauvages et en grand nombre.
« Un autre oïseau blanc, dont nous apercûmes des volées entières autour de la baïe, est tres-singulier : il a la base du bec couverte d’un bourrelet de la nature de la corne; est plus gros que le pigeon; a le bec noir, et ses pieds, qui sont blancs, ressemblent à ceux du courlis. Quelques personnes de l'équipage le jugèrent aussi bon que le canard.
« On jeta la seine une fois, mais on ne prit que quelques poissons de la grosseu d’une petite morue. L'espèce ne ressemblait en rien à celles que nous connaissons. Ce poisson a le museau allongé, la tête armée de fortes épines, les rayons des nageoires de derrière longs et très-forts, le ventre gros : son corps n'est pas couvert d’écailles. Nous ne trouvâmes en coquillages qu’un petit nombre de moules et de lépas; nous ramassâmes sur les rochers quelques étoiles et anémones de mer.
« Les montagnes sont médiocrement élevées ; cependant la plupart de leurs sommets étaient couverts de neige, à cette saison de l’année qui répond à notre mois de juin. On voit au pied ou sur Île flanc de quelques-unes , une quantité considérable de picrres entassées d’une mamiè.e irrégulière. Les flancs des autres, qui forment du côté de la mer
42 HISTOIRE GÉNÉRALE des rochers escarpés, sout fendus du haut en bas, et semblent prêts à tomber, car les crevasses sont remplies de pierres d’une grosseur énorme. Plusieurs de nos ofliciers pensèrent que ces crevasses nouvaient être l’effe: de la gelée ; mais 1l me paraît qu'il faut recourir aux tremblemens de terre, on à d’autres commotions violentes, si l’on veut expliquer l'état de bouleversement de ces collines.
«Il doit presque toujours pleuvoir sur cette île, car les lits des torrens qu'on aperçoit de tous côtés sont larges, et même sur les montagnes on ne rencontre que des fondrières ou des marécages où l'on enfonce à chaque pas.
« Les rochers qui servent de base aux montaghes sou composés principalement d’une roche trés-dure, d’un bleu foncé, entremélée de peutes particules de mica où de quartz. Il semble que cette roche est une des productions les plus universelles de la nature, car elle compose toutes les montagnes de la Suède, de l'Écosse, des îles Canarics et dun cap de Bonne-Espérance. Une autre pierre friabie et de couleur brune forme à la terre de Keérguclen des rochers considérables ; une troisième, qui est plus noire et qu'on tronve en fragmens détachés, renferme des morceaux de quartz grossier. On y rencontre aussi de petits morceaux de grés, d’un jaune pâle on couleur de pourpre, et d'assez gros morceaux d’un quartz demi-transparent, qui est disposé irréguliéremeut en cristaux polyédres, de forme pyramidale en longues fibres
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DES VOYAGES. 47 brillantes. On voit dans les ruisseaux des fragmens de la roche ordinaire, arrondis par le frottement; mais aucun d'eux n'avait assez de dureté pour résister à la lime. L’eau-forte r’agissait sur aucune des autres pierres, et l’aimant ne les atuirait point.
« Nous n'avons rien découvert qui eüt l'apparence d’un minerai ou d’un métal. »
Après avoir quitté la terre de Kerguelen, le 30 décembre , Cook fit route à l’est-nord-est. Il voulait, d'aprés les instrucuons de l'amirauté, relächer à la Nouvelle-Zélande , y faire de l’eau et du boi:, et y embarquer du foin pour son bétail. Le nombre des quadrapèdes qu'il se proposait de laisser sur Jes différentes îles du grand Océan se trouvait considérablement diminué. Deux jeunes taureanx , une des génisses, deux béliers , et plusieurs chèvres étaient morts tandis qu'il faisait la reconnaissance des côtes désolées dont on vient de parler.
« Lorsque l’on fut par 48° 16° de latitude sud, et par 85° de longitude est, le temps, qui Jusqu'alors avait été assez clair, devint trés-brumenx, les vents passèrent de l'ouest au nord. On fit plus de cent lieues par ce temps sombre. Les éclaircis, qui laissaient voir le soleil , étaient rares et de peu de durée. Ces circonstances déterminèrent Cook, le 7 janvier 1777, à mettre un canot à la mer, pour envoyer an capitaine Clerke un ordre qui fixait comme rendez-vous la baie de l’Aventure sur la côte de la terre Van-Diemen, dans le cas où les
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bâtimens seraient séparés avant d'arriver au méridien de cette terre. Mais au milieu de ces brouillards épais, nous fûmes assez heureux, en tirant fréquemment des coups de canon, de toujours marcher de conserve , quoique nous nous vissions rarement.
« Le 19, un grain subit jeta à la mer le petit mät de hune de la Résolution, qui entraîna avec lui le mât du grand perroquet. Cet accident occasionna quelque délai, car il fallut passer la journée entière à enlever les débris et à remplacer le mât.
« Le 24, à trois heures du matin, on eut connaissance de la terre de Van-Diemen. On y mouilla le 26.
« Dès que nous fümes à l'ancre, dit Cook, je fis mettre les canots à la mer, et j'allai voir quel serait l'endroit le plus commode pour nous y fournir des choses dont nous avions besoin. Le capitaine Clerke descendii à terre de son côté dans le même dessein. L'eau et le bois s’offrirent en abondance à nos regards : il était facile surtout de conduire le bois aux vaisseaux : mais l’herbe, chose dont nous manquions le plus, était rare et trés-grossière : la nécessité nous obligea de la prendre telle que nous la trouvâmes.
« Le 27, dés le grand matin, j'envoyai le licutenant King à la côte orientale de la baie, avec deux détachemens; l’un pour couper du bois, et l'autre pour cueillir de l'herbe : je crus devoir lui donner aussi des soldats de marine. Quoique nous
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n’eussions encore aperçu aucun des naturels, il s'en trouvait certainement quelques-uns dans les environs ; car nous avions vu des colonnes de fumée depuis que nous nous étions approchés de la côte : et nous en apercevions alors au milieu des bois à peu de distance, J’expédiai aussi la chaloupe pour l’aiguade , et j'allai ensuite visiter les travailleurs. Le soir, on jeta la seine au fond de la baie, et l'on prit d’un seul coup une quantité considérable de poissons. On en aurait bien pêché davantage si le filet ne s'était pas rompu en le tirant sur la grève : on revint ensuite à bord avec le bois et l'herbe, afin d’appareiller dès que le vent le permettrait.
« Le vent ne fut pas favorable le 28, et j'envoyat une seconde fois du monde à terre, afin d’en tirer une plus grande quantité de bois et de foin, J’ordonnai aussi au charpentier et à ses aides de couper des épars pour l’usage de la Résolution.
« L’aprés-midi, nous fümes agréablement surpris de voir arriver huit naturels du pays, et un jeune garcon à l'endroit où nous coupions du bois : ils s’approchérent denoussans montrer aucune crainte, ou plutôt ils se présentérent avec une extrême confiance : ils n’avaient point d'armes ; seulement l'un d’eux tenait un bâton de deux pieds de long et pointu à l’une de ses extrémités.
« Ils étaient entièrement nus, à moins qu'on ne veuille regarder comme une espèce d'ornement de larges piqüres qui offraient sur différentes parties
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46 HISTOIRE GÉNÉRALE de leur corps des lignes renflées, droites ou courbes,
« étaient d'une taille ordinaire, un peu minces : ils avaient la peau noire, la chevelure de même couleur, et aussi laineuse que celle des Nègres de Guinée, sans avoir leurs grosses lèvres et leur nez plat. Au contraire, leurs traits ne présentaient rien de désagréable ; leurs yeux étaient assez beanx, et leurs dents assez bien rangées, mais très-sales; les cheveux et la barbe de Ja plupart étaient chargés d'une espèce d'onguent rouge, et le visage de quelques-uns était peint avec la même drogue.
« Ils recurent tous les présens que nous leur fimes , mais sans témoigner la moindre satisfaction. Lorsque nous leur donnions du pain , et que nous les avertissions par signes que c'était pour le manger , ils le rendaient ou ils le jetaient, sans même le goûter; ils refusérent aussi des poissons crus et apprêtés que nous leur offrimes. Quand nous leur présentâmes des oiseaux, ils ne les rendirent pas, et nous comprîmes par leurs signes qu'ils aimuient beaucoup cet aliment, J'avais amené deux cochons à terre, dans l'intention de les abandonner au milieu des bois. Des qu'ils furent à la portée de ces animaux, ils les saisirent par les oruilles, comme l'aurait fait un chien, et ils se disposaient à les enlever tout de suite : autant que nous pümes l’apercevoir , 1ls n’avaient d'autre intention que de les tuer.
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DES VOYAGES, 47 bâton que l’un de ces hommes tenait à sa main, je témoignai ce désir par mes gestes ; ils me comprirent : l’un d'eux posa un morceau de bois qui devait lui servir de but, et il lança le bâton à la distance d'environ soixante pieds; mais sa dextérité ne mérita point d'éloges, car, dans chacun des essais qu'il répéta, le bâton alla tomber trés-loin du but. O-mai, afin de leur montrer combien nos armes étaient supérieures aux leurs , tira un coup de fusil en visant la marque; l'explosion les effraya tellement, que malgré tout ce que nous pümes faire ou dire pour les rassurer, ils s’enfuirent dans les bois : l'un d'eux fut si épouvanté, qu'il laissa échapper de ses mains une hache et deux couteaux que nous lui avions donnés. Aprés nous avoir quittés , ils abordèrent cependant quelques hommes de la Découverte , qui embarquaient de l’eau. L’oflicier de ce détachement ne stchant ni quelles étaient leurs dispositions ni ce qu'ils voulaient, tira en l'air un coup de fusil, et ils s’enfirent avec la plus grande précipitation.
« Ainsi se termina notre première entrevue avec les naturels du pays. Je jugeai que leur frayeur les empécherait de se tenir assez près de nous pour observer ce qui se passerait, et j'ordonnai de conduire au fond de la baie, à environ un mille dans le bois , un verrat et une truie : on les abandonna sous mes yeux au bord d’un ruisseau d’eau douce. J'avais d’abord résolu de laisser aussi à la terre Van-Diemen un taureau , une génisse , des chèvres”
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et des moutons ; convaincu ensuite que les naturels n'avaient pas assez d'intelligence pour seconder mes desseins d'améliorer l'état de leur pays, et qu'ils détruiraient ces animaux, je renonçai à mon projet. Si jamais ils rencontrent les cochons, je suis persuadé qu’ils les tueront ; mais comme cet animal devient sauvage en peu de temps, qu'il aime les parties les plus épaisses des forêts, 1l est vraisemblable que la race s'en perpétuera : il aurait fallu choisir un terrain ouvert pour les bœufs, les génisses ; les chèvres et les moutons, et les habitans n'auraient pas tarde à les découvrir.
« La matinée du 29 commença par un calme plat, qui dura toute la journée, et qui différa notre appareïllage; j'envoyai un détachement sur la pointe orientale de la baie pour y couper de l'herbe ; car on m'avait informé qu'il s’y en trouvait d'une qualité supérieure : un second détachement alla faire du bois; je descendis moi-même à terre. Nous avions vu plusieurs raturcls courant le long de la côte; ainsi, quoique leur frayeur les eût déterminés la veille à nous quitter si brusquement, ils paraissaient convaincus que nous ne leur ferions pas de mal, et que nous désirions les revoir. Je voulais assister à la seconde entrevue, si elle pouvait avoir lieu.
« Nous eûmes à peine débarqué, qu'environ vingt sauvages, parmi lesquels se trouvaient des jeunes garcons, arrivérent près de nous sans donner le moindre signe de crainte ou de défiance :
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l'an d’eux était remarquable par sa difformité ; une.
bosse énorme qu'il avait au dos, ses gestes plaisans et la gaîté que semblaient annoncer ses discours, atürérent d’ailleurs notre attention. Nous supposâmes qu'il s’efforçait de nous divertir; par malheur nous ne l’entendions pas ; la langue qu'il par- Jait était absolument inintelhigible pour nous : elle me parut différente de celle des habitans des parues les plus septentrionales de ce pays que j'avais rencontrés dans mon premier voyage. On doit d’autant moins en être surpris, que les insulaires que nous vimes alors différent de ceux-ci à beaucoup d’autres égards.
« Les naturels de la terre Van-Diemen ne paraissent pas d'ailleurs aussi misérables que les peuplades rencontrées par Dampier sur la côte occidentale de la Nouvelle-Holiande.
« Trois ou quatre rangs de petites cordes tirées de la fourrure d’un animal, flottaient autour du cou de plusieurs de ces sauvages; une bande étroite le peau de kangarou entourait la cheville du pied de quelques autres. Je leur donnai à chacun un collier de verroterie et une médaille. Ce présent parut leur faire plaisir. Ils semblaient ne mettre aucun prix au fer ni aux outils de ce métal ; ils ignoraient même l'usage des hamecons, si l’on peut établir
cette opinion d’après l'indifférence avec laquelle
ils regardèrent les nôtres. | « Il est cependant difficile de croire qu’une peuplade établie sur la côte de la mer, et qui ne semble XXIL. 4
5o HISTOIRE GÉNÉRALE
tirer des productions du sol ancune partie de sa subsistance , ne connaisse aucun moyen de prendre du poisson. J'observerai seulement que nous ne les avons jamais vus occupés de la pêche, et que nous n'avons aperçu ni pirogues ni canots. Ils rejetérent, 1l est vrai, l'espèce de poisson que nous leur offrimes ; mais les amas de coquilles de moules que nous trouvâmes en différens endroits prés du rivage , et autour des habitations désertes situées au fond de la baie, démontrèrent du moins qu'ils mangent quelquefois des coquillages. Les habitations désertes dont je viens de parler étaient de petes huttes construites avec des perches et couvertes d'écorce. Nous apercûmes plusieurs gros troncs d'arbres qui avaient été creusés par le feu , et nous pensâmes , avec raison, que ces troncs d'arbres leur servent de temps en temps d'habitations. Nous âpercümes des vestiges de feu dans l'intérieur ou aux environs de ces demeures, et partout où il y avait des amas de coquillages; ce qui est une preuve sûre qu’ils cuisent leurs alimens.
« Je passai environ une heure avec ceux des naturels qui entouraient nos bûcherons. Comme je n'avais à craindre aucune hostilité de leur part, je me rendis auprès du détachement qui coupait de l'herbe sur la pointe orientale de la baie. Ce détachement avait rencontré une belle prairie. On chargea les canots devant moi, et je retournai diner à bord , où le lieutenant King arriva bientôt.
« Il m'apprit qu'au moment où je venais de quit-
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ter la côte, plusieurs femmes et quelqnes enfans abordérent nos travailleurs, et que ces femmes et ces enfans lui furent présentés. Il leur donna les bagatelles qu’il avait avec lui : une peau de kangarou , qui n'était point apprêtée, flottait sur les épaules et autour de la ceinture des femmes. Nous Ja jugeâmes destinée à soutenir les enfans qu’elles portent quelquefois sur leur dos; car elle ne couvrait pas les parties naturelles. Les femmes étaient d’ailleurs aussi nues et aussi noires que les hommes, et elles avaient le corps tatoué ou tailladé de la même mamiére ; quoique leurs cheveux fussent de la même couleur et de la même nature, quelquesunes avaient la tête complétement rasée ; d’autres n'avaient leurs cheveux coupés que d’un seul côté ; la partie sunérieure de la tête des autres offrait une espèce de ..:ronne qui ressemblait à celle de quelques inoines romains. La plupart des enfans nous parurent jolis; mais il n’en fut pas de même des femmes, et surtout de celles qui étaient avancées en âge. On m'apprit cependant que quelques ofliciers de la Découverte leur avaient adressé des hommages, qu'ils leur avaient offert des présens d’une grande valeur, et qu'ils furent refusés. Je ne dirai pas si elles résistérent par un sentiment de dédain , ou dans la crainte de déplaire aux homimes du pays; il est sûr que cette galanterie de nos messieurs n'était point agréable aux insulaires; car un vieillard qui s’en aperçut ordonna tout de suite aux femmes et aux enfans de se reurer. Les femmes
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5 HISTOIR»: GÉNÉRALE
obéirent, en montrant un peu de répugnance.
« Cette conduite des Européens envers les femmes des peuples sauvages est trés-blämable ; elle inspire aux hommes du pays une jalousie qui peut nuire beaucoup au succés d'une entreprise ; elle fait tort à un équipage entier, sans remplir les vues particulières des individus ; car j'ai vu que de pareilles avances sont assez inutiles. En général on observera, je crois, que parmi les peuplades peu civilisées, où les femmes se montrent d’un accès facile, les hommes sont les premiers à les offrir aux étrangers ; mais que, s'ils ne les offrent pas, on essaicrait en vain de les séduire avec des présens, on chercherait inutilement des lieux écartés. Je puis assurer que celte remarque est juste pour toutes les îles du grand Océan où j'ai abordé. C'est donc jouer un rôle absurde , c'est compromettre sa sûreté et celle de ses camarades, que de solliciter vivement des femmes qui ne veulent pas se rendre.
« L’après-midi j'allai voir les fourrageurs, afin de hâter leurs travaux. Je les trouvai sur l’île des Pingouins, où ils avaient découvert une grande quantité d'herbes excellentes. Nous travaillâmes avec ardeur jusqu'au coucher du soleil, et nous nous rendîmes ensuite à bord. Je jugeai que nous avions alors assez de foin jusqu'a notre arrivée à la Nouvelle-Zélande.
Durant notre séjour nous eûmes ou des calmes ou de petits vents de la partie de l’est. Ainsi ma reläche ne nous fit point perdre de temps ; car, si
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J'avais tenu Ja mer, nous n’aurions pas avancé notre voyage de plus de vingt lieues, et quoique noue séjour à la terre Van-Diemen ait été de courte durée , 11 m'a mis en état d'ajouter quelques remarques à description encore bien imparfaite de cette partie du globe.
L Avant nous, la terre Van-Diemen avait été visitée deux fois. Elie recut ce nom de Tasman qui la découvrit au mois de novembre 1642. Elle n'avait ensuite attiré l'attention d'aucun navigateur européen jusqu'au mois de mars 1775, époque où le capitaine Furneaux y toucha:Je n'ai pas besoin de dire que c’est la pointe méridionale de la Nouvelle-Hollande, qui, si elle ne mérite pas le nom de continent, est la plus grande île du monde connu.
« La plus grande partie de cette terre est assez haute, diveicifiée par des montagnes et des vallées, et offrant partout cette teinte de vert qui annonce la fertilité. Le pays est bien boisé ; et si l’on peut établir son opinion d’après les apparences et d’après los observations que nous fimes dans la baie de l'Aventure , il n’est pas mal arrosé. Nous rencontrâmes de l'eau en abondance en trois ou quatre endroits de cette baie. La meilleure, ou celle que navigateurs peuvent embarquer plus commodément, se puise à l’un des ruisseaux qui tombe dans un étang situé derrière la grève du fond de la baie. Elle se méle dans l'étang avec l’eau de la mer, et il faut la puiser au-dessus ; ce qui n’est point
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difficile. On charge très-aisément du bois à brûler.
« M. Anderson employa , avec son : c'ivité ordinaire, à examiner Je pays le peu de jor.r; que nous passâmes dans la baie de l’Aventure. Il a bien voulu me donner ses remarques sur les productions naturelles ; elles compenseront bien mon silence sur ce sujet. Quelques-unes de ses observations sur les habitans suppléeront à ce que j'ai omis ou à ce que j'ai dit d’une manière imparfaite ; et quoique son vocabulaire de la langue du pays soit pen étendu, les savans qui recucillent des matériaux pour découvrir l’origine des différentes nations, le recevront avec plaisir. Je préviendrai seulement que les grands arbres de haute-futaie dont il parle, sont d'une espèce différente de cenx qu’on trouve sur les parties plus septentrionales de cette côte. Le bois en est d’un grain très-serré et fort dur ; on peut en faire des épars, des avirons, ou l’'employer à beaucoup d'autres usages; ct si on découvre un moyen d'enalléger le poids , il offrira au besoin d’excellens mâts, et peut-être les meilleurs du monde.
« On trouve au fond de la baie de l’Aveniure une jolie grève sablonneuse ; elle paraît formée uniquement des particules détachées par les flots, d’un trés-beau grès blanc qui borde la côte presque partout, et dont la Pointe cannelée, ainsi nommée d’après son apparence, et située à peu de distance, semble composée. Cette grève a environ deux milles de longueur ; on y pêche commodément à la seine. Les deux vaisseaux profitérent à diverses reprises,
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ité ordique nous en voulu [ons na— ence sur s sur les à ce que que son étendu , jour déle receit que les rle, sont ouve sur côte. Le : on peut ployer à uvre ul soin d’ex- 1 monde.
Aveniure mée uniots, d’un que parnommée istance , ux milles la seine.
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et avec succés , de cet avantage. On rencontre audelà une plaine, avec une lagune d’eau salée, ou plutôt saumâtre, dans laquelle nous primes à la ligne de petites truites et un nombre assez considérable de brêmes blanches. Les rives de ce lac se prolongent parallélement à la grève. Les autres parues du pays contiguës à la baie sont montueuses ; elles offrent, ainsi que la plaine, une forêt continue de très-grands arbres, que les broussailles , les fougeraies et les arbres tombés rendent presque impénétrable. Il faut en excepter néanmoins les flancs de quelques-unes des montagnes, où les arbres sont clair semés, et où l’on ne rencontre qu’une herbe grossière.
« Au nord de la baie, un terrain bas se prolonge à perte de vue : on n'y aperçoit que quelques touffes de bois éparses. Nous n’avons pas eu occasion d'examiner en quoi il diffère du icrrain des montagnes : le sol de la plaine est sablonneux , ou bien il consiste en un terreau jaunâtre, et quelquefois en une argile de couleur rouge. La partie inférieure des montagnes en offre un semblable, mais plus haut, et surtout dans les endroits où les arbres sont peu nombreux ; il est d’un gris foncé, et paraît trés-stérile.
« L'eau descend des flancs des montagnes dans les vallées, et y forme en quelques endroits de petits ruisseaux qui sufirent pour remplir nos futailles, mais ils n'étaient pas aussi considérables que semblait le promettre l'étendue de la terre
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