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n elait que 4 grève pier. # laires ont !
de la grève !
Le) souvent; et À
k Ja marée.
l’eau de h !
pas plus |
et la plus
ture. L’es-
rable en comparaison de celui qui reste en friche. Enfin le sol est pierreux et partout brülé par le soleil.
« Quand on considère la misère de ces insulaires, on est étonné qu'ils vendent des provisions dont l4 culture a dû leur coûter beaucoup de peine et de travail. La mauvaise qualité du sol, la privation d'animaux domestiques, de pirogues et d’ustensiles propres à la pêche, rendent lenr subsistance trèsdifficile et très-précaire. Mais leur goût pour les bagatelles et les curiosités que nous apportions parmi eux, donnant à leurs désirs une force irrésistible , les empêchait de réfléchir sur les besoins pressans que bientôt ils éprouveraient.
« Les habitans de cette île ne semblent pas être plus de six ou sepi cents. Ils n’ont que peu de femmes parmi eux, ou bien ils ne leur permirent point, durant notre relâche, de se montrer.
Ils ont tant d’affinité par le teint, les traits et le langage, avec les habitans des îles du grand Océan, situées plus à l’ouest, que l'on est naturellement porté à leur attribuer une origine commune. Il est extraordinaire que la même nation se soit répandue sur toutes les îles, dans ce vaste océan, depuis la Nouvelle-Zélande jusqu’à l’île de Pâques, c'estù-dire, sur presque un quart de la circonférence du globe. La plupart de ces peuples ne se connaissent les uns les autres que par de vieilles traditions ; et le laps de temps en à fait en quelque sorte
des nauons différentes ; chacune a adopté des cou-
tumes, des manières particulières, etc. Un obser- d
vateur attentif y aperçoit cependant encore de la ressrimblance.
« En général les insulaires d'Ouaïhou sont d'une race faible. Je n'ai pas vu un homme de six pieds; ce ne sont donc pas des géans, comme lassure une des relations du voyage de Roggeween. Ils sont vifs et actifs, leurs traits sont assez bien, et leur
extérieur n'est pas désagréable : ils sont bons ct !
hospitaliers envers les étrangers , mais aussi portés au vol que les habitans des îles de la Société.
« Je n'ai examiné que les statues gigantesques qui se trouvent près du lieu du débarquement :
elles sont d’une pierre grise , la même en appa- : rence que celle des plates-formes. Mais les per- 4 sonnes de mon équipage qui traversèrent l’île, et 4 qui en observérent beaucoup d'autres, pensaient À que cette pierre diffère de toutes celles qu'ils ont ? vues dans le pays; elle leur parut factice. Nous !
avions peine à concevoir comment ces insulaires,
qui ne connaissent en aucune manière la puissance |
de la mécanique, ont pu élever des masses si étonnantes, et ensuite placer au-dessus les grosses pierres cylindriques qui les surmontent. La seule méthode que je concoive , est d'élever peu à peu l'extrémité supérieure, en la soutenant avec des pierres à mesure qu'elle se hausse, et en bâtissant tout autour , jusqu'à ce qu'elle soit dressée : ils feraient ainsi une sorte de colline ou d'échafaudage
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* { sur lequel ils rouleraient le cylindre pour le placer
sur Ja tête de la statue, et ensnite Oteraient les pier-
res. Mais si la pierre est artificielle , les statues peu-
vent avoir été mises en place dans leur position
l'actuelle , et le cylindre posé ensuite, en construi-
sant tout autour un monticule comme Je viens de
le dire. De quelque manière qu’on les ait élevées,
il a fallu un temps iinmense ; ce qui montre assez l'industrie et la persévérance des insulaires au
temps où on les a élevées, car les habitans actuels n'y ont certainement eu aucune part, puisqu'ils ne
réparent pas même les fondemens de celles qui tombent en ruine. Ils leur donnent des noms dif-
Krens, tels que Gotomoara, Marapaté, Kanaro,
Goouay-Tougou, Matta-Matta, etc., cte., qu'ils
fout précéder du mot mo, el auxquels ils ajoutent
uelquefois celui d’eriki. Le dernier sigmifie chef queiq 5 ;
et le premier, lieu où l’on enterre, lieu où l’on
dort (du moins à ce que nous avons compris).
« Ces monumens singuliers, observe Forster ;
étant au-dessus des forces actuelles de la nation;
sont vraisemblablement des restes d’un temps plus
brtuné. Sept cents insulaires privés d'outils, d’halitauons et de vêtemens, tout occupés du soin de trouver des alimens et de pourvoir à leurs premiers
besoins, n’ont pas pu construire des plates-formes qui demanderaient des siècles de travail. En effet,
nous n’avons pas remarqué, dans nos excursions,
un seul instrument qui soit du moindre usage dans
a maçonnerie ou la sculpture. Je n'y ai pas vu non
plus de carrières récemment exploitées, ni aucune ébauche de statue qui pût passer pour l'ouvrage dn temps présent. Il est donc trés- probable que jadis ce peuple était plus nombreux, plus riche et plus heureux ; qu'alors 1l avait du loisir pour flatter Ja vauité de ses princes, en perpétuant leurs noms par des monumens durables. Les restes des plantations qu'on trouve sur le sommet des collines donnent un nouveau poids à cette conjecture. On ne peut pas déterminer par quels accidens divers une nation si florissante a pu déchoir et être réduite à l'état d'indigence où on la trouve aujourd’hui. Mais 1l est aisé d'imaginer plusieurs causes capables de produire cet effet ; la dévastation causée par un volcan
suffirait seule pour rassembler toutes les misères M sur des insulaires resserrés dans un:si petit espace: | cette Île, qui peut-être a jadis été produite par un A volcan, puisque toutes les rochesy sont volcaniques, # a , suivant cette apparence , été bouleversée par le 4 feu. Les arbres, les plantes, tous les animaux do- | mestiques , et même une grande partie de la nation, ! peuvent avoir péri dans une de ces épouvantables convulsions de la nature; la faim et la misere au- À ront ensuile poursuivi ceux qui échappérent au feu. |
« Toutes les femmes que nous avons vues dans les différentes parties de l'ile ne montent pas à trente, quoique nous l'ayons traversée presque d’un bout à l’autre; il n’est point du tout probable
qu'elles se fussent retirées dans quelques lieux ca- |
chés. Si réellement il n’y a pas plus de trente ou
lié d femm qu'ell tratre saline un pl croire réelle Quoi de val se sou on ren turels d'Islan millier une île de par grand
pourqi
jaloux crainte car la c deste, rité sut très-pe de sou
, hi aucune ’ouvrage dn le que jadis iche et plus ur flatter la rs NOMS par plantations nes donnent On ne peut rs une nation duite à l'état ui. Mais il est les de proar un volcan s les muiséres
petit espace: 4 duite par un # volcaniques, !
versée par le animaux do- 4 de Ja nauon, { pouvantables {
a misCrce au- À bérent au feu. | ns vues dans ontent pas à rsée presque
out probable ues lieux ci- | de trente ou
quarante fermes pour six ou sept cents hommes,
| la nation doit s'éteindre en très-peu de temps, à
moins q'ie nos principes de physique sur la pluralié des maris ne soient erronés. La plupart de ces
femmes ne nous ont pas donné lieu de croire
qu'elles ne fréquentent qu'un seul époux : au contaire, elles semblaient aussi débauchées que Messaline et Cléopâtre. Mais cette disproportion est un phénomène si singulier, qu’on a peine à la croire, et je ne serois pas éloigné de penser que réellement les deux sexes sont en nombre égal. Quoique personne de notre équipage n'ait observé de vallées ou de retraites où les femmes aient pu
se soustraire à nos regards pendant notre séjour , on rencontra néanmoins des cavernes dont les naturels du pays refusèrent l'entrée. Les cavernes d'Islande sont assez vastes pour contenir plusieurs milliers d'habitans, et il est probable que, dans une île également volcanique ; telle que Ouaïhou, de pareilles cavernes pourraient servir d'asile à un grand nombre d’insulaires. Nous ne savons pas pourquoi les habitans de l’île de Pâques sont plus joux de leurs femmès que les Taïitiens. Leurs craintes à notre égard n'étaient pas mal fondées, car la conduite des matelots est insolente et immodeste, partout où ils jouissent de quelque supériorité sur les peuples sauvages.
« Je dois dire, au reste, que nous avons apercu tres-peu d’'enfans ; et si ce peuple jugeait à propos de soustraire ses femmes à nos yeux, il n'y avait
aucune raison de cacher les enfuns. Ce sujet reste
ainsi dans l'obscurité; et si réellement le nombre ! des femmes n'est pas considérable, 11 doit avoir !
été diminué par quelque accident extraordinaire |
que les naturels seuls peuvent révéler. Notre igno- !
rance de la langue nous a privés de beaucoup d’éclaircissemens.
« Outre les nombreux monumens d’antiquité, qu'on ne trouve que prés de Ja côte de la mer, on rencontre plusieurs petits tas de pierres empil ‘s en différens endroits le long du rivage. Deux on trois des pierres supérieures de chaque pile étaiert
généralement blanches ; peut-être qu’elles le sont
toujours ainsi quand le tas est complet. Sürement 4 ces tas ont quelque objet : il est probable qu'ils M indiquent les endroits où des morts ont été enter- M
rés, et qu'ils tiennent lieu des grandes statues,
« Les outils de ce peuple sont trés-mauvais, A
et, comme ceux de tous les autres insulaires de 4 cette mer, composés de pierres, d’os et de coquil- #
lages, etc. ; ils attachent peu de prix au fer et aux
ouvrages de ce métal ; ce qui est extraordinaire, |
car ils en connaissent l'usage ; mais on peut conjecturer de là qu’ils n’en ont pas un grand besoin.
« Enfin, en supposant que les volcans ont bou- !
leversé depuis peu cette île, ses habitans doivent
plus exciter de pitié qu'aucun autre pays moins ci-| vilisé, puisque, connaissant les commodités, les |
aisances et le luxe de la vie, le souvenir de ces biens doit leur en rendre la perte plus sensible.
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venir de ces lus sensible.
DES VOYAGES. 525 Oedidi déploruit souve . leur situation, etsemblait prendre plus de part à leurs maux qu'à ceux des Lélandais. 1] ajouta un autre bâton au paquet qui
composait son journal, et il grava dans sa mémoire
œtte observation sur l'ile de Pâques, Tata-Maïtai, À Ouahennoua, Ééno; « le peuple y est bon, mais l'île
est trés-pauvre » , au lieu qu'à la Nouvelle-Zélande, il faisait plus de reproches aux habitans qu’au pays. Ses sentimens étaient toujours humains, et ses idées toujours justes : rien n'avait corrompu la bonté de son cœur et la droiture de son entende-
ment.
« Le 16 mars 1774, on quitta cette île pour se rendre à celles des Marquésas, dans le cas où l'on n'en pourrait découvrird’autres dans l'intervalle qui kssépare de l’île de Pâques.
« Tous ceux qui avaient fait de longues courses itravers cette île avaient le visage brülé par le solil; ils éprouvaient des douleurs extrêmes à mesure que la peau se levait. Le séjour à terre et le peu de végétaux qu'on y venait de prendre avaient rétabli la santé des scorbutiques; mais plusieurs éprouvérent bientôt des rechutes, et se plaignirent de constipations et de maladies bilieuses, qui sont mortelles dans les climats chauds. Le chirurgien fut obligé de garder le lit; et, ce qu'il y eut de plus malheureux, les malades ne pouvaient pas manger de patates, parce qu'elles étaient trop ventenses pour leurs estomacs faibles.
« Le ciel en général fut serein, et la couleur de la
æÆ
mer d'un bel azur plus ou moins foncé, suivant ë | Pre
celle du firmament. Les dauphins, les bonites et les requinsse montraient de temps en temps, ainsi que différens oiseaux qui se battaient avec les poissons volans, La chaleur du soleil, tempérée par le mouvement rapide de l'air, nous permettait, à notre grande satisfaction , de faire des promenades sur Îles ponts. Nous avions besoin de ces beaux jours pour ramener nos esprits défaillans : les végétaux de l’île de Pâques étaient déjà consommés : il fallait manger des viandes salées, préparées de. puis trois ans, et dont les sucs étaient entiérement
duros |
chions
détruits, ou se contenter de biscuit, si l'estomac !
ne pouvait pas digérer ces substances grossiéres. Comr'ue tout le monde désirait la terre, nous con-
sultions avec empressement les livres qui traitaient 4
du voyage de Mendaña; les termes vagues qui
expriment la distance des Marquésas au Pérou, *
donnant une libre carrière à nos conjectures, # chaque jour produisait de nouveaux calculs sur leur A Jongitude. Nous passämes cinq jours consécutifs
sur les différentes positions que les géographes ont ! données à ces îles. Durant cette route, nous joui- ! mes de quelques soirées charmantes ; et le 3 avril. | au coucher du soleil, nous observämes en particu- | lier que le ciel et les nuages étaient teints de diffc-
rentes couleurs vertes. Frézier avait observé avant nous cette couleur qui n’est point extraordinaire, si l'air est chargé àe vapeurs, comme cela arrive souvent entre Îles tropiques. Le même jour nous
m( son V | MCCO
Jours
de me À faitem dans ] Le noi cul et sure q
pnsqu : que, | longitr
l'ouest heures sem bla sur cel nuit, à rafales ; quand an mat lroisièn deux de quatriè bien as vertes | Cal ut
DES VOYAGES. 527 | primes un pelit suceur qui s'était attaché à un poisson volant avec lequel nous avions amorcé uni ha- |meçon; preuve que ces animaux ne sont pas toujours collés aux requins ; nous aperçümes aussi un
pérée par le À À #"°5 poisson de l'espèce des raies, appelé diable élite, à: de mer par quelques auteurs; il ressemblait parpromenades à itement à un autre qui avait frappé nos regards na Fonte dans la mer Atlantique, le 1°" de septembre 1772. ON TE és des hirondelles de mer, des pailles-ende . cul et des frégates , angmentait autour denous à me- 1 se avancionsà l’ouest, quenous approiôrement -Æchionsdesiles que nous nous attendions à trouver.
ce 1: Je continuai ; dit Cook , à faire route à l'ouest s grossières. pnsqu au 6 sun à quatre heures de apres ; e, nous con- M 4e» Par 0° 20° de latitude sud, et 1587 14' de qui traitaient \ ongituce ouest, nous découvrimes une île dans l'ouest à la distance d'environ trois lieues. Deux
Æ , Suivant s bonites cet
Sn
emps , ainsi vec les pois-
vagues qui d'où Pérou: heures après, nous en vimes une autre qui conjectures, | semblait plus étendue que la première. J'arrivai Iculs sur leur M sur celle-ci, et je marchai à petites voiles toute la ons sécu t nuit, ayant un temps pluvieux, variable, et des ographes ont | rafales ; ce qui est assez commun dans cette mer , , nous jou- | quand on est près d'une terre haute. Le lendemain elle 3 avril. Œ" matin > À SIX heures, nous en apercûmes une »s en particu- enr te donnai ordre de gouverner entre les dau de te | deux dernières : bientôt après, nous en vimes une Lsrté dvant quatrième encore plus à l’ouest. Nous étions alors
ragrdidairé, en assurés que c’étaient les Marquésas, découe cela arrive vertes par Mendaña, en 1595. La première île
ie jour nous était une nouvelle découverte, et je la nommai fle
de Iood, d'après le jeune volontaire qui la montra
le premier; la seconde était celle de San-Pedro ; À | ’ , la troisième, la Dominica ; el la quatrième, Santa- !
Christina.
« La Dominica, la plus voisine de nous, était baute et montuense ; sa partie nord-est paraissait escarpée et stérile; mis nous observâmes plus an nord des vallées remplies d'arbres, et par-c1 par-là quelques huttes. Comme la brume s'éclairetssait, nous vimes plusieurs rochers escarpés, sembiables à des clochers, et des cimes déchirées entassées au centre de l'île; ce qui prouve que les volcans et les tremblemens de terre ont bouleversé la surface de ce pays. Toute la partie orientale offre une côte perpendiculaire fort élevée, couronnée de pics, déchiqnetée par des ravins.
« Nous rangeâmes la côte sud-est sans trouver la moindre apparence de mouillage. Je traversai le
canal entre la Dominique et Sainte-Christine, en # portant sur la dernière île, et je longeai la côte sudest, en cherchant le port de Mendaña. Nous dépas- f sâmes plusieurs anses, qui semblaient offrir un |
ancrage; mais un fort ressac brisait sur toutes les côtes. Quelques pirogues se détachérent bientôt des rivages, et nous suivirent.
« Nous remarquions des cantons agréables sur les deux îles, entre les fentes des montagnes; mais nous ne découvrions point de plaines pareilles à celles qui embellissent les iles de la Société. Cependant la côte de Sainte-Christine ranimait notre cou-
rage, tous Îd fertile dépass verte « voyioi temple
j'essay traire
haute de la
d'avoit
les roc au lars vers la A l'insi une qi mais 1] homnm hache à S'ava imitér des fri clous, cher d à l'ava fronde
et por
ila montra
an-Pedro ; me, Santa- !
ions, était t paraissait es plus au ar-ci par-là laircissait, sembiables *ntassées at >icans et les \ surface de ‘e une côle ée de pics,
s trouver la
traversai le M iristine , en !
la côte sud- 4 Nous dépas- # it offrir un !
r toutes les !
bientôt des
réables sur agnes; mis
s pareilles À été, Cepenitnotre cou
rage, et nous inspirait celte gaîlé que ressentent tous les marins fatigués, à l'aspect d’une campagne fertile. Les deux pointes de chaque anse, que nous dépassâmes, enfermaient une vallée boisée et converte de plantations d’une charmante verdure. Nous voyions de toutes parts des habitans courir en contemplant notre vaisseau.
« Parvenus devant le port que nous cherclnons, j'essayai d'y entrer; mais comme le vent était contaire, et qu'il soufflait par rafales violentes de cette haute terre, l’un des grains nous saisit au moment de la manœuvre, cassa un de nos mâts ; et avant d'avoir viré, nous manquâmes d’être brisés contre les rochers, sous le vent, ce qui m'obligea de porter au large et de courir une bordée; je revins ensuite vers la côte, et j'allai mouiller à l'entrée de la baie. À l'instant, une douzains de pirogues montées par une quarantaine d'insulaires s'approcha de nous ; mais 1] fallut beaucoup d'adresse pour engager les hommes à venir le long du bâtiment. Enfin une hache et des clous déterminéèrent une des pirogues à s'avancer au-dessous de Ja galerie : tous les autres imitérent ensuite cet exemple, et ayant échangé des fruits à pain et du poisson contre de petits clous, etc. , elles retournèérent à terre après le coucher du soleil. Nous observämes des amas de pierres à l'avant des pirogues , et chaque homme avait unc fronde entorullée autour de sa main.
« Quelques-unes des pirogues étaient doubles et portaient quinze hommes; d'autres, au con-
traire, plus petites, en contenaient de trois à sep. Ils commencèrent par nous offrir des racines d'éva (sans doute des symboles de paix), comme aux Îles de la Société et aux îles des Amis : pour achever la cérémonie, nous ne manquâmes pas de les attacher aux haubans.
« Dès le grand matin du 8, les insulaires nous firent une seconde visite, en plus grand nombre que la veille; ils nous vendirent du fruit à pain, des bananes et un petit cochon , contre des clous, des haches, etc. ; mais ils voulaient souvent garder nos marchandises , sans rien donner en retour; je fus obligé de tirer un coup de fusil par-dessus la tête de l’un d’eux , qui nous avait déjà trompé plusicurs fois. Ils se comportèrent ensuite avec plus d'honnêteté , et bientôt après quelques-uns moniérent à bord. Comme nous nous préparions alors à remorquer le vaisseau plus avant dans la baie, je nr'embarquai sur un canot pour aller chercher un endroit où l'on pût commodément s’amarrer.
Comme il y avait trop d'insulaires à bord , je dis aux officiers : « Vous devez bien les guetter ; sans « celle précaution, ils commettront des vols ». À peine fus-je dans le canot qu'on medit qu'ils avaient pris un des chandeliers de fer du passe-avant , et qu'ils l'emportaient en fuyant ; j'ordonnai de faire feu sur la pirogne jusqu'à ce que je pusse l'attemdre avec la chaloupe ; mais je défendis de tuer. Les insalaires faisaient trop de bruit pour que je fusse entendu , et le malheureux voleur fut tué au troi-
| âge mû | éclats dé | d'enviro
sieme C jetèrent au mon le chand
mort u la suite « Les pirogue le mort des tam d'habita ques el coup de mir sur | On acct
conquét les peu, qu'il es combiet lesarme Oedidi assassin.
gatelle marins sans qu et je pe
is à sept.
Lu nes d'éva nie aux ur acheas de les
res nous nombre à pain, es clous, at garder etour ; je lessus Ja mpé pluvec plus ns monns alors à baie, je rcher un amarrer.
À, je dis er ; sans ols ». À savaient
ant, et de faire ttemdre . Les inje fusse
au troi-
LA db; “4 ee he k # & :
DES VOYAGES. 331 sème coup. Deux autres qui l’accompagnaient sc jetérent à l'eau ; mais ils rentrérent sur leur bord
au moment où je m'en approchai. Ils avaient jeté
| le chandelier dans la mer. L'un d'eux , homme d'un | âge mûr, vidait le sang et l'eau en poussant des | éclats de rire convulsifs ; l'autre, un jeune homme d'environ quatorze ou quinze ans, jctait sur le
mort un regard triste et abattu : nous eûmes par la suite lieu de croire que c'était son fils.
« Les insulaires, ajoute Forster, traînérent Ja pirogue sur la côte à travers le ressac, et portérent le mort dans les bois. Bientôt on entendit le son des tambours, et l’on vit un nombre considérable d'habitans rassemblés sur la grève, et armés de piques et de massues : ils semblaient nous faire beaucoup de menaces. On ne peut s'empêcher de gémirsurle sort de ce malheureux tué si légérement. On accuse de cruauté, et avec raison, ‘es premiers conquérans de l'Amérique, parce qu’ils traitaient les peuples de ce continent comme des animaux qu'il est permis de tuer pour son amusement ; et combien d’insulaires du grand Océan ont péri par les armes des Européens dans le dix-huitième siècle! Oedidi fondit en larmes quand il vit un homme assassiner un autre homme pour une pareille bagatelle : sa commisération doit faire rougir ces marins civilisés qui parlent si souvent d'humanité sans que leurs cœurs soient plus compatissans.
« Je suivis les insulaires dans la baie, dit Cook. et je persuadai à ceux d’une pirogue de venir le
Là
Jong de mon canot. Je leur donnai des clous et d’autres choses, ce qui dissipa un peu leurs craintes. Après avoir examiné la baie et trouvé de l’eau douce (c'était ce dont nous avions le plus besoin), je retournai à bord , et on alla placer l’ancre. Il semble que les insulaires connaissant alors l'effet de nos arines à feu, devaient être intimidés ; mais dès que la chaloupe eut laissé tomber l'ancre, deux hommes sur une pirogue quittérent la côte, saisirent la corde de la bouée, et entreprirent de la traîner à terre, sans savoir à quoi elle tenait. De peur qu'après avoir découvert leur méprise ils n’enlevassent la bouée, on leur tira un coup de fusil. La balla n'alla pas jusqu'à enx, etils n’y firent pas la moindre attention; mais une seconde ayant passé par dessus leur tête, 1ls abandonnèérent la bouée et s’enfuirent vers le rivage, Pendant notre relâche, nous n’eñmes pas occasion de ürer un outre coup de fusil; ce dernier les frappa peut-être plus que la mort de leur compatriote, parce qu'il leur montra que l'éloignement ne les mettait pas en sûreté; c’est du moins ce que nous imaginämes en les voyant dans la suite fort effrayés à la vue de nos armes. Quelques vols qu'ils commissent, je résolus de ne plus les punir, parce que notre séjour parmi eux ne devait pas être de longue durée. Le trouble et l’embarras qu'ils nous causérent nous retardèrent si long-temps , qu'avant que nous fussions prêts à lever l'ancre le vent s'accrut et souffla par rafales du dehors de la buie ; de sorte qu'il fallut amarrer
à plus fo
| dessus
tôt à re
pirogu
un coc ques r le long hache me do à mon si bien son exe stant.
: Su
t0hRom
pouvait d'une
rien art uis cocl Je retou « No cent 1r dont 1ls nous Je sur-le-0 marque lance, rivés n de leur nous ve
clous et craintes.
au douce J),Jere- 1 semble t de nos s dés que hommes L la corde ralerre, qu'après assent la alla n'alla moindre ar dessus enfuirent s nettes fusil; ce mort de a que l'ec'est du ant dans uelques plus les x ne deet l'emérent si s prêts à r rafales
ainarrer
| plas fortement. Les insulaires se hasarderent bien-
tÔt à revenir près de nous. Il y avait sur la première
pirogue qui S'avança un homme qui semblait au- | dessus du commun. Il s'approchait lentement avec
un cochon sur son épaule, et 1l prononcait quelques mots que nous n’entendiors pas, Dés qu'il fut le long de Za Résolution , je lui fis présent d’une hache et de plusieurs autres choses : en retour, 1l me donna son cochon, et je le déterminai enfin à monter à bord , où il resta peu de temps. I fut si bien reçu que ceux des autres pirogues imitérent son exemple, et les échanges se rétablirent à l’instant.
* Sur ces entrefaites, j'allai à terre avec un dé- :chement, les savans et Oedid!, pour voir ce qu'on pouvait y faire; les insulaires nous accueillirent d'une manière trés-amicale ; et, comme sil n’était rien arrivé , 1ls nous vendirent des fruits et de pctiis cochons; et après avoir chargé la chaloupe d’eau, je retournai à bord.
« Nous fümes reçus, dit Forster, par plus de cent insulaires armés de piques et de massues, dont ils n’essayérent pas de faire le moindre usage ; nous les priâmes de s'asseoir; ils y consentireut sur-le-champ. Leur prodignant ensuite touies les marques possibles d’attachement et de bienveillance, nous essayâmes de justifier ce qui était arrivé; nous leur dîmes que nous n'avions tiré sur un de leurs compatriotes que parce qu'il venait de nous voler ; que nous désirions vivre en bonne in-
534 HISTOIRE GÉNÉRALE telligence avec eux ; que nous voulions seulement faire de l’eau, du bois, etc. , et que nous leur don. nerions des clous, des haches, etc. Nos raisonne. mens spécieux les séduisirent : ils semblaient per-
suadés que le mort avait mérité d’être tué, et ils !
nous menérent le long de la grève à un ruisseau où l’on transporta ensuite les futailles.
« Nous n’aperçümes aucune femme dans la foule: elles s'étaient probablement retirées au fond des
montagnes à la première alarme. Quelques hommes, !
qui paraissaient être les conducteurs, étaient mieux
armés et plus parés que les autres , qui n'avaient ! pour vêlement qu’un petit morceau d’étoffe autour ! !
des reins. Ils étaient grands et trés-bien faits. On |
n’en voyait pas un seul gros et gras comme les Taitiens, ni maigre ou rapetissé comme les habitans de LUN A 2 :
l'ile de Pâques. Le tatouage, qui couvrait presque
entiérement lecorps deceux d’un moyen âge, empé- !.
chait d'apercevoir l'élégance de leurs formes ; mais comme les jeunes gens n'étaient pas encore tatonés, on voyait aisément qu'ils étaient extrêmement bien faits. La plupart pourraient être mis à côté des plus fameux modèles de l'antiquité. Le teint de ces jeunes insulaires n'était pas aussi brun que celui des gens du peuple des îles de la Société ; mais les hommes faits paraissaient infiniment plus noirs, à
cause du tatouage dont les piqüres étaient dispo- |
sées avec la plus grande régularité; les marques d'une jambe, d’un bras et d’une joue, etc. , correspondaient exactement avec celles de l’autre. Elles
ne rep elles « échiqu bigarr el ouvt
| yeux g | clés et 1 les ava À barbe
{ j'imée
En «
À bois: j
déjà vu nous ne rieur d s'étend le rivag trouvâr carrés, figure r des fon:
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a faits. On ne les Taiabitans de it presque Âge, empémes ; mails re tatoués, ment bien té des plus nt de ces que celui
; mais les 1s noirs , À ent dispomarques
y COrrCStre. Elles
ne représentaient ni un animal, niune plante ; muis
elles consistaient en taches, en spirales, raies, échiquiers et lignes, qui offraient un aspect trèsbigarré. La physionomie de ces insulaires , agréable et ouverte , annonçait de la vivacité; ils avaient les
| yeux grands et noirs, les cheveux noirs aussi, bou-
| clés et forts, si on en excepte un petit nombre qui
les avaient de couleur cendrée. En général , leur
1 barbe était peu fournie , à cause des cicatrices im-
| p'imées par le tatouage.
En quittant le rivage, nous entrâmes dans les q 56 »
À bois : je rassemblai des plantes, dont nous avions
déjà vu la plupart aux îles -de la Société. Comme nous ne voulions pas avancer beaucoup dans lintérieur de l’île le premier jour, nos recherches ne s'étendirent pas au-delà de la terre basse qui borde le rivage , et qui est entièrement inhabitée : nous trouvâmes cependant parmi les arbres {es espaces carrés , enfermés par de grosses pierres, et d'une figure régulière. Nous apprimes ensuite que c'étaient des fondations de maisons ; ce qui peut faire conjecturer que la mauvaise qualité du terrain lenr à fait abandonner ces emplacemens, ou qu'ils ne les occupent qu’en certaines saisons. Tout ce canton était dénué de plantations, et convert de grands arbres dont plusieurs paraissaient bons pour la charpente. Les naturels n’essayérent point de nous arrêter, et nous dirigeñmes notre promenade à notre fantaisie. Une petite colline, revêtue d’une herbe longue qui montait jusqu'à notre ceinture,
AS
56 HISTOI!' GÉNÉRALE
se prolonge en avant, et sépare c°tte grève d'une autre qui est au sud. Sur le côté septentrional de cette colline, on trouve, à l'endroit indiqué par les navigateurs espagnols, une belle source d’eau limpide qui, sortant du rocher, forme ensuite un petit bassin, puis coule dans la mer : près de cette source un ruisseau descend des hautes collines ; un second , plus considérable que le premier, se précipite au milieu de la grève (c'est là que nous remplimes nos futailles); on en rencontre un troisième du côté du nord. Cette île est bien arrosée, ce qui est fort utile aux végétaux, ainsi qu'aux habitans. Nous retournâmes bientôt à la place du marché , et nous causimes avec les naturels, qui témoignaient si peu de défiance, quils changeaient leurs armes contre nos ouuls de fer. Ces armes étaient toutes de bois de casuarina (1); nous n'achetâmes que de simples piques d'environ huit ou dix pieds de long, ou des massues qni avaient communément un gros nœud à une extrémité.
« Dés qu'on eut dîné, le capitaine Cook renvoya les bateaux à l’aiguade, sous la protection d’une garde : à leur débarquement les insulaires s’enfuirent tous, excepté un homme qui pourtantsemblait fort effrayé; un on deux autres revinrent ensuite, eton n'en vit pas un plus grand nombre après
(1) Les Taïtiens lui donnent le nom de toa, qui signifie guerre, parce qu'il fournit des instrumens de mort.
: 4 autour
| tour, À
A | empéch
midi, frayeur!
« Le faire d
n'a pere
la gard
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qui signifie
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LA
DES VOYAGES. 157 midi. Nous ne pouvions concevoir la raison de cette frayeur subite.
« Le 9, dès le grand matin, les canots allèrent faire de l'eau comme à l'ordinaire; et nos gens n’apercurent les naturels qu'au moment de leur re-
| tour. Après le déjeuner, le capitaine débarqua avec
la garde, et les insulaires se précipitérent en foule
: { autour de lui. Mais, dés que la garde fut descen-
À due à terre, il eut toutes les peines du monde à les | empêcher de s'enfuir : enfin leurs craintes se dissi-
pérent, et ils nous vendirent des fruits et des cochons. Il paraît qu'ils avaient pris la fuite la veille, parce qu'ils ne le voyaient pas à la tête du détachement; eL sans sa présence, 1ls se seraient également retirés.
« Vers midi, un chef, suivi de beaucoup de monde, se rendit au lieu du débarquement: le capitaine lui offrit toutes les bagatelles qu'il avait; le sauvage, de son côté, donna quelques-uns des ornemens dont il était paré, Ces échanges finis, il parut que la bonne intelligence régnait entre nous : ayant acheté assez de fruits pour en charger deux canots, nous retournâmes diner à bord, sans que le chef voulüt nous accompagner.
« Il portait un manteau d'écorce de mûrier, pareille à l’étoffe de Taïti ; 1l avait aussi un diadème, un hausse-col, des pendans d'oreilles, enfin des touffes de cheveux autour des jambes. On nous fit entendre que c'était le roi de tonte l’île, quoiqu’on ne lui témoignât pas beaucoup de respect. Il nous
338 HISTOIRE GÉNÉRALE dit qu'il s'appelait Fonou (1), et qu'il était Le-kaoë, Utre qui correspond sans doute à l’éri de Taiti et à l'ériki des îles des Amis. J1 paraissait intelligent, doux et affable : sa figure était d'ailleurs trésexpressive. Nons lui demandâmes le nom de son ile et de celles des environs, et il nous répondit que Sainte-Christine se nomme Ouaïtahou, la Dominica, ievaroa, et San-Pédro , Onateyo.Oedidi, qui aimait passionnément ce peuple, parce qu'il ressemblait, par les mœurs, le langage et la figure, à ses compatriotes, conversait sans cesse avec les insulaires , et en achetait un grand nombre d’ornemens. Il leur apprit différens usages de son pays, etentre autres la méthode d'allumer du feu en frottant l’un contre l’autre des morceaux de bois secs de l’hibiscus tiliaceus : ils prêtérent une oreille atien. uve à ses instructions. Les insulaires estimaient fort les plumes de Tongatabou , etils les achetaient volontiers au prix de leurs parures de tête ou de tous leurs ornemens. Nous ne vimes qu'une seule femme âgée assise dans un cercle au milieu de ses compatriotes : son vêtement d’étoffe d’écorce ressemblait à celui des femmes des îles de la Société : à sa figure, on l'aurait prise pour une Taïtienne.
« Nous fines environ un nulle et demi sur le
(:) Ce mot signifie tortue dans la langue de Taïti; et il est probable que ces peuples empruntent quelquefois leurs noms de ceux des animaux, comme les habitans de l’Amérique septeutrionale, Le mot o-tou, nom du roi de Taiti,
signifie Aéron.
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bord :
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bord méridional du ruisseau : aprés avoir traversé un terrain dégarni, d'où l'on déconvrait en plein le havre, nous entrâmes dans un bois épais, planté principalement de rattas ou noyers de Taïiti, d’une ? Q »
grosseur el d'une hauteur considérables, et de beaux arbres à pain : on trouve ces deux espèces dans les plaines de Taïti, où la chaleur est moins violente que dans ces îles. Nous arrivâmes enfin à une des maisons des insulaires ; c’était une misérable cabane, en comparaison des hautes maisons des îles
| dela Société; elle était placée sur une plate-forme de
pierres n1 assez unies ni assez égales pour qu'on püt
| s'y asseoir sans se briser le corps, quoiqu’elles fussent
couvertes de nattes. Les naturels avaient dressé sur cette base des cannes de bambou serrées très- prés les unes des autres , et d'environ cinq ou six’ pieds d'élévation ; le tout était terminé par un toit composé de petits bâtons couverts de feuilles d’ arbre à pain et de rattas. Toute la hutte avait environ quinze pieds de long et huit ou dix de: large : : l'usage où
4 ils sont de labs leurs habitations sur des fondé:
mens de pierres semble supposer que le pays est sujet, en certaines saisons de l’année, à de fortes pluies et à des inondations. Nous‘y trouvâmes' de grandes auges de bois remplies de morceaux de fruits à pain mêlés avec de l’eau. Trois Indieris qui parurent près de la hutte allérent nous chercher de l'eau à un ruisseau qui coulait à environ trois cents pieds de là. Les ayant remerciés de leur obligeance par des présens, nous nous rendîmes au rivage,
puis nous retournämes à bord. En er:.rant dans notre canot , nous courûmes le plus grand risque de chavirer : le ressac, qui frappait contre les rochers, nous couvrit entiérement d'eau. Oedidi, qui était resté à terre, nous voyant en danger, se jeta à la mer, et nagea jusqu'au canot, afin de ne pas nous exposer à un nouveau péril quand nous voudrions aller le reprendre.
« Après le diner , mon père accompagna le capitaine à terre, et trouva prés du rivage plusieurs maisons sans voir de femmes. C'était le lieu où les insulaires avaient porté le corps de l'homme tué la veille : en arrivant à une cabane qui appartenaitau défunt, le capitaine demanda s'il n’avait ni femmes, ni fils, ni sœurs, ni parens; on lui dit qu'elles pleuraient le mort au sommet de la montagne : d'où l'on peut soupçonner que les palissades ou enclos qu'on voit le long du sommet des rochers sont les cimetières des habitans. Le capitaine fit des échanges en cet endroit, et quoiqu'il fût entouré des parens de l’insulaire tué, on n’aperçut parmi eux ni animosité ni ressentiment.
« Malgré la chaleur extrême, nous résolûmes, le lendemain, le docteur Sparrman et moi, de gravir la montagne, espérant que nous serions récompensés de nos peines par de nouvelles découvertes. J’avais surtout envie d'examiner les palissades qui sont au sommet, et sur lesquelles chacun formait différentes conjectures. M. Patten et deux autres officiers nous accompagnérent. Après avoir
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traversé Je joli ruisseau où les matelots remplissaient les futailles, nous primes un sentier par où le plus grand nombre des insulaires qui s'étaient rendus près de nous étaient arrivés de l’intérieur. La montée ne fut pas d’abord très-fatigante : nous atteignimes le haut de plusieurs collines doucement inclinées, presque de niveau, et où nous vimes de vastes plantations de bananiers disposées dans un ordre admirable. Ces cantons cultivés se découvraient tout à coup à nos regards, parce que nous marchions à travers un bois d'arbres fruitiers trés-touffu ; ce qui nous procurait un ombrage frais et agréable. Nous rencontrions cà et là un cocotier solitaire, qui, loin d'élever avec fierté sa tête majestueuse, se trouvait abaissé et caché par desarbres d'une espèce inférieure. En général, ce palmier aime un terrain bas, et ne croît pas bien sur les montagnes ; voilà pourquoi il abonde sur des bancs de corail, où il se trouve à peine assez de terre pour ses racines. Quelques insulaires nous suivaient, et nous en vimes passer plusieurs qui allaient à notre marché.
« À mesure que nous montions , nous laissions derrière nous un grand nombre de maisons, toutes construites sur une base de pierre exhaussée. Les unes paraissaient neuves et trés-propres en-dedans ; mais je ne pus pas y distinguer ces lits dont font mention les Espagnols, qui sans doute veulent parler seulement des différentes nattes répandues sur le plancher,
« Le terrain devenait à chaque pas plus escarpé ct plus hérissé de roches. Le ruisseau coulait souvent dans un ravin profond , au bord duquel notre sentier était assez dangereux ; 1l nous fallut traverser l'eau plusieurs fois, Les maisons devenaient plus fréquentes à mesure que nous approchions du sommet. Nous primes du repos eu différens endroits, et partont des fruits et de l’ezu nous furent offerts par les naturels, qui ressemblent trop aux Taïtiens pour ne pas être hospitaliers comme eux. Nous n'en aperçümes pas un seul de difforme ou de mal fait; ils étaient tous forts, grands et extrêmement agiles. La nature du pays contribue à leur acuvité, et l'excreice qu'ils sont obligés de prendre conserve probablement l'élégance de leurs formes. A environ trois milles du rivage, nous apercümes une jeune femme qui, sortant d’une maison située devant nous, montait en hâte la colline. Elle était vêtue d'une étoffe de mürier qui descendait jusqu'à ses genonx : ses traits nous parurent agréables; mais nous n'en jugeâmes que de loin, car elle eut soin de se tenir a cent pieds de nous. Les naturels nous firent alors des signes pour retourner sur nos pas, et témoignèrent du mécontentement de ce que nous avancions encore. Comme nous voulions , le docteur Sparrman et moi, conserver les plantes que nous avions rassemblées , nous revinmes effectivement en arriére , tandis que M. Patten et les autres allérent
environ deux milles plus loin, sans rien découvrir
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