‹ Abrégé de l'histoire générale des voyages [microforme] (volume 4)Chapitre 17 sur 46 · NOUS · texte numérisé non relu

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DES VOYAGES, 159 orcilles droites, les poils un peu longs, lisses, durs et de différentes couleurs ; plus communément blancs et bruns. Ils aboient rarement; ils hurlent quelquefois, et montrent beaucoup d'aversion pour les étrangers.

« Nous trouvämes quelques-uns des oiscaux que nous avions déjà aperçusà Taïti, un martin-pécheur à ventre blanc, et un héron gris. J'en tuai plusieurs de chaque espèce ; quelques personnes répandues dans la foule attachaïent une idée de sainteté à ces oiseaux, et ils les appelaicent eatouas, c’est-à-dire, du même nom qu'ils donnent à leurs dieux ; d'autres au contraire nous priaient de les tuer, et nous les montraient eux-mêmes à cet effet; quand nous les avions tués, aucun ne donna jamais la moindre marque de désapprobation : ils ne les regardent pas comme des divinités; car les divinités, suivant eux, sont invisibles ; mais le nom d’eatoua , par lequel ils les distinguent, suppose une plus grande vénération que celle qu'ont les vicilles lemmes en Angleterre pour les hirondelles et d’au- «es oiseaux. Dans cette circonstance, ainsi que dans plusieurs autres relatives aux institutions &iiles, politiques et religieuses de ces insulaires, “ous ne pouvons pas donner au lecteur des idées précises, parce qu'ayant resté peu de temps parmi eux, et ne connaissant pas leur langue, nous avons acquis que des connaissances imparfaites.

« Avec les acquisitions que nous avions faites, ous poursuivimes notre marche jusqu'au bras sep:

tentrional du havre, où M. Smith, un des maîtres, veillait aux travaux de l'aiguade. Des insulares lui vendaient plusieurs cochons ; mais les végétaux étaient si rares, que nous avions rarement des bananes, du fruit à pain et des cocos : nous nous contentions de quelques ignames qui, bouillies, tenaient lieu de pain. À midi nous atteignîmes la maison d'Oréo. L'après-diner nous retournämes chez lui ; il était entouré de plusieurs des principaux personnages de l’île. Ces insulaires ressemblaient si parfaitement aux Taïtiens, que je n'y apercevais aucune différence. Je ne puis pas confirmer lassertion des premiers navigateurs, qui disent que les femmes de Houaheiné sont en général plus blanches et plus belles; peut-être n’avons-nous pu ni les uns ni les autres les juger en général. Elles ne demandaient pas avec autant d'importunité des grains de verroterieetdes présens ; elles n'étaient pas st empressces d'accorder leurs faveurs aux nouveantvenus, quoiqu'à notre débarquement et à notre départ, quelques-uns de la classe inférieure eussent fait des avances d’une manière trés-marquée. Nous avons eu peu à nous louer de l'hospitalité de ces insulaires ; ils nous regardaient avec indifférence ; ils ne connaissent presque pas l'usage taïtien des présens réciproques ; dans nos promenades , ils ne nous fatiguaient point de leur présence ; nous n'eûmes pas à nous plaindre d'eux, et dans quelques occasions nous avons dû être satisfaits de leur conduite envers nous,

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« Le docteur Sparrman fit ensuite tout seul une autre promenade vers le côte septentrional de Pile;

il trouva une grande lagune d'eau salée, qui s'étendait à plusieurs milles parallèlement à la côte, et qui exhalait une puanteur insupportable, à cause d'une vase putride répandue surses bords. Heuneillit plusieurs plantes assez communes dans les îles et sur Jes côtes des Indes orientales, mais plus rares dans les autres îles du grand Océan. Un naturel qui l'accompagna, et auquel il confia le sac des plantes, fut extrêmement fidéle. Quand le docteur s'asseyait pour écrire, linsulaire s'asseyait derrière lui, et prenait dans ses mains les deux poches de son habit, afin, disait-il, d'empêcher les voleurs de venir le dépouiller. Par cette précaution, le docteur Sparrman n'avait rien perau quand ilrevint à bord : plusieurs Indiens cependant, qui semblaient le regarder comme un homme qui éuit en leur pouvoir, avaient jeté sur Jui des regards de malveillance, et lui avaient dit des injures.

« Le 6, M. Sparrman ayant imprudemment pénétré seul dans l'intérieur du pays, pour ses recherches de botanique , deux insulaires Pinvitérent

: à S'avancer plus loin : ils lui firent plusieurs pro- : testations d'amitié, et répétèrent souvent le mot . de tayo ; mais, profitant bientôt d’un moment où il regardait d’un autre côté, ils arrachérent de sa ceinture une dague, la seule arme qu'il eût, et ils lui en donnèrent un coup sur la iête à l'instant où 1 se baissait pour s’armer d’un caillou. Ce coup

le jeta par terre; alors ils lui déchirérent sa veste desatin noir, el enlevèrent par lambeaux une partie ce son habit, Cependant il se débarrassa de leurs mains, et, s'enfüyant vers la gréve, il les devan.. Cult; mais des ronces embarrassèrent tellement sa marche que les Indiens latteignirent. Ils lui ap. pliquérent alors sur les tempes et sur les épaules

un grand nombre de coups qui l'étourdirent : ils À

lui relevérent sa chemise sur la tête, et se préparaient à lui couper Îles mains, parce que des boutons la retenaient au poignet : heureusement il ouvrit la manche avec ses dents , et les voleurs s’en: fuirent en emportant leur butin. À cent cinquante pieds de là, des Indiens qui dînaient F'invitérent à s'arrêter ; mais 1l se hâta de gagner le rivage.

« Deux autres insulaires, le voyant ainsi de. pouillé, ôtérent sur-le-champ leurs vêtemeus d'etoffe dont ils le couvrirent; un d’eux le mena à li place du marché, où se trouvait un grand nombre d'insulaires. Au moment où M. Sparrman parut dans l’état qu'on vient de décrire, ils prirent tous la fuite en grande hâte. Je conjecturai d'abord , dit Cook, qu'ils avaient volé quelque chose; je fus bientôt détrompé par M. Sparrman qui nous raconta son aventure. Je rappelai quelques Indiens, les assurant que je ne me vengerais point sur les innocens : j'allat me plaindre à Oréo de cer outrage, et j'emmenai l’homme qui était revenu avec M. Sparrman, afin d'appuyer mon témoignaue.

Dés que le chef eut entendu les détails de cette

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DES VOYAGES. 159 attaque, il pleura et poussa des cris; plusieurs iosulaires limitérent. Les premiers transports de son chagrin calmés, 1l adressa des reproches à son peuple, et exposa ( autant que nous pümes le con prendre ) que dans ce voyage ainsi que dans le précédent je l'avais traité de la manicre la plus amicale, et qu'il était honteux de leur part de se conduire si mal envers nous. Il se fit donner le détail de ce qu'on avait volé à M. Sparrman, promit de mettre tout en œuvre pour le retrouver; et, se levant, il me pria de l'accompagner à mon canot. Ses sujets, craignant, à ce que j'imagine, pour sa sûreté, employérent tous les argumens imaginables, afin de le dissuader de son projet, qui leur semblait téméraire, Il entra cependant sur mon bord, malgré tout ce qu'ils purent dire ou faire. M. Forster pére offrit de rester à terre pour otage; Oréo n'y consentit pas : 1] se contenta de prendre avec Jui un de ses parens. Dés que les insulaires apercurent leur chef bien-aimé absolüiment en mon pouvoir, ls poussèrent un grand cri. Ils témoignérent une

| douleur inexprimable ; ils étaient tous inondés de L larmes ; ils priaient, ils suppliaient, et même ils

entreprirent de l'arracher par force du canot. Je

| joignis alors mes prières aux leurs, car je souffrais

trop de les voir dans une si cruelle affliction. Tout fut inutile, Il insista pour que je vinsse à bord près

de lui, et quand j'y fus, il ordonna de mettre au

large. Sa sœur, avec un courage égal au sien, fut l seule personne qui ne s’opposa pas à son départ.

Comme son imtentionétait de couriravec nousaprés les voleurs, nous suivimes la côte aussi loin que ce fut possible; ensuite ayant débarqué, nous par

courdmes quelques milles dans l'intérieur des terres, le chel nous servant de guide, et interrogeant tous ceux qu'il rencontait. Enfin 1 s'arrêta à une maison 4 bord du chenun, fit apporter des cocos , et lorsque nous etimes pris un léger rafratchissement, il voulut aller plus loin. Je m'y opposa, eroyant qu'il nous menerait peut-être à l'extémité de File : les bagatelles que nous redemandions ne valaient presque pas la peine d'être eme portées, quand on nous les aurait rendues, Oro alégua bien des raisons pour me persuader de continuer notre route ; il me dit que mon canot pourrait faire le tour des côtes et venir à notre rencontre, où qu'une de ses pirogues nous ramenerat à notre vaisseau, si je croyais que le chemin ft trop long pour retourner à pied. Mais j'étais décidé à m'en retourner, et il fut obligé de condescendre à ma volonté, dès qu'il vit que je ne le suivrais pas davantage. Je le priai seulement d'envoyer quelqu'un des insulaires à la recherche de ec qu'on nous avait volé ; car je reconnus que les voleurs avaient tant d'avance sur nous, qu'en les suivant jusqu'aux cantons les plus éloignés de l'île, il nous eût été difficile même de les apercevoir. D'ailleurs, comme je me proposais d'appareiller le lendemain au matin, cet événement nous causait un grand préjudice, en arrêtant toute espèce de

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DES VOYAGES. 161 commerce : en efet, les imsulires étaient si effrayés, qu'aucun d'eux ne s'approchait de nous, excepté ceux qui accompagnent Oréo. devenait donc encore plus nécessaire d'abandonner la poursuite, afin de vétablir les choses dans leur premier état. En arrivant à notre canot y NOUS y trouvâmes la sœur d'Oréo et plusieurs autres insulaires qui sétuient rendus par terre à cet endroit. Sur-lechamp nous repartimes pour le vaisseau, sans méme dire à Oro de nous accompagner, I persista ce pendant à nous suivre, et1l monta avec nous, en dépit de Popposition et des priéres des insulaires qui lemtouraient : sa sœur inita son exemple, et les larmes, les supplications de sa fille, âgée d'en vuron dix-huit ans, ne larrétérent point, Comme celte jeune personne, dans laceès de sa douleur, se faisait des blessures à la tête avec des coquilles, sa mére fut obligée de les lui arracher des mains, Orco s'assit à notre table, et dîna de bon cœur ; sa

sœur, Suivant la coutume, ne mangéa rien, Aprés

D diné, je payai par mes hbéralités la confiance qu'ils l'avaient eue en moi; je les mis tous deux à terre, Lau milieu de plusieurs centaines de leurs sujets qui Llesattendaient pour les recevoir : un grand nombre | embrassérent Oréo avec des larmes de joie. Tout | respirait alors le contentement et la paix : le peuple L accourait en foule de tous les cantons, avec des

cochons, des volailles et des fruits, de sorte que

nous en remplimes deux canots, Oréo lui-même

m'offrit un très-gros cochon et une grande quantité

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de fruits. On nous rapporta la dague (la seule chose de valeur que M. Sparrman eût perdue ) avec un pan de son habit, et on nous assura que nous recevrions le reste le lendemain : on avait volé aussi différens effets à quelques-uns de nos officiers qui étaient à la chasse, on les rapporta de la mtine maniére.

« Ainsi finit cette journée tumultueuse dont j'ai parlé avec détail , parce qu’elle montre la confiance extrême que ce brave chef avait en nous : on à peut-être droit d'en conclure que l'amitié est sacrce parmi eux. Nous étions , Oréo et moi, de véritables amis; nous avions accompli toutes les cérémonies en usage dans sa patrie ; il semblait croire que personne ne pouvait briser ce respectable lien. 11 me parut que c'était là le grand argument qu'il employa lorsque ses sujets voulaient l'empêcher d’enirer dans mon canot; « Oréo, leur disait-1l ( car « c’est ainsi qu'il m'appelait toujours ), et moi som- « mes amis; je n'ai rien fait pour perdre son alta- « chement, pourquoi n'irais-je pas avec lui?» Nous pourrions cependant ne trouver aucun autre chef qui voulût agir de la même manière en pareille circonstance. Si l'on demande ce qu’il avait à craindre, je répondrai : Rien du tout; car je ne voulais pas lui faire le moindre mal, ni le retenir un moment de plus qu'il ne le souhaiterait. Mais ses sujets et lui ne pouvaient pas le savoir : tout ce qu'ils voyaient, c’est que, dès qu'une fois 1l serait en mon pouvoir, toutes les forces de l'ile ne sufliraient pas

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pour l'en arracher, et qu'ils seraient obligés de m'accorder pour sa rançon tout ce qu'il me plairait de leur demander. Ainsi ils avaient des motifs d’inquiétude sur sa sûreté et sur la leur.

«Le 7, de grand matin, tandis que les vaisseaux démarraient, j'allai, accompagné du capitaine Furneaux et de M. Forster, faire ma visite d’adieu à Oréo. Nous lui portâmes en présent des choses prévieuses et surtout utiles; je lui Jaissai aussi la premiére inscription qu'il avait déjà si bien gardée, et j'y ajoutai quelques médailles avec nne autre petite planche de cuivre , sur laquelle sont gravés ces mots : Les vaisseaux de sa majesté Britannique, la Résolution et l’Aventure mouillèrent ici en septembre 1773. Je renferruai le tout dans un sac ; il me promit d'en prendre soin, et de Je montrer aux premiers vaisseaux qui arriveraient. Ce bon vieillard m'embrassa les larmes aux yeux. On ne nous parla pas dans cette entrevue des habits de M. Sparrman : je jugeai qu'on ne les avait pas trouvés, et je n'en dis rien, de peur d’afiliger Oréo au sujet de choses que je ne lui avais pas donné le temps de recouvrer, car il était de trés-bonne heure,

« En arrivant aux vaisseaux , nous les trouvimes entourés d’une foule de pirogues remplies de co-

chons, de volailles et de fruits que nous amenaient

lesinsulaires , comme au premier jour de notre arrivée. À peine eus-je monté à bord, qu’Oréo luimème vint m'annoncer que les voicüis éiaient pris, et qu'il désirait que je me rendisse à terre, ou our

164 HISTOIRE GÉNÉRALIT:

les punir, ou pour assister à leur châtiment ; mais cela était impossible, car {a Résolution mettait à la voile, et l’Aventure était déjà hors du havre. Orco resta avec nous jusqu’à plus d’une demi -lieue en mer, et il me fit ensuite de tendres adieux : il s'en retourna sur une pirogue manœuvrée par un seul homme et par lui-même : toutes les autres étaient parties. J'eus regret de ne pas descendre à terre avec lui, afin de voir de quelle manière ils punissent les coupables : je suis sûr que cette raison seule l'avait déterminé à venir à bord.

« Durant notre courte relâche à l’île ferule de Houaheiné, les deux vaisseaux achetérent trois cents cochons, outre des volailles et des fruits; nous en aurions obtenu bien davantage si nous y étions restés plus long-temps.

« Avant de quitter cette île, le capitaine Furneaux consentit à recevoir à son bord un jeun: honime nommé O-maï, natif d'Ouliétéa, où il avait eu quel. ques biens, dont les insulaires de Bolabola venaient de le déposséder. Je m’étonnai d'abord qu'ilse char. geât de cet Indien, qui, n'étant distingué ni par sa naissance ni par son rang, ni remarquable par sa taille, sa figure et son teint, ne pouvait, suivant moi, donner une idée juste des habitans de ces îles heureuses (1): car les personnes du premier rang sont beaucoup plus blanches et plus intelligen-

(1) IL était d’une grande taille , mais très-mince, et Forster observe qu'il avait les mains d’une petitesse remarquable.

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DES VOYACES. 165

tes, et ont communément un meilleur maintien que les classes moyennes du peuple. Cependant, depuis mon arrivée en Angleterre, j'ai été convaincu de mon erreur : car, excepté son teint { qui est d’une couleur plus foncée que celle des éris ou grands, qui, comme dans les autres pays, mènent une vie plus sensuelle, et sont moins exposés à la chaleur du soleil), je ne sais pas si tout autre homme de son île se serait mierx conduit étant avec nous. O-mai a du bon sens, de la pénétration, de l'esprit et des principes honnêtes : sa bonne conduite le rendait agréable à la meilleure compagnie de l'Angleterre, et un noble sentiment d'orgueil lui apprenait à éviter la société des personnes d'un rang inféricur. Il est dominé par des passions comme les autres jeunes gens, mais il a assez de jugement pour ne pas s’y abandonner. Je crois qu'il ne hait ni le vin ni les liqueurs fortes, et que sil s'était trouvé dans un repas où celui qui aurait bu le plus, aurait été le plus fêté, il aurait aussi tiché de mériter des applaudissemens : mais, heurensement pour lui, ila remarqué que le bas peuple seul boit beaucoup ; et comme il étudiait avec soin les manières et la conduite des personnes de qualité qui l’honoraient de leur protection , il était sobre et retenu, et je n'ai pas oui dire que, durant deux années de séjour en Angleterre, il se soit une seule fois pris de vin, ou qu'il ait jamais montré le moindre désir de passer les bornes les plus rigoureuses de la modération.

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166 HISTOIRE GENERALE « Immédiatement aprés son arrivée à al le comte de Sandwich, premier lord de] PU !

le présenta au roi, qui l'accneillit avec 4 | . et une afabilité extrêmes : O-mai conçut ès lors pour ce me, arque un sentiment ue de al naissance et de respect, I a été choyé pa: les ee A personnages d'Angleterre, et n'a mi dau M mériter dans leur estime, qui ne s'éteindra Le ’ sa vie. Ses principaux protecteurs ont été my pi Sandwich , M. Banks et le docteur Solander. : premier a pensé qu'il était du devoir ds . ar de prendre soin d’un habitant de De .

pitalière, qui a fourni avec tant de ne ë ; besoins des navigateurs anglais ; et les HA | voulu reconnaître la réception amicale qu'on eut avait faite dans son pays. On observera que, que que O-maï ait toujours véen en Europe ds o ds des amusemens , l’idée de retourner dans sa pu n'est jamais sortie de son esprit : il a Le patient de parur, mais il témoignait du . .

ment à mesure que le moment approchatt. ri embarqué avec moi sur la Résolution, Pan Le été armée pour un autre voyage. Il est 2 à de présens, pénétré de reconnaissance . * dont il avait été l’objet, et après avoir subi he reusement l'inoculation de la petite-vérole. (1)

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« Au moment, dit Forster, où il partit d'Houaheiné, il semblait être un homme du peuple : il n'osait pas aspirer à la compagnie du capitaine, et préférait celle de l’armurier et des matelots. Mais quand il fut an Cap, où Cook l'habilla à l'européenne , et le présenta aux personnes les plus distinguées, il déclara qu'il n’était pas teouteou, et prit le titre d’hoù, ou d’officier du roi. On a raconté mille histoires fabuleuses sur cet Indien ; on a dit entre autres, qu'il! était prêtre du soleil, dignité qui n’a jamaisexisté dans les îles d’où on l’a amené.

«Il a passé pour très-stupide chez les uns, et tres-intelligent chez les autres. Sa langue, qui n'a point d’aigres consonnes, et dont chaque mot finit par une voyelle, avait si peu exercé son organe, qu'il ne pouvait point du tout prononcer les sons anglais les plus compliqués ; on a fait beaucoup de remarques très-peu justes sur ce défaut physique, où plutôr sur ce défaut d'habitude. A son arrivée à Londres, il a partagé les spectacles et les plaisirs

| les plus brillans de cette grande métropole ; il imita aisément la politesse élégante de la cour , montra

beaucoup d'esprit et d'imagination, et fit des pro-

| grés étonnans daus le jeu d'échecs. La multiplicité d'objets qui aflectèrent ses sens l’ermapêchait de s'oc-

cuper de ce qui pouvait être utile à lui-même et à

| ses compatriotes à son retour. Il était incapable | d'embrasser d'un coup d'œil général tout notre

système de civilisation , et d'en détacher ce qui est applicable au perfectionnement de son pays. La

beauté, la symétrie, l'harmonie et la magnificence enchantaient ses sens. Aecoutumé à obéir à Ja voix de la nature, 1l se livrait sans réserve à tous ses mouvemens. Passant ses jours dans un cercle continuel de jouissances, il manquait de temps pour penser à l'avenir : et comme il n'avait pas le génie ni les talens supérieurs de Topia , son entendement a fait peu de progrès. Ce qu'on aura peine à croire, il n'a jamais formé le moindre désir de s'instruire de notre agriculture, de nos arts et de nos manufactures; 11 est vrai que personne n'a cherché à exciter en lui ce goût on à perfectionner son caractére moral. Il a prouvé à son départ, que les scénes de désordre dont il a été témoin n’ont pas corrompu les bonnes qualités de son cœur. 11 emporta avec lui toute sorte d'habits, d'ornemens et de bagatelles, enfin tout ce qu'inventent chaque jour nos besoins factices. Son jugement était encore dans l'enfance; et, comme un enfant, il désirait tout ce qui lamusait et produisait sur lui des effets inattendus. C'est pour satisfaire ces goûts enfantins qu'on lui a donné un orgue portatif, une machine électrique, une cotte de mailles et une armure complète. Les lecteurs penseront peut-être qu’à son départ d'Europe il a embarqué des objets vraiment utiles à ses compatriotes ; je l'espérais moi-même, mais j'ai été trompé. Si nous ne renvoyons pas à sa patrie un citoyen bien formé, ou rempli de connaissances précieuses, qui pourraient le rendre le bienfaiteur et peut-être le législateur de son pays,

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j'aime à penser du moins que les vaisseaux, en partant pour de nouvelles découvertes, porteront aux heureux insuluires de Taïti différens animaux domestiques, qui ajouteront peut-être au bonheur de ses habitans.

« Le 8 septembre 1773, nous fîimes voile pour Ouliétéa, Nous arrivâmes devant le havre d'Ohamanéno à la fin du jour.

« Cette île, observe Forster, est appelée O- Raietéa par tous les Taïtiens et dans toutes les îles de la Société ; je ne sais pourquoi les cartes du capitine Cook 11 nomment Ouliétéa : par son aspect, elle ressemble beaucoup à celle de Taïti : elle est environ trois fois plus grande que Houaheïiné ; ses plaines sont beaucoup plus larges et ses collines plus élevées,

« Orouhéra, un des chefs de Borahora ( Bolabola), vint à bord sur une pirogue. Il était trèsrobuste, mais il avait les mains trés-petites : ses bras tatoués représentaient des figures carrées trèssingulières; de grandes raies noires lui traversaient Ja poitrine, le ventre et le dos. Ses reins et ses cuisses étaient noirs partout. Il tenait à Ja main des branches vertes ; il offrit à mon père un petit cochon que plusieurs personnes de l'équipage avaient déjà dédaigné d'accepter : après qu'il eut reçu en retour quelques outils de fer, il descendit tout de suite dans sa pirogue , et fut ramené à terre ; mais il renvoya bientôt à son nouvel ami une seconde pirogue chargée de cocos et de bananes; les

domestiques qui vinrent les offrir de sa part ne voulurent emporter aucun présent. Nous fümes trés-tonchés de cette marque de bienveillance.

« L’aprés-midi , un second chef de Bolabola vint à bord , et changea de nom avec mon père : il s’appelait Zéréa : nous n'avons pas vu d'homme si gros dans les îles du grand Océan : il n’avait pas moins de cinquante-quatre pouces de circonférence à la ceinture ; une de ses cuisses en avait trente-un trois quarts. Ses cheveux le rendaient d’ailleurs remarquable : ils pendaient en longues tresses flottantes jusqu’au bas de son dos, etils étaient si touffus, qu'ils donnaient à sa tête une grosseur extraordinaire. Sa corpulence, son teint, sa peau tatouée comme celle d'Orouhéra, annonçaient assez son rang; car les grands de cette île vivent dans l’indolence et la sensualité, ainsi que ceux de Taïti. Mais il faut expliquer comment ces deux chefs, originaires de Bolabola, pouvaient avoir de l'autorité et des possessions à Ouliétéa. On lit, dans le premier Voyage du capitaine Cook, qu'O-pouny, roi de Bolabola, avait con: quis les îles d'Ouliétéa et d'O-taha , que renferme un même récif, et Maouroua éloignée d'environ qui: © lieues à l’ouest. Les guerriers qui servirent sous fui recurent de très-vastes possessions pour leur récompense , el un grand nombre de ses sujets obtinrent des concessions de terre sur les îles conquises. O-ourou, roi d'Ouliétéa, fut cependant conservé sur le trône ; mais on borna son pouvoir au canton d'Opoa, O-pouny avait placé à O-taha un vice-roi

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nommé Boba, qui était son proche parent. La plupart des naturels des îles conquises étaient retirés à Houaheïné et à Taïti, aimant mieux subir un exil volontaire que de se soumettre au conquérant: ils espéraient délivrer un jour leur pays de l'oppression. Il paraît que ce motif engagea Topia et O-maï, originaires d'Oulétéa, à s’embarquer sur des vaisseaux anglais : ils ont toujours témoigné l'un et l'autre le désir de se procurer une grande quantité d'armes à feu. Topia aurait peut-être exécuté son plan ; mais O-maï n'avait pas assez de capacité pour acquérir une idée complète de nos guerres, et l'adapter ensuite à la position de ses compatriotes. Cependant le projet de soustraire son pays au joug du peuple de Bolabola remplissait tellement son esprit, qu'il a dit souvent en Angleterre'que , si le capitaine Cook ne l'aidait pas dans son entreprise , 1] empêèclierait ses compatriotes de li fournir des rafraîchissemens : 1l médita cette vengeance jusqu’au moment de son départ; on Int persuada alors d'adopter des principes plus paciliques. Nous avons peine à concevoir quel motit porta 0-pouny et ses sujets à devenir conquérans ; Car , si on les en croit , leur île est aussi fertile et aussi riche que celles dont ils se sont emparés : l'ambition seule à pu les animer ; mais cette ambition s'accorde mal avec leur simplicité et leur caractère généreux. Il est douloureux de penser qne Îles sociétés humaines les plus heureuses entraînent encore de grandes imperfections.

« Le lendemain au matin, nous fimes une visite en forme à Oréo, chef de cette partie de l’île ; nous portions avec nous des présens convenables. On ne nous assujeltit à aucune cérémonie au débarquement; on nous mena tout de suite près de lui. 1 était assis dans sa maison près du bord de l’eau : il nous y reçut, ainsi que ses amis , avec une extrême cordialité. Il témoigna beaucoup de joie de revoir le capitaine Cook, et lui demanda la permission de changer de nom. C'est la plus grande marque d'amitié qu'ils puissent donner à un étranger.

« Oréo était d’une taille moyenne, mais trèsgros ; il avait une physionomie pleine d'expression et d'esprit, une barbe clair-semée , d’un brun rougeâtre, Bannissant la cérémonie et l'affectation, 1l badinait et riait avec nous de trés-bon cœur. Sa femme était âgée, cependant son fils et sa fille ne px raissaient avoir que douze ou quatorze ans : la fille était trés-blanche ; ses traits, et en particulier ses yeux , assez semblables à ceux des Chinois, son nez trés-bien fait, ne ressemblaient pas beaucoup à ceux du reste dela nation : elle était petite, et mignarde; toute sa personne, et en particulier ses mains, avaient de l'élégance et de la grâce; seulement ses jambes et ses pieds étaient un peu grands ; ses cheveux courts nuisaient à sa figure; mais rien de si engageant que ses manières ; quand elle sollicitait quelque chose, il n'était pas possible de rien refuser à sa voix douce et agréable, Au lieu de rester dans la maison , nous nous promenâmes au milieu

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des bocages , tirant quelques oiseaux et cueillant des plantes. Le bas penple nous témoigna plus de familarité et de confiance qu'à Houaheiné; mais ne nous importunait point par ses demandes comme à Taiti. L'après -midi, nous tuämes dans une autre excursion des martins - pêcheurs ; et-au moment où je venais de tirer le dernier , nous rencontrâmes Oréo et sa famille qui se promenaient dans la plaine avec le capitaine Cook ; le chef ne remarqua pas l'oiseau que je tenais à ma main, mais sa fille déplora la mort de son éatoua , et s’enfuit loin de moi lorsqne je voulus la toucher. Sa

| mere, et la plupart des femmes qui laccompa-

gnalent , paralssaient aussi affligées de cet accident ;

| «, montant sur son bateau , le chef nous pria d’un

ar fort sérieux de ne pas tuer les martuns-pécheurs

Let les hérons de son île; mais 1l nous donna en | méme temps la permission de tirer tous les autres oiseaux. Nous avons Cssayé ensuite de découvrir la

nature de leur vénération pour ces deux espèces d'oiseaux ; toutes nos recherches ont été infruc-

h LucUses.

« Le 10, Oréo nous invita à la représentation d'un héva. Le spectacle se donna sur un terra d'environ soixante-quiuze pieds de long et de trente de large , renfermé entre deux édifices parallèles l'un à l’autre. L'un était un bâtiment spacieux ,

| capable de contenir un grand nombre de specta-

teurs, l’autre une simple hutte étroite, soutenue sur une rangée de poteaux , ouverte du côté où

l'on jouait la pièce, mais parfaitement fermée d'ail. leurs avec des nattes et des roseaux. L'un des coins était clos de toutes parts : &’est là que s’habillaient les acteurs. Toute la scène était revêtue de trois grandes nattes, du travail le plus fini, et rayces en noir sur les bords. Dans la partie ouverte de la petite hutte, nous vimes trois tambours de diverses grandeurs, c’est-à-dire, trois troncs de bois, creusés et couverts d'une peau de requin : quatre ou cinq hommes, qui en jouaient sans cesse avec les doigts seulement , déployaient une dextérité étonnante. Le plus grand de ces tambours, haut d'environ trois pieds, en avait un de diamètre. Nous étions assis depuis quelque temps sous l'amphithéâtre, parmi les principales femmes de Pile, quand les actrices parurent : l’une était Poyadéa , fille du che Oréo ; l'autre, grande et bien faite, avait des traits agréables et an trés-beau teint. Leur habillement, très - différent de celui qu'elles mettaient ordinairement , consistait en une pièce d’étofle brune de Ja fabrique du pays , ou une piéce de drap bleu curopéen, serré avec soin autour de la gorge; une espèce de vertugadin dé quatre bandes d’étofle, alternativement rouges et blanches , posait sur leurs hanches, et de là pendait jusqu'aux pieds; enfin une toile blanche qui formait un ample jupon, et qui, traînant par terre de tous côtés , semblait devoir les embarrasser dans leurs mouvemens: Je cou, les épaules et les bras étaient découverts; mais la tête était ornée d'une espèce de turban,

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DES VOYAGES. 17É élevé d'environ huit pouces, fait de plusieurs tresses de cheveux , qu'ils appellent tamoaou, et placées les unes sur les autres en cercles, qui s’'élargissent vers le :ammet : on avait laissé au milieu un creux profori sempli d'une quantité prodigieuse de fleurs :.1:-udorantes de gardenia ou jusmin du Cap ; tout le devant du turban était embelli de trois ou quatre rangs de petites fleurs blanches qui formaient de petites étoiles , et qui produisaient sur les cheveux trés-noirs des danseuses, le même eflet que des perles. Elles se mirent à danser au son des tambours ; et, Suivant toute apnarence , sous la direction d’un vieillard qui dansait avec elles, et prononcçait plusieurs mots, que, d'aprés le son de sa voix, nous primes pour une chanson. Leurs attitudes et leurs gestes étaient trésvariés, et quelquefois nous aurions pu les trouver lascifs. Le mouvement de leurs bras est trés-gracieux , et l’action continuelle de leurs doigts a quelque chose d’extrémement élégant : mais ce qui

| blessa nos idées de grâce et d'harmonie, c'est l’o-

dieuse coutume de tordre la bouche d’une si étrange maniére , qu'il nous fut impossible de les imiter : elles la reurent d’abord de travers, et ensuite elles jettent tout à coup leurs lèvres en avant avec des ondulations qui ressemblent à des convulsions subites.

« Aprés avoir dansé environ dix minutes, elles se retirérent dans Ja partie de la maison où elles Sétaient habillées, et cinq hommes, revétus de

nattes, prirent leur place et jouérent une espèce de drame composé d’une danse indécente et d’un dialogue qui avait de la cadence : quelquefois ils se mettaient à crier en prononçant tous ensemble les mêmes mots. Ce dialogue semblait lié à leurs acuons. L'un d'eux s’agenouilla , un second le battit, le prit par la barbe, et en fit autant aux deux autres; mais enfin le cinquième le saisit et le frappa d'un bâton. Ensuite ils se retirèrent tous, et les tambours donnérent le signal du second acte de la danse, que les deux femmes exécutérent presque de la même manière que le premier.

« Les hommes reparurent de nouveau, les femmes les remplacérent , et finirent le quatrième acte. Elles s’assirent pour se reposer : elles paraissaient tres-lasses, car elles suaient beaucoup. L'une d'elles, ayant de l'embon point et de la vivacité dars le teint, ses joues étaient couvertes d’un incarnat charmant, La seconde fille d'Oréo excita l'admiration par son jeu, quoiqu'elle se füt fatiguée la veille à jouer le matun et le soir, »

Le 15, l'après-midi, on représenta encore une piece dont Forster donne les détails suivans :

«Onnu:s ac:nit derrière la scène, et nous vimes les actrices s’habiller : e!ies obunrent de nous des grains de verroterie, et nous imaginâmes de les placer nous-mêmes ; elles furent enchantées de nos soins. Nous observâmes parmi les spectateurs les plus jolies femmes du pays ; l’une d'elles était re-

| ticulier , d | nous l’aux

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DES VOYAGES, 177 marquable par le teint le plus blanc que j'aie aper dans ces îles, La couleur de son visage Ne à celle d'une cire blanche un peu trail ÿ mais elle paraissait en parfaite santé ; ses beaux ve et ses beaux cheveux noirs formaient un si charmant contraste , qu'elle excita notre admiration : elle r ent d’abord un grand nombre de nié , cet hommage qu'on rendait à sa beauté ne fi qu'accroître davantage le goût de nos colifichets ; elle ne cessa pas de nous importuner tant w'ellc crut qu'il nous en restait un seul. Un de h. . sieurs tenant à sa main un petit cadenas, elle le lui demanda tout de suite. Après avoir refusé pendant quelque temps, il consentit à le lui donner, et le mit à son oreille, en l’assurant que c'était he vénitable place. Elle en fut joyeuse pendant quelques

| minutes; mais le trouvant trop pesant, elle le pri de l'ouvrir et de l’ôter. Il jeta la okef su loi en | Le faisant comprendre que, lui ayant aocoudé ce | qu elle désirait, si elle en était embarrassée elle deà, aitsupporter cette peine comme un châtiment de son importunité. Elle devint inconsolable ; pleu-

LU \ LU rant amérement , elle s'adressa à nous tous en par. iculier , et nous conjura d'ouvrir le cadenas : quand

| u % nous l’aurions voulu , nous ne le pouvions pas. Elle

ds alors au chef qui, ainsi que sa femme, son ils et sa fille, joigni 1e ns 34 » joig irent leurs prières aux siennes.

fin on trouva une petite clef pour l'ouvrir; ce pr. ke L : à qui termina les lamentations de la pauvre Indienne 6 4 . . . L . | .

etrétablit la paix et la tranquillité parmi tous ses

amis. Cette malice de notre part produisit un bon

Nous effet, car elle guérit les femmes de l'ile de la vile ] , arqu habitude de mendicr. 4 4 . terre 1 « Quelques circonstances survenues le lendemain se ‘ : de "#26 ve uit matin 15, prouvent clairement la timidité de ce É “a 1 inté peuple. Nous fümes surpris, dit Cook, qu'aucun de ; | ar u insulaire ne vint à bord. Deux hommes de l’4ven- PRES CR ,» rent de ture, ayant manque à mes ordres, et passe toute 7 ‘ ‘ ' * orter la nuit à terre, je conjecturai d'abord que les insu- P LI . tits : vu sem laires les avaient dépouillés, et qu'ils craignaient de | ” . el que s'approcher de nous, de peur que je ne vengeasse 1 "J : , es np + as mé cette insulte. Afin d'éclaircir cette affaire, nous nous veau, et

rendîmes, le capitaine Furneaux et moi, à la muson d'Oréo; il n’y avait personne ; il s'était enfui avec toute sa famille , et tout le voisinage était , en quelque sorte, désert. Les deux hommes de?” Aventure veparurent enfin , et nous apprirent que les Indiens les avaient traités civilement ; mais qu'ils ne

rivai bier qu'il étai de la côte el qui ét:

contre : e

[ment, qu

sule para | descend | tien, qui s lablemen Bivaient ra domestiqu D uvait port ous latte lmes ob] ue l'avons Les nalure Sur sa fui

pouvaient pas rendre raison de leur fuite précipitée. Le petit nombre de cenx qui osaient s’avancer vers nous nous dirent cependant que nos fusils en

avaient tué plusieurs et blessé d’autres ; ils nous in-

diquaient les endroits du corps par où étaient entrées les balles , etc. Ce récit me donna de linquittude sur nos gens qui étaient allés à O-taha; je crar-

gnais qu'il ne füt arrivé quelque trouble dans cette

île. Pour n'en assurer, je résolus de voir le chef Jui-méme. Je montai la chaloupe avec un des

naturels, et je marchai le long de la côte au nord, vers l'endroit où on nous dit qu'il s'était reuré.

bon Nous l’aperçûmes bientôt sur une pirogue ; il déa vile barqua avant que je pusse l'aborder. Nous mîmes à

terre immédiatement aprés lui; mais il avait déjà emaan quitté les bords de la mer pour s'enfoncer dans de ce l'intérieur du pays. Nous fûmes cependant recus aucun per une troupe immense d’insulaires qui me prié- Aven- rent de les suivre. Un Indien s'offrit même à me 6 Loue porter sur son dos. Comme toute cette histoire me 28 insu semblait cependant plus mystérieuse que jamais, sientde et que j'étais absolument sans armes, je ne voulus ngeasse pas m'écarter de la chaloupe : j'y remontai de nouus Nous veau, et Je continuai d'aller à la piste du chef. J'ar- Ja mit

at enfui était, en

el’ Aven-

rivai bientôt à un endroit où notre guide nous dit qu'il était : la chaloupe échoua à quelque distance de la côte ; une femme âgée, d’un air respectable,

et qui était l'épouse du chef, vint à notre rencontre : elle se jeta dans mes bras, et pleura telle- E ment, qu'il ne fut pas possible de lui arracher une seule parole. Je donnai le bras à cette femme, et | jedescendis à terre, contre l'avis de mon jeune Taitien, qui semblait plus effrayé que nous, et qui pro- | lablement croyait tout ce que les habitans du pays avaient raconté. Il s'approcha en hâte d’un de mes | domestiques, lui rendit la poire à poudre qu'il Rivait portée jusqu'alors, et dit qu'il allait revenir. Nous l’attendimes assez longtemps en vain, et nous lmes obligés de retourner à bord sans lui. Nous Que l'avons pas revu durant notre séjour dans l'île. ÊLes naturels nous donnérent peu d’éclaircissemens sur sa fuite. Craignant qu'ils ne s'alarmassent de

ue les Inqu'ils n Le prects'avancer fusils en nous in- Laient en- » Yinquiéa; je craidans cette ir le che C0 un des au nord, ait retiré:

nouveau, si je faisais des recherches sur re point, j'eus soin de n’en pas parler. Je trouvai le chef assis à l'ombre d’une maison , devant laquelle s’étenduit une vaste cour , el entouré d’une foule d’insulaires, Dès que je l’abordai , il jeta ses bras autour de mon cou et fondit en larmes : toutes les femmes et quelques hommes pleurérent aussi, de sorte que les lamentations devinrent générales. L’étonnement seul m'empêcha de verser des pleurs de mon côté. Il se passa un peu de temps avant qu'aucun d’eux voulût ouvrir la bouche : enfin, après bien des questions , tout ce que j'appris, c’est que l'absence de nos canots les alarmait : ils pensaient que les Anglais qui les montaient avaient déserté des vaisseaux, et que j'emploierais des moyens violens pour les reprendre. Quand je leur protestai que les chaloupes reviendraient , ils parurent joyeux et sitisfaits, et ils convinrent tous, sans exception, que personne n'avait été blessé, ni de leurs compatriotes, ni des nôtres : nous reconnümes ensuite la vérité de ce dernier aveu. Je ne sais pas si ces alarmes eurent le moindre fondement ; et malgré mes recherches, je n'ai pas découvert comment cette consternation universelle prit naissance : après un séjour d'environ une heure, je retournai à bord; trois des naturels n’accompagnérent : à mesure que nous avancions le long de la côte, ils annoncaient à tous ceux de leurs compatriotes qu'ils ren: contraient que la paix était faite.

« Ainsi se rétablit la tranquillité; et le lende-

mai seau capi au cl et mé ques- Poréc dit pl aprés terre, la chai concili bient6:

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main au matin les Indiens se rendirent aux vaisseaux comme à l'ordinaire. Après le déjeuner , le capitaine Furneaux et moi nous fimes une visite au chef. Nous le trouvämes dans sa maison, calme et même gai ; il vint dîner à notre bord avec quelques-uns de ses amis. J'appris seulement alors que Poréo , mon jeune Taïtien , m'avait quitté. J' à dit plus haut qu'il était avec nous quand j:

aprés Oréo, et qu'il me conseilla de ne pa terre. Il eut alors une telle frayeur, qu'il resia dans la chaloupe jusqu'a ce qu'il apprit que tout était concilié. Il descendit enfin à terre, où 1l rencontra bientôt une jeune femme pour laquelle il avait concu de l'attachement ; il s'en alla avec elle.

« L’après-midi nos bateaux revinrent d'O-taha chargés de bananes, fruits dont nous manquions le plus. Nos compagnons avaient fait le tour de l'île, conduits par Boba, un des éris; les naturels les recurent amicalement, les logérent et leur donnérent des vivres : mais la seconde nuit leur repos

| fut troublé par des insulaires qui les volaient : ils

recoururent au droit de représailles, et de cette manière ils reconvrèrent la plus grande partie de ce qu'ils avaient perdu.

« Ils avaient débarqué dans une belle baie, sur le côté oriental appelé O-hamèné : le pays et ses habitans ressemblent parfaitement aux autres îles de cet archipel : en général , les productions végétales et animales y sont les mêmes : quelques-unes sculement y sont plus ou moins abondantes. Ainsi, par

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