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mousses ; Mais ces mousses sont communes , on du moins on les trouve ailleurs, et surtout à la Nouvelle-Zélande,
« Le seul quadrupède que nous ayons pris, est nn opossum, à peu prés deux fois aussi gros qu'un gros rats c'est vraisemblablement le mâle de l'espèce rencontrée sur les bords de la rivière Endéavour, dans le premier voyage du capitaine Cook. Il est noirâtre dans la partie supérieure du corps, avec des teintes brunes ou couleur de rouille, et il est blanc en dessous; le tiers de la queue, du côté du bout, est blanc et dégarni de poil par-dessous, ce qui vient probablement de ce qu'il s'accroche par là aux branches d’arbres auxquels il grimpe, parce qu'il vit de baies. Le kangarou , autre animal qu'on trouve sut les côtes plus septentrionales de la Nouvelle-Hollande, habite sûrement aussi la terre Van-Diemen; car les naturels qui vinrent nous voir portaient des morceaux de sa peau : d'ailleurs, en courant les bois, nous vimes à diverses reprises, mais d'une manière confuse, des animaux qui fuyaient devant nous; et nous jugeàmes, sur leur grosseur, qu’ils étaient de cette espèce. Il semble, par le crottin que nous renconträmes partout, et par les senticrs étroits qu'ils fraient au milieu des buissons, qu'ils y sont très-multipliés.
« Les espèces d'oiseaux sont nombreuses; mais ils sont si rares et si faronches, que sûrement ils sont pourchassés par les insulaires, qui en tirent
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peut-être une grande partie de leur subsistance. On rencontre surtout dans les bois de grands faucons ou aigles bruns, des corneilles, a peu prés les mêmes que celles d'Angleterre; des perruches jaunes et de gros pigeons : il y a aussi trois ou quatre peuts oiseaux, dont l’un est du genre de la grive; un autre plus petit, dont la queue est assez longue, a une partie de la tête et du con d’une belle couleur d'azur; nous lui donnâmes le nom de motacilla cyanea : nous vimes sur la côte plusieurs espèces de goelands, un petit nombre d’huîtriers noirs, et un joli pluvier de couleur grisâtre, qui avait une huppe noire. Nous apercümes des canards sauvages autour de la lagune qui est derrière la grève ; et des nigauds accoutumés à se percher sur les arbres élevés et sans feuilles, qui sont près du rivage.
« Nous trouvâmes dans les bois des serpens noirätres assez gros : nous tüâmes un gros lézard inconnu jusqu'alors; 11 avait quinze pouces de long et six de tour ; sa peau était agréablement nuancée de noir et de jaune. Nous en tuâmes un autre plus peut, et de couleur brune et dorée par-dessus, ct de couleur de rouille par-dessous.
« La mer est plus peuplée, et les espèces y sont aussi variées que sur terre. Le poisson éléphant ou pejegallo, dont parle le Voyage de Frézier , est le plus commun ; et quoiqu'il soit d’une qualité inféricure à la plupart des autres poissons, nous le trouvâmes bon à manger. Nous primes plusieurs
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raies et de petites brêmes blanches, d’une chair plus ferme, et meilleures que celles que nous avions pêchées dans la lagune. Nous primes aussi un petit nombre de soles et de carrelets, de petits mulets tachetés, et d’autres poissons, entre autres, ce qui nous surprit beaucoup, le petit poisson qui à une raie argentée sur le côté , et qui est appelé atherina hipsetus par Hasselquist.
« Les rochers offrent une quantité considérable de moules et d’autres coquillages ; des étoiles de mer, de petits lépas, et beaucoup d'éponges; la mer en jette sur la côte une espèce qui est d’une texture trés-délicate ; celle-ci n’est pas communc.
« Nous recueillimes sur la grève une foule de jolies méduses, et d’autres mollusques.
« Les insectes, quoique peu nombreux, sont très- variés ; nous vimes des sauterelles , des papillons et plusieurs espèces de petites teignes dont les couleurs étaient joliment bigarrées. 11 y a des taons, plusieurs espèces d'araignées , ‘et des scorpions, ais ils sont rares. La famille la plus incommode, quoiqu’elle ne soit pas très-muluipliée, est celle des mousquites. Je ne dois pas oublier une grosse fourmi noire, dont les morsures causent des douleurs presque insupportables; heureusement ces douleurs se calment bientôt. La trompe venimeuse des mousquites produit aussi une douleur trèsvive.
« Les naturels que nous rencontrâmes n'avaient point ce regard farouche ordinaire aux peuplades
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DES VOYAGES, Gt qui sont dans leur position ; ils paraissaient au contraire doux et gais, et ils ne nous montrérent ni réserve, ni jalousie. Cette familiarité et cette gaîté de caractère peuvent venir de ce qu'ils ont peu de chose à perdre et à garder.
« Nous ne pouvons guère parler de leur vivacité ou de leur intelligence; rien n’annonce qu'ils possèdent la première qualité à un degré remarquable, et ils semblent doués de moins de pénétration encore que les habitans de la Terre du Feu, qui ne manquent point de matériaux, mais qui n'ont pas assez d'esprit pour se faire des vêtemens et se défendre contre la rigueur du climat. Le petit bâton grossièrement pointu que portait l'un d'eux est la seule chose qui indiquât de leur part un travail mécanique. J'ai déjà dit que quelques-uns avaient des bandes de peau de kangarou attachées autour du pied avec des lanières ; mais nous n'avons pu savoir si ces bandes de peau leur uennent lieu de souliers, ou s'ils voulaient seulement couvrir une plaie. Les piqüres et les découpures de leurs bras et de leurs corps, ces lignes renflées où cicatrices, qui différent par leur k:gueur et leur direction, et qui sont assez élevées au-dessus de la surface de la peau , annoncent une sorte d'adresse : il est diflicile d'imaginer la méthode qu'ils emploient pour exécuter cette singulière broderie. En voyant des hommes qui leur ressemblaient si peu , et des choses qui leur étaient absolument étrangères , ils ne témoignérent aucune