‹ Abrégé de l'histoire générale des voyages [microforme] (volume 4)Chapitre 20 sur 46 · LS · texte numérisé non relu

LS

Miures du grand Océan. Je crois que ceux d’une

une tribu, ainsi que les tribus qui sont en paix,

M: comportent humainement entre eux, et vivent

ei bonne intelligence. La coutume de manger leurs

ennemis tués dans un combat ( car Je suis persuadé

qu'ils n’en mangent point d’autres), est indubita-

lement de toute antiquité ; et chacun sait que ce

m'est pas une chose aisée de faire renoncer une

muion à ses ancicns usages, quelque atroces et

quelque sauvages qu'ils puissent être, particulié-

rement si cette nation n’a aucun commerce avec d'autres peuples. Ce n’est que par l'effet de com munications mutuelles que la plus grande partie

lu genre humain s’est civilisée ; et les habitans de

h Nouvelle - Zélande sont privés de ces avantages

par leur position. Le commerce des étrangers adoudirait leurs mœurs , et polirait leur esprit farouche :

A 9° ? Là La ® ou même, s'ils étaient réunis sous une forme fixe de gouvernement , ils auraient moins d’ennemis, et conséquemment cet usage, moins pratiqué , LS

pourrait s’abolir avec le temps. Ils ont maintenant peu d'idées de cette première maxime de la loi

naturelle , traite les autres comme tu voudrais étre

traité toi même; ls les traitent comme ils s’attendent M à en être traités. Si j'ai bonne mémoire , un des ‘ argumens qu'ils firent le plus valoir à Topia, qui souvent leur adressait de sanglans reproches sur * cette horrible coutume , fat qu'il n’y a pas de nul ! à tuer et à manger un homme qui en ferait autant; # car, disent-ils, quel mal peut-il y avoir à manger M des ennemis que nous avons tués dans une bataille? M Nos ennemis ne feraient-ils pas la même chose de M nous ? Je les ai souvent vus prêter une extrême 4 attention aux discours de Topia ; mais je n'ai jamais M observé qu'ils fussent satisfaits de ses argumens, ni que toute sa rhétorique en persuadât un seul de É l'injustice de cet usage , et quand Oedidi et quel ques autres en montrérent de l'horreur, its riaient |

de leur simplicité.

« Entre différentes raisons alléguées sur l'ori. |

gine d* cette effroyable coutume , on a cité le dtfaut de nourriture animale ; mais je ne sais pas si on peut déduire cette raison des faits et des circonstances rapportées par les voyageurs. Sur tous les points de la côte où j'ai abordé, la pêche est à abondante, que les insulaires prenaient toujours une quantité de poissons plus que suflisante pour leur consommation et pour la nôtre. Ils élevent beaucoup de chiens; ils savent tuer trés-adroitement un grand nombre d'oiseaux sauvages. On ne peut donc alléguer ni la faim, ni le besoin d'aucune espèce d’alimens pour une des causes qui le

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mison , il n'est que trop évident, je pense, qu'ils ont beaucoup de goût pour la chair humaine. »

Forster croit que ces sauvages reconnaissent un Être suprême et quelques divinités inférieures ; mais il n’a observé parmi eux aucune cérémonie qui ait rapport à une religion. « Nous n’y avons vu, dit-il, ni prêtres, ni jongleurs d'aucune espèce ; ce qui explique pourquoi ils sont si peu sunerstitieux. Lorsqu'une société a acquis les aisances de la vie, cest alors que des individus sont assez adroits pour niliner sur les idées de religion, afin de jouir de quelques avantages particuliers , et les Zélandais ne ont pas encore dans ce cas. »

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Le 23 octobre, les deux vaisseaux avaient été +, àts rlaient |

parés par un coup de vent dans les environs du ap Turagain. Cook, après être sorti du canal de h Reine Charlotte, le 25 novembre, rangea de tes-près la côte au-dessous du cap Teraouité, et ira plusieurs coups de canon pour avertir l’Avenure de son approche, dans le cas où ce bâtiment aurait été mouiller dans un des ports voisins. Entre œ cap et le cap Palliser , il découvrit une baie qui

»s sur Jl'ori-| cité le desais pas Si et des cirs. Sur tous pêche est sl nt toujours isante pour Ils élévent rés-adroiteages. On n° esoin d'au uses qui lei

paraît trés-convenable pour un établissement européen , si l’eau y est assez profonde. « Tout à l’enour, dit Forster, est une grande étendue de terre qu'il serait aisé de culüver et de défendre. On y trouve une quantité prodigieuse de bois ; et, suivant toute apparence, il y coule une rivière considérable, Enfin le pays ne semble pas très-peuplé; de

sorte que l’on ne courrait pas le danger d’avoir des de la Nouvelle-Zélande.

est luisant, élastique et fort, de maniére qu'il

Indes, où l’on manque de cordages et de toile 4! voiles. Dans les siècles futurs , lorsque les puissances

que , on pensera peut-être à faire de nouveaux éti.f blissemens dans ces régions plus éloignées; et sil jamais il est possible aux Européens d’avoir assez] d'humanité pour traiter en frères les insulaires dul grand Océan , ils pourraient former à la Nouvelle. Zélande des établissemens qui ne seront pas souillés| par le sang des nations innocentes.

« Le 26 novembre , aprés avoir doublé le cp Palliser, nous quittâmes enfin la Nouvelle-Zélande (c'est Forster qui continue ), et nous fimes route au sud-sud-est. Nous allions commencer cette nouvelle campagne en bonne santé, suivant les apparences; mais peut-être que les fatigues et les travaux continuels que nous venions d’essuyer avaient réellement affaibli nos corps. Nous entreprenions cette navigation au milieu de plusieurs difficultés qui n’existalent pas auparavant ; nous n’avions plus à bord autant d'animaux vivans qu’en quittant le cap de Bonne-Espérance; le peu de provisions

querelles avec les naturels, avantages qui se ren- À contrent rarement réunis dans les divers cantons M

« Le phe. mium, dontlesnaturels font leurs véic- M mens, leurs nattes, leurs cordages, leurs filets , M

pourrait devenir un objet de commerce avec les!

de l'Europe auront perdu leurs colonies d’Amcri-M

choisies nous n ris que Le de ‘ouve ordinaire campagn limagin:

qu'envirc nons de tropiques nos table: coup d’ot ous avai agréable :

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l'avoir des x se renrs cantons « # leurs vête- # urs filets, M nicre quil e avec les 4 de toile 4M puissances M

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choisies qu'on servait aux officiers commencaient \nous manquer, et nous n’étions pas micux nourris que les simples matelots. L'espoir de rencontrer de ‘ouvelles terres s'était évanoui. Jusqu’aux sujets ordinaires de conversation , tout était épuisé. Cette ampagne au sud ne promettait rien de nouveau à l'imagination, et ne se présentait à notre esprit q'environnée d’horreurs et de périls. Nous veions de jouir de quelques beaux jours entre les ropiques ; les productions des îles avaient couvert 10 tables de mets exquis, et le spectacle de beauœup d'objets nouveaux chez des nations différentes nous avait procuré du plaisir ; mais ce moment gréable allait être remplacé par un long période de brumes, de gelées, de jeûnes, et surtout par une ennuyeuse monotonie, L'abbé Chappe , dans on Voyage à la Californie, observe que la seule uriété a des charmes pour le voyageur qui passe lan pays à un autre ; et la philosophie exalte telkment son imagination, que, suivant lui, la vie quon mène en mer n’est ennuyeuse et uniforme que pour ceux qui ne sont pas accoutumés à regarder auour d'eux , et qui voient la nature avec indifférence. & l'abbé Chappe avait eu le bonheur de faire un voyage au cercle antarctique, sans ces milliers de volailles grasses qui entretenaient sa bonne humeur durant sa petite traversée de Cadix à la Vera-Cruz, il n'aurait peut-être pas parlé ainsi.

« Je quittai les côtes de la Nouvelle-Zélande avec des idées trés-différentes de ce voyageur ; j'étais

uniquement consolé par l'espoir d'achever le tour & du monde, près du pôle austral, dans une latitude 4 élevée , et d’être de retour en Angleterre dans huit ! mois. Cet espoir contribuait à ranimer le courage M

de tout le monde pendant que le mauvais temps continua; mais il finit par s'évanouir come un songe , et la seule pensée qui put le remplacer fut

A . . 1 d'être certain de passer une autre saison dans les

îles heureuses de la zone torride.

« Le 8 décembre, nous cessämes de voir les man. # chots et les phoques, et nous en conclûmes qu'ils À s'étaient retirés vers les parties méridionales de la Nouvelle-Zélande.

« Le 10, à midi, nous étions par 59° de lati- { tude sud sans avoir rencontré de glaces, quoique l'année précédente nous en eussions trouvé le 10 décembre, entre le 5o et le 51° degré. Il est dificile de rendre raison de cette différence. Peut-être | l'hiver qui précéda notre première campagne avait accumulé plus de glaces que l’année suivante; ce qui est d'autant plus probable, que nous apprimes eusuite au Cap que l'hiver y avait été plus froid qu'à l'ordinaire. Une tempête violente brisa peutêtre la glace du pôle , et la chassa au nord jusqu l'endroit où elle frappa nos regards : peut-être aussi que cet effet fut produit par ces deux causes et par plusieurs autres encore.

« Le 12 au matin, à quatre heures, par 62° 10 de latitude, et 172° de longitude ouest, on vit hh premiére île de glace, 11° plus au sud qu'on nt

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l'avait trouvée l’année auparavant, après notre dcpart du cap de Bonne-Espérance. On uperçut en

même temps un pétrel antarctique, quelques alba os gris, des damiers et des pétrels bleus.

« Le 13, le thermomètre était à 31° : nous cinglûmes à l'est, avec un vent assez fort, quoiqu'il mbât une quantité prodigieuse de neige, qui rempissait tellement l’amosphèére, que nous ne woyions pas à trente pieds devant nous. Ocdidi ivait déjà témoigné sa surprise, en observant les jurs précédens de petites ondées de neige et de grêle : ce phénomène est absolument inconnu dans son pays. Ces pierres blanches, qui se fondaient dans ses mains, étaent miraculeuses pour lui ; et, malgré nos efforts pour lui expliquer que le froid contribuait à leur formation, je crois que ses idées sur celle matière n'étaient pas fort claires. Les flocons de neige qui ne cessérent de tomber ce jourh, le surprirent plus que tout ce qu'il avait vu jusqu'alors. Apres avoir considéré long-temps ses qualités singulières, il nous dit qu'il l’appellerait de la pluie blanche, quand il serait de retour dans son île. Il n’apercçut pas les premières glaces, parce que nous les dépassâmes de trop bonne heure dans l matinée; mais deux jours après, à environ 65° de latitude, il fut frappé d’étonnement en voyant un des plus gros glaçons ; et lorsqu'il découvrit le lendemain une immense plaine de glace qui nous empéchait d'avancer plus loin au sud, il témoigna un grand plaisir, parce qu’il croyait que c'était une

terre. Nous lui dîmes qu'il se trompait, et qu'il ! n'avait que de l’eau sous les yeux; mais nous ne M pümes le lui persuader qu’en lui montrant la glace M

qui s’était formée dans les futailles sur le pont. I] nous répondit cependant qu’à tout événement il

voulait lui donner le nom de terre blanche, afin de !

la distinguer de tout le reste. Il avait rassemblé à

la Nouvelle-Zélande un certain nombre de peutes 4

baguettes dont il faisait soigneusement un paquet,

ce qui Jui tenait lieu de journal. A chaque île qu'il | avait vue et visitée, après son départ des îles de la ! Société, 1l avait ajouté nne petite baguette; de sorte À que sa collection montait alors à neufou dix, dont ! il se rappelait trés-bien les noms dans l’ordre que ! nous les avions vues; et la terre blanche, ou ouher-! noua-téatéa , était la dernière. Il demandait souvent # à combien d’autres pays nous aborderions en allant ! en Angleterre ; et, d’après quelques noms que nous lui dîmes, il forma un paquet séparé qu'il étudiait | chaque jour avec antant de soin que le preruier. | L’ennui de cette partie de notre voyage le rendait |

probablement si empressé d'en connaître la fin; les provisions salées, et la froideur du climat, con tribuèrent à le dégoûter. Son amusement ordinaire était de détacher les plumes rouges des tabliers de danse qu'il avait achetés à Tongatabou, et d'en faire un panache de huit ou dix. Il passait Je reste de son temps à se promener sur le pont, à parler avec les officiers et les bas-officiers , et à se chauffer dans la chambre du capitaine, Nous profitâmes de

l'occasio gue : nc que nou acquime des con verses r

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se chaufler ofitâmes de

l'occasion pour nous instruire davantage de sa lan-

gue : nous corrigeñmes peu à peu le vocabulaire que nous avions fait aux îles de la Société , et nous acquimes ainsi, sur son pays et sur les îles voisines, des connaissances qui nous portèrent à y faire diverses recherches, durant notre seconde relâche.

« Les plaines de glace se montrérent autour de nous à divers points de l'horizon, dans la matinée du 15; nous étions en quelque sorte affalés, et, ne voyant pas la possibilité d'aller plus loin vers le sud , nous fimes route au nord-nord-est pour nous dégager. Le temps, qui était déjà brumeux, le devint encore plus vers midi, ce qui rendit notre poation, au milieu d’un grand nombre de rochers de glace flottante, extrêmement dangereuse. Vers une heure, tandis que l’on était à dîner, nous fûmes alarmés par l'apparition soudaine d’une grande ile de glace, à l'avant à nous. Il était absolument impossi ,e de virer de bord, vent devant ou vent arriére, à cause de l'extrême proximité de cet énorme glacon ; notre seule ressource fut de serrer le vent autant que nous pourrions, et d'essayer d'éviter le danger. Nous fümes pendant quelques momens dans l'alternative la plas affreuse; enfin nous réussimes à passer au vent de cet écueil mobile, mais nous n’en étions éloignés que de la longueur du bâtiment. Malgré les périls continuels auxquels nous étions exposés , l'équipage était moins inquiet que je ne l'aurais cru; et, de même que dans une bataille le spectacie de la mort devient familier ct

souvent indifférent, de même, nous trouvant cha.

que jour en danger de périr, nous éuons aussi tranquilles que si nous n'avions rien eu à craindre des flots, des vents et des rochers de glace. Ces glaces étaient de toutes sortes de formes, comme celles que nous avions vues l'été précédent, et nous apercevions un grand nombre de pyramides, d'obélisques et de clochers , dont la hauteur n'était pas fort inférieure à celle que nous avions observée parmi les premières îles de glace en 1772; beaucoup d’autres aussi leur ressemblaient, en ce qu'elles étaient très-étendues, et parfaitement unies au sommet.

« La quantité d'oiseaux que nous avions rencon: ! trés jusqu'ici, aurait persuadé d'autres navigateurs {

que nous étions proche de terre ; mais nous ne formions là-dessus aucune espérance.

« Le temps, extrêmement humide et d’un froid 4 désagréable, fut funeste aux colombes et aux pigeons que plusieurs de nos gens avaient acbelcs aux îles de la Société et à celles des Amis , ainsi | qu'aux oiseaux chantans que nous avions eu tant de peine à prendre en vie à la Nouvelle-Zélande. { J'avais, à mon départ de ce pays, cinq colombes; ! mais elles moururent l'une apres l’autre, avant le {

16 décembre, parce qu'elles étaient plus exposées au froid dans nos cabanes que dans le poste des màtelots. Le thermomètre ne se tenait, dans nos cibanes , jamais qu’à 5° plus haut qu’en plein air sur le pont,

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« Le 20, le temps qui s’éclaircit, et le vent qui tourna au nord-ouest, m’engagérent à faire route au sud ; bientôt il fallut faire le sud-est, parce que le vent passa au nord-est, et que le ciel se couvrit dans l'après-midi; le vent devint furieux; un brouillard épais, de la neige, du verglas, de la pluie rendaient le temps affreux. Nos manœuvres étaient si chargées de glace, que nous eùmes beau-

coup de peine à amener nos huniers pour les serrer. À sept heures du soir, par 147° 40’ de longitude ouest, le vaisseau coupa une seconde fois le cercle antarctique ; on continua de naviguer au sud-est jusqu’à six heures du lendemain matin; élant alors par 67° 5’ de latitude, on rencontra tout à coup un groupe de trés-grosses îles de glace

ct une grande quantité de glacons flottans ; et comme la brume était extrêmement épaisse, on eut toutes les peines du monde à en sortir. Les iles de glace étaient trés-hautes et très-escarpées, et formaient à leurs sommets divers pics; au lieu que la plupart de celles qu’on avait apercues auparavant étaient plates au hant et moins élevées : plusieurs de celles-ci avaient cependant deux ou trois cents pieds d’élévation, et deux outrois milles de circuit, avec des côtés perpendiculaires

qui inspiraient la frayeur quand on les regardait. De tous les oiseaux qui avaient accompagné la Résolution , il ne restait que les albatros gris et quelques pétrels antarctiques.

« Le 22, un coup de vent du nord, qui soufila

268 MISTOIR# GÉNÉRALE

par rafales, déchira la voile de perroquet d'art mon, et le mit hors d'état de servir. À six heures

du matin, le vent tourna vers l’ouest ; j'étais par

67° 31° de latitude, l2 plus haute où nous fussions encore parvenus ; je fis route à l'est.

« Le 23 à midi, l’on voyait vingt-trois îles de glace de dessus le pont, et denx fois autant du haui des mâts; cependant notre horizon ne s’étendait pas à plus de deux ou trois milles. À quatre heures de l'après-midi, nous rencontrâmes une quantité si prédigieuse de glaces en plaines, ou de glaces flottantes, qu'elles couvraient la mer dans touie l'étendue du sud à Pest, et elles étaient si épaisses et si serrées qu'elles obstruaient entièrement notre passage. Le vent étant assez modéré et la mer tranquille , je mis en travers le long du bord extérieur de la glace, et j'envoyai deux eanots, pour ramasser quelques glacons. Sur ces entrefaites, on en prit de grands morceaux flottans le long du bätment, et on les hala à bord avec les palans à croc: l'enlèvement de la glace fut si pénible, à cause du froid, que les canots restèrent jusqu’à huit heures pour faire deux voyages : je portaï ensuite à l’ouest, sous les huniers et les basses voiles, tous les ris pris, avec un fort vent du nord, accompagné de neige et de verglas, qui, se gelant sur les agres en tombant, rendait les cordages aussi durs que du fil d'archal, et les voiles roides comme des planches de boïs où des plateaux de métal. Les

roues Ctaient d’ailleurs si fortement gelées dans

Clait Si des glad mer.

« Dar de pens ni prob:

“es, ni J'aurais itude, parce qi naitre , il pouvai de décic que fonc mer.

« Tan mes deu:

de la tail du dos, sont d'u ailes blar mais brt temps un mais, COr Je remar plus épai lautudes de les vê

et d'art ix heures j'étais par s fussions

is îles de at du haut s'étendait re heures quantité de glaces lans touic Si Cpaisses ent notre mer tranextérieur ur raimass, On en » du bâu- 18 à Croc :

\ cause du ut heures à l’ouest, us les ris pagné de les agres durs que mme des étal. Les lées dans

DES VOYAGRS. 269 ls poulies, qu'il fallait faire les derniers efforts pour amener où pour hisser un hunier; le froid élait si vif qu'à peine pouvait-on le supporter : des glaces convraien: en quelque sorte toute la mer.

« Dans une posiuc : si pémible, àl était natur:! de penser à retourner au nord, puisqu'il n’y avait oi probabilité de trouver une terre dans ces para- “es, ni possibilité de s’avancer plus loin au sud. J'aurais eu tort de faire route à l’est dans cette laütude, non-seulement à cause de la glace, mais parce que J'aurais Jaïssé au nord, sans le recon-

sait à CHA à | ‘ ] a/9 naitre , un espace ae mer de 24

de latitude, où il pouvait y avoir une grande terre. Le seul moyen de décider si une telle supposition avait quelque fondemant, était de visiter cette étendue de mer.

«Tandis qu'on ramassait de Ja glace, nous pr

mes deux pétrels antarctiques. Ils sont à peu prés

de la taille d’un gros pigeon ; les plumes de la tête, du dos, et une partie du côté supérieur des ailes, sont d’un brun clair ; le ventre et le dessous des «les blanc; les plumes de la queue blanches aussi, mais brunes à la pointe : nous primes en rime temps un nouveau pétrel plus petit que le premier, mais, comme les autres, d’un plumage gris sombre. Je remarquai que ces oiseaux avaient un plumage plus épais que ceux que nous avions vus dans des latitudes moins hautes , tant la nature a pris soin

de les vêur suivant le climat qu'ils habitent, Nous

apercümes aussi des 4lbatros couleur de chocolat : nous n'avons trouvé que parmi les glaces ces oiseaux, ainsi que les pétrels dont on a parlé plus baut ; d’où l’on pourrait conjecturer, avec raison, qu'il y a une terre au sud. S'il n'y en a pas, Je deinanderai où nichent ces oiseaux ; question qui, je crois, ne sera jamais décidée ; car jusqu’à présent, si ces terres existent, nous les avons trouvées abso. lument inaccessibles. Indépendamment de ces oi-

seaux , nous découvrimes un très-gros phoque, qui !

joua autour de nous pendant quelques minutes,

Un de nos mitelots qui avait été au Groënland ,l'ap- . pela morse; mais tous les autres, qui le virent, ! le prirent pour un phoque. Depuis que nous avions 4 rencontré des glaces , le thermomètre était à 33 ct 4

54° à midi.

« Plusieurs personnes étaient alors afiligées de | rhumatismes violens et de maux de tête ; d’autres | avaient les glandes enflées et des fiévres catarrha- |

les, qu'on attribuait à l'usage de l’eau de glace, M. Forster père, qui se plaignait d'un rhume de-

puis quelques jours, fut obligé de garder le lit: f

sa maladie semblait provenir de lhumidité de sa cabane, dans laquelle tout pourrissait : le froid y fut si sensible ce ‘aur-là, que fe thermomètre ne s'y soutint qu'à 2 degrés et em plus haut que sur le pont.

« Le 24, le vent diminua en tournant au nordouest ; le ciel s'éclareit : nous étions par 67° de

latitude , et 158° 15’ de longnude ouest. Comme

nous av

du nord & telleme:

autour d quantité alme al le vaisse possible itant de de tombe \ous pas de la mêr reusemen “ait clair l'aurait eat,

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chocolat :

>S CES Oi= parlé plus ec raison, as , je des on qui, je à présent, iyées absode ces oi-

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ar 67° de

st. Co mime

DES VOYAGES, 271 nous avancions vers le nord-est avec un bon vent

du nord-ouest, les îles de glaces se muluipliérent

Licllement, qu'à midi nous en avions prés de cent

utour de nous, indépendamment d'une immense quantité de petits glaçons. M'apercevant que le alme allait probablement survenir , je conduisis l vaisseau dans un parage aussi net qu'il me fut possible : La Résolution dériva avec la glace ; et, proitant de chaque léger soufle de vent, on l'empêcha le tomber sur quelques-unes de ces îles flottantes. Vous passâmes ainsi la soirée de Noël à peu prés le la même manière que l'année précédente. Henreusement 1] n’y avait point de nuit, et le temps tait clair ; car, avec la brume des derniers jours, l'aurait fallu un miracle pour conserver le vaisjeatt,

« Le capitaine, suivant la coutume , dit Forster, nvita les officiers et les maîtres à dîner, et l'un des lcutenans régala les sous-ofliciers. On donna aux matclots une double portion de poudding, et ils lurent l’eau-de-vie qu'ils avaient épargnée quelques mois d'avance sur leur ration pour le jour de Noël, mettant ainsi le plus grand soin pour s’enivrer. La ne d’une quantité imnombrable d'îles de glace, au milieu desquelles on était entraîné par le courant, en risquant de faire naufrage à chaque moment, ne les empêcha pas de se livrer à leur passe-temps avori. Tant qu'il leur resta de l'eau-de-vie, ils firent Noël en bons chrétiens. La longue habitude de la cr leur inspire du mépris pour les périls ; la fa-

tigue et l’inclémence du ciel durcissant leurs mus-

cles et leurs nerfs, rendent leur esprit insensible, On conçoit aisément que des hommes qui ne s’occupent pas mêmede leur sûreté, s'intéressent peu au M bien-être des autres. Assujettis à des ordres stricts, M ils exercent une autorité tyrannique sur ceux que à la fortune met en leur pouvoir; et, accoutumés à 4 combattre l'ennemi, ils ne respirent que la guerre. M Par la force de l'habitude, le meurtre est teliement A

devenu une passion de leur âme, que pendant no- . tre voyage je les ai vus montrer plusieurs fois un M horrible empressement de rer sur les Indiens pour # le plus léger prétexte. En général, la vie qu'ils mè. 1 uent les prive des consolations domestiques, et de À grossiers besoins remplacent chez eux des affections! délicates. Quoique membres d’une société civilisée, | on peut les regarder en quelque sorte comme un} corps d'hommes grossiers, passionnés , vindicauf; mais d'ailleurs braves, sincères, et vrais les unsk envers les autres.

« L'observation méridienne donna 66° 22’ de Jatitude. Nous venions donc de repasser le cercle polaire antaretique. Tant que nous étions resté sous la zone glaciale, continue Forster, nous avions à peine eu de la nuit, et je trouve dans le journil de mon pére plusieurs articles écrits, quelques minutes avant minuit, à la lueur du soleil. Cet astre

était si peu de temps au-dessous de l'horizon, qu'un

crépuscule très-fort ne cessait point de nous éclar rer. Ce phénomène frappa d’étonnement Oedidi,

às encore « Mon pé XX,

tonnuren de l'Euro k soleil n qilsner nr linsti ur la côt lions pro indication bservé un le nous P

le grosses

DES VOYAGES. 293 qui voulait à peine en croire ses sens. Nous fimes Aa vain des efforts pour le lui expliquer ; et il nous

ine soc Mysura que ses compatriotes le traiteraient de mennt peu au | eur quand il leur parlerait de la pluie pétrifice et dujour perpétuel. Les premiers Vénitiens qui rewnnurent l'extrémité septentrionale du continent k l'Europe ne furent pas moins surpris de ce que A soleil ne quittait point l'horizon, et ils racontent teliement j qu'ils ne pouvaient distinguer le jour de la nuit que endant n0- ur l'instinct d’un oiseau de mer qui allait se jucher ur la côte pendant quatre heures. Comme nous

diens pour | tions probablement fort éloignés de terre, cette e qu'ils mè Midication nous manqua , et nous avons souvent ques, et de Miervé un grand nombre d'oiseaux voltiger autour :s affections Mi nous pendant toute la nuit, et en particulier

egrosses troupes de différentes espèces jusqu’à comme tn @utre heures.

urs mus= à

sensible, !

es stricts, !

ceux que M outumés à 4 la guerre.

urs fois un

sé civilisée,

vindicauk;% « Le 26 au matin, toute la mer, dit Cook, était ais les uns @h quelque sorte couverte de glaces; dans une tndue de quatre ou cinq milles, limites de notre 66° 22° defurizon, nous vimes plus de deux cents grandes er le cercles, outre une quantité innombrable de morceaux üons restés petits ; cependant il n’y en avait pas de moins nous avions que la carcasse du bâtiment.

sle journal « On croyait voir, dit Forster, les débris d'un uelques mi-hhonde fracassé : au milieu de ce bouleversement, il. Cet astréfn entendait retentir de toutes parts les imprécaizon, qu'uffons et les juremens des matelots, qui n'étaient nous éclar@hs encore sortis de leur ivresse.

nt Oedidi£ « Mon père et douze autres personnes, continue XX, 18

274 HISTOIRE GÉNÉRALE Forster, furent de nouveau attaqués de rhuma vement tismes, et obligés de garder le lit. Le secrbut ne M routé"eu se montrait pas encore sous un aspect e{lrayant ; sand e mais tous ceux qui en avaient les plus légers #1 | symptômes (j'étais du nombre) , burent deux fois | x: par jour du moût de bière frais bien chaud , et s'abs. 138° 25! ünrent, autant qu'il leur fut possible, de viandes# el le 2 salées. La langueur générale et l'air maladif de petits pl presque tout le monde semblaient nous menacerk h Ré de suites plus funestes. Le capitaine Cook lui-même Lux qu était pâle et maigre; il avait perdu Si. 7 ‘es éprouvait une constipation continuelle, A1. hnde « Le 31, un petit vent de l’ouest avecun temps) bin on beau et clair, dit Cook, nous fournit l’occasion d'atd que Nous rer les voiles de rechange, de nettoyer et de fumen ar je n’ei les entreponts. À midi, notre latitude était de 5g'4 une de

sud , et notre longitude de 135° 11” ouest. L'oh servalion de ce jour donna lieu de conjecturer qua nous «avions un courant du sud; en effet, c'éuil tout ce que l’on pouvait raisonnablement suppose pour expliquer comment des masses si énormes glaces venaient du sud. L'après-midi , un calme quelques heures, suivi d’un vent de l'est, nou mit en état de reprendre notre route vers le non ouest.

« Le 1° janvier 1774, le vent ne resta pi long-temps à l'est, mais, tournant par le sud l'ouest, il souffla grand frais, et fut suivi de neise Le soir , nous étions par 58° 39/ de latitude : nou sort les glaces de vue. Nous eûmes alternat

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ivi de neige uütude : noù es alternall

DES VOYAGES. 275 vement du vent et des calmes. Je continuai à faire route au nord-ouest, afin d'examiner une partie du grand espace de mer entre nous et notre route au sud.

« Le 5 à midi, étant par 56° 46’ de latitude, et 138° 45’ de longitude ouest, le temps devint beau , et le vent tourna au sud-ouest. Nous aperçümes re. petits plongeurs (comme nous les appelions ) «

h classe des pétrels, que nous jugeâmes être d œux qu'on voit ordinairement près de terre, surout dans les baies et sur la côte de la Nouvellelélande. Je ne sais que penser de ces oiseaux. S'il yen avait eu davantage, je serais porté à croire que nous n’étions pas alors très-éloignés de terre, ur je n’en avais jamais vu à nne aussi grande ditance des côtes. Ceux-ci avaient probablement été imenés de si loin par quelques bancs de poisson : an effet , il devait y en avoir autour de nous, puisque nous étions environnés d'un grand nombre de pétrels bleus, d'albatros et d’autres oiseaux qu’on it communément dans le grand Océan ; tous, où Dresque tous, nous quittérent avant la nuit : nous iimes aussi deux ou trois morceaux de goëmon ; mais il était vieux et gâté.

«À huit heures du soir , étant par 56° de latitude sud, et 140° 31° de longitude ouest, le vent, se xant dans l’ouest, m'obligea de gouverner nordst, et m'empêcha de reconnaître un espace à l’ouest le prés de 40° de longitude, et de 20 de latitude. Si le vent avait été favorable, je projetais de courir

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276 IIISTOIRE GÉNÉRALE

19 ou 20° de longitude plus à l’ouest, dans le pa-!

rallèle où nous étions, et de retourner ensuite 4/4 « Le l’est par le cinquantième parallèle. Cette route au- 10’ de ] rait tellement coupé l’espace mentionné ci-dessus, É un bon qu'il serait à peine resté un motif à la simple sup- temps c position d’une terre dans ces parages : nous avons renait d peu de raisons de penser qu'il s’y en trouve une. « L'é Nous sommes portés plutôt à croire le contraire ; Æfoids a: car nous avons eu pendant plusieurs jours une 4 pas des, grosse mer de l’ouest et du nord-ouest, quoiqueMinnée. 1 le vent ait soufflé d’une direction opposée la plus lécoura, grande partie de ce temps; preuve qu'entre ces deux Î nrt de rumbs nous n’étions couverts par aucune terre, Mks mate

« Plusieurs personnes de l'équipage avaient en-f «Ler core une fièvre légère, effet des rhumes. Heureu-@n mit sement les remèdes les plus simples la dissipaient Millerent ! il ne fallait pour cela que quelques jours. Nous@rels et d n'avions pas plus d’un ou deux hommes à la fois sur la liste des malades.

« Nous fimes route au nord-est quart-nord jus-M}érance qu’au 6 à midi. Nous étions alors par 52° de litiÆnidi éta tude sud , et 135° 32’ de longitude ouest, et à en viron deux cents lieues de notre route à Taïti ; or, tout bien considéré, il n’est pas probable que dan cet espace il y ait une terre étendue : il est moin vraisemblable encore qu'il y en ait une à l’ouest puisque nous avions eu , et que nous avions enco' de ce point des lames d’une force et d’une longueu prodigieuse ; en conséquence, je gouvernai nord est, avec un vent frais de l’ouest-sud-ouest,

« Le 9, étant par 48° 17° de latitude, et 187° 10’ de longitude ouest, je mis le cap à l’est, avec un bon vent frais de l’ouest, accompagné d’un temps clair et agréable, et d’une grosse houle, qui renait de la même direction que le vent.

« L'équipage commençait à supporter ces climats foids avec d’autant plus de peine, qu'il n’y avait ps d'espérance de retourner en Angleterre cette mnée. D'abord les visages parurent annoncer du lécouragement, parce que je n’avais voulu faire nrt de mes desseins à personne ; maïs peu à peu ks matelots se résignérent à leur sort,

« Le matin du 10, comme il y avait peu de vent, m mit un canot en mer, et plusieurs officiers ilérent tuer des oiseaux : ils rapportèrent des pérels et d’autres qu’on voit ordinairement à toutes ls distances possibles de terre. Nons n’apercevions rien d’ailleurs qui pût nous donner la moindre espérance d’en trouver aucune; et le lendemain à midi étant par 47° 51’ de latitude sud , et 122° 12” le longitude ouest, et à un peu plus de deux cents leues de la route que je suivis en allant à Taïti en 1769 , je changeaï de direction , et je gouvernai sud-est avec un vent frais d’ouest-sud-ouest.

« Je fis route plus au sud jusqu’au soir du 31 que otre latitude fut de 53° sud, et notre longitude de 1 18° 3’ ouest. Le vent soufflait alors violemment du nord-ouest, avec une brume épaisse et de la plie; ce qni rendait dangereuse une navigation ‘ù large : je me rapprochai donc du sud-ouest , et je

, dans le pa-!

er ensuite à!

Le route au-!

é ci-dessus, | simple sup.

: nous avons trouve une, le contraire ; M

rs jours unc est, quoiquek posée la plus ntre ces deux 4

une terre. À

e avaient en-{ nes. Heureu-f

à dissipaient;|

* jours. Nous!

es à la fois sur

art-nord |usr 52° de lai uest, et à en eà Taiu;or, able que dan:

:il est moi une à l’oucsl

avions encoré ’une longue vernai nor ouest.

276 HISTOIRE GÉNÉRALE continuai celte route jusqu'à midi du lendemain. « Le 14, ajoute Forster, une lame énorme frappa

le vaisseau et inonda les ponts. L'eau de la mer

retombait par-dessus nos têtes, et éteignait nos À lumières, de sorte que nous croyions quelquefois À être engloutis et tomber dans l’abime. Tout était À à flot dansles cabanes ; notre situation était des plus ' tristes, même pour ceux qui avaient conservé leur » 1

santé, et insupportable pour les malades, à qui M

leurs etre perclus causaient des douleurs er- | cessives. L'aspect de l'Océan était épouvantable; #

on eût dit qu'il se mettait en colère de ce que de

présomptueux mortels osaient pénétrer si loin. | Tout portait l'empreinte de la tristesse ; un silence

affreux régnait autour de nous. Ceux même qui!

étaient accoutumés à la mer depuis leur enfance avaient du dégoût pour les nourritures salées : l'ap.

proche de l’heure du dîner nous faisait de la peine;

et dés que l’odeur des alimens frappait nos sens, il nous était impos : d’en manger.

« Ce voyage ne ps :, être comparé à aucun autre pour les fatigres et les peines mulupliées que nous avons essuyées. Les navigateurs qui ont parcourt le grand Océan avant nous naviguaient en dedans du tropique, ou du moins sous la zone tempéric. Ils jouissaient presque toujours d’un ciel doux et serein, et ils voyageaient à la vue des terres qui leur fournissaient des rafraîchissemens. De pareilles campagnes sont des parties de plaisir à côté des nôtres. Les objets nouveaux et attrayans soulagent

l'esprit corps : 1

| frappaie

brume , cesse a; n'égayai dimat € uble ; e ne Vivio truisait , anime l:

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leur enfance!

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| aucun autre ées que nous nt parcourt nt en dedans ne tempéréc.

ciel doux et es terres qui . De pareilles ir à côté des ins souJagent

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corps : mais au contraire les mêmes points de vue

Aiappaient sans cesse nos regards; la glace, la

brume , les tempêtes et la surface de la mer sans œsse agitée formaient une scène lugubre que négayaient jamais les rayons du soleil : enfin le dimat était rigoureux, et notre nourriture détesable ; en un mot, nous végétions plutôt que nous ne vivions. Il semblait que tout notre être se déruisait , et nous devenioiis indifférens à tout ce qui inime la vie en d’autres temps. Nous faisions le ncrifice de notre santé , de nos sentimens, de nos puissances, à la gloire de faire une navigation dans des parages inconnus jusqu'alors.

« La situation des matelots était aussi afiligeante qe celle des officiers par une autre cause. Leur biscuit, qu'on avait trié à la Nouvelle-Zélande, cuit de nouveau, et ensuite encaissé, était aussi gâté qu'auparavant ; ce qui provenait de ce que, dans le triage , on en conserva de mauvais , et de ce que les tonneaux n’avaient été ni assez fumés , ni assez séchés. L'équipage ne recevait d'ailleurs que les deux tiers de sa ration ordinaire ; mais une si petite quantité de biscuit étant à peine suffisante quand il est bon, était bien loin de l’être alors qu'il yen avait la moitié de pourri. Les hommes ne se plaignaient point : ce jour cependant le premier aide du maître vint dire avec amertume au capitaine que ni lui ni ses camarades n'avaient de quoi se rassasier ; et 1] lui montra en même temps des restes de

280 HISTOIRE CÉNÉRALE

son pain pourris et puans. Ses remontrances eurent M de l'effet, et tout l'équipage reçut une ration ordi- # naire. Le capitaine sembla recouvrer ses forces à 1 mesure que nous avançämes vers le sud ; mais ceux 4 qui étaient attaqués de rhumatismes se trouvaient | aussi indisposés que jamais. » 4

Cook continue ainsi : « Le vent ayant tourné au | nord , et la brume continuant, je courus à l'est, | sous les basses voiles et les huniers, tous les ris | pris. Mais nous ne pûmes pas long-temps porter ces 4 voiles ; car , avant huit heures du soir, le vent, qui # devint une tempête, nous obligea de mettre en tra. 1 vers sous le perroqvet d’artimon , jusqu’au matin É du 16; le vent ayant alors beaucoup diminué et passé à l’ouest, on hissa les basses voiles et les & huniers, tous les ris pris, et je fis route au sud. | Bientôt le ciel s’éclarcit, et le soir notre latitude | fut de 56° 48’ sud , et notre longitude de 119° 10 | ouest.

« Nous continuämes ainsi jusqu’au 18, que nos courûmes au sud-ouest, avec un vent de sud-est, à étant par 61° 9’ de latitude sud, et 1 16° 7° de lon: gitude ouest. À dix heures du soir, il y eut mn | calme qui dura jusqu’à deux heures du lendemain au matin : le vent qui s’éleva du nord fraîchit bien. tôt, et se fixa au nord-est; j'en profitai pour gonverner au sud , jusqu’à midi du 20, que nous étions par 62° 34 de lautude, 116° 24° de longitude ouest; un nouveau calme survint.

« Dans cette position, nous avidns en vue deux

îles de plus gr CUS jusqu l( de hau blant à Paul de de l’ou terre et était ne nous fi n'avion nous ét rité, nc je suis proxim toutes de quel est, ma grosses ( est, et1 d'un fro du verg « Du 66° degr au 109° iles de.

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le vent, qui À iettre en ira- | qu'au matin 1 diminué et.

voiles et les & ute au sud, | otre latitude |

8, que nos de sud-est,

il y eut un 1 lendemain raîchit bien:

1 pour gonnous étions ce longitude

en vue deux

6° 7° de lon- |

iles de glace, dont l’une semblait aussi large que la plus grande de celles que nous avions rencontrées jusqu'ici : elle n’avait pas moins de deux cents pieds de hauteur, elle se terminait par un pic ressemblant à la coupole de l’église cathédrale de Saint- Paul de Londres. Comme une grosse houle venait de l'ouest, il n’était pas probable qu'il y eùt une terre entre nous et le méridien, de 133° 30° qui était notre longitude sous ceite latitude, quand nous fimes le nord. Durant toute cette route, nous n'avions rien vu qui pût nous porter à croire que nous étions dans les environs d’une terre. À la vérité, nous avions aperçu souvent du goêmon, mais je suis sûr que ce n’est pas un signe assuré de Ja proximité de terre, puisqu'on en rencontre sur toutes les parties de l'Océan. Après un calme de quelques heures, nous eûùmes un vent de sudest, mais il fut très-incertain et accompagné de grosses ondées de neige : enfin il se fixa au sud-sudest, et nous forçcâmes de voiles à l’est. Le vent fut d'un froid perçant, et accompagné de neige avec du verglas.

« Du 22 au 25, je m'avançai du 62° degré 5’ au 66° degré 20’ de latitude sud , et du 1 12° degré 24 au 109° degré 31” de longitude ouest. On vit deux iles de glace, des pétrels et d’autres oiseaux, en faisant cette route au sud-sud-ouest ; mais rien ne donnait l'espoir de découvrir terre; le vent souffait du nord et de l’ouest; le 25, je naviguai au sud : le vent venait du nord ; le temps était doux

et assez agréable, et nous n’apercevions pas un seul morceau de glace, ce qui nous parut un peu extraordinaire, car un mois auparavant , et à environ deux cents lieues à l’est, nous avions été en quelque sorte enfermés par de grandes îles de glace dans cette même latitude. Nous vimes un pétrel damier, des pétrels bleus , et un petit nombre d’albatros bruns. Nous avions alors neuf petites îles en vue; et bientôt après nous entrâmes, pour la troisième fois, en dedans du cercle polaire antarctique , par 109° 31” de longitude ouest, À midi, voyant quel. que chose qui ressemblait à une terre au sud-est,

on orienta les voiles à l'instant, et je portai dessus. # Bientôt après nous ne découvrîmes plus rien ; mais 4 je suivis la même route jusqu’à huit henres du L lendemain, que nous fùmes bien assurés que ce À n'étaient que des nuages, ou une brume épaisse ; je A remis le cap au sud , avec un joli vent du nord-est, f accompagné d’une brume épaisse , de neige et de

pluie mélée de neige.

« Les îles de glace devinrent alors plus fréquentes qu'anparavant, et par 69° 58’ de latitude, et 108° 12° de longitude ouest, nous renconträmes un banc de glaces flottantes. Comme nous con-

; k ; ue A mencions à avoir besoin d’eau, on mit deux canot |

en mer, eton en prit des morceaux, qui donnérent environ dix tonneaux d'eau douce. Les matelots qui travaillérent à cette opération eurent froid; mais ils étaient accoutumés à ces fatigues. Je courus ensuite de petites bordées dans le parage où nous

(tions ; voir à $

nous ne tantes, le temp ou plutc répond rilé que

«Ac se dissif gouvern nord-est htutude déclinai:

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«ions; car une brume épaisse nous empêchait de voir à six cents pieds autour de nous; et, comme nous ne connaissions pas l'étendue des glaces flottantes , je n'osais pas gouverner au sud avant que le temps s’éclaircit. Nous passâmes ainsi la nuit, ou plutôt cette partie des vingt-quatre heures , qui répondait à la nuit; car il n’y avait d'autre obsculé que celle qu'occasionnaient les brouillards.

« À quatre heures du matin dun 29, la brume se dissipa, et le jour devenant clair et serein, je gouvernai de nouyeau au sud , avec un joli vent du nord-est et du nord-nord-est. Je parvins à 70° 23’ de htitude, étant par 108° 5’ de longitude ouest. La déclinaison de l'aiguille aimantée fut de 24° 81'est. Bientôt le ciel s'embruma, et l'air devint trés-froid. Je continuai ma route au sud, laissant derrière nous un morceau de goémon, couvert de bernacles, qu'un albatros brun mangeait. A dix heures, nous dépassâmes une île de glace, qui n'avait pas moins de trois ou quatre milles de circonférenc : On en voyait plusieurs autres à l'avant. Le temps, devenant brumeux, je serrai le vent au nord ; mais en moins de deux heures, le ciel s'éclaireit, et je remis le cap au sud.

« Le 30, à quatre heures du matin, nous observâmes que les nuages au-dessus de l'horizon au sud, étaient d’une blancheur de neige extraordinairement brillante. Nous savions que cet indice annonçait une plaine de glace : bientôt on la découvrit du haut des mâts; et à huit heures nous

étions prés de ses bords : elle s'étendait à l’est et à l'ouest, fort au-delà de la portée de notre vue ; et dans la position où nous étions, la moitié méridionale de notre horizon était éclairée par les rayons de lumiere qu’elle réfléchissait jusqu'à une hauteur considérable. Je comptai distinctement en dedans de la plaine, quatre-vingt-dix-sept montagnes de glace, outre celles qui étaient en dehors, la plupart trés-grandes ; elles ressemblaient à une chaîne dont les sommets s'élévent les uns sur les autres, et se

perdent dans les nues. Le bord extérienr ou sep- 4 tentrional de cette immense plaine était compos À de glaces flottantes ou brisées, empilées et serrées À [e) ’ CR] 9 ‘ C ni ; h les unes contre les autres de manière qu'aucun ! corps ne pouvait y pénétrer; cette bordure avait !

environ un mille de large : par-derriére, la glace solide ne formait plus qu'une seule masse trés-com-

pacte. A l'exception des endroits où elle s'élevait | en montagnes, la glace était basse et plate; mais | hauteur semblait s'augmenter en allant vers le sud; |

et, de ce côté, on n’en apercevait pas l'extrémité. On n’a jamais vu, je pense, de montagnes comme celles-ci dans les mers du Groënland, du moins je ne lai la nulle part, et je ne l’ai point oui dire; de sorte qu'on ne doit pas établir une comparaison entre les glaces du nord et celles de ces parages. Il faut convenir que ces montagnes prodigieuses ajoutent un si grand poids aux plaines qui les renferment, qu'il est bien différent de naviguer sur cette mer glacée ou sur celle du Groënland.

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« Je ne dirai pas qu'il était partout 1npossible d'avancer plus loin au sud ; mais la tentative aurait été dangereuse et téméraire; et dans ma position, aucun navigateur, je crois, n’y aurait pensé, A la vérité, c'était mon opinion, ainsi que celle de la plupart des ofliciers , que cette glace s'étendait jusqu'au pôle, ou que peut-être elle touchait à quelque terre , à laquelle elle est fixée dés les temps les plus anciens ; qu’au sud de ce parallele se formenit d'abord toutcs les glaces que nous trouvions éparses au nord, qu’elles en sont ensuite détachées par des coups de vent , ou par d’autres causes, et enfin poussées au nord par les courans, qui, sous les

latitudes élevées, ainsi que nous l'avons toujours observé, portent dans cette direction.

« En approchant, nous entendimes des manchots, mais nous n'en vimes point, et nous n’apeimes qu'un petit nombre d’autres oiseaux, ou autre chose qui pût nous donner lieu d'en conclure la proximité d’une terre. Je crois cependant qu'il doit y en avoir une au sud de cette glace; et dans ‘ce cas, les oiseaux ou d’autres animaux ne peuvent

habiter que sur la glace elle-même, dont elle doit

être entiérement couverte. Comme j'avais l'ambiüon, non-seulement d'aller plus loin qu'aucun autre navigateur , mais même aussi loin qu'il est possible à un homme de s’avancer, je ne fus pas fiché de rencontrer cet obstacle qui, en quelque sorte, venait à notre secours, etau moins abrégeait les dangers et la fatigue inséparable de la naviga-

tion des parages du pôle austral. Puisque donc il ne me restait aucun moyen d'avancer d'un pouce plus au sud , je virai de bord, et je remis le capan nord : nous étions alors par 71° de latitude, et 106° 54° de longitude ouest.

« Heureusement le temps était clair quand nous rencontrâmes cette glace, et nous la découvrimes ussez 1Ôt; car, dès que j'eus reviré de bord , une brume épaisse nous enveloppa. Le vent était à l'est et soufflait grand frais; ainsi je pus retourner

nne seconde fois sur un espace que nousavions déjà À examiné. À midi, le mercure, dans le thermomë- ! tre, était à 32° et demi; l'air fut extrêmement froid, ! Une brume épaisse continua avec des ondées de neige ; et nos agrès furent couverts d’une croûte de 4 1 4 , LE ».. , \ ® 1° glace de près d’un pouce d'épaisseur. L’aprés-midi / { LA Q Q .

du lendemain, la brume s'éclaircit par intervalles;

mais le ciel était sombre et nébuleux , et Pair exces:

sivement froid : cependant dans notre horizoniln |

avait point de glace sur la mer.

« Je continuai à porter au nord avec un vent d'est, jusqu’à l'après-midi du 1° février ; lorsque, rencontrant des glaces flottantes , détachées d’une île au vent, je mis deux canots en mer ; après qu'on en eut pris des morceaux, je poursuivis ma route au nord , et au nord-est, avec de jolis vents du sudest, accompagnés de beau temps, et quelquefois de neige et de pluie mêlée de neige.

« Le 4, nous étions par 65° 42’ de latitude, et 99° 44' de longitude ouest. Le lendemain , la force

et la po de lan le 6, :

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à l'oues mélée « nord , tropiqu d'yarri contine loin au | etsij'en tral, 1l « connaît.

point de pouvio avril, et livemen Mais en austral,

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