‹ Abrégé de l'histoire générale des voyages [microforme] (volume 4)Chapitre 26 sur 46 · EL · texte numérisé non relu

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DES VOYAGES. 353 courbe un peu, mais dans une direction irréguhére, et finit en pointe; l'avant se projette horizontalement, et offre une ressemblance grossière

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d'un visage humain sculpté; elles se manœuvrent avec des pagaics, ct plusieurs ont une sorte de voile latine faite de natte.

« Nous n'avons remarqué dans l'île d'autres quadrupédes que les cochons; les coqs et les poules sont les seuls oiseaux apprivoisés; cependant les bois paraissent remplis de petits oiseaux d’un trésjoli plumage, et qui chantent bien. La crainte d’a- | lirmer les naturels nous à empêchés d’en tuer autant que nous aurions pu le faire.

« Le nombre des habitans des Marquésas ne peut pas être fort considérable, car ces îles sont très- ‘ Apctites. La Dominica , la plus grande des Marqué- Ass, est si généralement escarpée et si hérissée de lrochers, que, proportionnellement à son étendue, delle ne peut avoir autant d'habitans que Santa- k AChristina. Les terrains propres à la culture sont | très-peuplés sur ces îles ; mais comme elles sont doutes remplies de montagnes et de landes stériles, Al est douteux que ce groupe de terres contienne Aonquante mille âmes.

« Les Espagnols, qui les découvrirent, y trouvèrent un peuple doux et paisible; ils eurent ce- Arendant un petit différend à Magdalena, probablement à cause de quelque malentendu, ou du caractre violent etimpétueux de ces navigateurs. On a déja parlé de l'accueil qu'ils nous firent , et de leur > ® À 23

rapport avec les Taitiens. Les habitans des Mar. quésas ne peuvent pas goûter Îles avantages que procurent à ceux des îles de la Sociéi les fertiles plaines qui bordent leurs côtes. Aprés avoir cul. uvé le terrain nécessaire à leur subsistance, il ne reste plus d'espace pour ces vastes plantations de müriers, qui frappent partout les yeux à Taïti; et lors même qu’ils auraient de l'emplacement, ils ne pourraient pas y employer le temps qu'exige cette branche de culture. On ne remarque point aux Marquésas l’opulence et le luxe, la profusion d'ali. mens, la quantité et la variété d’étofles dont jouissent les Taïtiens ; mais les insulaires y ont le né-

cessaire : 1]s sont tous égaux , actifs, bien portans,

et rien ne peut les priver de ce qui fait leur bon-

heur. Les Taïtiens ont plus d’aisance ; ils sont peut. # ;

être plus habiles dans les arts, et ils ménent nne

vie plus délicate; mais ils ont perdu leur égalité $

primitive : une partie vit des travaux de l'autre, et

des maladies les punissent déjà de leurs exces.

« Le 13 avril, on quitta les Marquésas pour aller à Taiu.

« Le 17, à dix heures du matin, on vit une terre que nous reconnûmes ensuite pour être une ceinture de petites îles basses réunies par un récif de corail. Je rangeai la côte nord-ouest à la distance d’un mille, jusqu'aux trois quarts de sa longueur,

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