‹ Abrégé de l'histoire générale des voyages [microforme] (volume 3)Chapitre 9 sur 27 · RE PR PP · texte numérisé non relu

RE PR PP

m2 HISTOIRE GÉNÉRALE

« Ces huttes passagères les garantissent trés-bien du vent et de la pluie ; c'est tout ce qu'ils veulent. Je remarquai qu’en général , et peut-être toujours , la même tribu ou famille, quelque nombreuse qu'elle soit, s'associe, et élève des cabanes communes : aussi avons-nous vu fréquemment leurs villages, . nsi que celles de leurs bourgades qui se trouvent les plus étendues, partagés en différens quartiers par des palissades de peu de Nanieur et par des barrières,

« Les Zélandais qui s'établirent prés de nous, nous procurérent de grands avantages : ils allaient tous les jours à la pêche, lorsque le temps le permettait, etils échangeaient ordinairement la meilleure partie de leurs poissons. Ce supplément, jomt à ce que nous prenions au filet ou à la ligne, fut si considérable , que le poisson ne nous manqua guère durant notre relâche : nous ne manquâmes pas non plus d’autres rafraîchissemens. On servit constamment aux équipages des deux vaisseaux du céleri, du cochléaria et des pois cuits avec des tablettes de bouillon , et on leur donna de la bière de sapin. Si quelques-uns de nos gens avaient des germes de scorbut, cette nourriture ne tarda pas à les guérir; mais à notre arrivée dans le port de la Reine-Charlotte, je n’avais que deux hommes sur les cadres. Le capitaine Clerke n'avait point de malades.

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11e de beau-

LU

DES VOYAGES. 73 coup d'autres, qui ne demeuraient pas loin, et de quelques-uns qui habitaient l’intérieur du pays : les objets de commerce étaient des curiosités, du poisson et des femmes. Les deux premiers étaient de bonne défaite, le dernier n'en trouvait aucune. Les matelots montraient une sorte de dégoût pour les Zélandaises ; ils ne se souciaient pas, ou ils craignaient de former des liaisons avec elles, ce qui produisit le bon effet que pas un'de mes gens ne

quitta son poste pour aller dans les habitations des

insulaires.

« Je tolère les liaisons avec les femmes, parce que je ne puis les empêcher ; mais je ne les encourage jamais, parce que j'en redoute les suites. On dit, je le sais, que les commerces amoureux font la sûreté des navigateurs parmi les peuples sauvages : ils offrent peut-être ces avantages aux hommes qui, par nécessité ou par choix, veulent s'établir sur desterres nouvellement découvertes ; mais en général il n’en est pas ainsi des voyageurs, tels que nous, qui ne visilent un pays qu’en passant, et ces sortes de liaisons perdent plus de monde qu’elles n’en sauvent. Serait-1l raisonnable d'attendre autre chose, puisque les femmes ne se livrent aux navigateurs que par intérêt, et sans ressentir ni estime ni attachement pour cux ? Mon expérience sur ce point est assez étendue, et je n'ai jamais vu un exemple du contraire.

« Parmi les naturels qui n'étaient pas établis près de nous , et qui cependant vinrent nous voir, je dis-

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