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exemple, le monbin est trés-commun à Taïui, extrêémement rare à Ouliétéa et à Houaheïné, et peu abondant à O-taha; les volailles , rares à T'aïti, sont abondantes dans les autres îles de la Société ; les rats, qui infestent Taïti par myriades, ne sont pas
. si nombreux à O-taha ; ils le sont encore moins à
Ouliétéa ; on en trouve trés-peu à Houaheiné.
« En allant chez O-tab, les Anglais rencontrérent une grande foule qui s’y rendait pour assister à un heva : ils apercurent aussi de loin une femme revêtue d’un habit singulier et toute noire. On leur dit qu'elle accomplissait les rites funéraires, et qu’elle plenrait un mort. Ils trouvèrent l'éri, qu était un vieillard, assis sur un escabeau de bois :1l en offrit la moitié à M. Forster père. La danse fut bientôt commencée par trois jeunes filles dont la plus âgée n'avait que dix ans, et la plus jeune cinq. Trois tambours composaient, comme à lordinaire, la musique; et, dans les intervalles de la danse, trois hommes jouérent une espèce de pantomime qui représentait des voyageurs endormis, et des voleurs enlevant adroitement leurs effets.
« Pendant la pièce, la foule ouvrit un passage à plusieurs insulaires , qui s’'avancèrent deux à deux vers la maison , mais qui s'arrêtèrent à l'entrée. Ils étaient bien habillés ; ils avaient des ceintures rouges autour de leurs reins, des bandes de cheveux tressés entouraient leur tête ; toute la partie supcrieure de leur corps était nue et ointe d'huile de coco. Les uns étaient des hommes faits, et les au-
L que ce mo
tres di et d'af messie rain , :
Ota bie ces tar ils s’ar:
coups. .
l'on ap| tans fu: danse , odaouic rent d hères.
« Un le long « lune, « dont o farent d plus lou
Le le septentr h, et récif, de et d’aut nanes , la maisa
(1) Qé
aili, CX- , Ci peu iti, sont été ; les sont pas moins à iné.
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endormis, rs effets.
an passage Jeux à deux ’entrée. Ils ntures roude cheveux
sartie supé: | , d'huilé de , et les an-
| que ce mot signifie parens.
DES VOYAGES. 109 tres des enfans. O-tah les appelait odaouiddi (1) ; et d’après les gestes qu'il fit pour s'expliquer, nos messieürs les prirent pour des pleureurs. Le terrain, à l'entrée, fut couvert d'une étoffe, qu'on ôta bientôt et qu’on donna au tambour. L'un de ces tambours sé quérella avec un autre naturel ; ils s'arrachèrent les cheveux, et se donnérent des coups. Pour que le spectacle ne fût pas interrompu, l'on appela un autre tambour, et les deux combhatans furent chassés de la maison. Vers la fin de la danse , les spectateurs ouvrirent un passage , et les odaouiddi parurent encore une fois, mais ils resrent debout, sans faire de cérémonies particulières.
« Un grand nombre de pirogues étaient rangées le long de la côte, devant la maison du chef: dans l'ane , couverte d’un toit, se trouvait un mort dont on célébrait les funéraitles. Nos messicurs farent donc obligés de placer leurs canots un peu plus loin : ils couchérent à leur bord.
Le lendemain, les Anglais doublérent la pointe septentrionale de l’île, toujours accompagnés d’Ouh, et ils virent sur leur route, en dedans du récif, de longues îles basses couvertes de palmiers et d’autres arbres : ils achetèrent d'excellentes bananes , et dinérent un peu plus au sud, près de li maison de Boba, grand chef de l’île, qui la
(1) Oédidi et O-maï les appelaient ké-bDiddhi ; ils disaient
184 HISTOIRE GÉNÉRALF
gouvernait en qualité de vice-roi d'O-pouny. Après dîné, les Anglais n'ayant pas trouvé un sac qui contenait des clous, quelques miroirs et de la verroterie , les ofliciers résolurent d’user de représailles , afin de forcer les Indiens à la restitution; ils commencérent à prendre un cochon , des nacres de perle et des étofles; mais il fallut pour cela menacer les insulaires des armes à feu. Ils se partagérent ensuite ; une troupe garda les canots, une autre les choses saisies ; et plusieurs , avec le lieutenant à leur tête, s'avancérent dans le pays pour faire des saisies plus considérables. Le vieux chef O-uh les suivit tout effrayé. Les insulaires s'enfuyaient devant eux, emmenant leurs cochons au milieu des montagnes. L’officier tira trois coups de fusil pour les épouvanter ; alors un chef, qui avait une jambe et un pied monstrueusement enflés par léléphantiasis, vint offrir ses cochons et plusieurs balles d’étofles. M. Pickersgill se rendit ensuite à la maison de Boba, où il enleva deux boucliers et un tambour. O-tah les q : I soir, mais il revint bientôt avec le sac vol, «a moitié des clous et de la verroterie , et passa la nuit avec les Anglais. Le lendemain, dès le grand maun, on annonça aux Indiens qu’on icur rendrait tout ce
qui avait été saisi, s'ils rapportaient ce qui manquait encore. O-tah, et l'autre chef à la grosse jambe, qui marchait cependant trés-bien , appor-
irent le fer et les bagatelles qui avaient été cachés parmi des buissons : on rendit alors les étoffes, les
y. Après
sac qui e la vere repréuitution ; | des nalat pour eu. Ils se s canots, s , avec le s le pays Le vieux insulaires s cochons rOIS COUPS chef, qui ent enfles ns et pluse rendit
leva deux
Le soir, ,a moitié \ nuit avec matin, Où ait tout ce qui manà la grosse en , appor- | té cachés étoftes, les
cochons et les boucliers. M. Pickersgill récompensa le maître de ja hutte où il avait passé la nuit, et reconnut aussi par des présens la fidélité et l'amité du vieux chef. Les marchandises qu'il recouvra
le mirent en état d'acheter des bananes dans le canton d'Héréroua , et ensuite au fond de la baie appelée d’A-potopoto , où l’on vit une des maisons Jes plus vastes de toutes les îles de la Société. Elle était remplie d'habitans qui en occupaient avec
leurs familles différentes parties ; elle semblait plutôtun bâtiment public, élevé pour servir d'asile aux voyageurs, comme les caravanseraïs de l'Orient, qu'une habitation particulière.
« Ayant à bord une honne quantité de provisions , dit Cook, je me décidai à remettre en mer, et j'en informai Oréo, qui me promit de me voir encore avant mon départ. À quatre heures nous commencämes à démarrer; dès qu'il fit iour, Créo son fils et quelques-uns de ses amis vinrent à bord, avec plusieurs pirogues chargées de fruits et de cochons. Les Indiens nous disaient : Z'ayo boa atoë, Je suis votre ami, prenez mon cochon et donnezmoi une hache. Mais nos ponts étaient déjà si remplis, que nous pouvions à peine nous remuer : nous avions à bord des deux vaisseaux près de quatre cents cochons. En comprenant ceux que nous avions mangés et salés , on nous en avait fourni plus de quatre cents dans cette île. Les uns pesaient cent livres , et davantage ; mais les autres pesaient , en général , de quarante à soixante livres.
Il n'est pas aisé de dire combien nous en aurions acheté, si nous avions eu de la place pour tous ceux qu'on nous offrit.
« La fille d'Oréo, qui jusqu'alors n'avait jamais osé nous faire visite, vint à bord pour demander la couverture verte de mon canot, qu'elle désirait ardemment, Elle recut quantité de présens ; mais je ne pus lui accorder ce qu’elle souhaitait.
« Le chef et ses amis, ajoute-t-il, ne nous quittérent que quand nous fümes sous voile ; avant de s’en aller, il me pria instamment de lui dire si je reviendrais, et dans quel temps : question que me faisaient journellement plusieurs insulaires.
« Un grand nombre d’insulaires d'Ouliétéa s'offrirent d'eux-mêmes à me suivre, Je jugeai à propos d'en prendre à bord un seul âgé de dix-sept à dix-huit ans; il s'appelait Ocedidi; il était natif de Bolabola, et proche parent d’O-pouny, chef de cette île.
« Comme la relation de mon premier voyage traite fort en détail des productions des îles de la Société , des mœurs et des coutumes des: habitans, je me bornerai à raconter de nouveaux faits ou à corriger Îles erreurs que je puis avoir commises.
« J'avais quelques raisons de croire que, dans leurs cérémonies religieuses , ils font des sacrifices humains: j'allai un jour, avec le capitaine Furneaux. visiter un morai à Matavaï : nous étions accompagnés, comme dans toutes les autres occasions, d’un
homn langu un {ef viande mes r latives si les | crifiai volaill de lir oui. J homn à-dire tiparre mand:
homn des é donne
eno : $
domes ni chi bons ; hom tres q
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crime .
s'ils n
me se
les sa surtot
ésirait ; Mais
éa s'ofà pro- 1x - Sept it natif
chef de
voyage îles de »s. habiux faits ir com-
e, dans icrifices rneaux.
compais, d'un
homme de mon équipage qui savait assez bien leur langue, et de plusieurs naturels du pays : jy trouvat un tépêpotou, sur lequel était un cadavre et des viandes ; de sorte que tout promettait du succés à mes recherches. Je proposai diverses questions relatives aux différens objets que j'avais sous les yeux : si les bananes étaient destinées à l’éatoua ; s'ils sacrifiaient à l’éatoua des cochons, des chiens, des volailles, etc. L'un des insulaires, qui annonçait de l'intelligence et du bon sens, me répondit que oui. Je lui demandai ensuite s'ils sacrifiaient des hommes à l'éatoua. I]me répondit, taata eno, c'està-dire, qu'ils immolaient les méchans hommes, tiparrahi, en les battant jusqu’à la mort. Je lui demandai en outre s'ils mettaient aussi à mort les hommes bons; il répondit non : s'ils immolaient des éris ; il me dit qu'ils avaient des cochons à donner à l'éatoua , et il répéta de nouveau , taata eno : s'ils immolaient à l'éatoua les teouteons (les domestiques ou les esclaves ) , qui n’ont ni cochons, ni chiens, ni volailles, mais qui sont des hommes bons; il me répondit non, mais seulement Îles hommes méchans. Ses réponses à beaucoup d’autres questions que je lui fis semblaient toutes tendre à ce point, que des hommes, pour certains crimes, sont condamnés à être sacrifiés aux dieux, s'ils n’ont pas de quoi se racheter. Il en résulte, ce me semble, qu'en certaines occasions, ils jugent
les sacrifices humains nécessaires ; qu'ils prennent
surtout pour victimes les hommes qui, dévoués à
la mort par les lois du pays, sont pauvres et de la classe inférieure du peuple.
« L’insulaire à qui je proposai mes demandes prit beaucoup de peine afin de n'expliquer les détails de cette coutume ; mais nous ne savions pas assez Ja langue pour le comprendre parfaitement, O-maï m'a appris depuis qu'ils sacrifient des hom-
mes à l'Etre suprême. Suivant lui, les victimes dé-
pendent du caprice du grand-prêtre , qui, dans les assemblées solennelles, se retire seul au fond de la Maison-de-Dieu , et y passe quelque temps. En sortant , il annonce au peuple qu'il a vule grand Dieu et conversé avec lui (ce pontife jouit seul de ce privilége) ; qu’il demande un sacrifice humain, et qu’il désire une telle personne présente, contre laquelle le prêtre a vraisemblablement de la haine. On tue sur-le-champ cet infortuné, et il périt ainsi victime du ressentiment du grand-prêtre, qui sans doute, au besoin, a assez d'adresse pour persuader que le mort était un méchant. Si j'en excepte les cérémo: nies funéraires, j'ai recueilli de la bouche d’autrui tout ce que je sais de leur religion ; et comme les Européens qui se croient les plus habiles dans leur langne ne Pentendent qu'imparfaitement, l'on n’a pas encore de notions positives sur celte maticre.
« La liqueur qu'ils font avec la plante appelée ava ava, s'exprime de la racine, et non des feuilles, comme le dit la relation de mon premier voyage. La manière de la préparer est aussi simple qu'elle
est dé, sonnes amolli plat di mäché moins forte ; travers soir :
toujou une sa Quoiq fois pt comm:
Ils m:
ropéen salive :
ceaux « L quant petite.
erreu
t de la
andes er les ns pas "ment, s homnes délans les d de la En sor.
d Dieu ce pri.
et qu'il aquelle On tue victinie doute, r que le cérémo:
e d’ancomme les dans ement, ur celle
appelée feuilles, voyage.
qu'elle
DES VOYAGES. 160) est dégoûütante pour un Européen. Plusieurs personnes mâchent ces racines jusqu’à ce qu’elles soient amollies; ensuite elles les crachent dans un même plat de bois ou dans un autre vase ; quand on en a mäâché une quantité suflisante, on y met plus ou moins d’eau, suivant que la racine est plus ou moins forte; dès que le jus est ainsi délayé, on le passe à travers une étoffe fibreuse qui tient lieu de pressoir : la liqueur est ensuite potable : elle se fait toujours au moment où on veut la boire. Elle a une saveur poivrée ; mais elle est un peu insipide. Quoiqu’elle soit enivrante, je ne l'ai vue qu’une fois produire cet eflet : les naturels en prennent communément avec modération et peu à la fois. Ils mâchent souvent cette racine comme les Européens mâchent du tabac, et ils avalent leur salive : plusieurs mangèrent devant nous des morceaux de cette racine.
« Les habitans d'Ouliétéa cultivent une grande quantité de cette plante, et ceux de Taïti une trèspetite. Je pense qu’elle croît dans presque toutes les îles de cette mer ; les Indiens en font le même usage; car Le Maire dit que les insulaires de Horn urent d’une plante une liqueur de la manière que je viens de décrire.
« Ceux qui ont représenté les femmes de Taïti et des îles de la Société comme prêtes à accorder
les dernières faveurs à tous ceux qui veulent les
payer , ont été très-injustes envers elles ; c'est une erreur : il est aussi difficile dans ce pays que dans
aucun autre d'avoir des privautés avec les femmes mariées et ave celles qui ne le sont pas, si on en exceple toutefois les filles du peuple; plusieurs même, parmi ces dernières, sont chastes. 1 est trèsvrai que dans ces îles, ainsi que partout ailleurs, il se trouve des prostituées; leur nombre y est peut-être plus grand ; telles étaient les femmes qui venaient à bord de nos vaisseaux ou dans le camp que nous avions sur la côte. En les voyant fréquenter indifféremment les femmes chastes et celles du premier rang, on est d'abord porté à croire qu'elles ont toutes la même conduite, et qu'il n'existe entre elles d'autre différence que celle du prix; c'est que , dans leur opinion , une prostituée ne commet pas un crime assez noir pour perdre l'estime et la société de ses compatriotes. Au reste, un étranger qui arrive en Angleterre pourrait, avec autant de justice, accuser d’incontinence toutes nos femmes, s'il les jugeait d’après celles qu’il voit à hord des vaisseaux, dans un de nos ports ou dans les environs de Covent-Garden ou de Drury- Lane. Je conviens que toutes les Tuitiennes sont fort versées dans l’art de la coquetterie, et qu'elles se permettent toutes sortes de libertés dans leurs propos : il n’est donc pas étonnant qu’on les ait accusces de liberunage. »
En quittant Ouliétéa, Cook fit route vers le sud-ouest , afin de sortir de la route des premiers navigateurs, et d'entrer dans le parallèle des îles de Middelbourg et Amsterdam.
« C sur n ment au Jar pic él nous ( paren taha e que sc l'avait d'Eim ainsi € alors , ile que posée « s'élève habitar
que ce
« No le lend phin 0 d'être |
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femmes | on en usieurs SL Lr'ésleurs, e y est mes qui le camp nt fréet celles
croire et qu'il celle du ostituée perdre a reste, ait, avec
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qu'elles ns leurs \ les ait
vers le bremiers
« Oedidi, le jeune insulaire que nous avions pris sur notre bord (c’est Forster qui parle), fut vivement attaqué du mal de mer dès que nous fümes au large; cependant, comme nous regardions le pic élevé de Bolabola, il eut assez de force pour nous dire : Je suis né sur cette île, et je suis proche parent d'O-pouny, le grand roi qui a conquis Otaha et Ouliétéa. 11 nous apprit en même temps que son véritable nom était Mahiné; mais qu'il
l'avait changé pour celui d'Oedidi , avec un chef sc P ,
d'Eiméo : usage commun dans toutes ces îles, ainsi qu'on l’a remarqué ailleurs. O-pouny était alors , suivant ce qu'il nous apprit, à Maouroua , ile que nous passâmes l'après-midi : elle est composée d’une seule montagne de forme conique qui sélève en pointe aiguë ; et, d'après le rapport des habitans d'Ouliétéa, ses productions sont les mêmes
que celles des autres îles de ce groupe.
« Notre jeune ami ne recouvra son appétit que le lendemain; il mangea un morceau d’un dauphin qui pesait vingt-huit livres, et qui venait d'être pris. On lui proposa de le lui apprêter tout desuite; il nous assura qu'il était beaucoup meilleur cru : On Jui donna un vase rempli d’eau de mer, dans lequel il trempa la chair comme dans une sauce , et mangea avec un grand plaisir : en place de pain , 1l mordait alternativement dans une pelote de mahié ou de pâte de fruit à pain.
« Avant de s'asseoir pour prendre son repas , il eut soin de séparer deux petits morceaux de pois-
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oébehte— RMMERRS
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son et de mahié, qu'il offrit à l'éatoua ou à la divinité, prononçant en même temps quelques mots qui nous parurent une courte prière. I fit la même cérémonie deux jours après quand il mangea du re-
quin cru ; ce qui prouve que ses compatriotes ont des principes de religion.
« Le 23 septembre, à dix heures du matin, on eut connaissance d'une terre composée de trois ou quatre peuts îlots réunis par des récifs, comme la plupart des îles basses, 11s ont une forme triangulire , et environ six lieues de circuit. Ils sont couverts de bois, parmi lesquels on remarque plusieurs cocotiers. À l'aide de nos lunettes, nous observämes que la côte était sablonneuse , mais revêtue cà et là de verdure, et probablement de lianes, communes à ces climats.
« Rien n'annonçait des habitans; Cook croit qu'il n’y en a point, La position de cette île ne différe pas beaucoup de celle que Dalrymple assigne à la Dezèna. Mais comme il n'est pas aisé de reconnaître si c’est la même, on la nomma ile d'Herver, en l'honneur du capitaine Hervey , un des lords de l'amirauté, et depuis comte de Bristol.
« Le 1° octobre 1773, on découvrit l’île de Mid: delbourg', où nous arrivâmes le lendemain. Nous apercevions des plaines au pied des collines, et des plantations de jeunes bananiers dont les feuilles, d'un vert éclatant, contrastaient avec les teintes di-
verses des arbrisseaux et la couleur brune des cocotiers , qui semblait être l'effet de l'hiver. Le jour
ne fais que not peu à pe chaient moins 6 l'ile de d'arbres couvert leurs pi:
Un Indi de poivr avec cel pont sar offrit un de sa têt primes F jusqu’à 1 était env de Taïti prét qui pluie; il châtain, commun régularit ARE (1) Com seront sou de la Socié cet archipe ports, les usages taité
a divimots méme du rees ont
in, on rois ou mme la rangu= nt coulusieurs
obserrevêlue lianes ,
pk croit ne dif- + assigne e recon- Hervey , lords de
» de Mid:
n. Nous s, et des feuilles, sintes die des co-
. Le jour
ne faisant que poindre, la lumière était si faible, que nous vimes plusieurs feux briller entre les bois ;
peu à peu nous distinguäâmes les insulaires qui marchaient le long du rivage. Les collines basses et moins élevées au-dessus du niveau de la mer que
l'ile de Wight, étaient ornées de petits groupes
d'arbres épars ; et l'espace intermédiaire paraissait
couvert de gazon. Bientôt les habitans lancèrent leurs pirogues à la mer, et ramérent de notre côté. Un Indien arriva à bord, nous présenta une racine de poivrierenivrant ; et, après avoir touché nos nez avec celte racine en signe d’amitié, il s’assit sur le pont sans proférer un seul inot. Le capitaine lui offrit un clou, et à l'instant il le tnt élevé au-dessus de sa tête, en prononçant sagafataï, mot que nous primes pour un terme de remercîment. Il était nu jusqu'à la ceinture ; mais de là jusqu'aux genoux il était enveloppé d'une pièce d'étoffe pareille à celle de Taïti , enduite d’une couleur brune et d’un apprêt qui la rendait roïde et propre à résister à la pluie; 1l était d’une taille moyenne et d’un teint châtain , assez semblable à celui des Taïtiens du commun (1), ses traits avaient de la douceur et de la régularité. 11 portait sa barbe coupée ou rasée , ses
(1) Comme les insulaires dont on parlera dans la suite seront souvent comparés aux habitans de Taïti et des îles de la Société , il est à propos d'observer que les naturels de cet archipel se ressemblant parfaitement sous plusieurs rapports, les usages communs seront indifféremment appelés usages taitiens ou usages des êles de la Société.
cheveux noirs et frisés en petites boucles, et brûlés à la pointe. On distinguait sur chacun de ses bras des taches circulaires à peu prés de la grandeur d’un écu , composées de plusieurs cercles concentriques de points tatoués , à la manière des Taïtiens, mais qui n'étaient pas noirs, On remarquait encore d’ane tres piqüres noires sur son corps. Un petit rouleau était suspendu à chacun des trous de son oreille; le petit doigt manquait à sa main gauche. Il garda long-temps le silence ; d'autres insulaires qui arrivèrent après lui furent plus communicatifs ; ayant accompli la cérémonie de toucher les nez, ils parlèrent un langage inintelligible pour nous.
« Les navires étaient entourés par les pirogues, chacune montée par trois ou quatre hommes qui faisaient beaucoup de bruit et montraient ce qu'ils avaient à vendre, en appelant pour attirer des acheteurs. Leur langage n'était pas désagréable; maïs ils prononçaient sur une espèce de ton chantant tout ce qu’ils disaient. Plusieurs vinrentsur le pont; un entre autres que nous reconnûmes pour un chef, à l'autorité qu'il semblait avoir sur les autres. Cook lui donna une hache, des clous et d’autres choses qui lui causérent une grande joie; il gagna ainsi l'amitié de ce chef, qui se nommait Tiouny.
« Il admirait beaucoup nos étoffes et nos toiles anglaises; mais il donna ensuite la préférence à nos outils de fer. Sa conduite était aisée et confiante ; car il entra dans la chambre et partout où nous jugeâmes à propos de le conduire.
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baient | Ceux qu Litient entières Enander « Un parfaiten devant d des hame hient ve « Enfir Suche, j dllectuer
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s pirogues , ommes qui nt ce qu'ils er des acheéable; mais bn chantant sur le pont; ourun chef, utres. Cook tres choses gagna ainsi iouny:
t nos toiles référence à
sée et conpartout où
« Je m’embarquai bientôt, dit Cook, avec plusieurs hommes sur deux canots, accomragné de Tiouny, qui nous conduisit dans une petite crique, formée par les rochers, directement en facc des vaisseaux ; le débarquement y était trés-facile , les canots s’y trouvaient à l'abri de la lame. Unc foule immense d'Indiens poussérent des acclamations à notre arnivée sur le rivage. Aucun n'avait ni bâton ni une arme quelconque à la main, signe indubitable de leurs dispositions pacifiques. Ils se serraient de après autour de nos embarcations, en offrant d'échanger des étoffes de leur pays, des nattes, etc., contre des clous, qu'il fallut un peu de temps avant de trouver de la place pour débarquer. Ils semluent plus empressés à donner qu’à recevoir ; car œux qui ne pouvaient pas s'approcher assez, nous
Litient, par-dessus les têtes des autres, des balles
atéres d’étoffes , et se retiraient sans rien de- Enander ni rien attendre.
« Un grand nombre d'hommes et de femmes, parfaitement nus, nageaient à côté de nous, en devant d’une main des anneaux d’écaille de tortue, des hamecons de nacre de perle, etc., qu'ils vouhient vendre.
« Enfin, le chef fit ouvrir la foule à droite et à gauche, jusqu'à ce qu'il ÿ eùt assez de place pour ectuer notre descente. Ils nous portérent hors de nos chaloupes sur leurs dos. Le chef nous mena
Rsuite à son habitation, agréablement située à eniron neuf cents pieds de la mer, à l'extrémité
d’une belle prairie, et à l'ombre de quelques chad. decks. On voyait en face la mer et les bâtimens à l'ancre ; derrière et de chaque côté, de jolies plantations qui annonçaient la fertilité et l'abondance, Dans un coin de la maison se trouvait une cloison mobile d’osier; les signes des habitans nous firent comprendrequ’elle séparaitleslieux oùilscouchent, Le plancher était couvert de nattes sur lesquelles nous nous assimes; les naturels s’assirent aussi en dehors, en formant un cercle autour de nous. On avait apporté nos cornemuses ; j'ordonnai d'en jouer. Le chef, de son côté, commanda à tros jeunes femmes de chanter, ce qu'elles firent de bonne grâce ; comme nous leur offrîmes à chacune un présent , toutes les autres se mirent à l’instanti les imiter. Leur chant était simple, harmonieux; il n'avait rien de dur ni de désagréable, comme l'ex celui des Taïtiens. Les chanteuses battaient la me sure en frappant le second doigt sur le pouc, tandis que les trois autres doigts restaient élevés L'un de nos officiers nota un de leurs airs :
anis RS Pa en RE = “re.
« La musique est en mineur, ajoute Forster les femmes variaient les quatre notes sans j: mais aller plus bas que Za, ni plus haut que ni Durant ce concert, un vent léger embauma l'a d’un parfum délicieux. Nous ne découvrimes pi d'abord d'où il provenait; mais, apercevant enti
lion, e OT OT
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conn COUV:
suave arbre « 1 unue une d autre nanes queur présen cher ; prendr pour n nes , 1ls ensuite exprime et fabri d'une d entiérer #con d soif de bientôt
Puisaien deux foi ne bure
« Cet
Iques chadbâtimens à jolies planabondance.
une cloison nous firent i1scouchent.
ir lesquelles "ent aussi en de nous. On donnai d'en anda à trois les firent de cs à chacune it à l'instanti 1rmonieux; il , comme l'est ttaient la me
couvrimes | ercevant ent
r le poux, taient élevts
oute Forster otes sans |i 5 haut que ni mbauma l'i
DES VOYAS « 107
des arbres touffus derrière li maison, nous reconnûmes qu'étant de l'espèce des orangers et couverts de fleurs, ils répandaient cette odeur suave. Bientôt on nous présenta des fruits de ces arbres.
« Aprés être restés assis quelque temps, conunue Cook , nous demandäâmes à être menés dans une des plantations voisines où le chef avait une autre maison. On nous y donna à manger des bananes et des cocos, et on nous offrit à boire une liqueur extraite devant nous du jus d’êva. On nous présenta d’abord des morceaux de racines à mächer; mais ayant prié qu'on nous dispensät de prendre part à cette opération , d’autres la firent pour nous. Quand ils eurent assez mâché de racines , ils les mirent dans un grand vase de bois, ensuite ils y versérent de l’eau ; dés que la liqueur exprimée fut potable, ils plièrent des feuilles vertes, et fabriquèrent ainsi des coupes qui tenaient près d'une demi-pinte ; chacun de nous en reçut une
entièrement pleine. Je fus le seul qui en goûtai; la kcon dont on venait de la préparer avait éteint la soif de mes compagnons. La jatte cependant fut bientôt vidée, car les hommes et les femmes y puisaient. Je remarquai qu'ils ne se servaient pas deux fois de la même coupe, et que deux personnes ne burent jamais dans la même.
« Cette maison était située à un coin de la plan-
tion, etavait en avant une espèce de cour où nous nous assines, Des arbres fruitiers étenduient leurs
branchages tout autour, et formaient 1n ombrage charmant.
« Les naturels, observe L'orster, venaient de nous accueillir au rivage avec la plus grande amitié; un peuple qui aurait connu nos bonnes intentions ne nous aurait pas reçus d'une façon plus cordiale. Ces bons insulaires n'avaient jamais vu d'Européens; une tradition trés-imparfaite pouvait seule leur rappeler le voyage de Tasman. Toute leur conduite annonçait un caractère franc et généreux, sans basse défiance : les femmes, de leur côté, ne nous montrérent pas moins de bienveillance ; elles nous témoignérent par leurs regards et leur sourire, que nous étions les bien-venus.
« Tandis que le capitaine parcourut les environs de la maison du chef, je fis avec quelques personnes une promenade assez avant dans la campagne. Une haie formée de roseaux entrelacés diagonalement, et d'une jolie forme, entourait la prairie. Deux portes composées de plusieurs planches, et appendues à des gonds, donnaient entrée dans la planlition. Nous nous séparâmes, afin d'examiner ce beau pays, et à chaque pas nous eûmes lieu d’être enchantés de nos découvertes. Les portes étaient disposées de manière qu’elles se fermaient d’ellesmêmes : les clôtures étaient couvertes de plantes grimpantes, et surtout d’une liane qui avait des fleurs d'un bleu de ciel. Nous apercevions partout des jardins et des maisons dans des bocages ; nous eucillimes beaucoup de plantes que nous n'avions
jamai laires ceux ils nc ne les vions n'y eù résiste «N ou jar les un de par commi étaien!
priétés que nc nufacti que da sembl plutôt et plus sent pa fusion avec pl « Le et les caresse mains :
taient s
d'affect
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enaient de nude amitié; s intentions us cordiale.
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DES VOYAGES. 199 jamais vues dans les îles de la Société. Les insulires semblaient plus actifs et plus industrieux que ceux de Taiti; au lieu de nous suivre en foule, ils nous laissaient passer seuls, à moins que nous ne les priassions de nous accompagner. Nous pouvions marcher nos poches ouvertes, à moins qu'il n’y eüt des clous, car ils les estiment tant, qu'ils résistaient difficilement à la tentation.
« Nous traversâmes ainsi plus de dix plantations ou jardins séparés par des enclos et communiquant les uns avec les autres par les portes dont je viens de parler. A l'extrémité des jardins nous trouvions communément une maison dont les propriétaires étaient absens. Leur attention à séparer les propriétés suppose un degré de civilisation plus avancé que nous ne l’imaginions. Leurs arts, leurs manufactures et leur musique sont plus perfectionnés que dans les îles de la Société : mais les Taïtiens semblent avoir plus d’étoffes, plus d’opulence , ou plutôt plus de luxe, des maisons plus spacieuses et plus commodes. Si nos nouveaux hôtes ne jouissent pas des dons de la nature avec autant de profusion que les Taïtiens, ils en jouissent peut-être avec plus d'égalité.
« Les vieillards et les jeunes gens, les hommes et les femmes nous prodiguaient les plus tendres caresses : 1]s nous embrassaient, ils baisaient nos mains avec l’effusion la plus cordiale , et les mettaient sur leur sein en jetant sur nous des regards d'affection qui nous attendrissaient.
« Leur corps est trés-bien proportionné, et le contour de leurs membres fort agréable : ils sont cependant plus musculeux que les Taïtiens, peutêtre parce qu'ils font plus d'usage de leurs forces dans les travaux de l’agriculture et des arts. Leurs traits, qui ont de la douceur et de la grâce, different de ceux des Taïtiens en ce qu'ils sont plus oblongs qu’arrondis; leur nez est aussi plus aquilin et leurs lèvres moins grosses. En général, la taille des femmes est moindre de quelques pouces que celle des hommes; mais elles ne sont pas aussi petites que les femmes du peuple de Taïti et des îles de la Société. De la tête à la ceinture, leur corps pourrait servir de modéle aux artistes ; leurs mains et leurs bras ont toute la délicatesse de ceux des Taïtiennes ; mais elles ont, comme elles, les jambes et les pieds trop gros. Nous n’étions pas frappés de cette différence de teint et de grosseur qui nous indiquaient sur-le-champ à T'aïu les personnes d'un rang élevé. Le chef qui nous vint voir à bord avait le même habillement que le peuple; rien d’ailleurs ne le distinguait ; nous ne reconnûmes sa supériorité que par l’obéissance avec laquelle on accomplissait ses ordres.
« Leur peau était tatouée et noircie comme celle des autres insulaires de ces mers; mais, ce qui nous étonna, ils font subir aussi cette opération aux parues les plus délicates du corps : ce qui doit être fort pénible , et même fort dangereux sur les extrémités glanduleuses.
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« Parmi les hommes , qui n'étaient pas entiérement nus, les uns avaient un morceau d'étoffe autour des reins, d’autres portaient un vêtement qui ressemblait à peu près à celui des femmes, c'est-à-dire , une longue pièce d’étoffe peinte, soit en échiquier , soit comme nos étofles à fleurs. Plusicurs se couvraient , en place d’étoffe , de nattes extrêmement bien travaillées. Une coquille de nacre de perle attachée à un collier pendait souvent sur la poitrine des hommes : les femmes avaient aussi des colliers de plusieurs rangs de petits coquillages entremélés de graines ou de dents de poisson : les oreilles de la plupart étaient percées chacune de deux trous garnis de nacre de perle, ou bien de petits rouleaux de roseaux peints et vernissés en rouge ou de différentes couleurs , mais par comparüimens réguliers.
« Ils se servaient de peignes extrêmement propres et extrêmement ornés , composés de petites dents plates , d'environ cinq pouces de long, d'un bois jaune pareil au buis, et jointes très-artistement ensemble par un tissu de fibres de cocos de couleur naturelle ou teintes en noir.
« Les petits bancs qui leur servent de coussins étaient aussi plus communs qu'à Taïti : j'y remarquai une grande quantité de vases aplatis dans lesquels ils mettent leurs alimens, et de spatules avec lesquelles ils fouettent la pâte du fruit à pain. Ils étaient faits de bois massue ( casuarina equiselifolia | | auquel on a donné ce nom, parce
qu'il fournit des armes à tous les insulaires du grand Océan.
« Ils ont des massues de toutes sortes de façons, et la plupart si pesantes, que nous pouvions à peine les soulever d’une main : la forme la plus commune est la quadrangulaire ; elles présentent alors un rhomboïde à l'extrémité , en s'arrondissant ensuite graduellement du côté da manche. Plusieurs étaient plates, pointues, ou ressemblaient à une spatule ; d’autres avaient de longs manches, etc. etc. La plupart offraient différens modéles de ciselure et de sculpture, ouvrages d'un long travail et d’une patience incroyable. Chaque compartiment était remarquable par une régularité qui nous surprenait , et la surface des mussues aussi polie que si elles eussent été faites en Europe avec les meilleurs outils. Leurs lances étaient du même bois et travaillées aussi soigneusement. La construction des arcs et des traits est particuliére. L’arc, long de six pieds, et à peu près de l’épaisseur du petit doigt, forme une légère courbe quand il est relâché : la partie convexe est cannelée d'un sillon profond dans lequel la corde se place , et qui est quelquefois assez large pour contenir le trait fait de bambou , long de six pieds, et dont la pointe est d’un bois dur. Quaud ils veulent bander l'arc, au lieu de le tirer de manière à augmenter sa courbure naturelle, ils le rent en sens contraire, de facon qu'il devient parfaitement droit, et qu'il forme ensuite la courbe de l'autre côté,
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Ainsi la corde n'a jamais besoin d'être tendue : le trait acquérant une force suflisante par le changement de la position naturelle de l'arc, le recul n'est jamais assez violent pour faire mal au bras. Nos matelots , ne connaissant point la nature de cesarmes , en brisèrent plusieurs, parce qu’ils voulaient les tirer comme les autres arcs.
« L'immense quantité d'armes que nous apercûmes répond très-mal au caractère pacifique qu'annonçait la conduite des insulaires à notre égard , et leur empressement à nous les vendre. Il est probable qu'ils ont des querelles entre ceux, ou qu’ils font la guerre aux îles voisines; mais leur conversation ou leurs signes ne nous ont rien appris qui puisse jeter du jour sur ce sujet.
« Ils nous vendirent tout ce que nous voulümes pour de petits clous, et même pour de la verroterle , mais leur goût diffère de celui des Taitiens, car ceux-ci préfèrent celle qui est transparente, tandis que les insulaires de Middelbourg ne prenaient que des grains noirs ou opaques à raics rouges , bleues et blanches.
« Nous rencontrâmes plusieurs insulaires couverts d’une lèpre de la plus mauvaise espèce. Nous apercûümes aussi une femme dont le visage à demi rougé était extrêmement dégoûtant. Je ne me souviens pas d’avoir rien vu d'aussi horrible : ces malades cependant paraissaient peu affligés de leur état ; ils faisaient des échanges avec autant d’acti-
vité que les autres , et ils nous offraient des provisions à acheter.
« À midi, nous retournâmes diner à hord avec le chef, Il s’assit à table, mais il ne mangea rien; ce qui était d'autant plus extraordinaire, que nous avions du porc frais rôti. Après dîner nous allâmes une seconde fois à terre, et nous fmes encore reçus par une foule d’Indiens. »
Forster pére fit ensuite une promenade dans l'intérieur du pays; il en parle ainsi : « Les insulaires poussèérent des cris de joie à notre débarque. ment, comme le matin; la foule était aussi nombreuse. On fit beaucoup d'échanges ; mais les provisions étaient rares, et nous ne trouvions point de chaddecks, parce que la saison n’était pas assez avancée. M. Hodges ei moi, suivis d’un domestique et de deux insulaires qui voulurent bien nous servir de guides en cas de besoin, nous gravimes une colline, afin d'examiner de nouveau l’intérieur au pays. Nous traversâmes de riches plantations ou jardins, enfermés, comme on l’a dit ci-dessus , par des haies de bambou ou des haies vives d’erythrina. Arrivés à un petit sentier entre deux enclos, nous vimes des ignames et des bananiers plantés des deux côtés avec autant d'ordre et de régularité que nous en mettons dans nos jardins. Ce sentier conduisait dans une belle et grande plaine, couverte de riches pâturages : à l’autre extrémité, commençait une allée délicieuse d'environ un mille de long, formée de quatre rangs de cocotiers, qui abouus-
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saient à un autre sentier bordé de plantations trèsrégulicres , entourées de chaddecks, etc. Ce sener menait, par une vallée cultivée, à un endroit où plusieurs chemins se croisaient ; une jolie prairie, revêlue d'un gazon verdoyant et très-fin, et ceinte de toutes parts de grands arbres touffus, s’offrit à nos regards : une maison occupait un des côtés; nous n’y vimes personne; les maîtres étaient probablement sur le rivage. M. Hodges s’assit pour dessiner ce paysage charmant : nous respirions un air délicieux, embaumé de parfums exquis; la brise de mer jouait avec nos cheveux, et nous rafraichissait; une foule de petits oiseaux gazouillaient de tous côtés, et les colombes amoureuses roucoulaient au fond du bocage. Les racines de l’arbre qui nous couvrait étaient remarquables : elles s'élevaient à près de huit pieds au-dessus du sol; ses gousses avaient d’ailleurs plus de trois pieds de long, et deux à trois pouces de large. Ce lieu solitaire et si fertile nous donna l'idée des bosquets enchantés sur lesquels les romanciers répandent tous les agrémens inaginables. Il ne serait pas possible de trouver en effet un coin de terre plus favorable à la retraite, s’il y coulait une fontaine limpide ou un ruisseau ; mais l'eau est la seule chose qui manque à cette île charmante. Je découvris à notre gauche une promenade couverte, qui menait à une autre prairie, à l'extrémité de laquelle nous aperçûmes un monticule et deux huttes, Des bambous plantés en terre à la distance d’un pied l’un de l’autre en-
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206 HISTOIRE GÉNÉRALE touraient la colline ; on voyait sur le devant plusieurs casuarinas. Les naturels qui nous accompagnèrent ne voulaient point en approcher : après nous être avancés seuls, nous regardâmes avec bearcoup de peine dans les huttes, parce que l’extrémité du toit n'était pas à plus d’une palme du sol. L'une renfermait un cadavre qu'on y avait déposé depuis peu, l’autre était vide. Ainsi le casuarina désigne les cimetières à Middelbourg comme aux îles de la Société. Sa couleur gris-brun, sés branches longues et touffues, dont les feuilles minces et clair-semées se penchent tristement vers la terre, conviennent à ces lieux mélancoliques autant que le cyprès. Il est probable que les mêmes idées qui ont consacré le dernier arbre sur la tombe des morts dans une partie de l’ancien monde, engagent les habitans de ces régions à employer les premiers au même usage, La colline où se trouvaient les huttes était formée de fragmens de rocher de corail semblables au gravier, accumulés sans aucun ordre.
En avançant un peu plus loin, nous vimes des plantations aussi agréablement disposées , et des maisons semblables à celles que nous avions rencontrées. Nos Indiens nous firent entrer dans une de ces maisons, nous prièrent de nous asseoir , et nous dounérent des cocos extrêmement rafraichissans.
« Dans toute notre promenade, nous ne rencontrümes que quelques insulaires qui passérent
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DES VOYAGES. 207 prés de nous sans trop nous regarder, L'explosion et l'effet de nos fusils n’excitèrent ni leur admiration ni leur crainte. Ils ne montraient à notre égard aucun autre sentiment que celui de la bienveillance et de la politesse. Les femmes, réservées en général, repoussaient d'abord avec dégoût les entreprises indécentes des matelots : quelques-unes cependant se montrérent plus faciles, etappelèrent nos gens à elles par des gestes lascifs. »
Le 5 octobre, tandis que les vaisseaux mettatent sous voile, Cook avec le capitaine Furneaux et l'orster, allérent prendre congé du chef: il vint à leur rencontre sur le rivage. On s’assit sur l’herbe, et on y passa environ une demi-heure, au milieu d'une foule considérable d’insulaires. « Après avoir présenté au chef différentes graines de jardin, on ticha, observe Forster, de lui faire comprendre que nous nous en allions; ce qui ne parut pas du tout l'émouvoir. Il monta dans notre chaloupe , accompagné de deux ou trois de ses sujets, afin de nous ramener au vaisseau ; mais voyant la Résolution sous voile, il appela une de ses pirogues, il continua à échanger des hamecons contre des clous, et il s’appropria lui seul tout le commerce ; mais quar d il était à terre, on ne le vit jamais faire le moindre échange. |
« Nous ne pûmes guère converser que par signes avec les naturels ; nous rassemblâmes cependant un certain nombre de mots; et, guidé par les principes de la grammaire universelle et des dialectes, je
m'aperçus bientôt que leur langne a une grande affinité avec celle de Taïti et des îles de la Société. O-maï et Oedidi déclarérent d’abord que ce langage était absolument nouveau et inintelligible pour eux; cependant, quand je leur expliquai la ressemblance de plusieurs mots, ils saisirent à l'instant les modifications particulières de ce dialecte, et causérent avec les insulaires beaucoup mieux que nous ne l’aurions pu faire après un long séjour parmi eux. Cette île les charmait; cependant ils remarquérent bientôt ses inconvéniens, et nous avertirent qu'il y avait peu de fruit à pain, de cochons , de volailles, et point de chiens. D'un autre côté, ils aimaient la grande abondance de cannes à sucre , et de ce poivre enivrant dont on à parlé plus haut.
« DeMiddelbourg ou Eouäâh, nous nous rendimes à Amsterdam ouTongatabou. Dés quenous en eûmes découvert la côte occidentale, plusieurs pirogues, montées chacune par trois hommes, vinrent à notre rencontre. Les Indiens s’avancèrent hardiment le long des bâtimens; ils nous présentèrent quelques racines d'êva, et montérent ensuite à bord sans autre cérémonie ; ils nous invitaient, par tous les signes d'amitié qu'ils purent imaginer, d’aller dans leur île, et nous indiquaient un mouillage, du moins à ce que nous imaginâmes. Après avoir couru un petit nombre de bordées, nous mouillämes dans la rade Van-Diemen, prés des brisans qui bordent la côte. Une foule d’Indiens remplissaient alors nos
navires accoura apporté armes e rent con devait p ce trafic procure d'achete « Cet ris, voy des com des coco chons ; à el des ét ou une ve Après surveillar cendit à t de Forste indien , q ment de mouille, « J'acl
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DES VOYAGES. 209 navires : les uns étaient venus en pirogues, d’autres accouralent à la nage ; ainsi que ceux d'Eouâh, ils apportérent des étolfes, des nattes, des outils, des armes et des ornemiens que nos matelots échangérent contre leurs propres habits. Comme l'équipage devait probablement ressentir bientôt les suites de ce trafic, le ceprtaine , afin de l'arrêter et de nous procurer les rafrichissemens nécessaires , défendit d'acheter aucune curiosité,
« Cet ordre produisit un bon effet; car les naturis, voyant que nous ne voulions absolument que des comestibles, nous apportérent des bananes et des cucos en abondance, des volailles et des co-
chons ; ils les échangérent contre de petits clous et des étofles d'Europe : ils donnaient un cochon ou une volaille pour les plus mauvaises guenilles. » Aprés avoir pris ces arrangemens et nommé des surveillans afin de prévenir les disputes, Cook descendit à terre accompagné du capitaine Furneaux, de Forster , de plusieurs ofliciers, et d’Attago, chef indien, qui s'était attaché à lui dés le premier moment de son arrivée à bord, avant que l'on eût moulé,
« J'achetui, continue Forster, plusieurs jolis
perroquets, des pigeons et des tourterelles trés-bien
ipprivoisés. Oedidi achetait de son côté, avec beaucoup d’empressement, des plumes rouges, qui, & ce qu’il nous assura , auraient une valeur extraordinaire à Taïti et aux autres îles de la Société : elles étaient communément attachées à des tabliers de XX, | 14
danse ou à des diadèmes de feuilles de bananicer. 11 nous protesta, avec un air d’extase tout-à - fai admirable, que la plus petite de ces plumes, large de deux ou trois doigts, suffirait pour payer le plus gros cochon de son ile.
« Pendant toute la journée, nous parcourümes les campagnes, et nous n'arrivämes à bord qu'au coucher du soleil : les vaisseaux étaient entourés de pirogues, et les naturels nagcaient tout autour en faisant un grand bruit, Une quantité considérable
de femmes jouaient dans l’eau comme des animaux |
amphibies : on leur persuada aisément de monter à bord toutes nucs. Elles ne montrérent pas une plus grande chasteté que les femmes du commun de Taiti et des autres îles de cet archipel. Les nutelots, profitant de ces dispositions , renonvelcrent à nos yeux les scènes des temples de Cypre. Les femmes de Tongatabou se vendaient sans hont:
pour une chemise , un petit morceau d'étofle cn quelques grains de verroterie. Leur lubricité cependant n'était point générale; nous présumons que pas une seule femme mariée ne se rendit co pable d'infidélité. Si nous avions connu la distine-
tion des rangs comme à Fait, 1l est probable qi}
nous n’aurious observé des prostituées que dans derniére classe du peuple.
« Aucune de ces femmes n’osa rester à bord apres le coucher du soleil ; elles retournérent à terre, ainsi que la plupart des hommes, passer la nuit l'ombre d'un bois qui bordait la côte, Is allumérent
beauc Ja plu empr' leur F étaien éloign cieuse, volaill pour 1 ou qu’ lulles « mage € de rou, beauco:
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beaucoup de feux : on les entendit causer durant la plus grande partie de Ja soirée. Il paraît que leur empressement à faire des échanges avec nous ne leur permit pas de retourner à leurs maisons, qui étaient probablement situées dansdg partie la plus éloignée de l’île, Nos marchandises’étaient trés-préaeuses à leurs yeux. Ils donnaient volontiers une volaille on un monccan de bananes et de cocos
pour un clon qu'ils enfoncaient dans leur oreille, ou qu'ils portaient suspenda à leur cou. Leurs volulles sont d'un goût excellent : en général, le plumage en est trés-luisant, avec nn mélange agréable de rouge et de jaune. Nos matelots en achetèrent beaucoup , afin de jouir du barbare plaisir de les fire combattre. Depuis notre départ de Houaheiné, ils s'élaient amusés chaque jour à tourmenter ces pauvres oiseaux, à leur couper les ailes et à les «xciter l’un contre l'autre. Ils réussirent si bien, que quelques poules de Houaheiné combatürent ivec autant de fureur que les coqs d'Angleterre ; mais celles de Tongatabou furent moins complaisantes et moins furieuses.
« Quatre jours après notre débarquement, nous recûmes sur le rivage la visite du principal chef de l'île. On nous apprit qu'il s'appelait Ko-haghi-tou fallango (1). Je ne puis pas dire si c'était son nom ou son titre; mais ils convinrent tous qu'il était
(1) Ko est l’article dans ces îles et à la Nouvelle-Zélande ; il répond à l'O ou l'E de Taiti.
12 HISTOIRE GÉNÉRALE js roi, D’autres fois, en parlant de ee re c) ee ] ; Nipourou ; nous en f, ils le nommaient ZLatou-Ni s.
Re signifie un titre, parec clûmes que le mot latou signilie de . houten et Le Maire reconnurent, en 1616, Ds igsienificauion aux îles des Cocos » des + 1] avai cetjsig k se î et défHorn , situées dans ces parages, sus a ] degrés plus au nord. Ce qui à quelques A ement à q! “à | NE ; firme cette opinion, c’est que les ne k rie 2 I ] S a1SSES ont L vigateurs intelligens nous ont lai | ass t'avec la langue qu’on parle à rapport avec Î: mn sn Ne ñl existe une conformité parfaite Tongatabou, etqu'il ex Re al dans le caractère et les usages de ce dans le car:
no . > eravité si stupide É trouvai ce roi assis AVEC UN gravité sisi pi D alerc ‘on m'en | bre, dit Cook , que malgré ce . 0 | + si sombre, L 1 nn . it dit, je le pris pour un idiot que le] LE We | idé 'sutieuses. Je le d ait d’après quelques idées superstit ae agor: ‘ à è sé #à répondit point:
luai et je lui parlai, mais il ne me répo | . : : ù ] apeic salua : J s même attention à moi, et je n û] AE le l les traits de sa dr ement dans | as le moindre changer É léfsqu'un naturel, er aie. J’allais le quitter, q Pens ntreprit de me détromper ; : intelhgent, entre Der à 1C ! alSSEr auCul ds ’expliqua de mamiére à ne me laisse | So Rr i ou le principal personnage doute que c'était le roi ou le princip Po k ; > destin k l’île. Je lui offris en présent ce que je RER ] £ un morà ieux chef, une chemise, une hache, Fe.
1e ar k nie see d’étoffe rouge, un miroir, quelques ; ere ù s reçut, ou d médailles et des verroteries. Il les recut, es .
i aïli nonce et,
plutôt antour dire u à gaucl slatue, je reto À pein dre qu de Prox le rivag binanes un coch chemen «es prov que c'éta rot de l’i “incu d
« Parn
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kndemai dans une une quar qu'on lui kuilles d blnous pr él par civi on âcreté
int homi l0Ses , qu’
lonner d
int de ee nous en re, parec en 1016, 0cos, des ages , SCU- 1. Ce qui cabulatres laissés ont on parle à té parfaite flérens im-
€sistupide qu'on m'en c le peuple euses. Je le ndit point:
e n'apeicui traits de 54 n naturel, étrompet ; sser aucul personnage le destiniis , Un IMOrlues clous, S recul; ou
rononce et.
plutôt il sonffrit qu’on les mit sur sa personne et autour de lui sans rien perdre de sa gravité, sans dire un mot et sans tourner la tête ni à droite ni à gauche : il futconstamment immobile çomme une situe. Je le laissai dans la même position quand je retournai à bord, et il se retira bientôt après. A peine fus-je arrivé au vaissean, qu’on vint me dre que ce chef avait envoyé une grande quantité de provisions. Une chaloupe alla les prendre sur ke rivage; elles consistaient en vingt paniers de bananes grillées, en ignames et fruits à pain , et un cochon rôti d'environ vingt livres. Mon détachement allait se rembarquer quand on apporta es provisions au bord de l’eau: lesinsulaires dirent que c'était un présent de l’ériki, c’est-à dire, du roi de l’île , à l'ériki du vaisseau. Je fus alors conuincu de la dignité de ce chef imbécille.
«Parmi les insulaires qui l’environnaient, nous rconnûmes, ajoute Forster, un prêtre qui, le kndemain de notre arrivée, nous avait conduits dns une espèce de temple ou cimetière : il prenait ue quantité prodigieuse de boisson enivrante, quon lui servait dans de petites coupes carrées de kuilles de bananier pliées d’une manière curieuse ;
nous présenta poliment de ce délicieux breuvage,
Lpar civilité nous en goütâmes : son insipidité et on âicreté nous donnérent des envies de vomir. Le int homine en prenait chaque soir de si grandes loses , qu'il s'enivrait complétement. I ne faut pas Ctonner si la mémoire lui manquait quand il ré-
a14 HISTOIRE GÉNÉRALH cliait des prières, s'il était maigre , si sa peau était écaillée , et enfia s'il avait le visage ridé et les yeux rouges. Il paraissait jouir dé beaucoup d'autorité sur le peuple , et était toujours suivi d’un certain nombre de domestiques chargés de remplir ses coupes. Il gardait les dons qu'il recevait de nous, au lieu qu'Attago et plusieurs autres chefs donnaient à leurs supérieurs tout ce que nous leur offrions.
« Ce prêtre était accompagné de sa fille, à laquelle nous fimes tous des présens. Elle avait des traits extrêmement réguliers, et était plus blanche que la plupart des femmes de l’île, qui semblaient Jui montrer des égards. Quand on se nourrit des meilleurs fruits d'un pays, et qu'on passe sa vie loin des ardeurs ca soleil, dans lindolence et les plaisirs, on a naturellement le teint plus clair etles traits du visage plus délicats que ceux qui mener} une vie plus dure. Ne peut-on pas en conclure que le luxe commence à s'établir dans cette île sous le voile de la religion, et que l'on y pourra voir un jour cette nation soumise aux jongleries indécentti de ses prêtres ?
« L’obcissance et la soumission dece peuple por ses chefs, montre bien que le gouvernement, sans être tout-à-fait despotique, est loin d’être poprr Jaire ; cette espèce de constitution politique sembk d'ailleurs faciliter la naissance du luxe. Cette obser valion paraît aussi applicable à la plupart des île dans la partie occidentale du grand Océan, pus
que.
deT cIpat La ralerr de ce d'iles aulaq tres , « firent nies pi premi neuf j< du pa) plusie Schout
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| peau était et les yeux , d'autorité ’un certam remplir ses it de nous, chefs don- + nous leur
fille, à lale avait des plus blanche 1 semblent nourrit des passe sa vie olence et les is clair etes qui meéncent | conclure que te île sous le burra VOIr ul es indécentü
peuple por nement, Sal d’être popt itique semble », Cette obser
upart des ile
, re Océan, pu
que les descriptions de Schouten et Le Maire, et de Tasman, correspondent sur tous les points principaux avec nos remarques.
La réception amicale que les étrangers ont généralement éprouvée dans toutes les îles dépendantes de ce groupe nous a engagés à leur donner le nom d'iles des Amis. Les chaloupes de Schouten furent ataquées , il est vrai, aux îles des Cocos, des Traîtres, de l'Espérance , et de Horn; mais ces attaques farent peu considérables, quoique sévèrement punes par le navigateur hollandais, qui, aprés le premier trouble à l’île de Horn , y passa cependant neuf jours en parfaite intelligence avec les naturels du pays. Tasman, vingt-sept ans après, découvrit plusieurs îles à 6° au sud de celles qu'avait visitées Schouten : il fut reçu avec toute sorte de démonstrations de paix ct de bienveillance; je ne sais pas si cest parce que les habitans de Tongatabou et d'Anamocka avaient appris des insulaires des Cocos, de l'Espérance et de Horn, la force supérieure des étrangers et leurs ravages, ou si c'était une suite de ieur caractére pacifique : je serais porté à adopter la premiére opinion. Les îles vues par le capitaine Wallisen 1767, et qu'ila nommées iles de Boscawen et de Keppel, sont probablement les îles des Cocos et des Traîtres; mais son équipage ne fit d'autre mal aux naturels que de les effrayer par l'explosion d'un seul coup de fusil. Bougainville vit quelques: unes des îles les plus nord-est de ce groupe, ct en sénéral, 11 y reconnut le même caractere. 1] leur
donna le nom d'#rchipel des Navigateurs, avec assez de raison, puisque plusieurs vaisseaux les
avaient rencontrées. Depuis le voyage de Tasman, aucun autre Européen n'était abordé à Tongatabou. Durant un espace de cent trente ans, ces peuples n'ont donc pas changé de mœurs, d'habillemens, de manière de vivre, de caractère, etc. Si nous avions su leur langue , nous aurions eu des preuves positives qu'ils conservent par tradition le souvenir des premiers Furopéens qui les visitérent; ils avaient encore des clous que leur apporta sans doute Tasman. Nous en achetâmes un trés-netit, et presque consumé par la rouille : on le voit main. tenant au Muséum à Londres, sur un manche de bois ; 1l leur servait probablement de gouge ou de vrille. Nous achetâmes aussi de petits pots de terre parfaitement noirs, couverts de suie en dehors: je pensai que c'étaient des monumens du voyage de Tasman ; mais dans la suite , j'eus lieu de croire que les insulaires les fabriquent eux-mêmes.
« Nous pouvons assurer, comme Schouten, Tasman et Bougainville, que les naturels commettent des vols avec beaucoup de dextérité. Tisman et le capitaine Wallis ont aussi remarqué l'usage de se couper le petit doigt; et, suivant les relations circonstanciées de Schouten et Le Maire , les naturels de l’île de Horn avaient autant de soumission pour leur roi que ceux de Tongaabou. Comme ils venaient d’éprouver la force supérieure des étrangers, ils furent respectueux jus-
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Schouten, refs <omérité, Tis-
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tueux jus-
qu'à l'hnmiliation envers les Hollandais : le roi se Re ei prosternait lui-même devant un munitionnaire, et M Et EeL les chefs plaçaient leur cou sous ses pieds. Ces té- Fur moignages excessifs de vénération semblent annon- PRE | cer de la bassesse et de la lâcheté; nous ne leur HAS QE
avons reconnu aucun de ces vices. Leur conduite
à notre égard avait ordinairement cette liberté et TIR
cette hardiesse qu’inspire la droiture des intentions. | ENERNRE $ « Ici cependant, ainsi que dans toutes les antres à
sociétés humaines, on trouve des exceptions au
caractère général , et nous avons eu lieu de déplo-
rer les vices de quelques individus. Ayant quitté ; la grève où le latou attirait l'attention de tout notre K ANS monde, nous entrâmes dans le bois, le docteur Kia Er Sparrman et moi, pour chercher des objets d’histoire naturelle. Je tirai un oiseau, et l'explosion
amena prés de nous trois insulaires, avec lesquels
nous conversäines autant que le permit notre con- AN
naissance superficielle de leur langue. Bientôtaprès, ve 4 SE le docteur Sparrman fouilla un buisson pour y | chercher une baïonnette qui était tombée du bont | de son fusil. Un des insulaires, entrainé par une #0 CR
tentation irrésistible, saisit mes armes et se batut avec moi, en s’efforçant de me les arracher. J'ap-
pelai le docteur , et les deux autres naturels s’en- co fairent, ne voulant pas être complices de cette atta- | ‘| 1 f que. Pendant le combat , nos pieds s'étant embar- ENT A rassés dans un arbrisseau, nous tombâmes tous DE à deux ; mais l'insu'aire, voyant qu'il ne gagnait TR rien , et craignant peut-être l’arrivée de mon cama- (8
rade, se leva avant moi, et, profitant de cette oc. caston , al prit la fuite, Mon ami me joignit sur-lechamp, et nous convinmes que S'il y avait de la perfidie et de la méchanceté dans la conduite dun voleur, d'un autre côté , notre séparation avait été imprudente,
« Aprés avoir marché encore quelque temps sans aucun autre événement fâcheux, nous retournames au marché sur la gréve , où nous trouvâmes presque tons ceux que nous y avions laissés. La plupart étaient assis en groupes composés de personnes de différens âges, qui semblaient être autant de familles séparées. Is parlaient tous ensemble, sans doute de l'arrivée de nos vaisseaux ; plusieurs femmes s'amusaient à chanter ou à jouer à la balle. Une jeune fille, qui avait les traits d'une régularité remarquable , les yeux étincelans de feu, le corps bien proportionné , et, ce qu'il y a de plus remurquable, de longs cheveux noirs et bouclés, tombant avec grâce sur ses épaules, jouait avec einq gourdes, de la grosseur d’une petite pomme et par. faitement rondes; elle les jetait sans cesse en l'air l'une apres l’autre , et y mit tant de dextérité, que pendant un quart d'heure, elle ne manqua pas une seule fois de les ressaisir. Les musiciennes chantaient le même air que nous avions déjà entendu à Eouäh : chaque voix faisait sa partie en harmonie avec les autres , et toutes se réunissaient quelquefois en chœur.
« Quoique je n’aie jamais vu les naturels de ces
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DES VOYAGES. 210 îles danser, il parait qu'ils connaissent cet amusement, d'après les gestes qu'ils firent, en nous vendant des tabliers ornés de toutes sortes d'enjolivemens. Ces gestes mêmes donnent lieu de penser que leurs danses sont dramatiques et publiques, comme celles des îles de la Société, dont on a parlé plus haut. Ce que diseñt Schouten et Le Maire des danses de l'île de Horn confirme aussi cette supposition.
« En général, 11 paraît que les coutumes et la langue de ces insulaires ont beaucoup d’aflinité avec celles des Taïtiens : il ne serait donc pas sinvulier de trouver de la ressemblance, même dans leurs amusemens, Toutes les différences qu'on remarque entre les deux tribus, qui originairement doivent être sorties de la même souche, proviennent de la nature et de la position différente de ces îles. Celles de la Société sont remplies de bois, ct les sommets de leurs montagnes couverts de forêts inépuisables. Aux îles des Amis, le bois est heaucoup plus rare ; Je terrain (du moins de celles que nous avons vues ) est presque tout en plantations. 1 s'ensuit naturellement que les maisons sont éle-
» , . » EU vées et d’une immense étendue dans le prenner
groupe d'îles, mais beaucoup plus petites et moins commodes dans le second. Dans l’un , les pirogues sont en grande quantité , je pourrais presque dire innombrables, et la plupart d'une vaste dimension ; dans l'autre, elles sont très-peu nombreuses, et beaucoup plus petites. Les montagnes des îles de
Ja Société attirent continuellement les vapeurs de l'atmosphère, et plusieurs ruisseaux descendent des rochers dans la plaine, où ils serpentent dou. cement jusqu’à la mer. Les habitans, qui profitent de ce don de la nature, boivent une eau salubre, et se baignent si souvent, qu'aucune tache ne peut adhérer long-temps à leur peau : un peuple au con. traire qui ne jouit point de cet avantage, et qui est obligé de se contenter d’une eau de pluie, putride ou stagnante dans des citernes sales , est obligé de recourir à d’autres expédiens pour conserver un certain degré de propreté et prévenir différentes maladies. Ils coupent donc leurs cheveux, ils rasent où taillent leur barbe, ce qui leur donne une figure plus dissemblable de celle des Taïtiens qu'ils ne l’auraient d’illeurs. Ces précautions ne
| A n , v sont pas méme suffisantes , car, n'ayant pas d'eau douce à boire, leurs corps sont trés-sujets à la lépre,
qu'excite peut-être encore davantage l'usage de l'eau de la racine de poivre, on é&a : de là proviennent aussi celte brûlure ou ces vésicatoires sur les os des joues , que nous avons observés si généralement parmi les membres de cette tribu, qu'à peine un seul individu en était exempt: cette étrange opération doit être un remède contre quelques maladies. Le sol des îles de la Société, dans les plaines et les vallées, est fertile, et les ruisseaux qui l'arrosent y entretiennent un degré d'humidité convenable. 11 y croît donc toutes sortes de végétaux, dont la culture exige peu de soins.
Cette luxe « rocher couch un peti pluie 1 pain »
fruits , travail quoi ler priétés cela aus visions mens el de tem que les qu'ils Son r el leurs c'est unc de leurs h force les occu ir à fabi nens qt «té, Ce de perfe ment, 1 ils ont in etils les
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la lépre, ‘usage de e là protoires sur s si généibu, qu'à Dt: celte e contre
Société, e, et les n degré tes sortes de soins,
Cette profusion est devenue la source de ce grand luxe qu'on ne remarque pas à Tongatabou : le rocher de corail y est couvert seulement d'une couche légère de terreau qui nourrit diflicilement un petit nombre d'arbres ; et à moins qu'une bonne pluie ne pénètre et ne fertilise la terre , l'arbre à pain, le plus utile de tous, ne produit point de ruits, parce que l'île manque d'eau : les naturels tavaillent donc plus que les Tuaïtiens; voilà pourquoi leurs plantations sont si régulières, et leurs proprictés divisées avec tant d'exactitude ; c'est pour cela aussi qu'ils attachent plus de prix à leurs provisions qu'à leurs outils, instrumens, habits, ornemens et armes, qui leur coûtent cependant plus de temps et d'application, {ls sentent avec raison que les subsistances sont leur principale richesse, qu'ils ne suppléraient pas aisément à cette perte. Si on remarque que leurs corps sont plus gréles leurs muscles plus forts que ceux des Taïtiens , cest une suite de l'usage plus fréquent qu'ils font de leurs membres. Ils deviennent industrieux par h force de lhabitude ; et lorsque lagriculture ne ls occupe pas , ils emploient leurs heures de loisr à fabriquer cette multitude d'outils et d'instrumens qui annoncent tant de patience et de sagauté. Ce caractère actif a conduit leurs arts à plus de perfection que ceux des Taïtiens. Graducllement, ils ont imaginé de nouvelles inventions ; ils ont introduit l’activité même dans leurs plaisirs, eils les animent par l’enjoûment.
« Leur caractère content ne s’altère point sous nne constitution politique qui ne paraît pas tresfavorable à la liberté; mais on n’est point obliuc d'aller chercher si loin un pareil phénomene, puis. qu'une des nations les moins libres de l'Europe passe pour la plus joyeuse et la plus gaie de l’univers. Il faut cependant convenir que le roi de Tongatabon ne semble exiger d'eux rien qui les prive des premiers besoins de la nature, ou qui puisse les rendre misérables.
« Quoi qu'il en soit, il paraît sûr que leur gouvernement politique et religieux , autant que nous pouvons juger de sa ressemblance avec celui des
Taïtiens , provient d'une origine commune, peut- |
être de la mêre-patrie où ces colonies ont pris naissance. Des coutumes et dés opinions différentes se
sont ensuite mêlées à ces idées prinntives, sur |
vant les caprices des peuples, ou suivant les circonstances où ils se sont trouvés. L'affinité entre leurs langages est une preuve encore plus décisive; la plus grande partie de ce qui est nécessaire à la vie, les parties du corps, en un mot, les idées les plus simples et les plus universelles s’expriment, aux iles de la Société et aux îles des Amis, par les mêmes mots. On ne retrouve pas dans le dialecte de Tongatabou l'harmonie sonore de celui de Taïti, parce que les habitans de la première île ont adopté les}, les Æet les $, de sorte que leur langne est plns remplie de consonnes. Cette dureté est compensée par le fréquent usage des liquides Z, M, N,et
des VO:
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DES VOYAGES. 223 des voyelles £'et ZT, et par une espèce de ton chantant qu'ils conservent même dans les conversations ordinaires.
« Tandis que les vaisseaux démarraient , j'allai à terre, ajoute Cook , avec le capitaine Furneaux et M. Torster , afin de reconnaître par nos libéraliés, le présent que le roi m'avait fait la veille. En débarquant, nous trouvâmes Attago , à qui je demandat des nouvelles du monarque; il entreprit de nous servir de gnide; mais je ne sais pas s’il se méprit sur l’homme que nous cherchions, ou sil ignorait où il étuit, I est sûr qu'il nous fit prendre une mauvaise route : dès que nous eûùmes fait quelques pas, 1l s'arrêta ; et, après une petite conversauon avec un autre insulaire, nous rebroussimes chemin : le roi, accompagné de sa suite, parut bientt, Dés qu'Attago le vit approcher, il s’assit sous un arbre, en nous priant d'imiter son exemple. Le roi s’assit aussi sur un tertre, à environ quinze à vingt pieds de nous, et nous nous regardämes les uns les autres pendant quelques minutes. J'attendais qu'Attago nous menât auprés du prince; mais comme îilne se levait pas, nous allâmes saluer le monarque, le capitaine Furneaux et moi , et nous nous placämes près de lui. Je lui offris une chemise blanche (que je mis sur son dos), quelques aunes d'étoffe rouge, une bouilloire de cuivre, une scie, deux grands clous, trois miroirs, une douzaine de médailles, et des cordons de verroterie. Sa physionomic et son maintien annoncaient toujours de la
6 9:96 OPPECETENEREERER RS
stupidité ; il semblait ne pas voir ou ignorer ce que nous faisions ; ses bras restaient immobiles et pendus à ses côtés ; 1l ne les Cleva pas même lorsque nous lui passâmes la chemise. Je lai dis, par mots et par signes, que nous allions quitter l'île ; il ne daigna point me répondre sur ce sujet, non plus que sur aucun autre. Je demeurai près de lui afin d'observer ses actions. Il entra bientôt en conversation avec Attago et une vieille femme que je Jugea être sa mère. Je ne compris rien du tout à cet entretien ; mais Je remarquai qu'il riait en dépit de sa gravité factice ; je l'appelle factice, parce que je n'en ai jamais vu de pareille: 1l ne pouvait pas suivre en cela son caractère (à moins qu'il ne für idiot), car ces insulaires, ainsi que ceux que nous avions visités récemment, ont beaucoup de légèreté ; et d'ailleurs il était jeune. Enfin il se leva et se retira accompagné de sa mère et de deux ou trois autres personnes.
« Nous cherchâmes en vain de l’eau douce dans cette île. Le maître, qui avait été envoyé à l’est reconnaître la baie Maria et les iles basses qui abritent ce havre, trouva la position de ces îles telle qu'elle est marquée dans les cartes de Tasman, navigateur dont on ne peut trop louer l'exactitude; sur l’une de celles où il débarqua, il vit un nombre étonnant de serpens d'eau tachetés, à queuc plate, qui ne font point de mal, et que Linné distingue sous le nom de coluber laticaudatus.
« Nos recherches d'histoire naturelle, continue
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DES VOYAGES. 225 l'orster, ne furent pas infructueuses à Tongatabou : celte île nous procura plusieurs nouvelles plantes ; et entre autres une espèce de quinquina, qui serait peut — être aussi eflicace que celui du Pérou, et en outre plusieurs oiseaux inconnus auparavant; nous en achetämes quelques-uns en vie, surtout des perroquets et des pigeons : les naturels paraissent être de fort habiles oiseleurs. Mais nous n'avons pas reconnu que les pigeons que plusieurs nsulaires portaient sur des bâtons crochus, fussent des marques de distinction, quoique Schouten dise qu'il en est ainsi à l'île de Horn , où règne le méme usage.
« En levant le câble de la maîtresse ancre, il rompit au milieu de sa longueur , ayant été rongé par les rochers. Cet accident nous en fit perdre me moitié, ainsi que l'ancre. Le second câble souffrit aussi du frottement des rochers. Nous sorimes de ce mouillage le 8 octobre 1773. Je me proeurai dans cette île environ cent cinquante petits cochons, deux fois autant de volailles, des ignames, et autant de bananes et de cocos que nous eûmes de ace pour les mettre. Si notre séjour avait été plus long, sans doute j'en aurais acheté davan'age, ce qui montre la fertilité du sol.
« Tasman découvrit le premier ces îles en 1642 «t 1643, et il les appela Æmsterdam et Middelburg ; maïs les naturels du pays donnent à |; première le nom de Z'on-ga-ta-bou , et à la seconde celui d'Eouah. Elles sont situées entre 21° 29° et 21°
3’ de latitude sud, et d'après des obervations faites sur les lieux, entre 174° 4o’ et 175° 15° de longitude ouest.
« Éouâh, la plus méridionale, a environ dix lieues de tour, et elle st assez haute pour qu'on la voie à douze lieues. La plus grande partie des bords de cette île est couverte de plantations, et surtout sur les côtes sud-ouest et nord-ouest. Lin. térieur est peu cultivé, quoique trés- propre à l'être, Ses campagnes en friche accroissent cependant la beauté du pays ; car on y voit un mélange agréable
de cocotiers et d'autres arbres, des prairies revi- @ iplus d i (
tues d'une herbe épaisse, çà et là des plantations et des chemins qui conduisent à chaque partie de
Pile, dans un si joli désordre, que l'œil aime à se À
reposer sur ces points de vue.
« Le mouillage, que j'ai nomme Za rade anglaise, parce que la Résolution et l'Aventure ont été les premiers vaisseaux qui y aient laissé tomber l'ancre, git à la côte nord-ouest. Le fond est d’un sable gros sier ; c’est un banc qui s'étend à deux milles del terre, et sur lequel la profondeur de l'eau est de vingt à quarante brasses d'eau. Tongatabou a h forme d’un triangle isocèle, dont les plus long côtés sont de sept lieues, et le plus court de quatre. Elle est presque partont d’une hauteur égale, un peu basse , car elle ne s'élève pas à plus de soixante à quatre-vingts pieds au-dessus du niveau de la mer. Un récif de rochers de corail, qu s'étend environ cinq cents pieds au large de la côte,
h met, violenc gnent | de tou entre le soustrai plupart du vast a nouillà:
rochers ten de
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wbres à Bchiddeck hcanne à que les in dhéya. Ex ductions « nont pas.
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DES VOYAGES. 227 h met, ainsi qu'Éouäh, à l'abri des lames dont la violence se brise sur ce rocher avant qu’elles atteigent la terre. Telleesten quelque sorte la position de toutes les îles que je connais dans cette mer Lentre les tropiques ; c’est ainsi que la nature les a soustraites aux usurpations des flots, quoique la plupart ne soient que des points en comparaison dn vaste Océan. La rade Van-Diémen, où nous
M rouillâmes, est à la partie nord-ouest. Un récif de
rochers sur lequel la mer brise continuellement sten dehors de cette rade. Le banc né s'étend pas iplus de trois encäblures de la côte ; au-delà, la rofondeur de l’eau ne se peut mesurer, La perte dune ancre et les avaries que souffrirent nos câbles prouvent assez que le fond n’est pas des meilleurs.
« Tongatabou est remplie de plantations où la nture étale ses plus riches trésors, tels que les vbres à pain, les cocotiers, les bananiers, les Ahiddecks , les ignames et quelques autres racines, hcanne à sucre, et un fruit semblable au brugnon, que les insulaires nomment figheha , et les Taïtiens déya. En un mot, on y voit la plupart des proluctions des îles de la Société, et plusieurs qu’elles nont pas. J'ai probablement accru la quantité de kurs végétaux en y laissant toutes les graines de nos jardins, etc. Le fruit à pain n’y était pas de saion, non plus que dans les autres iles ; et ce n'était pis le temps des racines et des chaddecks. Nous ie nous procurâmes de ces derniers fruits qu’à Eouâh.
« Les productions et la culture d'Éouâh sont les mêmes qu'à Tongatabou, avec cette différence, qu'une partie seulement de la premiére est culti-
au feu.
que au
vée , et que la seconde l’esten entier. Les sentierset | RS les chemins nécessaires pour parcourir l’île sont de Tas coupés d’une manière si judicieuse, quil existe US une communication hbre et facile d’une partie à « Les l'autre. On ne voit n1 bourgs ni villages : la pluprt maux di des maisons sont bâties dans les plantations, sans cochons autre ordre que celui qui est prescrit par la conve. els nance. Les habitations sont construites proprement, kures ,
mais sur le même plan que celles des autres îles, MR "797S er et composées de matériaux semblables : on observe lonne. 1 seulement une petite différence dans la disposition @R "° © q de la charpente. Le plancher est un peu élevé et ls désira couvert de nattes épaisses et fortes : d’autres nattes bords. Je de la même espèce les ferment du côté du vent; le a 4
autre
reste est ouvert. On voit devant la plupart de ces habitations un terrain entouré d'arbres ou d’arbrisseaux à fleurs, qui parfument l'air qu'on y respire.
où gourék.
prouve q ms. Je pe ous ya terre sont quets, les nes, di es-sonris productio poser qu’e iles. Les mêmes, rerle , des
Des vases de bois, des coques de cocos, des cous-
sins de bois de la forme d’escabeaux à quatre pieds : voila tous les meubles des insulaire Le vêtement qu'ils portent et une simple natt ieur servent de lit. Nous achetâmes deux ou trois
vases de terre, les seuls que nous ayons apercu parmi eux : l’un ressemblait à une bombe, i était percé de deux trous opposés l’un à l'autre; le second et le troisième, à nos pots de terr; ils contiennent cinq à six pintes; ils avaient ét
h sont les ifférence, est culusentiers et l'ile sont qu'il existe | ke partie à | la plupart ions, Sans r la converoprement, utres îles, on observe disposition eu élevé et utres nalles du vent; le part de ces ou d'arbrison y respire.
s, des cousux à quatre
insulaires.
simple natt eux ou 08 yons aperçu bombe, il n à l'autre; ts de terrt;
S avaient été
DES VOYAGES. 229 au feu. Je crois qu'on les a fchriqués dans quelque autre île; car nous n'avons remarqué que œux-là : je ne puis pas supposer qu'ils viennent de Tasman; des vaisseaux si fragiles auraient dû s casser depuis cette époque.
« Les cochons et les poules sont les seuls animaux domestiques que nous ayons observés. Les wchons sont de l’espéce de ceux des autres îles de œtte mer; mais les volailles sont beaucoup meilkures, de la grosseur des plus belles que nous ons en Europe, et leur chair est au moins aussi bonne. Nous n'avons trouvé aucun chien : je crois me ce quadrupède est inconnu aux habitan-; car il désiraient avec ardeur ceux qui étaient sur nos bords. Je donnai à mon ami Attago un mâle et une kmelle ; lun venait de la Nouvelle-Zélande, et hutre d’Ouliétéa. Ils appellent les chiens foreis ougouréis , comme à la Nouvelle-Zélande ; ce qui prouve qu'ils ne leur sont pas absolument inconms. Je pense qu'il n’y a pas de rats dans ces îles ; nous y avons vu de petits lézards. Les oiseaux de terre sont les pigeons, les tonrterelles, les perroquets, les perruches , les chouettes, Les poules sulunes, différens petits oiseaux, et de grosses chauves-souris en abondance. Nous connaissons peu les productions de la mer ; il est raisonnable de supposer qu’elle offre les mêmes poissons qu'aux autres iles. Les instrumens de pêche y sont aussi les mêmes, c’est-à-dire , des hamecons de nacre de erle, des fourches à deux ou trois pointes, et des
filets dont les mailles, d’un fil trés-fin, sont faites exactement comme les nôtres. Mais rien ne dcmontre mieux leur industrie que leurs pirogues, qui, pour la propreté et le fini du travail, surpassent tout ce que j'ai jamais vu. Elles sont composées de différentes pièces jointes ensemble par un bandage d'une manière si adroite, qu'il est diflicile,
en dehors, d’en apercevoir les jointures. Toutes les | attaches sont en dedans : elles passent dans des coches ou derrière des bosses, préparées exprès sur Î
les bords et aux extrémités des planches qui for- | ment le bâtiment.
« Leurs outils sont de pierre, d'os, de coquil:
lages , comme dans les autres îles : et lorsqu'on voit les ouvrages qui sortent de leurs mains, lindustrie et la patience de l'ouvrier frappent d’adnirition : quoiqu'ils connaissent peu l’uulité du fer, ik préfèrent cependant les clous à la verroterie et il d'autres bagatelles ; quelques-uns ; mais en tris-| petit nombre, donnaient un cochon pour un grand clou ou pour une hache. Les vieux habits, les chemises, les morceaux de draps d'Europe, bons ou mauvais, avaient plus de prix à leurs yeux quels meilleurs des instrnmens tranchans que nous pot vions leur offrir; de sorte que nous leur avons laissé peu de haches, excepté celles qu'ils ont reçues en présent. Mais en joignant les clous échan gés par les officiers et les équipages des denx vais seaux contre les curiosités du pays à ceux qui now ont servi à payer les rafraîchissemens, ils doivent
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165 qui for- , de coquil: | rsqu'on voit ns, l'indusu d'adnunité du fer, ik rroterie et ais en tris-| ur un gran ts, les che:
pe, bons où yeux que Les ue nous pol s leur avons u'ils ontreclous échan Les denx vit eux qui nous ils doivent
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en avoir plus de cinq cents livres. Nou* n'avons ouvé parmi eux, ainsi qu'on l'a vu plus haut, d'autre morceau de fer qu'un clou, dont ils avaient fait une petite alène.
« Les hommes et les femmes sont de la même taille que les Européens : leur teint est d’une légere couleur de cuivre, et il est plus égal que parmi les habitans de Taïti et des îles de la Société. Quelques-uns de nous prétendaient que la race des insalaires d'Écâh et de Tongatabou est beaucoup plas belle qu'à Taïu : plusieurs soutenaient le contaire ; et j'étais de ce dernier avis : quoi qu'il en soit, leur taille est bien prise; ils ont des traits réguliers; ils sont vifs, gais et actifs : je n’ai renconmé nulle part de femmes si enjouées : elles venuent balnller à nos côtés sans la moindre invitaüon : dés que l’un de nous semblait les écouter, cles ne s’embarrassaient pas si on comprenait ce qu'elles disaient, pourva qu'on eût l'air d’être content d'elles. En général , elles paraissaient avoir de h modestie , quoiqu'un grand nombre fussent trèslibres ; et comme il y avait encore des vénériens à bord, je pris toutes les précautions possibles pour que l’île ne nous reprochät pas de l'avoir infectée. Les naturels ont montré dans toutes les occasions une forte propension au vol : ils sont presque aussi habiles filous que les Taïtiens.
« Leurs cheveux sont communément noirs, et surtout ceux des femmes. Nous en avons vu de différentes couleurs sur la même tête, car ils y met-
n'ai observé que deux exceptions à cet usage); la plupart les relèvent avec un peigne. Ceux des peüts garçons sont ordinairement coupés trés-ras : on leur laisse seulement une simple touffe au sommet de la tête et de chaque côté de l'oreille. Les hommes coupent ou rasent leur barbe trés-prés : cette opération se fait avec deux coquilles. Ils conservent leurs dents jusqu’à un âge avancé. La coutume de se tatouer est universelle : les hommes sont tatoués depuis le milieu de la cuisse jusqu'au -dessus des hanches : les femmes ne le sont que sur les bras et les doigts, et même très-légèrement.
« Le vêtement des deux sexes est une pièce d'é: toffe ou de natte , qui siveloppe la ceinture et qui descend au-dessous du genou. De la ceinture en haut, les hommes et les femmes sort communcment nus; il paraît qu'ils oignent cette partie du corps tous les matins. Mon ami Attago ne manquait jamais de le faire ; mais je ne puis pas dire si c'était par égard pour moi, ou afin de se conformer à l'usage. Je crois qu’en cela il observait là coutume, car j'en ai remarqué d’autres qui soiguaient comme lui.
« Les ornemens communs aux deux sexes sont des amulettes, des colliers et des bracelets d’os, de coquillages, de nacre de perle , d’écaille de tortue, etc. Les femmes mettent d’ailleurs à leurs doigts des anneaux d’écaille très-bien faits, et à
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DES VOYAGES, 233 leurs orcilles des rouleaux de la même matière, et de la grosseur d’une petite plume : quoiqu'elles aient toutes les oreilles percées , en général elles y portent peu de pendans. Elles se parent aussi quelquefois d'un tablier fait des fibres extérieures de la coque de coco, et parsemé d’un certain nombre de petits morceaux d’étoffe joints ensemble, de manière qu ils forment des étoiles, des demi-lunes, des carrés , etc. Il est en outre garni de coquillages et couvert de plumes rouges ; il produit un eflet agréable. Ils fabriquent la même étofle et de la même matière qu'à Taïti, quoiqu'ils n’en aient pas autant d'espèces différentes, et qu'elle ne soit pas si fine ; mais leur méthode de la vernir est plus durable, et elle résiste quelque temps à la pluie ; avantage que n’a pas celle de Taïui. Ils Ja tcignent en noir-brun, pourpre, jaune et rouge ; ils tirent leurs couleurs des végétaux. Ils font différentes nattes , les unes d’une très - belle texture , dont ils se vêtent communément ; d’autres, plus grossières et plus épaisses, sur lesquelles ils se couchent, ct qu'ils emploient à la voilure de leurs pirogues, etc. Au nombre de leurs meubles uules 1l faut compter les paniers , les uns de la même matière que leurs naltes , et d’autres de fibres de cocos entrelacces. Ils s'usent peu et sont trés-beaux , ordinairement de diverses couleurs, et embellis de coquillages ou d'ossemens. Leurs ouvrages montrent qu'ils ont du goût pour le dessin , et qu'ils ont l'adresse d'exécuter tout ce qu'ils entreprennent.
234 HISTOIRE GÉNÉRALE « Je ne puis pas dire comment ces peuples s'amusent dans leurs heures de loisir, car nous n'avons pas appris grand'chose sur leurs divertissemens, Les femmes nous égayaient souvent par des chansons assez agréables : elles battaient la mesure en faisant claquer leurs doigts, comme on l’a déjà dut, D'après différentes observations particulières , nous conclümes que leurs voix et leur musique sont trés-harmonieuses, et que leurs notes occupent beaucoup d’étendue. Je n'ai remarqué que deux instrumens de musique : une grande flûte de bam: bou, qu'ils jouent avec le nez, comme à Tail, iMais à quatre trous, tandis que celle des Taïtiens n'en a que deux ; et une autre composée de dix ou onze petits roseaux de longueur inégale, joints aux côtés l’un de l'autre, comme la flûte dorique des anciens : l'extrémité ouverte de tous ces roseaux, dans laquelle ils soufllent avec la bouche, est à égale hauteur, où sur la même ligne. Ils ont aussi des tambours, qu'on peut comparer justement à un tronc d'arbre creux : celui que j'ai examiné avait cinq pieds six pouces de long, et trente pouces de circonférence ; d’une extrémité à l’autre, s'étenduit en dehors une fente large d'environ trois pouces, au moyen de laquelle on avait creusé l'intérieur. Ils battent sur le côté de ce tronc avec deux baguettes, et ils produisent un bruit sourd qui n'est pas même aussi musical que celui d’un tonneau vide.
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DES VOYAGES. 259 cher on de frotter avec son nez celui de la personne qu'on aborde, comme à la Nouvelle-Zélande. Ils déploient un pavillon blanc, en signe de paix à l'égard des étrangers : mais les insulaires qui vinrent les premiers à bord apportérent des plantes de poivre; et avant de monter, ils les envoyèrent dans le vaisseau, témoignage de bienveillance le plus solennel que l'on puisse désirer. Leur franchise, lorsqu'ils montérent sur nos bords et nous reçurent à terre, me fait penser que des alarmes étrangères où domestiques ne troublent pas sonvent la paix dont ils jouissent; ils ont cependant des armes formidables, des massues et des piques de bois dur, des arcs et destraits. La forme de leurs massues , de trois à cinq pieds de long, varie beaucoup. Leurs arcs et leurs traits sont assez mauvais : les premiers sont trés-minces, et les seconds d’un faible roseau, garnis de bois dur à la pointe. Guelques-unes de leurs piques ont plusieurs barbes, et elles doivent être fort dangereuses quand elles portent coup.
«Ils observent un singulier usage; ils mettent sur leur tête tout ce qu'on leur donne ; nous pensèmes que c'est une manière de remercier. On les exerce à cette politesse dés l'enfance; car, lorsque nous offrions quelque chose aux petits enfans, la mère élevait la main de l'enfant au-dessus de sa tête. Ils suivaient même cette coutume dans
leurs échanges avec nous ; ils portaient toujours à leur tête ce que nous leur vendions, comme si
nous le leur avions accordé pour rien ; quelquefois ils examinaient nos marchandises , et ils les rendaient, si elles ne leur convenaient pas; mais quand ils les portaient à leur tête, le marché était irrévocablement conclu. Très-souvent les femmes me prenaient la main, la baisaient et l’élevaient au-dessus de leur tête. Il s'ensuit de là que cette habitude, qu'ils appellent fagafati, a différens objets suivant les circonstances, mais que c'est toujours une marque de politesse.
« Nous avons observé qu’un petit doigt et souvent les deux manquaient à la plupart des hommes et des femmes : cette muulation est commune à tous les rangs, à tous les âges et à tous les sexes : elle n’a pas lieu non plus à une époque fixe de la vie, car j'ai vu des jeunes et des vieux, etc., à qui on venait de la faire; excepté quelques enfans trèspetits, j'ai trouvé fort peu d’insulaires qui eussent les mains entières. Elle est plus nniverselle cependant parmi les vieillards que parmi les jeunes gens: du moins chacun de nous fit cette remarque.
M. Wales rencontra un jour un homme très âgé à qui il ne manquait aucun de ses doigts. Comme on avait déjà coupé le petit doigt aux enfans que nous voyions courir nus, nous demandâmes à connaître la cause de cette mutlation : nos recherches furent d'abordinutiles; mais nous apprîimes ensuite qu'elle se fait à la mort de leurs parens et de leurs amis, ainsi que chez les Hottentots, les Guaranis du Paraguay, et les Californiens.
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« Je n'ai remarqué parmi eux ni malades, ni boiteux, ni estropiés : ils paraissent tous sains, forts et vigoureux ; preuve de la bonté du climat qu'ils habitent.
«J'ai souvent parlé d’un roi, ce qui suppose que le gouvernement est administré par une seule personne, quoique je n’en sois pas absolument sûr. On nous indiqua l’homme qui passait pour le seul maître; nous n’eûmes aucune raison d'en douter. Celte circonstance, jointe à plusieurs autres, donne leu de croire que le gouvernement ressemble beaucoup à celuide Taïu, c’est-à-dire, qu’un eriki, roi ou chef suprême, a sous lui des chefs ou gouverneurs, qui sont peut-être les seuls propriétaires de certains cantons, et pour lesquels le peuple montre beaucoup d’obéissance. J'ai remarqué un troisième rang de chefs qui jouissent d’une assez grande autorité sur le peuple : mon ami Atego était de cette classe. Je pense que toutes les terres à Tongatabou appartiennent en propriété à des particuliers, et qu'il y a, comme à Taïti, une classe de serviteurs ou d'esclaves qui n’en possedent point. Il serait déraisonnable de supposer que tout est en commun dans un pays aussi cultivé que celui-ci. L'intérêt étant le principal ressort de l'industrie, peu d'hommes se donneraient la peine de cultiver et de planter, s'ils ne s'attendaient pas à recueillir le fruit de leur travail. J'ai vu souvent des troupes de six, huit ou dix insulaires apporter au marche des fruits, etc., à
vendre : un homme ou une femme veillait à cette vente, il ne se faisait aucun échange que de son consentement; tout ce que nous donnions en paicment passait à cette personne ; preuve que le tout Jui appartenait, et que les autres étaient seulement ses serviteurs. Quoique la nature ait été prodigue de ses richesses envers ces îles, on peut dire cependant que les habitans gagnent leur pain à la sueur de leur front. Le degré de perfection où ils ont porté la culture doit leur avoir coûté d’immenses travaux ; ils en sont bien récompensés aujourd'hui par les riches productions qui semblent être le partage de la nation. Personne ne manque de ce qui est nécessaire aux premiers besoins de la vie. La joie et le contentement se peignent sur chaque visage. L’aisance et la liberté sont en eflet répandues dans toutes les classes du peuple; les besoins qu'ils éprouvent , ils peuvent les satisfaire, et ils vivent sous un climat où le froid ni la chaleur ne sont excessifs. Si la nature leur a refusé quelque chose, c'est l'eau douce : comme elle est renfermée dans les entrailles de la terre, ils sont obligés de creuser beaucoup pour s'en procurer. Nous n'avons apercu qu'un puits à Tongatabou, et pas un seul ruissean courant. À Éouäh, nous n'avons vu d'eau que dans les vases des insulaires : mais comme elle était douce et fraîche, sûrement ils l'avaient puisée dans l’île, et sans doute proche de l'endroit qu'ils habitaient.
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